02/04/2016

Un souffle / Un soplo

 

 
Souffle
(La fanfare sauvage)

Pressée par le temps,
à chaque instant je donne son rythme.
Comme je ne suis qu'un souffle
dans le présent des jours,
je ne recherche plus un seul chemin.
Marcher, sauter, ou courir,
m'est indifférent.
Parfois je m'arrête.
Je peux savoir, je peux ignorer.
Parfois je doute.
Certitudes et obscurités,
passent comme moi,
comme un souffle
de vie et de sens.
Mais je ne me rends pas.
(Trad: Colette)
 
Agatha Belaya, A Puff, un soplo, un souffle
 
 
 
 
SOPLO 
 
(La fanfarria salvaje) 

Asediada por el tiempo,
a cada momento le doy su ritmo.
Como soy nada más que un soplo
en el ahora de los días,
ya no busco un solo camino.
Caminar, o saltar, o correr,
me da lo mismo.
A veces me detengo.
Puedo saber, puedo ignorar.
A veces dudo.
Certezas y  oscuridades,
transcurren como yo,
como un soplo
de vida y de sentido.
Pero no me rindo

 

 
*Jacinta Lanusse nació en Buenos Aires, ciudad en la que reside. Es cantante lírica
 
profesional y pertenece al Coro Estable del Teatro Colón. Su temprana inclinación
 
por las letras la llevó a realizar estudios en la Facultad de Filosofía y Letras de la UBA,
 
además de estudios de francés e inglés.
 
Jacinta Lanusse est née à Buenos Aires, ville où elle vit. Elle est cantatrice lyrique
 
professionnelle et appartient au Choeur Permanent du Théâtre Colón.
 
Son attrait pour les Lettres lui fit réaliser des études à la Faculté de Philosophie et
 
Lettres; de plus elle a étudia le français et l'anglais.

 

27/03/2016

L'odeur du jasmin / El olor del jazmín

 

Le Sud

Du fond d’un de tes patios avoir regardé
les antiques étoiles,
d’un banc de l’ombre avoir regardé
ces lumières éparses
que mon ignorance n’a pas appris à nommer
ni à ordonner en constellations,
avoir senti le cercle d’eau
dans la secrète citerne,
l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
le silence de l’oiseau endormi,
la voûte du vestibule, l’humidité
– ces choses, peut-être, sont le poème.

Jorge Luis Borges, Ferveur de Buenos Aires [1923], in Éloge de l’ombre [1967-1969], L’Or des tigres, Gallimard, Collection Poésie, 1976, page 158.
( traduction trouvée sur Terre de femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/)
 
 

EL SUR

Desde uno de tus patios haber mirado
las antiguas estrellas,
desde el banco de
la sombra haber mirado
esas luces dispersas
que mi ignorancia no ha aprendido a nombrar
ni a ordenar en contelaciones,
haber sentido el circulo del agua
en el secreto aljibe,
el olor del jazmin y la madreselva,
el silencio del pájaro dormido,
el arco del zanguán, la hemedad
–esas cosas, acaso, son el poema.

Jorge Luis Borges, Fervor de Buenos Aires.

 

 

26/03/2016

Norah Borges


 

De trois ans plus jeune que son frère Jorge Luis Borges, son vrai nom est Leonor Fanny Borges Acevedo (1901-1998) et c'est ce même frère qui la surnomma Norah.
 
Tres años más joven que su hermano Jorge Luis Borges, en realidad se llamaba Leonor Fanny Borges Acevedo (1901-1998) y fue el mismo quien le llamó Norah.
 
Afin de comprendre son œuvre, son art, il faut savoir qu'elle a été élevée dans la bonne société Argentine où, comme le disait son frère, “dans ma famille la religion est l'affaire des femmes” et où les codes d'éducation sont fort strictes. Elle va naviguer entre cette obligation d'être une femme rangée, douce, pieuse...et des moments de liberté si créatifs.
 
Con el fin de entender su obra, su arte, hay que saber que fue educada en la buena sociedad argentina donde, como decía su hermano, “en mi familia la religión es un asunto de mujeres” y donde los códigos de educación eran muy estrictos. Navegará así entre la obligación de ser una mujer formal, dulce, piadosa...y momentos de libertad muy creativos.
L'autre point important, c'est qu'elle a eu, jeune, la chance de beaucoup voyager et de pouvoir profiter des rencontres et relations de Jorge Luis. La littérature et l'art vont exister de pair.
 
Otro punto importante es que pudo, joven, viajar mucho y poder aprovechar los encuentros y relaciones de Jorge Luis. La literatura y el arte existirán al mismo tiempo.
Son premier voyage fut pour la Suisse où sa famille se rendit pour soigner les yeux de son père. Elle était adolescente. Une aubaine pour elle car elle y suivit des cours artistiques et y rencontra des graveurs allemands avant-gardistes et y apprendra la xylographie qui fera son succès dans l'illustration de nombreux livres ultraïstes*, dont certains de son frère.
 
Illustration Norah Borges
 
 
Su primer viaje fue a Suiza donde su familia se trasladó para tratar los ojos de su padre. Aún era una adolescente. Allí siguió cursos de arte, encontró grabadores alemanes vanguardistas y aprendió la xilografía que será la base de su éxito en las ilustraciones de numerosos libros ultraísta*, algunos de su hermano.
 
Après la Suisse, la famille se rendit en Espagne et, pour une raison inconnue, à Majorque. Et c'est ici que nous allons nous attarder car cette époque est pour moi la plus intéressante de sa création, de son caractère libre et avant-gardiste, avant de se marier et de retomber dans un style plus conventionnel. Dommage!
 
Después de Suiza su familia se trasladó a España y, por una razón desconocida, a Mallorca. Fue esta época la que parece más interesante de su creación, de su carácter libre, antes de casarse y recaer en un estilo, desgraciadamente, más convencional.
 
 
Une balade en canoë
 
Majorque fut pour elle la découverte de la campagne, mais contrairement à tous les artistes qui ont vécu ici, ce ne fut pas le paysage qui l’impressionna mais les gens, les paysans à qui elle conféra noblesse et humilité. Cette gravure de la “payesa” est devenue comme une icône. 
 
Mallorca fue, para ella, el descubrimiento del campo, pero contrariamente a la mayor parte de los artistas que han vivido aquí, lo que la impresiono no fue el paisaje sino las gentes, los campesinos a quien ella les otorgó nobleza y humildad. El grabado “la payesa” es como un icono.
 
Payesas,
 
En suivant cette voie, Norah arriva à une rénovation artistique basée sur des formes de plus en plus simplifiées et schématiques qui lui valurent tant de succès.(*).
Siguiendo esta vía, Norah llega a una renovación artística basada en formas cada vez mas simplificadas y esquemáticas que la procuraron gran éxito.(*)
 
La catedral de Palma
 
Nous en restrons ici pour aujourd'hui, un autre jour je vous parlerai de l'ultraïsme, mouvement mené en grande partie par JLBorges et qui eut de l'importance en Argentine et en Espagne au XXºs.
 
Lo dejaremos aquí por hoy. Otro día hablaremos del ultraísmo, movimiento dirigido en gran parte
por JL Borges y que tuvo importancia en Argentina y en España en el siglo XX.
 

 

Paysage de Majorque

 

23/03/2016

Découverte / Descubrimiento

 

Cette semaine j'ai découvert une peintre dans un article de El País*:
"Il ne doit pas être facile de grandir à l'ombre d'un géant. Encore moins si cet écrivain s'appelle Jorge Luis Borges et est ton frère.
Il n'est pas non plus facile d'être l'épouse d'une personnalité remarquable de la Génération de '27, Guillermo de Torre. Ce fut le cas de l'artiste connue comme Norah Borges. Peu de gens s'en souviennent en Espagne- où elle résida quelques années avec sa famille- et dans le pays où elle naquit, l'Argentine. Là-bas il n'y a d'espace que pour vénérer un des frères Borges." (Trad: Colette)

Le week-end prochain je vous raconterai sa vie, sa soit-disant modestie qui expliquerait son effacement, son séjour en Europe, à Majorque aussi.
Mais aujourd'hui vous découvrirez, presque en même temps que moi, la multiplicité de ses talents, styles.




Esta semana descubrí una pintora en un artículo de El País*:
"No debe ser sencillo crecer bajo la sombra de un gigante. Y menos si ese escritor se llama Jorge Luis Borges y es tu hermano. Tampoco debe ser fácil ser la esposa de una relevante personalidad de la Generación del 27, Guillermo de Torre. Fue el caso de la artista conocida como Norah Borges. Pocos la recuerdan en España —donde residió unos años junto a su familia— y en el país donde nació, Argentina. Allí sólo hay espacio para venerar a uno de los hermanos Borges."

Os contaré el próximo fin de semana su vida, su pretendida modestia que explicaría su discreción, su estancia en Europa, en Mallorca también.
Pero hoy descubriréis, casi al mismo tiempo que yo, la multiplicidad de sus talentos, estilos.



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

05/03/2016

Le xylophone / El xilófono


Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.

 
La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.
 
Trad: Colette

 

 



Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba. Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appellée Cero
 
 
 
 

 

 
LA MADRE


    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

27/02/2016

Au bord de la paupière / Al borde del párpado

                            Photo : http://www.bombfu.com/art/des-pierres-et-de-lequilibre/

 
 
Chaque fois que tu me traverses
tu abandonnes sur les os une fleur sèche
je suis un pays jonché de tes signes
pourtant je joue à brouiller ton nom
jetant à l'écho de tes falaises
mes phrases tremblantes
 
peut-être es-tu assise juste au bord de la paupière
adossée à ma seule larme
 
Poème de Rabah Belamri extrait de “Pierres d'équilibre” p. 26
 
Cada vez que me traspasas
abandonas en los huesos una flor seca
soy un país cubierto de tus signos
pero juego a confundir tu nombre
tirando en el eco de tus barrancos
mis frases temblorosas
 
 
tal vez estés sentada justo al borde del párpado
reclinada en mi única lágrima
(Trad: Colette)

 

20/02/2016

Les lettres / Las cartas

Si envoyer et recevoir des lettres ou e-mails à/de ceux qu'on aime (un peu, beaucoup, tendrement...) est un réel plaisir, parfois les mots envoyés ou attendus génèrent une sorte de frustration.
On n'a pas osé écrire ce qu'on pense ou on s'attendait à plus d'empathie, de tendresse, à une missive plus personnelle, une réponse...
 
Enviar o recibir cartas o e-mails es un verdadero placer a/de aquellos que queremos (un poco, mucho, con ternura...), pero a veces las palabras enviadas o esperadas dan lugar a una especie de frustración.
No nos atrevemos a escribir lo que pensamos o nos esperábamos a más empatia, más ternura, a una misiva más personal, una respuesta...
 
Pierre Bonnard

 

Je viens de terminer la lecture de "Les boîtes en carton" de Tom Lanoye, et j'ai souligné ceci, (il parle des lettres reçues):

"Mais s'il est parfois malaisé d'oublier ce qui est écrit, combien plus difficile est d'oublier ce qu'on espérait voir écrit. Et ce qui reste à jamais non écrit."
 
Acabo de terminar la lectura de “Las cajas de cartón” de Tom Lanoye, y he subrayado esto, (habla de las cartas recibidas):
Pero si a veces es complicado olvidar lo que está escrito, cuánto más difícil es olvidar aquello que esperábamos ver escrito. Y aquello que queda para siempre no escrito.”
 
Ceci m'amène, presque inévitablement, à citer Kafka et ses lettres à Milena.
"Tout le malheur de ma vie - je ne le dis pas pour me plaindre, mais pour en tirer une leçon d’intérêt général - vient, si l’on veut, des lettres ou de la possibilité d’en écrire. Je n’ai pour ainsi dire jamais été trompé par les gens, par des lettres toujours ; et cette fois ce n’est pas par celles des autres mais par les miennes."

 Franz Kafka, avril 1922
 
 
Todo esto me lleva, casi inevitablemente a citar a Kafka y sus cartas a Milena.
 
Toda la desdicha de mi vida proviene, si se quiere, de las cartas o de la posibilidad de escribirlas. Y con esto no me quiero quejar, sino formular una observación instructiva. Muy pocas veces me ha engañado una persona; las cartas siempre me engañan. Y no sólo las de otros, sino
también las mías.”

 

 
 
Trouvé sans réf. sur la Toile
Enfin ce passage:
 
 
Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ? On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine. Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle le pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes en inventant le chemin de fer, l’auto, l’aéroplane ; mais cela ne sert plus de rien (ces inventions ont été faites une fois la chute déclenchée) ; l’adversaire est tellement plus calme, tellement plus fort ; après la poste, il a inventé le télégraphe sans fil. Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons.”
 
Lettres a Milena, Prague,  avril 1922.
 Franz Kafka 
 

 

 
 
Para terminar este párrafo:
 
A quién se le ocurrió que la gente puede mantener relaciones por correspondencia! Uno puede pensar en una persona ausente y puede tocar a una persona presente; todo lo demás supera las fuerzas humanas. Pero escribir cartas significa desnudarse ante los fantasmas, cosa que ellos
aguardan con avidez. Los besos escritos no llegan a destino, son bebidos por los fantasmas en el camino. Y esa abundante alimentación hace que los fantasmas se multipliquen en forma tan
desmesurada. La humanidad lo percibe y lucha contra eso; para eliminar en lo posible todo lo fantasmal que se interpone entre los hombres y para lograr una comunicación natural, para recuperar la paz de las almas, ha inventado el ferrocarril, el automóvil, el aeroplano. Pero ya es tarde; es obvio que esos inventos han surgido en plena caída. La otra parte es mucho más serena y fuerte: después del correo inventó el telégrafo, el teléfono, la telegrafía sin hilo. Los
fantasmas no morirán de hambre, pero nosotros sucumbiremos.”

 

 
 

13/02/2016

Lettre à Ulysse / Carta a Ulises

Ah l'Odyssée! Le nom grec de l’œuvre Odusseus est aussi celui du héros, ce cher Ulysse dont on raconte les aventures.
Pénélope, on le sait, est un personnage secondaire qui l'aime et l'attend et attend...
¡Ah la Odisea! El nombre griego de la obra Odusseus es también el de su héroe, el famoso Ulises del que se cuentan sus aventuras.
Penélope, es bien sabido, es un personaje secundario que le ama y le espera y espera...
 
John William Waterhouse / Penelope
 
Ce mythe, comme tous les mythes, a été mille fois interprété, réécrit et ce personnage s'est un peu éloigné de la version initiale. Des centaines de Pénélope parcourent la poésie, le roman et le théâtre contemporains, principalement en Europe et sur le continent américain. La reine d’Ithaque s’est échappée de son manoir pour voyager jusqu’en Amérique Centrale. Elle y habite l’imaginaire de nombreuses poétesses, (…) dont...Claribel Alegría”*
 
Ese mito, como todos los mitos ha sido mil veces interpretado y reescrito y el personaje se ha alejado un poco de la versión inicial. “Cientos de Penélopes recorren la poesía, la novela y el teatro contemporáneo, principalmente en Europa y en el continente americano. La reina de Itaca se ha escapado de su mansión para viajar hasta América Central donde habita el imaginario de numerosas poetisas, (…) entre ellas...Claribel Alegría
 
 

 


Homère qualifie Pénélope de “la plus sage des femmes”, et on la trouve presque toujours en larmes.
Cependant, elle ne cherche pas à se consoler de sa peine, en acceptant l’un de ses prétendants, par exemple. Pénélope semble faire preuve de presque toutes les caractéristiques de l’idéal machiste de la femme décrit par la mexicaine Rosario Castellanos. Cette pionnière du féminisme latino-américain décline les vertus de la parfaite épouse, qui seraient rien moins que : « la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio ». Pour les poétesses centre-américaines, bien souvent en lutte contre le machisme, il s’agit d’un modèle à bannir.” ( la constance, la loyauté, la patience, la chasteté, la soumission, l'humilité, la pudeur, l'abnégation, l'esprit de sacrifice)*
 
Homero califica a Penélope como “la mujer más sensata” y casi siempre nos la encontramos llorando.
Sin embargo no trata de consolar su pena aceptando, por ejemplo, uno de sus pretendientes. Penélope parece poseer casi todas casi todas las características del ideal machista de la mujer descritas por la mejicana Rosario Castellanos. Esta pionera del feminismo latinoamericano desgrana las virtudes de la esposa perfecta, a saber:«la constancia, la lealtad, la paciencia, la castidad, la sumisión, la humildad, el recato, la abnegación, el espíritu de sacrificio».Para las poetisas centroamericanas, que luchan con frecuencia contra el machismo, se trata de un modelo que hay que desterrar.
 
                                      Pénélope et ses prétendants, John W. Waterhouse
 
 
Alors voilà ce que Claribel Alegría a imaginé: une Pénélope libre, qui veut vivre sa vie.
Le ton du poème est dur, puis ironique, sarcastique.
Por eso he aquí lo que Claribel Alegría ha imaginado: una Penélope libre, que quiere vivir su vida.
El tono de la obra es duro, finalmente irónico, sarcástico.
 
La traduction n'est pas de moi, elle est inclue dans l' excellente analyse citée en bas de page.
 
CARTA A UN DESTERRADO
LETTRE À UN EXILÉ
Mi querido Odiseo: Mon cher Ulysse,
ya no es posible más
il n’est plus possible
esposo mío mon époux
que el tiempo pase y vuele que le temps passe et vole
y no te cuente yo et que je ne te dise rien
de mi vida en Ítaca. de ma vie à Ithaque.
Hace ya muchos años Il y a bien des années déjà
que te fuiste que tu es parti
tu ausencia nos pesó ton absence fut douloureuse
a tu hijo y a mí. pour ton fils et pour moi.
Empezaron a cercarme Des prétendants
pretendientes ont commencé à m’encercler
eran tantos ils étaient si nombreux
tan tenaces sus requiebros et leur cour si pressante
que apiadándose un dios qu’un dieu a eu pitié
de mi congoja de ma peine
me aconsejó tejer et m’a conseillé de tisser
una tela sutil une toile fine
interminable interminable
que te sirviera a ti qui te servirait
como sudario. de suaire.
Si llegaba a concluirla Si je parvenais à l’achever
tendría yo sin mora je devrais sans délai
que elegir un esposo. choisir un époux.
Me cautivó la idea L’idée m’a captivée
al levantarse el sol au lever du soleil
me ponía a tejer je me mettais à tisser
y destejía por la noche. et défaisais mon ouvrage la nuit.
Así pasé tres años J’ai ainsi passé trois ans
pero ahora, Odiseo, mais désormais, Ulysse,
mi corazón suspira por un joven
mon cœur soupire pour un jeune homme
tan bello como tú cuando eras mozo
aussi beau que toi dans ta jeunesse
tan hábil con el arco
aussi habile à l’arc
y con la lanza. et de sa lance.
Nuestra casa está en ruinas
Notre maison est en ruines
y necesito un hombre et j’ai besoin d’un homme
que la sepa regir. qui sache la gouverner.
Telémaco es un niño todavía
Télémaque est encore un enfant
y tu padre un anciano.
et ton père est un vieil homme.
Preferible, Odiseo, Il est préférable, Ulysse
que no vuelvas que tu ne reviennes pas
de mi amor hacia ti
de mon amour pour toi
no queda ni un rescoldo
ne restent que des cendres
Telémaco está bien Télémaque va bien
ni siquiera pregunta por su padre
il ne réclame même pas son père
es mejor para ti mieux vaut pour toi
que te demos por muerto. que nous te considérions mort.
Sé por los forasteros J’ai su par les voyageurs
de Calipso pour Calypso
y de Circe. et pour Circé.
Aprovecha, Odiseo, Profite, Ulysse,
si eliges a Calipso, si tu choisis Calypso,
recobrarás la juventud tu retrouveras la jeunesse
si es Circe la elegida
si Circé est l’élue
serás entre sus cerdos tu seras parmi ses pourceaux
el supremo. le plus auguste.
Espero que esta carta J’espère que cette lettre
no te ofenda ne t’offensera pas
no invoques a los dioses n’invoque pas les dieux
será en vano ce serait en vain
recuerda a Menelao souviens-toi de Ménélas
con Helena et d’Hélène
por esa guerra loca à cause de cette guerre folle
han perdido la vida les meilleurs de nos hommes
nuestros mejores hombres ont perdu la vie
y estás tú donde estás. et te voilà là où tu es.
No vuelvas, Odiseo, Ne reviens pas, Ulysse,
te suplico. je t’en supplie.
Tu discreta Penélope Ta discrète Pénélope

Claribel Alegría
© Cahiers d’études romanes
 
**Article : Sandra Gondouin, « Quand Claribel Alegría retisse le mythe de Pénélope : les enjeux d’une réécriture », Cahiers
 
d’études romanes [En ligne], 20 | 2009, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 08 février 2016. 

07/02/2016

Baiser raté / Beso fallido

Ne parlons pas du premier, mais de celui, ou ceux, ratés.
Promesse de délice
puis...
C'est si fragile un baiser: un éternuement, une porte qui claque, un fou rire..

No hablemos del primero, sino del o de los  totalmente fallidos.
Promesa de delicia luego...
Es tan frágil un beso: un estornudo, una puerta golpeada, una risa...

 
Il y a toujours un intrus
Claribel Alegría (Nicaragua 1924-    )

Un regard parfois
un geste engourdi
une phrase
une odeur
le baiser qui en nous unissant
nous sépare
(Trad: Colette)
Détail du baiser de E. Munch
 
 
Siempre hay un intruso
 Claribel Alegría (Nicaragua 1924-   )

Una mirada a veces
un gesto entorpecido
una frase
un olor
el beso que al unirnos
nos separa.

30/01/2016

Mais l'espoir persistait / Pero persistía la esperanza

D'abord la lecture du “Convoi de l'eau” d'Akira Yoshimura. Emballée, j'ai voulu lire un autre titre de lui, “Naufrages”.
Ce roman (certains parlent de conte) m'a marquée, bien plus que le premier je crois; du moins j'y ai repensé, et y pense encore souvent. Peut-être est-ce dû au fait que je vis sur une île mais en pleine campagne (éléments omniprésents, mer et montagne), au rythme des saisons, du potager...
Couleur du ciel, de la mer, des feuilles d'arbres.
L'histoire en (très) bref. (vous trouverez un résumé plus détaillé sur le blog de Dominique, ici)
Un village isolé, extrêmement pauvre, entre la mer et la montagne; Isaku âgé de 9 ans, devient pour trois ans chef de famille et il va découvrir l'explication de secrets, de rites, il apprendra à pêcher, à survivre.
Roman dur, parfois cruel, loin des doux rites du thé, mais la forme simple, la beauté de l'écriture nous emportent...
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Primero leí “Le convoi de l'eau”(todavía no traducido al español) de Akira Yoshimura. Me encantó y quise seguir con este autor. “Naufragios” me ha marcado más que el primero; al menos seguí y sigo pensando en esta novela que algunos llaman cuento. Vivir al ritmo de las estaciones, de lo que proveen el mar y la montaña....y a veces algo más.
Color del cielo, del mar, de la hojas de los árboles.
La historia, en muy breve: Un pueblo aislado, extremadamente pobre, entre el mar y la montaña; Isaku se ve, con 9 años, nombrado para 3 años jefe de familia. Descubrirá la explicación de secretos, ritos, aprenderá a pescar, a sobrevivir.
Novela dura, a veces cruel, lejos de los ritos del té...
Aquí un largo extracto que no desvela la historia pero la sugiere.
 

En voici un long extrait qui ne dévoile pas l'histoire mais la suggère fort bien.

"Les sommets brillaient dans les rayons du soleil, mais sur un pic plus haut que les autres, on apercevait un peu de rouge délavé. Il avait plu deux jours de suite, si bien que la brume dissimulait le feuillage automnal.
Isaku regardait le pic.
C'est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s'étendre progressivement aux autres le long des crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d'une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchisait ensuite les profondes vallées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne derrière le village. À ce moment-là, d'habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain.
 
 
Miscanthus
 
Au village, l'automne était déjà bien avancé. Les épis des miscanthes étaient en fleur et on commençait à trouver les petits poulpes qui se rapprochaient de la côte à cette saison. Ils étaient délicieux et l'on pouvait les manger crus ou bouillis. Dans les maisons, les enfants les ouvraient en deux avant de les enfiler pour les suspendre entre deux poteaux afin de les faire sécher. 
 
 
 
Le rougeoiement des feuilles annonçait la saison de la pêche au poulpe et apportait l'espoir.
 
Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, des richesses insoupçonnées qui n’avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle.
Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."
 
 

 

"Las crestas resplandecían iluminadas por el sol poniente. Una de ellas, que destacaba por su altura, había adquirido un tenue color rojizo, como si algo la hubiera descolorido. Durante los dos días de lluvia, que había cubierto las crestas de niebla, las hojas de los árboles habían empezado a mudar de color.
Isaku contempló la cresta. Año tras año, los colores del otoño aparecía en primero en aquella cresta y se extendían progresivamente por todas las demás. Cada vez avanzaban más deprisa, como una avalancha que teñía de rojo las laderas de las montañas a medida que se precipitaba hacia abajo. Cruzaba los profundos valles y envolvía las colinas hasta alcanzar los bosques detrás de la aldea. Cuando llegaba ese momentos, las hojas de las crestas más lejanas ya no eran rojas sino amarillas.
En la aldea se respiraba un ambiente otoñal. Cuando crecieran las espigas de chamiza, empezaría la temporada de pesca de los pulpitos que se acercaban a la costa rocosa. Tenían un sabor delicioso, y se podían comer directamente crudos o hervidos. Los niños los abrían y los colgaban de una cuerda tendida entre dos postes para secarlos.
Después de la pesca del pulpo, las hojas se teñirían de rojo y los habitantes del pueblo presenciarían llenos de esperanza el cambio de color en las montañas.
 
Cuando las hojas se secaran y empezaran a caer, el mar empezaría a estar más alterado. Habría un par de días de calma y luego rugiría embravecido unos días más, y las olas llegarían incluso a salpicar los tejados de las casas. De vez en cuando, el mar encrespado traía regalos inesperados al pueblo. Dejaba riquezas incomparables que no se podían cultivar en los campos ni encontrar en la playa. Cuando eso ocurría, nadie tenía que venderse como esclavo a lo largo de los próximos años. La aldea raras veces tenía esa suerte, pero sus habitantes vivían con la esperanza de que sucediera. Las hojas rojas indicaban que se acercaba la época en la que el mar podía regalarles sus tesoros."

 

 

10/01/2016

Les pompons du catafalque / Los pompones del catafalco

Explorons encore le recueil de poètes belges, cette fois avec un homme aux multiples talents et activités.(clic sur son nom)
Seguimos con esa breve antología de poetas belgas, esta vez con un hombre de muchos talentos y actividades. ¡Era arquitecto, poeta, ensayista y crítico de arte y de arquitectura!
 
Pierre Puttemans 1936 - 2013, un poète surréaliste / un poeta surrealista
 
 
Ces deux courts textes, que vous qualifierez comme bon vous semble, m'ont fait monter le rire aux yeux.
Estos dos textos, que calificareis como queráis, me pusieron risa en los ojos.
 
 
Tartares
 
À l'exacte jonction des voûtes et du soleil, dans le parfum duveteux des prairies, les coureurs harassés reprennent le collier. Un beignet se gonfle au son du violoncelle, les couturières baissent les yeux à temps: voici l'athlète! Il se mouche bruyamment, le catafalque ébroue ses pompons, les chevaux s'abattent dans les abreuvoirs, le montgolfier monte au-dessus des bois...
 
Tártaros
 
En la exacta unión de las bóvedas y del sol, en el sedoso perfume de los prados, los corredores agotados vuelven al tajo. Un buñuelo se hincha al son del violonchelo, las costureras bajan los ojos a tiempo: ¡aquí está el atleta! Se suena ruidosamente, el catafalco sacude sus pompones, los caballos se desploman en los abrevaderos, el globo* se iza encima de los bosques...
(Trad: Colo) 
 
 
Paul Whitehead, surrealist painter and graphic designer
 
Beau comme
 
En pleine forêt dense, une machine à coudre de type manuel attend le passage de Geneviève. Mais l'hallali se rue à travers elle. Des cavaliers rougeauds ahanent vers la meute et s'arrêtent au bord du ravin. Là, dans le silence retrouvé, ils boivent enfin la bonne baf*, tandis que le plus vieux, à la machine à coudre, achève un coulis de feston.
 
Guapo como
 
En medio de un bosque denso, una máquina de coser de tipo manual espera el paso de Geneviève. Pero el “hallali” se precipita a través de ella. Jinetes rubicundos jadean hacia la jauría y se paran al borde del barranco. Allí, en el silencio recobrado, beben por fin la buena baf*, mientras el más viejo, en la máquina de coser, acaba un jugo de festón.
(Trad: Colo)
 
Paul Whitehead, pochettes de disques pour Genesis
 
 
* Montgolfière es un globo aerostático
 
*BAF, bière artisanale, cerveza artesanal 
 
* Hallali, grito de victoria en la caza al zorro, o la montería
 
 

31/12/2015

Dans le ventre des moineaux / En el vientre de los gorriones

Parmi les livres reçus en cette fin d'année, il y a "Poètes aujourd'hui, un panorama de la poésie francophone de Belgique" qui m'a enchantée.

Alors, et pour commencer une année à l'envers, cette fois j'ai traduit du français à l'espagnol...en espérant que ce changement enclenche une année meilleure, ce que je vous souhaite à toutes/tous!


Entre los libros recibidos en este fin de año, está "Poetas hoy, un panorama de la poesía francófona de Bélgica" que me ha encantado.

Entonces, y para empezar un año al revés, esta vez traduje del francés al español...con la esperanza de que ese cambio inicie una año mejor, ¡lo que os deseo a todas/todos!
 
Les oiseaux 
 
Lucien Noullez (Etterbeek, Belgique, 1957)


Tous les jours, tous les jours je dessinais sur notre
table un visage avec des miettes
et tous les jours la faim l'effaçait
ou parfois le vent en été
qui aime les oiseaux, le vent
du sud, à peine plus léger qu'un cœur.
Maintenant le visage est parti dans le ventre
des moineaux.
L'enfance appelle et je réponds
avec des miettes blanches. On vit de peu.
On vit d'un peu d'amour lointain.

(extrait de "Comme un pommier")
 
Léonard de Vinci, anamorphose d’un visage d’enfant et d’un œil, Codex Atlanticus,1485




Los pájaros Lucien Noullez

Todos los días, todos los días dibujaba en nuestra
mesa una cara con migas
y todos los días el hambre la borraba
o a veces el viento en verano
al que le gustan los pájaros, el viento
del sur, apenas más ligero que un corazón.
Ahora se fue la cara en el vientre
de los gorriones.
Llama la infancia y contesto
con migas blancas. Se vive con poco.
Se vive de un poco de amor lejano.

Trad: Colette


Ref: Poètes aujourd'hui
Un panorama de la poésie francophone de Belgique
Liliane Wouters
Yves Namur
Ed: Le Taillis Pré
en coédition avec
La Noroît

06/12/2015

Dans la marge / En el margen



Roberto Juarroz (Argentina 1925-1995)
Décima poesía vertical
 


Il m'est arrivé de rêver des mots.
Les mots ne me laissent pas dormir.
Ils me cognent depuis l'envers du décor,
personnages subversifs
qui arrivent à déchirer le rideau
et pour toujours changer l’œuvre.

Les mots n'attendent pas.
Jusque quand dureront-ils?
Ils sont comme des gouttes de sang
qui tombent sur le texte
et parfois aussi dans la marge.

Mais ils ne se contentent pas des formes du jour,
de la veille éclairée entre la vie et la mort.
Le texte est infini
la marge l'est aussi.
Peut-être le texte devrait-il être dans la marge.

Le rêve est une région abandonnée
ou du moins disponible
à la nécessaire entrée du verbe.
 
(Trad: Colette)
 
 
He llegado a soñar con las palabras.
Las palabras no me dejan dormir.
Me golpean desde atrás del decorado,
personajes subversivos
que hasta llegan a rasgar el telón
para cambiar siempre la obra. 
 
Las palabras no esperan.
¿Hasta cuándo durarán?
Son como gotas de sangre
que van cayendo sobre el texto
y también a veces en el margen. 
 
Pero no les bastan las figuras del día,
la vigilia ilustrada entre la vida y la muerte.
El texto es infinito
y también lo es el margen. 
 
Quizá el texto debiera estar en el margen.
El sueño es una región abandonada
o por lo menos disponible
para la entrada necesaria del verbo.
 

31/10/2015

Si c'était-elle! ¡Si será ella!

Nocturno       Rúben Darío (1867-1916, Nicaragua)

Un poème dans la pure ligne Romantique

Silence de la nuit, douloureux silence
nocturne...Pourquoi l'âme tremble-t-elle ainsi?
J'entends le bourdonnement de mon sang,
une douce tempête passe dans mon crâne.
Insomnie! Ne pas dormir et
pourtant
rêver. Être l
'auto-sujet
de dissection spirituelle, l'auto-Hamlet!
Diluer ma tristesse
dans un vin de nuit
dans le merveilleux cristal des ténèbres...
Et je me dis: à quelle heure viendra l'aube?
Une porte s'est fermée...
Quelqu'un est passé...
L’horloge a sonné trois heures...Si c'était elle!
 
Trad: Colette
 
Photo gentiment prêtée par Kwarkito, merci! http://kwarkito.blogspot.com.es/  

 

 
 
Silencio de la noche, doloroso silencio
nocturno… ¿Por qué el alma tiembla de tal manera?
Oigo el zumbido de mi sangre,
dentro de mi cráneo pasa una suave tormenta.
¡Insomnio! No poder dormir y, sin embargo,
soñar. Ser la auto-pieza
de disección espiritual, ¡el auto-Hamlet!
Diluir mi tristeza
en un vino de noche
en el maravilloso cristal de las tinieblas…
Y me digo: ¿a qué hora vendrá el alba?
Se ha cerrado una puerta…
Ha pasado un transeúnte…
Ha dado el reloj tres horas… ¡Si será ella!...
 

Le voici traduit en anglais (pas par moi)

Silence of the night, painful silence,
Nocturne... Why does my soul tremble like this?
I hear the low hum of my blood.
I watch a calm storm pass inside my skull.
Insomnia! Not to sleep, and perchance
to dream. To be the whole soliloquy
of spiritual dissection, my Hamlet!
To dissolve my sadness
in one night's wine,
in the marvelous crystal darkness...
And then I wonder: When will it be dawn?
A door just closed...
Someone is passing on the street...
The clock strikes three...It must be Her!

24/10/2015

Chutes et ombres / Caídas y sombras

Nous poursuivons donc avec Roberto Juarroz. Né dans la Pampa Humide Argentine en 1925, il est mort à Buenos Aires en 1995. Très lié à la France où il étudia la Philosophie et les Lettres à la Sorbonne, sa “Poésie verticale”, œuvre de sa vie entière, est publiée d'abord en France.
 
J'ai choisi et traduit deux poèmes de lui aujourd'hui, avec une explication tirée de la dernière interview qu'il avait donnée en 1993.
 
Seguimos con Roberto Juarroz. Nacido en la Pampa húmeda Argentina en 1925, murió en Buenos Aires en 1995. Muy ligado a Francia donde estudió Filosofía y Letras en La Sorbona, su “Poesía Vertical”, es la obra de toda su vida, y fue publicada primero en Francia.

 

Elegí dos poemas, con una explicación sacada de la última entrevista que dió en 1993.

 

Ce billet est un peu long, prenez votre temps...

 Esta entrada es un poca larga, tomad vuestro tiempo...

 

 

 

 

"C'est toujours un instant, un instant de plénitude, qui nous signale ou nous situe avec les yeux ouverts dans la réalité la plus libre, la plus illimitée.

(...) la poésie est justement la voie pour exprimer l’ineffable. Dans le poème il se peut qu'il reste quelques morceaux, fragments qui parfois nous transmettent des messages inattendus. Ceci se rattache à ce que disait Rimbaud pour qui le poète n'est pas un prophète, dans le sens de quelqu’un qui anticipe les choses, mais celui qui cultive la vision verbale qui l'amène un peu plus loin, habituée à ce que le regard devienne "vision". C'est ici qu'entre en jeux le rôle fondamental de l’imagination qui découvre des ressorts insoupçonnables entre les choses.
J'ai la sensation qu'on s'est méfié de la présence de l'intelligence et de la raison dans le poème et je pense que c'est une erreur. Je pense que l'intellect joue intensément dans l'écriture. Le poème n'est pas un délire plus ou moins modelé par des recherches capricieuses.(..)"

"Siempre es un instante, un instante de plenitud, lo que nos señala o nos sitúa con los ojos abiertos en la realidad más suelta, más ilimitada.  (…) la poesía es justamente la vía para expresar lo inefable. En el poema pueden quedar algunos pedazos, fragmentos que nos transmiten a veces mensajes inesperados. Esto también se empalma con lo que decía Rimbaud, para quien el poeta no es profeta, en el sentido de alguien que anticipa las cosas, sino que cultiva la visión verbal y eso lo lleva un poco más allá, acostumbra a que la mirada se vuelva "visión". Aquí es donde entra a jugar un papel fundamental la imaginación, que descubre resortes insospechados en todas las cosas. 

Yo tengo la sensación de que se ha desconfiado de la presencia de la inteligencia y de la razón en el poema y pienso que es un error. Pienso que también lo intelectual juega con intensidad en la escritura. El poema no es un delirio más o menos configurado de búsquedas caprichosas,(...)"

 

Night shadows Edward Hopper

 


Quand s'éteint la dernière lampe
s'éteint plus que la lumière:
l'ombre s'allume elle aussi.
Il devrait pourtant y avoir des lampes
qui serviraient exclusivement
à allumer l'ombre.
N'y a-t-il pas peut-être des regards pour ne pas voir,
des vies rien que pour mourir
et des amours destinés à l'oubli?

Il y a du moins certains ténèbres préférés
qui méritent leur propre lampe de l'obscurité. 

(Trad: Colette)  



Cuando se apaga la última lámpara

no sólo se apaga algo mayor que la luz:

también se enciende la sombra.

Debería haber sin embargo lámparas

que sirvieran exclusivamente para encender la sombra.

¿No hay acaso miradas para no ver,

vidas nada más que para morir

y amores sólo para el olvido?



Hay por lo menos ciertas tinieblas predilectas

que merecen su propia lámpara de oscuridad.

 

 
 
 
"J'ai été attiré par une vision, celle que de tous les mouvements de l'homme il y en a un vers lequel nous allons inévitablement, qui se répète au long de la vie jusqu'à prendre une forme définitive: la chute. Tomber comprend depuis la chute de la feuille de l'arbre à tout ce qui existe dans l'univers. La chute est un peu le centre de nos vies et de nous-mêmes.
J'ai pourtant senti que, paradoxalement, le mouvement inverse se produisait également. Comme si dans le fond de la chute il y avait un rebond, où se trouve l’ascension. (...) Héraclite dit "le chemin qui descend est le même chemin qui monte". (...) une espèce de loi de la gravité à l'envers."
"Me atrajo una visión, y es que de todos los movimientos del hombre hay uno hacia el cual inevitablemente vamos, que se repite a lo largo de la vida hasta que se da en forma definitiva: la caída. El caer abarca desde la hoja del árbol hasta todo lo que existe en el universo. La caída es algo así como el centro de nuestras vidas y de nosotros mismos.
Sin embargo sentí que paradójicamente se producía también el movimiento inverso. Como si en el fondo de la caída hubiera un rebote, y es allí donde se encuentra el ascenso. (...) Dice Heráclito "el camino que baja es el mismo camino que sube". (...) una especie de ley de gravedad invertida."
 
Picasso La chute d'Icare  
 
Il faut tomber et on ne peut choisir où.
Mais il existe une certaine forme du vent dans les cheveux,
une certaine pause du coup,
un certain angle du bras
que nous pouvons obliquer dans la chute.
Ce n'est que l'extrémité d'un signe,
la pointe sans y penser d'une pensée.
Mais il suffit pour éviter le fond avare de mains
et la misère bleue d'un Dieu désert.

Il s'agit de plier plus qu'une virgule
dans un texte que nous ne pouvons corriger.
 
(Trad: Colette)
 
Hay que caer y no se puede elegir dónde.

 Pero hay cierta forma del viento en los cabellos,

cierta pausa del golpe,
 
cierta esquina del brazo

 que podemos torcer mientras caemos.

Es tan sólo el extremo de un signo,
 
la punta sin pensar de un pensamiento.
 
Pero basta para evitar el fondo avaro de unas manos

 y la miseria azul de un Dios desierto. 

 

Se trata de doblar algo más que una coma

 en un texto que no podemos corregir.