13/02/2016

Lettre à Ulysse / Carta a Ulises

Ah l'Odyssée! Le nom grec de l’œuvre Odusseus est aussi celui du héros, ce cher Ulysse dont on raconte les aventures.
Pénélope, on le sait, est un personnage secondaire qui l'aime et l'attend et attend...
¡Ah la Odisea! El nombre griego de la obra Odusseus es también el de su héroe, el famoso Ulises del que se cuentan sus aventuras.
Penélope, es bien sabido, es un personaje secundario que le ama y le espera y espera...
 
John William Waterhouse / Penelope
 
Ce mythe, comme tous les mythes, a été mille fois interprété, réécrit et ce personnage s'est un peu éloigné de la version initiale. Des centaines de Pénélope parcourent la poésie, le roman et le théâtre contemporains, principalement en Europe et sur le continent américain. La reine d’Ithaque s’est échappée de son manoir pour voyager jusqu’en Amérique Centrale. Elle y habite l’imaginaire de nombreuses poétesses, (…) dont...Claribel Alegría”*
 
Ese mito, como todos los mitos ha sido mil veces interpretado y reescrito y el personaje se ha alejado un poco de la versión inicial. “Cientos de Penélopes recorren la poesía, la novela y el teatro contemporáneo, principalmente en Europa y en el continente americano. La reina de Itaca se ha escapado de su mansión para viajar hasta América Central donde habita el imaginario de numerosas poetisas, (…) entre ellas...Claribel Alegría
 
 

 


Homère qualifie Pénélope de “la plus sage des femmes”, et on la trouve presque toujours en larmes.
Cependant, elle ne cherche pas à se consoler de sa peine, en acceptant l’un de ses prétendants, par exemple. Pénélope semble faire preuve de presque toutes les caractéristiques de l’idéal machiste de la femme décrit par la mexicaine Rosario Castellanos. Cette pionnière du féminisme latino-américain décline les vertus de la parfaite épouse, qui seraient rien moins que : « la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio ». Pour les poétesses centre-américaines, bien souvent en lutte contre le machisme, il s’agit d’un modèle à bannir.” ( la constance, la loyauté, la patience, la chasteté, la soumission, l'humilité, la pudeur, l'abnégation, l'esprit de sacrifice)*
 
Homero califica a Penélope como “la mujer más sensata” y casi siempre nos la encontramos llorando.
Sin embargo no trata de consolar su pena aceptando, por ejemplo, uno de sus pretendientes. Penélope parece poseer casi todas casi todas las características del ideal machista de la mujer descritas por la mejicana Rosario Castellanos. Esta pionera del feminismo latinoamericano desgrana las virtudes de la esposa perfecta, a saber:«la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio».Para las poetisas centroamericanas, que luchan con frecuencia contra el machismo, se trata de un modelo que hay que desterrar.
 
                                      Pénélope et ses prétendants, John W. Waterhouse
 
 
Alors voilà ce que Claribel Alegría a imaginé: une Pénélope libre, qui veut vivre sa vie.
Le ton du poème est dur, puis ironique, sarcastique.
Por eso he aquí lo que Claribel Alegría ha imaginado: una Penélope libre, que quiere vivir su vida.
El tono de la obra es duro, finalmente irónico, sarcástico.
 
La traduction n'est pas de moi, elle est inclue dans l' excellente analyse citée en bas de page.
 
CARTA A UN DESTERRADO
LETTRE À UN EXILÉ
Mi querido Odiseo: Mon cher Ulysse,
ya no es posible más
il n’est plus possible
esposo mío mon époux
que el tiempo pase y vuele que le temps passe et vole
y no te cuente yo et que je ne te dise rien
de mi vida en Ítaca. de ma vie à Ithaque.
Hace ya muchos años Il y a bien des années déjà
que te fuiste que tu es parti
tu ausencia nos pesó ton absence fut douloureuse
a tu hijo y a mí. pour ton fils et pour moi.
Empezaron a cercarme Des prétendants
pretendientes ont commencé à m’encercler
eran tantos ils étaient si nombreux
tan tenaces sus requiebros et leur cour si pressante
que apiadándose un dios qu’un dieu a eu pitié
de mi congoja de ma peine
me aconsejó tejer et m’a conseillé de tisser
una tela sutil une toile fine
interminable interminable
que te sirviera a ti qui te servirait
como sudario. de suaire.
Si llegaba a concluirla Si je parvenais à l’achever
tendría yo sin mora je devrais sans délai
que elegir un esposo. choisir un époux.
Me cautivó la idea L’idée m’a captivée
al levantarse el sol au lever du soleil
me ponía a tejer je me mettais à tisser
y destejía por la noche. et défaisais mon ouvrage la nuit.
Así pasé tres años J’ai ainsi passé trois ans
pero ahora, Odiseo, mais désormais, Ulysse,
mi corazón suspira por un joven
mon cœur soupire pour un jeune homme
tan bello como tú cuando eras mozo
aussi beau que toi dans ta jeunesse
tan hábil con el arco
aussi habile à l’arc
y con la lanza. et de sa lance.
Nuestra casa está en ruinas
Notre maison est en ruines
y necesito un hombre et j’ai besoin d’un homme
que la sepa regir. qui sache la gouverner.
Telémaco es un niño todavía
Télémaque est encore un enfant
y tu padre un anciano.
et ton père est un vieil homme.
Preferible, Odiseo, Il est préférable, Ulysse
que no vuelvas que tu ne reviennes pas
de mi amor hacia ti
de mon amour pour toi
no queda ni un rescoldo
ne restent que des cendres
Telémaco está bien Télémaque va bien
ni siquiera pregunta por su padre
il ne réclame même pas son père
es mejor para ti mieux vaut pour toi
que te demos por muerto. que nous te considérions mort.
Sé por los forasteros J’ai su par les voyageurs
de Calipso pour Calypso
y de Circe. et pour Circé.
Aprovecha, Odiseo, Profite, Ulysse,
si eliges a Calipso, si tu choisis Calypso,
recobrarás la juventud tu retrouveras la jeunesse
si es Circe la elegida
si Circé est l’élue
serás entre sus cerdos tu seras parmi ses pourceaux
el supremo. le plus auguste.
Espero que esta carta J’espère que cette lettre
no te ofenda ne t’offensera pas
no invoques a los dioses n’invoque pas les dieux
será en vano ce serait en vain
recuerda a Menelao souviens-toi de Ménélas
con Helena et d’Hélène
por esa guerra loca à cause de cette guerre folle
han perdido la vida les meilleurs de nos hommes
nuestros mejores hombres ont perdu la vie
y estás tú donde estás. et te voilà là où tu es.
No vuelvas, Odiseo, Ne reviens pas, Ulysse,
te suplico. je t’en supplie.
Tu discreta Penélope Ta discrète Pénélope

Claribel Alegría
© Cahiers d’études romanes
 
**Article : Sandra Gondouin, « Quand Claribel Alegría retisse le mythe de Pénélope : les enjeux d’une réécriture », Cahiers
 
d’études romanes [En ligne], 20 | 2009, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 08 février 2016. 

07/02/2016

Baiser raté / Beso fallido

Ne parlons pas du premier, mais de celui, ou ceux, ratés.
Promesse de délice
puis...
C'est si fragile un baiser: un éternuement, une porte qui claque, un fou rire..

No hablemos del primero, sino del o de los  totalmente fallidos.
Promesa de delicia luego...
Es tan frágil un beso: un estornudo, una puerta golpeada, una risa...

 
Il y a toujours un intrus
Claribel Alegría (Nicaragua 1924-    )

Un regard parfois
un geste engourdi
une phrase
une odeur
le baiser qui en nous unissant
nous sépare
(Trad: Colette)
Détail du baiser de E. Munch
 
 
Siempre hay un intruso
 Claribel Alegría (Nicaragua 1924-   )

Una mirada a veces
un gesto entorpecido
una frase
un olor
el beso que al unirnos
nos separa.

30/01/2016

Mais l'espoir persistait / Pero persistía la esperanza

D'abord la lecture du “Convoi de l'eau” d'Akira Yoshimura. Emballée, j'ai voulu lire un autre titre de lui, “Naufrages”.
Ce roman (certains parlent de conte) m'a marquée, bien plus que le premier je crois; du moins j'y ai repensé, et y pense encore souvent. Peut-être est-ce dû au fait que je vis sur une île mais en pleine campagne (éléments omniprésents, mer et montagne), au rythme des saisons, du potager...
Couleur du ciel, de la mer, des feuilles d'arbres.
L'histoire en (très) bref. (vous trouverez un résumé plus détaillé sur le blog de Dominique, ici)
Un village isolé, extrêmement pauvre, entre la mer et la montagne; Isaku âgé de 9 ans, devient pour trois ans chef de famille et il va découvrir l'explication de secrets, de rites, il apprendra à pêcher, à survivre.
Roman dur, parfois cruel, loin des doux rites du thé, mais la forme simple, la beauté de l'écriture nous emportent...
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Primero leí “Le convoi de l'eau”(todavía no traducido al español) de Akira Yoshimura. Me encantó y quise seguir con este autor. “Naufragios” me ha marcado más que el primero; al menos seguí y sigo pensando en esta novela que algunos llaman cuento. Vivir al ritmo de las estaciones, de lo que proveen el mar y la montaña....y a veces algo más.
Color del cielo, del mar, de la hojas de los árboles.
La historia, en muy breve: Un pueblo aislado, extremadamente pobre, entre el mar y la montaña; Isaku se ve, con 9 años, nombrado para 3 años jefe de familia. Descubrirá la explicación de secretos, ritos, aprenderá a pescar, a sobrevivir.
Novela dura, a veces cruel, lejos de los ritos del té...
Aquí un largo extracto que no desvela la historia pero la sugiere.
 

En voici un long extrait qui ne dévoile pas l'histoire mais la suggère fort bien.

"Les sommets brillaient dans les rayons du soleil, mais sur un pic plus haut que les autres, on apercevait un peu de rouge délavé. Il avait plu deux jours de suite, si bien que la brume dissimulait le feuillage automnal.
Isaku regardait le pic.
C'est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s'étendre progressivement aux autres le long des crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d'une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchisait ensuite les profondes vallées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne derrière le village. À ce moment-là, d'habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain.
 
 
Miscanthus
 
Au village, l'automne était déjà bien avancé. Les épis des miscanthes étaient en fleur et on commençait à trouver les petits poulpes qui se rapprochaient de la côte à cette saison. Ils étaient délicieux et l'on pouvait les manger crus ou bouillis. Dans les maisons, les enfants les ouvraient en deux avant de les enfiler pour les suspendre entre deux poteaux afin de les faire sécher. 
 
 
 
Le rougeoiement des feuilles annonçait la saison de la pêche au poulpe et apportait l'espoir.
 
Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, des richesses insoupçonnées qui n’avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle.
Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."
 
 

 

"Las crestas resplandecían iluminadas por el sol poniente. Una de ellas, que destacaba por su altura, había adquirido un tenue color rojizo, como si algo la hubiera descolorido. Durante los dos días de lluvia, que había cubierto las crestas de niebla, las hojas de los árboles habían empezado a mudar de color.
Isaku contempló la cresta. Año tras año, los colores del otoño aparecía en primero en aquella cresta y se extendían progresivamente por todas las demás. Cada vez avanzaban más deprisa, como una avalancha que teñía de rojo las laderas de las montañas a medida que se precipitaba hacia abajo. Cruzaba los profundos valles y envolvía las colinas hasta alcanzar los bosques detrás de la aldea. Cuando llegaba ese momentos, las hojas de las crestas más lejanas ya no eran rojas sino amarillas.
En la aldea se respiraba un ambiente otoñal. Cuando crecieran las espigas de chamiza, empezaría la temporada de pesca de los pulpitos que se acercaban a la costa rocosa. Tenían un sabor delicioso, y se podían comer directamente crudos o hervidos. Los niños los abrían y los colgaban de una cuerda tendida entre dos postes para secarlos.
Después de la pesca del pulpo, las hojas se teñirían de rojo y los habitantes del pueblo presenciarían llenos de esperanza el cambio de color en las montañas.
 
Cuando las hojas se secaran y empezaran a caer, el mar empezaría a estar más alterado. Habría un par de días de calma y luego rugiría embravecido unos días más, y las olas llegarían incluso a salpicar los tejados de las casas. De vez en cuando, el mar encrespado traía regalos inesperados al pueblo. Dejaba riquezas incomparables que no se podían cultivar en los campos ni encontrar en la playa. Cuando eso ocurría, nadie tenía que venderse como esclavo a lo largo de los próximos años. La aldea raras veces tenía esa suerte, pero sus habitantes vivían con la esperanza de que sucediera. Las hojas rojas indicaban que se acercaba la época en la que el mar podía regalarles sus tesoros."

 

 

10/01/2016

Les pompons du catafalque / Los pompones del catafalco

Explorons encore le recueil de poètes belges, cette fois avec un homme aux multiples talents et activités.(clic sur son nom)
Seguimos con esa breve antología de poetas belgas, esta vez con un hombre de muchos talentos y actividades. ¡Era arquitecto, poeta, ensayista y crítico de arte y de arquitectura!
 
Pierre Puttemans 1936 - 2013, un poète surréaliste / un poeta surrealista
 
 
Ces deux courts textes, que vous qualifierez comme bon vous semble, m'ont fait monter le rire aux yeux.
Estos dos textos, que calificareis como queráis, me pusieron risa en los ojos.
 
 
Tartares
 
À l'exacte jonction des voûtes et du soleil, dans le parfum duveteux des prairies, les coureurs harassés reprennent le collier. Un beignet se gonfle au son du violoncelle, les couturières baissent les yeux à temps: voici l'athlète! Il se mouche bruyamment, le catafalque ébroue ses pompons, les chevaux s'abattent dans les abreuvoirs, le montgolfier monte au-dessus des bois...
 
Tártaros
 
En la exacta unión de las bóvedas y del sol, en el sedoso perfume de los prados, los corredores agotados vuelven al tajo. Un buñuelo se hincha al son del violonchelo, las costureras bajan los ojos a tiempo: ¡aquí está el atleta! Se suena ruidosamente, el catafalco sacude sus pompones, los caballos se desploman en los abrevaderos, el globo* se iza encima de los bosques...
(Trad: Colo) 
 
 
Paul Whitehead, surrealist painter and graphic designer
 
Beau comme
 
En pleine forêt dense, une machine à coudre de type manuel attend le passage de Geneviève. Mais l'hallali se rue à travers elle. Des cavaliers rougeauds ahanent vers la meute et s'arrêtent au bord du ravin. Là, dans le silence retrouvé, ils boivent enfin la bonne baf*, tandis que le plus vieux, à la machine à coudre, achève un coulis de feston.
 
Guapo como
 
En medio de un bosque denso, una máquina de coser de tipo manual espera el paso de Geneviève. Pero el “hallali” se precipita a través de ella. Jinetes rubicundos jadean hacia la jauría y se paran al borde del barranco. Allí, en el silencio recobrado, beben por fin la buena baf*, mientras el más viejo, en la máquina de coser, acaba un jugo de festón.
(Trad: Colo)
 
Paul Whitehead, pochettes de disques pour Genesis
 
 
* Montgolfière es un globo aerostático
 
*BAF, bière artisanale, cerveza artesanal 
 
* Hallali, grito de victoria en la caza al zorro, o la montería
 
 

31/12/2015

Dans le ventre des moineaux / En el vientre de los gorriones

Parmi les livres reçus en cette fin d'année, il y a "Poètes aujourd'hui, un panorama de la poésie francophone de Belgique" qui m'a enchantée.

Alors, et pour commencer une année à l'envers, cette fois j'ai traduit du français à l'espagnol...en espérant que ce changement enclenche une année meilleure, ce que je vous souhaite à toutes/tous!


Entre los libros recibidos en este fin de año, está "Poetas hoy, un panorama de la poesía francófona de Bélgica" que me ha encantado.

Entonces, y para empezar un año al revés, esta vez traduje del francés al español...con la esperanza de que ese cambio inicie una año mejor, ¡lo que os deseo a todas/todos!
 
Les oiseaux 
 
Lucien Noullez (Etterbeek, Belgique, 1957)


Tous les jours, tous les jours je dessinais sur notre
table un visage avec des miettes
et tous les jours la faim l'effaçait
ou parfois le vent en été
qui aime les oiseaux, le vent
du sud, à peine plus léger qu'un cœur.
Maintenant le visage est parti dans le ventre
des moineaux.
L'enfance appelle et je réponds
avec des miettes blanches. On vit de peu.
On vit d'un peu d'amour lointain.

(extrait de "Comme un pommier")
 
Léonard de Vinci, anamorphose d’un visage d’enfant et d’un œil, Codex Atlanticus,1485




Los pájaros Lucien Noullez

Todos los días, todos los días dibujaba en nuestra
mesa una cara con migas
y todos los días el hambre la borraba
o a veces el viento en verano
al que le gustan los pájaros, el viento
del sur, apenas más ligero que un corazón.
Ahora se fue la cara en el vientre
de los gorriones.
Llama la infancia y contesto
con migas blancas. Se vive con poco.
Se vive de un poco de amor lejano.

Trad: Colette


Ref: Poètes aujourd'hui
Un panorama de la poésie francophone de Belgique
Liliane Wouters
Yves Namur
Ed: Le Taillis Pré
en coédition avec
La Noroît

06/12/2015

Dans la marge / En el margen



Roberto Juarroz (Argentina 1925-1995)
Décima poesía vertical
 


Il m'est arrivé de rêver des mots.
Les mots ne me laissent pas dormir.
Ils me cognent depuis l'envers du décor,
personnages subversifs
qui arrivent à déchirer le rideau
et pour toujours changer l’œuvre.

Les mots n'attendent pas.
Jusque quand dureront-ils?
Ils sont comme des gouttes de sang
qui tombent sur le texte
et parfois aussi dans la marge.

Mais ils ne se contentent pas des formes du jour,
de la veille éclairée entre la vie et la mort.
Le texte est infini
la marge l'est aussi.
Peut-être le texte devrait-il être dans la marge.

Le rêve est une région abandonnée
ou du moins disponible
à la nécessaire entrée du verbe.
 
(Trad: Colette)
 
 
He llegado a soñar con las palabras.
Las palabras no me dejan dormir.
Me golpean desde atrás del decorado,
personajes subversivos
que hasta llegan a rasgar el telón
para cambiar siempre la obra. 
 
Las palabras no esperan.
¿Hasta cuándo durarán?
Son como gotas de sangre
que van cayendo sobre el texto
y también a veces en el margen. 
 
Pero no les bastan las figuras del día,
la vigilia ilustrada entre la vida y la muerte.
El texto es infinito
y también lo es el margen. 
 
Quizá el texto debiera estar en el margen.
El sueño es una región abandonada
o por lo menos disponible
para la entrada necesaria del verbo.
 

31/10/2015

Si c'était-elle! ¡Si será ella!

Nocturno       Rúben Darío (1867-1916, Nicaragua)

Un poème dans la pure ligne Romantique

Silence de la nuit, douloureux silence
nocturne...Pourquoi l'âme tremble-t-elle ainsi?
J'entends le bourdonnement de mon sang,
une douce tempête passe dans mon crâne.
Insomnie! Ne pas dormir et
pourtant
rêver. Être l
'auto-sujet
de dissection spirituelle, l'auto-Hamlet!
Diluer ma tristesse
dans un vin de nuit
dans le merveilleux cristal des ténèbres...
Et je me dis: à quelle heure viendra l'aube?
Une porte s'est fermée...
Quelqu'un est passé...
L’horloge a sonné trois heures...Si c'était elle!
 
Trad: Colette
 
Photo gentiment prêtée par Kwarkito, merci! http://kwarkito.blogspot.com.es/  

 

 
 
Silencio de la noche, doloroso silencio
nocturno… ¿Por qué el alma tiembla de tal manera?
Oigo el zumbido de mi sangre,
dentro de mi cráneo pasa una suave tormenta.
¡Insomnio! No poder dormir y, sin embargo,
soñar. Ser la auto-pieza
de disección espiritual, ¡el auto-Hamlet!
Diluir mi tristeza
en un vino de noche
en el maravilloso cristal de las tinieblas…
Y me digo: ¿a qué hora vendrá el alba?
Se ha cerrado una puerta…
Ha pasado un transeúnte…
Ha dado el reloj tres horas… ¡Si será ella!...
 

Le voici traduit en anglais (pas par moi)

Silence of the night, painful silence,
Nocturne... Why does my soul tremble like this?
I hear the low hum of my blood.
I watch a calm storm pass inside my skull.
Insomnia! Not to sleep, and perchance
to dream. To be the whole soliloquy
of spiritual dissection, my Hamlet!
To dissolve my sadness
in one night's wine,
in the marvelous crystal darkness...
And then I wonder: When will it be dawn?
A door just closed...
Someone is passing on the street...
The clock strikes three...It must be Her!

24/10/2015

Chutes et ombres / Caídas y sombras

Nous poursuivons donc avec Roberto Juarroz. Né dans la Pampa Humide Argentine en 1925, il est mort à Buenos Aires en 1995. Très lié à la France où il étudia la Philosophie et les Lettres à la Sorbonne, sa “Poésie verticale”, œuvre de sa vie entière, est publiée d'abord en France.
 
J'ai choisi et traduit deux poèmes de lui aujourd'hui, avec une explication tirée de la dernière interview qu'il avait donnée en 1993.
 
Seguimos con Roberto Juarroz. Nacido en la Pampa húmeda Argentina en 1925, murió en Buenos Aires en 1995. Muy ligado a Francia donde estudió Filosofía y Letras en La Sorbona, su “Poesía Vertical”, es la obra de toda su vida, y fue publicada primero en Francia.

 

Elegí dos poemas, con una explicación sacada de la última entrevista que dió en 1993.

 

Ce billet est un peu long, prenez votre temps...

 Esta entrada es un poca larga, tomad vuestro tiempo...

 

 

 

 

"C'est toujours un instant, un instant de plénitude, qui nous signale ou nous situe avec les yeux ouverts dans la réalité la plus libre, la plus illimitée.

(...) la poésie est justement la voie pour exprimer l’ineffable. Dans le poème il se peut qu'il reste quelques morceaux, fragments qui parfois nous transmettent des messages inattendus. Ceci se rattache à ce que disait Rimbaud pour qui le poète n'est pas un prophète, dans le sens de quelqu’un qui anticipe les choses, mais celui qui cultive la vision verbale qui l'amène un peu plus loin, habituée à ce que le regard devienne "vision". C'est ici qu'entre en jeux le rôle fondamental de l’imagination qui découvre des ressorts insoupçonnables entre les choses.
J'ai la sensation qu'on s'est méfié de la présence de l'intelligence et de la raison dans le poème et je pense que c'est une erreur. Je pense que l'intellect joue intensément dans l'écriture. Le poème n'est pas un délire plus ou moins modelé par des recherches capricieuses.(..)"

"Siempre es un instante, un instante de plenitud, lo que nos señala o nos sitúa con los ojos abiertos en la realidad más suelta, más ilimitada.  (…) la poesía es justamente la vía para expresar lo inefable. En el poema pueden quedar algunos pedazos, fragmentos que nos transmiten a veces mensajes inesperados. Esto también se empalma con lo que decía Rimbaud, para quien el poeta no es profeta, en el sentido de alguien que anticipa las cosas, sino que cultiva la visión verbal y eso lo lleva un poco más allá, acostumbra a que la mirada se vuelva "visión". Aquí es donde entra a jugar un papel fundamental la imaginación, que descubre resortes insospechados en todas las cosas. 

Yo tengo la sensación de que se ha desconfiado de la presencia de la inteligencia y de la razón en el poema y pienso que es un error. Pienso que también lo intelectual juega con intensidad en la escritura. El poema no es un delirio más o menos configurado de búsquedas caprichosas,(...)"

 

Night shadows Edward Hopper

 


Quand s'éteint la dernière lampe
s'éteint plus que la lumière:
l'ombre s'allume elle aussi.
Il devrait pourtant y avoir des lampes
qui serviraient exclusivement
à allumer l'ombre.
N'y a-t-il pas peut-être des regards pour ne pas voir,
des vies rien que pour mourir
et des amours destinés à l'oubli?

Il y a du moins certains ténèbres préférés
qui méritent leur propre lampe de l'obscurité. 

(Trad: Colette)  



Cuando se apaga la última lámpara

no sólo se apaga algo mayor que la luz:

también se enciende la sombra.

Debería haber sin embargo lámparas

que sirvieran exclusivamente para encender la sombra.

¿No hay acaso miradas para no ver,

vidas nada más que para morir

y amores sólo para el olvido?



Hay por lo menos ciertas tinieblas predilectas

que merecen su propia lámpara de oscuridad.

 

 
 
 
"J'ai été attiré par une vision, celle que de tous les mouvements de l'homme il y en a un vers lequel nous allons inévitablement, qui se répète au long de la vie jusqu'à prendre une forme définitive: la chute. Tomber comprend depuis la chute de la feuille de l'arbre à tout ce qui existe dans l'univers. La chute est un peu le centre de nos vies et de nous-mêmes.
J'ai pourtant senti que, paradoxalement, le mouvement inverse se produisait également. Comme si dans le fond de la chute il y avait un rebond, où se trouve l’ascension. (...) Héraclite dit "le chemin qui descend est le même chemin qui monte". (...) une espèce de loi de la gravité à l'envers."
"Me atrajo una visión, y es que de todos los movimientos del hombre hay uno hacia el cual inevitablemente vamos, que se repite a lo largo de la vida hasta que se da en forma definitiva: la caída. El caer abarca desde la hoja del árbol hasta todo lo que existe en el universo. La caída es algo así como el centro de nuestras vidas y de nosotros mismos.
Sin embargo sentí que paradójicamente se producía también el movimiento inverso. Como si en el fondo de la caída hubiera un rebote, y es allí donde se encuentra el ascenso. (...) Dice Heráclito "el camino que baja es el mismo camino que sube". (...) una especie de ley de gravedad invertida."
 
Picasso La chute d'Icare  
 
Il faut tomber et on ne peut choisir où.
Mais il existe une certaine forme du vent dans les cheveux,
une certaine pause du coup,
un certain angle du bras
que nous pouvons obliquer dans la chute.
Ce n'est que l'extrémité d'un signe,
la pointe sans y penser d'une pensée.
Mais il suffit pour éviter le fond avare de mains
et la misère bleue d'un Dieu désert.

Il s'agit de plier plus qu'une virgule
dans un texte que nous ne pouvons corriger.
 
(Trad: Colette)
 
Hay que caer y no se puede elegir dónde.

 Pero hay cierta forma del viento en los cabellos,

cierta pausa del golpe,
 
cierta esquina del brazo

 que podemos torcer mientras caemos.

Es tan sólo el extremo de un signo,
 
la punta sin pensar de un pensamiento.
 
Pero basta para evitar el fondo avaro de unas manos

 y la miseria azul de un Dios desierto. 

 

Se trata de doblar algo más que una coma

 en un texto que no podemos corregir.

 

 

17/10/2015

Sans le savoir / Sin saberlo

Roberto Juarroz. 


 
Argentina (1925-1995)

"Una hoja en el árbol, justifica al árbol. Pero un árbol sin hojas lo justifica todo."
"Une feuille dans l'arbre justifie l'arbre. Mais un arbre sans feuilles justifie tout"
 
(les poèmes de Juarroz sont sans titre) (los poemas de Juarroz no tienen título)
 
 
 Le jour où sans le savoir
Nous faisons une chose pour la dernière fois,
regarder une étoile,
passer une porte,
aimer quelqu’un,
écouter une voix,
si quelque chose nous prévenait
que jamais nous n’allions la refaire,
la vie probablement s’arrêterait
comme une poupée sans enfant ni ressort.

Et pourtant, chaque jour
nous faisons quelque chose pour la dernière fois,
regarder un visage,
nous appeler par notre nom,
achever d’user une chaussure,
éprouver un frisson
comme si la première ou la millième fois
pouvait nous préserver de la dernière.

Il nous faudrait un tableau noir
marquant toutes les entrées et les sorties,
où serait clairement annoncé, jour après jour,
avec des craies de couleur et des voyelles
ce que chacun doit terminer
jusqu’à quand on doit faire chaque chose,
jusqu’à quand on vit
jusqu’à quand on meurt.
 
 
(Trad: Colette)
 

Ce poème a été traduit par Jacques Ancet, bien avant moi; vous trouverez sa version ici: http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/juarroz/jua...

Tommy Ingberg http://www.ingberg.com/



El día en que sin saberlo
hacemos por última vez una cosa
mirar una estrella,
atravesar una puerta,
amar a alguien,
escuchar cierta voz
si algo nos advirtiera
que nunca volveremos a hacer eso,
probablemente la vida se detendría
como un muñeco sin niño ni resorte.
.
Sin embargo, cada día
hacemos algo por última vez
mirar un rostro,
llamarse con su propio nombre,
terminar de gastar un zapato,
probar un temblor
como si la primera vez o la milésima
pudiera preservarnos de la última.
.
Nos haría falta un tablero
con todas las entradas y salidas marcadas,
donde se anuncie claramente, día por día,
con tiza de colores y con vocales
qué le toca terminar a cada uno,
hasta cuándo se hace cada cosa,
hasta cuándo se vive
hasta cuándo se muere.

Roberto Juarroz.
 
 
 
 
Le prochain billet sera consacré à ce poète Argentin (1925-1995), auteur d'une “poésie verticale”; les pieds sur terre, la tête imprégnée de spiritualité, de philosophie. Une poésie sans artifices, à la recherche d'une “troisième dimension”, entre la vie et la mort, le bonheur et la disgrâce...loin du manichéisme d'une certaine poésie traditionnelle.


La próxima entrada será dedicada a ese poeta Argentino (1925-1995), autor de una “Poesía Vertical”; los pies en la tierra, la cabeza impregnada de espiritualidad, de filosofía. Una poesía sin artefactos, que busca una “tercera dimensión” entre la vida y la muerte, la felicidad y la desgracia...lejos del maniqueísmo de cierta poesía tradicional.

03/10/2015

Pluie dans le patio / Lluvia en el patio

Dans les pays asiatiques il n'y a que deux saisons: la sèche et l'humide.
Cette mousson si attendue, indispensable à la vie, causant parfois des catastrophe aussi.

 

En los países asiáticos sólo hay dos estaciones: la seca y la húmeda. Ese monzón tan esperado, indispensable para la vida, causando a veces desastres también.

J'y pense ce matin en regardant la campagne inondée; les oiseaux se bousculent dans les immenses flaques, et j'imagine les semences se gorgeant goulûment d'eau.

 

 

Pienso en ello esta mañana mirando al campo inundado; los pájaros se atropellan en los inmensos charcos, y me imagino las simientes llenándose de agua con gula.

Voici cette semaine un poème de J.L. Borges avec ce vers intraduisible et génial:
 Esta semana un poema de Borges y este verso tan conseguido:

 

" Y el curioso color del colorado."

 


Pluie, patio, père...

 

Lluvia, patio, padre...

 

"La pluie"

 

 
Brusquement le soir s'est éclairé

 

car déjà tombe la pluie fine.

 

Elle tombe ou tomba. La pluie est une chose

 

qui bien sûr survient dans le passé

 

 

 

Celui qui l'entend tomber a retrouvé

 

Le temps où le sort heureux

 

Lui révéla une fleur appelée rose

 

et la curieuse couleur qu'est le carmin.

 

 

 

Cette pluie qui aveugle les vitres

 

Réjouira dans des quartiers perdus

 

Les noirs raisins d'une treille en un certain

 

 

 

Patio qui n'existe plus. Le soir

 

Mouillé m'apporte la voix, la voix désirée

 

De mon père qui revient et qui n'est pas mort.

 

 

 

(trad: Colette)

 

 

 

"Comme beaucoup, je tiens qu'un poème est intraduisible, mais qu'il peut être recréé dans une autre langue (je sais bien qu'en bonne logique, il suffirait d'un seul vers bien traduit pour réfuter cette assertion). Tout dépend, bien sûr, de ce qu'on entend par "bien traduit". Pour moi, je suis nominaliste; je me méfie des affirmations abstraites, et je préfère m'en tenir aux cas particuliers."

 

Jorge Luis Borges

 

 

"La lluvia"

 

 

Bruscamente la tarde se ha aclarado

 

Porque ya cae la lluvia minuciosa.

 

Cae o cayó. La lluvia es una cosa

 

Que sin duda sucede en el pasado.

 

 

 

Quien la oye caer ha recobrado

 

El tiempo en que la suerte venturosa

 

Le revelo una flor llamada rosa

 

Y el curioso color del colorado.

 

 

 

Esta lluvia que ciega los cristales

 

Alegrara en perdidos arrabales

 

Las negras uvas de una parra en cierto

 

 

 

Patio que ya no existe. La mojada

 

Tarde me trae la voz, la voz deseada

 

De mi padre que vuelve y que no ha muerto
 

 

 

 

 

 

26/09/2015

Patio poétique / Patio poético

Un patio

J.L Borges (Buenos Aires 1899 - Genève 1986)

Avec le soir
les deux ou trois couleurs du patio se lassèrent.
Cette nuit, la lune, le cercle clair,
ne domine pas son espace.
Patio, ciel canalisé.
Le patio est la déclive
par laquelle le ciel se répand dans la maison.
Sereine,
l'éternité attend au croisement des étoiles.
Il est doux de vivre dans l'amitié sombre
d'un seuil, d'une vigne et d'un puits.
 
Trad:Colette


Patio Andaluz J.R de torres 1900
Patio andaluz Julio Romero de Torres 1900

 
 
 
Un patio J.L. Borges
 
Con la tarde
se cansaron los dos o tres colores del patio.
Esta noche, la luna, el claro círculo,
no domina su espacio.
Patio, cielo encauzado.
El patio es el declive
por el cual se derrama el cielo en la casa.
Serena,
la eternidad espera en la encrucijada de estrellas.
Grato es vivir en la amistad oscura
de un zaguán, de una parra y de un aljibe.
 
(Fervor de Buenos Aires 1923)
 
                                     

19/09/2015

Patios d'antan et d'aujourd'hui / Patios de antaño y de ahora

  

      Si j'écris Patio Espagnol, vous penserez probablement à l'Andalousie plus qu'à Majorque. Et pourtant... 

 

     Si escribo Patio Español, probablemente pensareis en Andalucía más que en Mallorca. Sin embargo...
 
Dans le vieux centre de Palma et de beaucoup de villages, on trouve des centaines de patios. Cette construction traditionnelle de la Méditerranée remonte aux grecs, puis aux romains (rappelez-vous le "domus"), aux arabes aussi bien sûr. Majorque, point crucial des routes maritimes, a été envahie par tous.

 

En el casco antiguo de Palma y de otros muchos pueblos, se encuentran centenas de patios. Esta construcción tradicional del Mediterráneo data de los griegos, después de los romanos (domus) y por supuesto de los árabes. Mallorca, punto crucial de las rutas marítimas, fue invadida por todos.

 

 

 

On parle des patios comme des constructions durables dans le sens actuel du mot: tout y est calculé pour dépenser le moins d'énergie possible.

 

Se puede hablar de estos patios como de construcciones sostenibles en el sentido actual del termino: todo esta calculado para gastar la menor energía posible.

 

 
Ces maisons seigneuriales, les plus anciennes datent de la fin du XIVº, ont une façade assez austère, une grande porte en bois. On passe sous un porche couvert pour se trouver en pleine lumière, dans une grande cour carrée à ciel ouvert. On y entrait les charrettes, les chevaux.
 
Esas casas señoriales, las más antiguas datan del siglo XIV, tienen una fachada austera con una gran puerta de madera por donde, atravesando un porche, se llegaba a un gran patio cuadrado; carretas y caballerizas incluidas.

 

 

 

La cour centrale est construite en pentes douces qui mènent l'eau au centre (cfr "impluvium") où elle est recueillie dans une citerne. Citerne où tombe également l'eau des différents toits. Voilà pour l'eau.

 

El patio estaba construido con ligeras inclinaciones que llevaban el agua de lluvia al centro del mismo donde era almacenada en un aljibe. Los tejados, naturalmente, daban al patio y añadían su agua. Eso en lo que concierne al agua.

 

La lumière est apportée à toutes les fenêtres qui donnent sur ce vaste patio bien sûr, et l'air de même: grâce aux volets majorquins et au patio l'air circule et rafraîchit l'ensemble.
 
Buena parte de las habitaciones dan al patio que aporta luz y aire: gracias a las persianas mallorquinas y al patio, el aire circula y refresca el conjunto.

 

  

On y pratiquait autrefois le commerce, à l'abri des regards; la vie se passait en grande partie dans le patio où il faisait bon se reposer au frais.

 

Allí se comerciaba al abrigo de miradas indiscretas, se hacia buena parte de la vida y se podía descansar al fresco.
 
Maintenant ce sont de superbes endroits garnis de belles plantes vertes, des lieux de paix où l'esprit se repaît de beauté, lumière et calme. Comme le définissent si joliment les chinois le patio est “ un cadeau du ciel”.
 
Ahora son soberbios espacios adornados con plantas, lugares de paz donde el espíritu se alimenta de belleza, luz y calma. Por eso decían los antiguos chinos que un patio es “un regalo del cielo”

 

 

 

Sources/ Fuentes:

 

 
 

 

06/09/2015

Ces choses quotidiennes / Esas cosas cotidianas

Chose; on apprend, puis on répète que c'est un mot à éviter, presqu'un gros mot quand on écrit. Voyons, chaque chose a un nom!
 
Et pourtant...pourtant. Jorge Luis Borges et Gloria Fuertes, deux “grands” l'ont employé pour écrire des poèmes, de beaux poèmes sur... “des choses”.

  

Cosas; aprendemos, luego repetimos que es una palabra que hay que evitar, casi una palabrota cuande se escribe. Venga, ¡cada cosa tiene un nombre!
Sin embargo...sin embargo. Jorge Luis Borges y Gloria Fuertes, dos “grandes” lo emplearon para escribir poemas, preciosos poemas sobre...”cosas”

 

 

 

 

 

 

Les Choses
 
Le bâton, les pièces de monnaie, le porte-clés,
la serrure docile, les lettres tardives
qui ne seront pas lues dans le peu de jours
qu'il me reste, les cartes de jeu et le damier,
 
un livre, et, entre ses pages, la violette
flétrie, monument d'un soir
sans doute inoubliable mais déjà oublié,
le rouge miroir occidental dans lequel brûle 
 
une illusoire aurore. Combien de choses,
planches, seuils, atlas, tasses, épingles,
nous servent d'esclaves tacites,
 
aveugles et étrangement discrets !
Elles dureront au delà de notre oubli;
elles ne sauront jamais que nous sommes partis. 

 


Jorge Luis Borges (1899-1986)  

Traduit de l'espagnol par E. Dupas, retravaillé à sa manière par Colette.

 

Borges

 

 
Las cosas

El bastón, las monedas, el llavero,
la dócil cerradura, las tardías
notas que no leerán los pocos días
que me quedan, los naipes y el tablero,

un libro y en sus páginas la ajada
violeta, monumento de una tarde
sin duda inolvidable y ya olvidada,
el rojo espejo occidental en que arde

una ilusoria aurora. ¡Cuántas cosas,
láminas, umbrales, atlas, copas, clavos,
nos sirven como tácitos esclavos,

ciegas y extrañamente sigilosas!
Durarán más allá de nuestro olvido;
no sabrán nunca que nos hemos ido.

 

 
 
Picasso "Femme accoudée"
 

 

Les choses    Gloria Fuertes

Les choses, nos choses,
elles aiment qu'on les aime;
ma table aime que j'y appuie mes coudes,
la chaise aime que je m’asseye sur la chaise,
la porte aime que je l'ouvre et la ferme
comme le vin aime que je l'achète et le boive,
mon crayon se libère si je le prends et écris,
mon armoire frissonne quand je l'ouvre et regarde,
les draps sont draps quand je me couche sur eux
et le lit se plaint quand je me lève.
Qu'adviendra-t-il des choses quand l'homme disparaîtra?
Tout comme les chiens, les choses n’existent pas sans le maître.

 

Trad: Colette

 

 

Biblioteca La Granja Foto Colo

 

 

Las cosas Gloria Fuertes

 

Las cosas, nuestras cosas,
les gustan que las quieran;
a mi mesa le gusta que yo apoye los codos,
a la silla le gusta que me siente en la silla,
a la puerta le gusta que la abra y la cierre
como al vino le gusta que lo compre y lo beba,
mi lápiz se deshace si lo cojo y escribo,
mi armario se estremece si lo abro y me asomo,
las sábanas son sábanas cuando me echo sobre ellas
y la cama se queja cuando yo me levanto.
¿Qué será de las cosas cuando el hombre se acabe?
Como perros las cosas no existen sin el amo.

 

09/08/2015

Siesta

Borges, le grand; des tas de spécialistes ont traduit ses poèmes et je n'aurais jamais osé me lancer si je n'avais lu celui-ci qui est assez abordable et si imagé.

La traduction du vers marqué par une étoile ne me satisfait pas vraiment mais je n'arrive pas à faire mieux en respectant le poème de JL Borges.

Borges, el grande; un montón de especialistas han traducido sus poemas y nunca me hubiera atrevido al no haber leído este, bastante ameno y tan lleno de imágenes.

 

 

Jorge Luis Borges

SIESTA     SIESTE

Des foules de soleil
    bloquent la maison
et le temps intimidé stagne
derrière les volets
    verts comme des cannaies
Laissant tout de côté
    retrouvons notre corps
  pareil à une vaine annotation  *
jusqu’à ce que les cloches débordantes
        versent le soir
et s'agenouille le ciel humilié
et nous nous vêtons de paysages prévus
 
 (trad. timide, Colette)
 
Fenêtre au caractère ombrageux (Ph. JEA/DR). Du blog Mosaïques 2
 
Muchedumbres de sol
    bloquean la casa
y el tiempo acobardado se remansa
detrás de las persianas
    verdes como cañaverales
Margenándolo todo
      hallamos nuestro cuerpo
   como una misma acotación inútil
hasta que las campanas rebosantes
            vierten la tarde
y se arrodilla el humillado cielo
y nos vestimos de previstos paisajes

02/08/2015

Bribes estivales / Fragmentos veraniegos

 

Foto Colette / Golondrinas - Hirondelles  Mallorca 2015

 

Balade quotidienne à 7h du matin, avant que le soleil ne rende le plaisir vivre par trop chaleureux.
Paseo cotidiano a las 7h de la mañana, antes que el sol convierta el placer de vivir demasiado caluroso.
 
Trois femmes et un chien noir, groupe d'âges disparates. Nous rencontrons pas mal de gens qui profitent de la relative fraîcheur du matin. Marche lente dans la campagne, rien ou presque ne nous échappe. V, la plus âgée, s'arrête souvent pour parler des choses de la terre, de la vie dans le village de sa jeunesse. Son père était berger de moutons, elle raconte si bien la vie d'alors.
 
Tres mujeres y un perro negro, grupo de edades variadas. Nos encontramos con bastante gente que aprovecha el relativo frescor de la mañana. Paseo lento por el campo, nada o casi nada se nos escapa. V, la mayor, se para a menudo para hablar de cosas de la tierra, de la vida en el pueblo de su juventud. Su padre era pastor de ovejas, cuenta tan bien la vida entonces.

 

De nombreux lapins cette année, des hirondelles à foison, et l'autre jour ces cochons qui ont à peine daigné ouvrir un oeil à notre passage.
Hay numerosos conejos este año, golondrinas en abundancia y, el otro día, esos cerdos que apenas se dignaron a abrir un ojo a nuestro paso.
 

 

Sommeil de porcs / Sueño de cerdos Mallorca 2015 Foto Colette



Cette semaine, à l'ombre, j'ai lu ce poème qui résume si bien nos petites peurs et nos grands courages.
Esta semana, a la sombra, leí este poema que resume tan bien nuestros pequeños miedos y nuestras grandes valentías.

 

Valiente / Courageux

 

GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

 

 

Le daban miedo las pisadas
 
las puertas entreabiertas
 
las cortinas
 
los pies de las esfinges
 
la lengua de los gatos.

 

 Il avait peur des pas
 
des portes entrouvertes
 
des rideaux
 
des pieds des sphinx
 
de la langue des chats

 

Le asustaban la risa de los viejos
 
y las fotos de niños con corbata
 
los osos de peluche
 
las gaviotas de cine
 
de los años sesenta.
 
 
Il était effrayé par les rires des vieux
 
et par les photos d'enfants en cravate
 
par les ours en peluche
 
par les mouettes au cinéma
 
des années soixante

 

Temía sobre todo
 
ver llorar a su padre
 
recorrer un pasillo
 
cortarse con papel
 
y morir cada noche.

  

Il craignait surtout de
 
voir pleurer son père
 
de parcourir un couloir
 
de se couper avec du papier
 
et de mourir chaque nuit

 

Pero era tan valiente
 
que miraba a los ojos
 
y derramaba el alma
 
y decía te amo
 
y era cierto.

 

 

Mais il était si courageux
 
qu'il regardait dans les yeux
 
et qu'il épanchait son âme

et disait je t'aime

et c'était vrai.
 

 

Trad: Colette

 

Source / Fuente: http://trianarts.com/gracia-iglesias-valiente/