02/04/2011

Le fil rouge / El hilo rojo

Si j’ai tant tardé à me lancer à vous parler de Marisa Herrón c’est que son parcours est si riche en variété de styles et de matériaux que la tâche me paraissait hasardeuse.

Si he tardado tanto tiempo en decidirme a hablaros de Marisa Herrón es porque su recorrido es tan rico en estilos y materiales que la tarea me parecía aventurada.

Marisa herron Silencios.jpg
Silencios

 

Un coup de fil à Valencia :

-         Marisa, je ne trouve pas grand-chose à ton sujet sur Internet, beaucoup d’expos collectives mais rien d’intéressant.

-          Ah, mais c’est que j’ai commencé il y a longtemps, avant le temps du tout sur le Net, si tu veux je t’envoie des coupures de journaux.

-         Merci ! Je peux copier et reproduire certaines de tes œuvres sur mon blog ?

-         Sers-toi.

 

Una llamada a Valencia:

-         Marisa, no encuentro gran cosa sobre ti en Internet, muchas exposiciones colectivas y poco más.

-         Claro, es que yo empecé hace mucho tiempo, antes de la era del todo en la Red. Si quieres te mando recortes de periódicos.

-         ¡Gracias!. ¿Puedo copiar y reproducir alguna de tus obras en mi blog?

-         Elige.

 

 

J’ai également reçu l’aide précieuse d’une amie artiste blogueuse qui m’a permis de mieux percevoir l’unité de l’œuvre à travers le temps et les médiums. Grand merci à toi.

 También he tenido la preciosa ayuda de una amiga artista bloguera que me ha hecho ver la unidad de la obra a través del tiempo y de los medios empleados. A ti, gracias.

Sur son beau site vous verrez des céramiques-sculptures  parfois ornées de très fines toiles métalliques, des peintures sur lesquelles on trouve du textile, du carton, un intéressant et permanent mélange de matériaux.

En su bello website podréis ver  cerámicas-esculturas adornadas, a veces con telas metálicas muy finas, pinturas en las que aparecen textiles, cartón, una interesante y permanente mezcla de materiales.

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Pausas

 

« Il existe une confusion entre ce qui est céramique et ce qui est sculpture. Pour moi la céramique est le matériel que j’emploie pour m’exprimer, comme peuvent l’être le papier ou le fer, et non pas une œuvre finie » dit-elle.

 « Existe confusión entre lo que es cerámica y lo que es escultura. Para mí la cerámica es el material que utilizo para expresarme, como puede ser el papel o el hierro, no una obra acabada” dice ella.

 

Dans la première série, des sculptures en grès, des objets du quotidien, « souvenirs d’enfance » dit Marisa et puis Silences et Pauses, ces beaux moments de distanciation que je retrouve aussi dans nombre de ses peintures et surtout dans la deuxième série « Du blanc au noir ».  « Sobres à l’extrême, ces céramiques nous approchent à des sensations ou passages oniriques, si inquiétants parfois, mais le plus souvent lyriques » (Las Provincias, 24-12-2000)

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Sombras (ombres)

En la primera serie, esculturas en gres, objetos cotidianos, « recuerdos de la infancia » dice Marisa y después Silencios y Pausas, bellos momentos de alejamiento que yo vuelvo a encontrar en buen numero de sus pinturas y sobre todo en la segunda serie « Del blanco al negro ». « Sobrias en extremo, su cerámica nos aproxima a sensaciones o pasajes de un mundo onírico tan inquietante en ocasiones, como lírico en otras – la mayoría-.”(Las Provincias, 24-12-2000)

 

Marisa herron Paisajes.jpg

 Ce tableau appartient à la série « Mediterraneo ». Des lopins de terre, travail de l’homme, et cette ligne rouge, très récurrente dans sa peinture ;  même quand les couleurs sont pâles, délicates, ce fil rouge, comme une ligne de vie ou « la vie qui ne tient qu’à un fil » m’écrit mon amie. Le temps qui passe…

Este cuadro pertenece a la serie « Mediterráneo ». Parcelas de tierra, trabajo del hombre, y esa línea roja recurrente en su pintura; incluso cuando los colores son pálidos, delicados, ese hilo rojo, como una línea de vida o como « la vida que pende de un hilo » me escribe mi amiga. El tiempo que pasa...

 

Paisaje 1 

 

Les deux dernières séries, acrylique et textile, sont intimistes ; intérieur et extérieur, des paysages comme des cartes ou des images satellite, et l’intérieur des maisons dirait-on, aux taches de couleur et aux tissus collés. Toiles sur la toile qui donnent à la relative austérité des tableaux une touche de chaleur.

 Las dos últimas series « Acrílicos y materia textil » son intimistas; interior y exterior, paisajes como mapas o imágenes satélite y el interior de casas, diríamos, con manchas de color y tejidos pegados. Telas sobre tela que dan, a la relativa austeridad de los cuadros, un toque de calor.

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Secuencias E

 

 

Os dejo mirar a gusto, seguir el hilo de l’artiste, de la vida... ¡Feliz semana!

Je vous laisse regarder à l’aise, suivre le fil de l’artiste, de la vie…Bonne semaine !

 

 

 

12/03/2011

Expo "Heroínas" à Madrid

 

héroïne Gaston Lachaise.jpg

L’exposition « Heroínas » qui a lieu en ce moment et jusqu’au 5 juin au musée Thyssen-Bornemizsa de Madrid tient son nom de la sculpture colossale « L’Héroïne » de Gaston Lachaise (1932) et présente 120 œuvres venant du monde entier.

 

Comme je ne l’ai pas (encore) vue mais que j’aimerais que soyez tentés d’y aller, ce sont le commissaire de l’exposition et une journaliste qui vont vous la présenter.

 

Homenaje a Santa teresa Marina Abramovic.jpgLa exposición « Heroínas » que tiene lugar en este momento y hasta el 5 de junio en el museo Thyssen-Bornemizsa de Madrid saca su nombre de la colosal escultura “La Heroína” de Gaston Lachaise (1932) y presenta 120 obras procedentes del mundo entero.

Como no la he visto (todavía) pero que me gustaría que os apeteciera acudir, son el comisario de la exposición, Guillermo Solana y una periodista quienes os la van a presentar.

 

De cette sculpture emblématique, Luz Sánchez-Mellado écrit dans un article publié dans El País 27-02-2011 : « …elle impose distance et admiration, oui, mais surtout du respect. (…) Elle est nue, se seins, sa taille, ses hanches et ses cuisses imposent, mais ce n’est pas ce qui impressionne le plus. Ce qui paralyse est son regard. Un mélange d’élégance, d’arrogance et d’assurance qui hypnotise. Elle ne semble vouloir plaire à personne. Elle n’offre ni ne demande rien. Elle se suffit à elle-même. Les bronzes ne parlent pas, de plus elle a la bouche fermée, mais elle semble dire : Je suis ici, regardez-moi. Et elle est là, en effet, et on ne peut détourner son regard d’elle. »

 

De esta escultura emblemática escribe Luz Sánchez-Mellado en un artículo publicado en El País 27-02-2011: “…impone distancia y admiración, sí, pero sobre todo respeto. (…) Está desnuda, y sus pechos, su cintura, sus caderas y sus muslos apabullan lo suyo, pero no es eso lo que más impresiona. Lo que paraliza es su mirada. Una mezcla de arrogancia y seguridad en sí misma que hipnotiza. No parece querer agradar a nadie. No ofrece ni pide nada. Se basta y se sobra sola. Los bronces no hablan, y además, ella tiene la boca cerrada, pero parece estar diciendo: Aquí estoy yo, miradme. Y aquí está, en efecto, y no se puede dejar de mirarla.”El heroe II.jpg

 

 

 

« La représentation de la femme dans l’art occidental s’est principalement limitée à deux stéréotypes: mères et séductrices. La maternité et l’objet érotique. Des femmes presque toujours au service de l’homme, soumises, vaincues, complaisantes. Mais le sujet de notre exposition sont les femmes fortes : actives, indépendantes, provocantes, inspirées, créatrices, dominatrices, triomphantes ». Guillermo Solana.

 

 

 

 

 

 

Amazone blessée Franz von Stuck.JPG

« La representación  de la mujer en el arte occidental se ha limitado mayoritariamente a dos estereotipos: madres y seductoras: la maternidad y el objeto del deseo erótico. Mujeres casi siempre al servicio del hombre, sumisas, vencidas, complacientes. Pero el objeto de nuestra exposición son las figuras de mujeres fuertes: activas, independientes, desafiantes, inspiradas, creadoras, dominantes, triunfantes”. Guillermo Solana

 

 

 

« Voir cet éblouissant défilé d’amazones et magiciennes, d’athlètes et de ménades, de lectrices et travailleuses, de sorcières et de saintes, de bonnes et mauvaises filles donne envie de leur organiser une fête. Elles ont vécu ou furent créées à des siècles, même des millénaires, différents. Mais sûr qu’elles se seraient bien entendues (…) » (même article de El País)

« Viendo este deslumbrante desfile de amazonas y magas, atletas y ménades, lectoras y trabajadoras, brujas y santas, buenas chicas y chicas malas, dan ganas de montarles una fiesta. Vivieron o fueron creadas en siglos, incluso milenios, diferentes. Pero seguro que se hubieran caído bien. (…)” (mismo artículo de El País)

 

Intéressant me direz-vous peut-être, mais y a-t-il aussi, à côté des œuvres réalisées par leurs collègues masculins aussi célèbres que Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… des créations réalisées par des femmes ?Emil Nolde prêtresses 1912.jpg

Mais oui, mais oui ! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... y sont présentes.

 

Interesante me diréis tal vez, pero ¿también hay, al lado de las obras realizadas por sus colegas masculinos tan celebres como Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… creaciones realizadas por mujeres?

¡Claro que sí! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... están allí presentes.

 

Voici l’adresse officielle du musée.

 

Tous les détails pratique ici.

 

Et une vidéo de l’expo ici .

 

 Vous pouvez cliquer sur toutes les photos pour les agrandir….comme toujours !

Podéis hacer clic en todas las fotos para verlas más grandes…. ¡como siempre!

  

Photos:

1) Héroïne - Gaston Lachaise

2) Homenaje a Santa Teresa - Marina Abramovic

3) El heroe II- Marina Abramovic

4) Amazone blessée Franz von Stuck

5) Prêtresses Emil Nolde

6) Camila Sarah Jones

 

 

Camila (III) Sarah Jones.jpg

12/02/2011

L'oeil d'Osiris, Malte / El ojo de Osiris, Malta

                          Edward Caruana Dingli.jpg                        

Pourquoi Malte ? D’abord parce que, comme les Baléares, c’est un archipel qui tout au long de l’histoire a été convoité par tous, envahi, colonisé : il semble que les îles Baléares constituent un point stratégique de contrôle de l’entrée dans la Méditerranée depuis l’Atlantique ; l’archipel de Malte l’est tout autant vers le Moyen Orient.

Ensuite parce que, à part l’histoire des chevaliers de Malte, les séjours anglo- linguistiques qu’y font certains jeunes gens et son appartenance à L’union Européenne, j’ignorais tout le reste.

 

bateau-malte.jpg

Fortifications, bords de mer dangereux et pêche aventureuse (là-bas les bateaux ont l’œil d’Osiris peint sur la proue pour les protéger) sont le lot des deux archipels pendant des siècles. Les habitants vivent plus volontiers,  plus en sécurité, à l’intérieur des terres et la cuisine traditionnelle en est le témoin. Ici à Malte j’ai trouvé « une soupe de la veuve » faite de légumes et fromage de chèvre fondu et puis le plat le plus apprécié, le lapin. (Il y a bien sûr des poissons et une forte influence de la cuisine italienne, la Sicile est à deux pas.)

 

 

 

Edward-Caruana-Dingli-horse-cart.jpg¿Por qué Malta? Primero porque, al igual que las Baleares, es un archipiélago que a lo largo de su historia ha sido codiciado, invadido, colonizado: parece ser que las islas Baleares son un punto estratégico para el control de la entrada en el Mediterráneo desde el Atlántico; el archipiélago de Malta no lo es menos hacia el Oriente Medio.

Después porque, aparte de la historia de los caballeros de Malta, de las estancias anglo-lingüísticas que realizan algunos jóvenes allí y su pertenencia a la Unión Europea; lo demás, lo ignoraba.

Edward Caruana Dingli - Maltese Womens National Dress.jpgFortificaciones, costas peligrosas y pesca venturosa (allí los barcos tiene el ojo de Osiris pintado en la proa para protegerlos) son el destino de los dos archipiélagos durante siglos. Los habitantes eligen vivir en terrenos más resguardados, seguros, en el interior de las tierras y la cocina tradicional lo refleja: Aquí en Malta he encontrado una “sopa de la viuda” hecha con verduras y queso fresco de cabra fundido y el plato más apreciado que es el conejo. (Por supuesto hay pescado y una fuerte influencia de la cocina italiana, Sicilia está a dos pasos.)

 

Les illustrations sont du peintre maltais Edward Caruana Dingli

Las ilustraciones son del pintor maltés Edward Caruana Dingli.

 

Et pour terminer un poème triste et beau écrit en maltais par Oliver Friggieri et traduit en français par Martine Vanhove.

 

Y para terminar un poema triste y bonito  escrito en maltés por Oliver Friggieri , traducido al francés por Martine Vanhove y al español, por MA y yo.

 

   LE RITUEL DU CRÉPUSCULE

 

 

 Le désir pénètre chevauchant la vague,

chacun l'observe et le salue,

mon coeur sur la jetée attend

comme à l'appel du crépuscule :

l'espoir lui fait délier les filets et voir le contenu,

l'amour lui a appris à ne rien demander et il se tait,

l'angoisse lui a enseigné que la prise n'est pas pour lui.

 

El ritual del crepúsculo

 

El deseo penetra cabalgando la ola,

todos le observan y le saludan,

mi corazón en el malecón espera

como cuando suena el crepúsculo:

la esperanza le hace desatar las redes y ver el contenido,

el amor le ha enseñado a no pedir nada y se calla,

la angustia le ha enseñado que para él no es lo cogido.

(trad. MA y Colette)

 

 

 

05/02/2011

En longeant les côtes.../ Costeando...

 

Un peu de musique ? Voici la belle voix de l’algérienne Souad Massi

¿Un poco de música? Hé aquí la bonita voz de la argelina Souad Massi.

 

Embarquons à bord d’un ou plusieurs llaouds…combien sommes-nous ?- ces modestes bateaux de pêche traditionnels majorquins. Si l’archipel de Malte est notre prochaine escale, nous resterons en mer cette semaine. Le temps de regretter les rires des femmes algériennes, les amandiers en fleur et celui dont nous n’avons pas parlé : le désert.

Embarquemos a bordo de uno o más llaudes… ¿cuántos somos? - esos modestos tradicionales barcos de pesca mallorquines. Si el archipiélago de Malta es nuestra próxima escala, esta semana nos quedaremos en el mar. El tiempo de echar de menos las risas de las mujeres argelinas, los almendros en flor y él que no hemos mencionamos: el desierto.

Llaud mallorquin.jpg

 

CASIDA DEL SEDIENTO Miguel Hernández

 

Arena del desierto
soy: desierto de sed.
Oasis es tu boca
donde no he de beber.

Boca: oasis abierto
a todas las arenas del desierto.

Húmedo punto en medio
de un mundo abrasador,
el de tu cuerpo, el tuyo,
que nunca es de los dos.

Cuerpo: pozo cerrado
a quien la sed y el sol han calcinado.

 

Casida de l’assoiffé - Miguel Hernández (casida: composition poétique arabe ou persane)

 

Sable du désert

je suis : désert de soif.

Oasis est ta bouche

où je ne dois boire.

Bouche : oasis ouverte

à tous les sables du désert.

Point humide au milieu

d’un monde brûlant

celui de ton corps, le tien,

qui n’est jamais des deux.

Corps : puits fermé

que la soif et le soleil ont calciné. (Trad. Colette)

 

 

khobs tounes.jpg

Le temps aussi, en longeant les côtes, de croquer des khobz tounes, ces gâteaux algériens aux amandes parfumés au citron ou alors ces délicieux kaâk ambar tunisiens à l’amande et eau de rose.

 

kaâke warka.jpgEl tiempo también, costeando, de hincar el diente en unos khobz tounes, esos pastelitos de almendras argelinos perfumados al limón………..o esos deliciosos kaâk ambar tunecinos de almendras y agua de rosas.

 

 

 

 

Le temps enfin et bien sûr, de suivre attentivement les nouvelles venant des pays en ébullition démocratique.

Mais voilà que les îles ….à la semaine prochaine.

El tiempo por fin y por supuesto, de seguir atentamente las noticias procedentes de los países mediterráneos en ebullición democrática.

Pero allí están las islas…hasta la semana que viene.

 

29/01/2011

Jeux poétiques algériens /Juegos poéticos argelinos

PuigpunyentFeb2006023.jpg

 

Les amandiers fleurissent en ce moment en Méditerranée et chaque pays a ses recettes de gâteaux, d’huiles douces, de lait d’amande...Voilà, mon billet gourmandise-santé était presque terminé quand, en cherchant un poème sur les amandiers, des jeux poétiques algériens m’ont incitée à prolonger l’escale.

Los almendros florecen en este momento en el Mediterráneo y cada país tiene sus recetas de pasteles, aceites, leche de almendra….He aquí que mi post goloso estaba casi terminado cuando, al buscar un poema sobre los almendros, unos juegos poéticos argelinos me han incitado a prorrogar la escala.

 

 C’est donc un article daté du 31-08-2009 du journal Magharebia intitulé  Les algériennes préfèrent la poésie aux sitcoms dans les traditions du Ramadan qui m’a fait découvrir un rituel passionnante, un jeu poétique où les femmes tentent de prédire l’avenir :  la Bouqala (l’histoire de son origine ici)

Es un artículo que data del 31.08.2009 en el diario Magharebia titulado "Las argelinas prefieren la poesía a las comedias de situación en las tradiciones del Ramadán", que me hace descubrir un ritual apasionante, un juego poético donde las mujeres intentan predecir el futuro; los bouqala.

 Au cours du Ramadan -mais aussi durant l’année ai-je lu- des femmes de tous âges se réunissent chez l’une d’elles, de préférence sur les terrasses des maisons, pour faire la bouqala.

« Le jeu consiste à se réunir autour d’un bocal (d’où le nom Bouqala) rempli de l’eau de sept sources ou de sept robinets : toutes les femmes y mettent un bijou, bague, boucle d’oreille ou une broche. La plus âgée des femmes (…) récite une bouqala, des poèmes tirés de la tradition orale qui parlent d’amour, de chagrin, de mariage et de longs voyages.

A tour de rôle, les femmes pensent à une personne en particulier et lui dédient la bouqala. En fonction du poème, les femmes tentent d’expliquer ce que prévoit l’avenir : une rencontre, une séparation, un long voyage »

 

bouqat.jpg

 Durante el Ramadán – pero leí que también en el curso del año-, mujeres de todas las edades se reúnen en casa de una de ellas, preferentemente en las terrazas de las casas, para hacer la Bouqala.

“El juego consiste a reunirse alrededor de un bocal (de allí el nombre Bouqala) lleno de agua de siete fuentes o de siete grifos: todas las mujeres ponen dentro una joya, un anillo, un pendiente o un broche. La mujer de más edad (…) recita una bouqala, poemas sacados de la tradición oral y que hablan de amor, de penas, de matrimonios y de largos viajes.

 Por turnos las mujeres piensan en una persona en particular y le dedican la bouqala. En función del poema las mujeres intentan explicar lo que prevé le futuro: un encuentro, una separación, un largo viaje.”

 

Ce qui m’a séduite c’est que ce jeu apporte des moments de rire, poésie et rêve dans la vie des femmes. Plutôt que de regarder la télévision, elles maintiennent les traditions en s’amusant. L’une d’elle, El Hadja Fatma dit : « Même si on savait qu’elle n’avait aucun pouvoir de prédiction, on croyait aux messages que la bouqala délivrait (…) et lorsqu’elle nous parlait d’une rencontre avec un beau jeune homme, on voulait y croire »

Lo que me sedujo es que este juego aporta momentos de risa, de poesía y de sueños en la vida de las mujeres. En vez de mirar la televisión, mantienen las tradiciones divirtiéndose. Una de ellas, El Hadja Fatma dice:”Incluso sabiendo que no tenían ningún poder de predicción, creíamos en los mensajes que sugería (…) y cuando nos hablaba de un encuentro con un chico, joven y guapo, queríamos creerlo.”

 

Voici deux bouqala qui parlent d’amandes et la troisième du futur.

Aquí tienen dos bouqalas que hablan de almendras y la tercera del futuro.

 

                                                               L’amandier fleurit au printemps

La lune découvre sa lumière,

Les joues rougissent de pudeur

Devant l’amant qui se trahit.

El almendro florece en primavera

La luna descubre su luz,

Las mejillas se sonrojan de pudor

Delante del amante que se traiciona.

 

السفينة اللّي جات باش نكافيها
بللّوز والسكر نطعم غاشيها
وبالزبد والعطر نطلي صواريها
ونطلب ربي العزيز للحج يدّيها

Asfina li jaat bach nkafiha
Ballouz wa assokar nat3am ghachiha
Wa bel zebad wa la3tar nattli swariha
Wa natlab rabi la3ziz lel haj yadiha.

 

Le navire qui est arrivé, comment lui témoignerai-je ma gratitude?
D’amandes et de sucre je nourrirai ses gens.

De civette et d’essence parfumée j’oindrai ses mâts
Et je prierai Dieu Tout-puissant de le conduire au pèlerinage de la Mekke

La nave que ha llegado, ¿cómo probarle mi gratitud?

De almendras y de azúcar alimentaré su gente.

De almizcle y de esencias perfumadas untaré sus mástiles

Y rezaré al Dios Todo Potente de llevarle al peregrinaje de la Meca.


Voisine! Ma voisine, mon coeur est pour toi et mes yeux ne voient que toi,

que ferai-je si ton père me refuse?

¡Vecina! Mi vecina, mi corazón es para ti y mis ojos no ven más que tú,

¿Qué haré si tu padre me rechaza?

 

(Traductions: Colette)

15/01/2011

En Méditerranée / En el Mediterraneo

artwork_images_424832152_417149_lamine-sassi.jpgJe vous propose, et ce pendant quelques semaines, de m’accompagner dans un projet que je nourris depuis longtemps : faire un tour poétique de par les îles et pays bordant la Méditerranée.

Tant de paysages, lumières, cultures nous unissent… Je vais donc sortir pendant un temps du cadre hispanique qui était le mien et nous naviguerons hors de mon archipel des Baléares.

Os propongo, y eso durante unas semanas, acompañarme en un proyecto que tengo desde hace tiempo: dar una vuelta poética por las islas y países lindando el Mediterráneo.

Tantos paisajes, luces, culturas nos unen….Saldré pues durante un tiempo del cuadro

hispano que era el mío y  navegaremos fuera de mi archipiélago Balear.

Lamine Sassi 

 

Un fort sentiment de solidarité et d’encouragement m’a fait choisir la Tunisie comme point de départ.

Un fuerte sentimiento de solidaridad y de ánimo me ha hecho elegir Túnez como punto de partida.

 

 

Le vent sans abri   Tahar Bekri

Comme une rose sauvage
Brûlée par le soir
Perdant le sommeil
L'absence
Suspend les saisons à tes paupières
   artwork_images_425015464_412789_nja-mahdaoui.jpg                                                                     
La chevauchée du rêve rebelle
Quittant la frémissante rosée
Par les matins
Où s'évade la lumière
Lumière après lumière
S'effritent les années
Aux confins des injustes frontières
Lueurs impénitentes
Alliées aux réminiscences des aurores.

Cette porte depuis longtemps
Ouverte à la mer                                                                  
Pour accueillir le vent sans abri
Dans la course des heures
Dans la nuit inconsolable
Des vagues venaient
Reposer leur âme pourpre
Comme ton souvenir
Ou les feux de l'océan
L'écume laissée là
Sur le seuil
Fleur de sel
Dans les bras de l'éphémère. (Extrait)

(Illustration: Nja Mahdaoui)

EL VIENTO SIN REFUGIO Tahar Bekri

Como una rosa salvaje
Abrasada por el ocaso
Perdiendo el sueño
La
ausencia                                                                                                                      
Suspende las estaciones en tus párpadosNejib Belkhodja.jpg                                                                      
La cabalgada del sueño rebelde
Dejando atrás el trémulo rocío
En las mañanas
En las que escapa la luz
Luz tras luz
Se desmoronan los años
En los confines de las injustas fronteras
Destellos impenitentes
Aliados con las reminisciencias del alba

Desde hace tiempo esta puerta
Abierta al mar
Para acoger al viento sin refugio
En la carrera de las horas
En la noche incansable
Venían olas
A reposar su alma púrpura
Como tu recuerdo
O los fuegos del océano
La espuma allí dejada
En el umbral
Flor de sal
En los brazos del efímero (Extractos) Trad. Colette

(Ilustración: Nejib Belkhodja)

 

27/11/2010

Pur désir /Puro deseo

Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.  

                   René Char (Fureur et mystère)

El poema es el amor realizado del deseo permanecido deseo.

 

Qu’ajouter? Mon billet de cette semaine est le résultat de plusieurs jours d’immersion, délicieuse, dans la poésie de René Char et de Pablo Neruda. Et de traductions. Oh, même si j’y ai beaucoup travaillé, elles ne sont pas parfaites et j’accepte volontiers toute suggestion de votre part.

¿Qué podría añadir? Mi nota de esta semana es el resultado de varios días de deliciosa inmersión en la poesía de René Char y de Pablo Neruda. Y de traducciones. O, aunque trabajé mucho, no son perfectas y acepto con mucho gusto cualquier sugerencia.

 

 

Le noeud noir   René Char (Chant de la Balandrane 1977)

 

Je me redis, Beauté,

ce que je sais déjà,

Beauté mâchurée

d’excréments, de brisures.

Tu es mon amoureuse,le noeud noir Seurat.jpg

je suis ton désirant.

Le pain que nous cuisons

dans les nuits avenantes,

tel un vieux roi s’avance

en ouvrant ses deux bras.

 

Allons de toutes parts.

Le rire dans nos mains,

jamais isolément.

Corbeille aux coins tortus,

nous offrons tes ressources.

Nous avons du marteau

la langue aventureuse.

Nous sommes des croyants

pour chemins muletiers.

 

 

Moins la clarté se courbe

plus le roseau se troue

sous les doigts pressentis.

 

 

El nudo negro René Char (Chant de la Balandrane 1977)

 

Me repito, Belleza,

lo que ya sé,

Belleza tiznada

de excrementos, hecha trizas.

Eres mi enamorada,

soy tu suspirante.Dali-enigmedudesir.jpg

El pan que cocemos

en las noches acogedoras,

cual rey anciano se adelanta

los dos brazos abiertos.

 

Vámonos por todas partes,

con la risa en las manos,

nunca separados.

Cesta con picos tuertos,

ofrecemos tus recursos.

Tenemos del martillo

la lengua aventurera.

Somos creyentes

Para caminos muleros.

 

Cuanto menos se dobla la claridad,

más se ahueca la caña

bajo los dedos presentidos.

(Trad. Colette)

 

 

Déjame sueltas las manos  Pablo Neruda

 

Déjame sueltas las manos

y el corazón, déjame libre!

Deja que mis dedos corran

        por los caminos de tu cuerpo.

La pasión – sangre, fuego, besos -

me incendia a llamaradas trémulas.

Ay, tú no sabes lo que es esto!

 

Es la tempestad de mis sentidos

   doblegando la selva sensible de mis nervios.

Es la carne que grita con sus ardientes lenguas!

Es el incendio!

Y estás aquí, mujer, como un madero intacto

  ahora que vuela toda mi vida hecha cenizas

hacia tu cuerpo lleno, como la noche, de astros!

 

Déjame libre las manos

          y el  corazón, déjame libre!

      Yo sólo te deseo, yo sólo te deseo!

No es amor, es deseo que se agosta y se extingue,

es precipitación de furias,

          acercamiento de lo imposible,

pero estás tú,

                   estás para dármelo todo,

y a darme lo que tienes a la tierra viniste-

como yo para contenerte,

y desearte,

y recibirte!

 

Laisse mes mains dénouées  Pablo Neruda

 

Laisse mes mains dénouées

et le cœur, laisse-moi libre !

Laisse courir mes doigts

        sur les chemins de ton corps.

La passion – sang, feu, baisers –

m’incendie de flammes tremblantes.

Aïe, tu ignores ce que c’est !

 

C’est la tempête de mes sens

  gagnant la jungle sensible de mes nerfs.

C’est la chair qui crie de ses langues ardentes !

C’est l’incendie !

Et tu es ici, femme, comme une bûche intacte

  maintenant que toute ma vie faite cendres vole

vers ton corps plein d’astres, comme la nuit !

 

Laisse mes mains dénouées

        et le cœur , laisse-moi libre !

   Je ne fais que te désirer, je ne fais que te désirer !

Ce n’est pas de l’amour, c’est du désir qui se flétrit et s’éteint,

pagaille de furies,

      approche de l’impossible,

mais tu es là,

               là pour tout me donner

et pour tout me donner tu es venue sur terre –

comme moi pour te contenir,

et te désirer,

et te recevoir !

(Trad. Colette)

 

 Illustrations: Seurat, le noeud noir / Dali, l'énigme du désir

 

 

 

 

06/11/2010

Souvenirs /Recuerdos

                   otoño 003.jpg                   

Court le  billet de cette semaine car, et pour le première fois depuis les 35 ans que je vis en Espagne, mes deux sœurs sont venues me voir, ensemble et sans leur famille.

 Le soleil brille, la nature est superbe, les émotions fusent ; on se voit si peu.

 Nos souvenirs sont bien souvent contradictoires : «  mais non, ce n’était pas Tante Yoyo, c´était tante Minou ou tante Poucette qui était tombée dans une poubelle ! »… (Oui, nos tantes avaient des surnoms évocateurs…).

Nous tombons pourtant d’accord sur certains sujets comme les repas dominicaux de notre jeunesse : poulet rôti-frites-salades, gâteau, souvent un quatre-quart.

À l’époque, un passé pas si, si lointain quand même,  le poulet était un met de fête chez nous ; quant aux frites, ah ces frites belges, uniques, les meilleures ! (ici une recette possible pour les non belges avides de connaître leur secret ! )

 

Corta la nota de esta semana ya que por primera vez en los 35 años que llevo viviendo en Eotoño 001.jpgspaña, han venido a verme, juntas y sin su familia, mis dos hermanas.

 Brilla el sol, la naturaleza es magnífica, las emociones estallan; nos vemos tan poco.

Nuestros recuerdos son por supuesto contradictorios:” no, no era la tía Yoyo, era la tía Minou o la tía Poucette que se había caído en una basura”… (sí, nuestras tías tenían apodos evocadores…).

Nos ponemos de acuerdo sobre algunos temas como el de las comidas dominicales de nuestra juventud: pollo asado-patatas fritas-ensalada, pastel, a menudo bizcocho.

En aquellos tiempos (no tan, tan lejanos) el pollo era un plato de fiesta en casa, en cuanto a las patatas fritas, ¡ah, esas patatas fritas belgas, únicas, las mejores! (para los no-belgas ávidos de conocer nuestro secreto, se fríen dos veces)

 

La patate vient bien sûr d’Amérique du Sud et au Chili il en existe 200 variétés, ils les appellent papas ; leur préparation a inspiré Pablo Neruda, voici des « papas » poétiques.

 

Ode à la papa frite Pablo Neruda

 

Elle grésille

dans l’huile

bouillante

la joie

du monde :papasnativas.jpg

les papas

frites

entrent

dans la poêle

telles d’enneigées

plumes

de cygne

matinal

et en sortent

semi dorées par le crépitant

ambre des olives.

 

L’ail

leur ajoute

sa fragrance terrienne,

le poivre,

pollen qui traversa les récifs,

et

vêtues

à nouveau

d’un costume d’ivoire, elles emplissent l’assiette

de leur abondante répétition

et de leur savoureuse simplicité de terre. (Trad. Colo)

 

 

Oda a la papa frita Pablo Neruda

 

Chisporrea

en  el aceite

hirviendo

la alegría

del mundo:

las papaspapas-nativas.jpg

fritas

entran

en la sartén

como nevadas

plumas

de cisne

matutino

y salen

semidoradas por el crepitante

ámbar de las olivas.

 

El ajo

les añade

su terrenal fragancia,

la pimienta,

polen que atravesó los arrecifes,

y

vestidas

de nuevo

con traje de marfil, llenan el plato

con la repetición de su abundancia

y su sabrosa sencillez de tierra.

 

 (Photos prises sur ma terrasse et variétés de papas chiliennes- cliquer pour agrandir)

30/10/2010

Matisse à Granada


matisse-Alhambra.jpg

Tiens, quelle relation y a-t-il entre Matisse et l’Alhambra me suis-je dit voyant l’annonce d’une exposition « Matisse y la Alhambra 1910-2010 » dans la Palais de Carlos V à Granada.

Je n’aurai pas l’occasion de la voir mais ma curiosité m’a fait lire quelques articles dans divers journaux (ABC, El País, La Opinión de Granada). Voici ce qu’ils en disent.

Anda, qué relación existe entre Matisse y la Alhambra me pregunté al ver el anuncio de una exposición titulada “Matisse y la Alambra 1910-2010” en el Palacio de Carlos V en Granada.

No tendré ocasión de verla, pero mi curiosidad me llevo a leer algunos artículos en varios periódicos (ABC, El País, La Opinión de Granada). He aquí lo que dicen.

 

C’est en 1991 que la directrice de la Fondation de l’Alhambra, María del Mar Villafranca, alors qu’elle feuilletait un des livres de visite du Palais, découvrit la signature d’Henri Matisse datée du 11 décembre 1910. Ignorant tout de son passage à Granada, elle entreprit aussitôt des recherches avec l’historien Francisco Jarauta.

Fue sólo en diciembre 1991 cuando la directora de la Fundación de la Alambra, María del Marhenri_matisse_blue_table_cloth.jpg Villafranca, al revisar uno de los libros de visita del Palacio descubrió la firma de Henri Matisse. Ella ignoraba todo de su paso por Granada así que empezó enseguida a investigar con la ayuda del historiador Francisco Jarauta.

Ce dernier explique que Matisse voyagea, sans but précis, entre novembre 1910 et janvier 1911 à travers l’Espagne. Il traversait un moment de crise personnelle et artistique, peut-être était-il en quête de nouvelles inspirations. L’exposition essaye de démontrer par le détail quelle a été la relation entre « le vu et le peint » : jusqu’à présent on croyait que la décoration des palais nasrides qui occupent le premier plan dans les odalisques (Matissse en a peint une bonne centaine, sept sont exposées), étaient d’inspiration nord-africaine mais il semble que l’Alhambra y ait une grande part.

« C’est sans doute dans les odalisques que l’on peut le mieux percevoir l’influence grenadine. Il (Matisse) peint la première en 1921 dans un moment où il s’intéresse à l’étude du corps féminin » (El País 15-10-2010).

L’historien Jaraute soutient que la beauté des bains sophistiqués de l’Alhambra est présente dans les fonds décoratifs sur lesquels il peint les sensuelles odalisques. Lors de son séjour à Granada Matisse écrivit des lettres à sa femme et à ses amis où il parlait de sa fascination pour la ville, pour l’Alhambra et ses fontaines, pour les formes géométriques des patios, les couleurs, la lumière filtrant par les moucharabieh (jalousies), les décorations étoilées des stèles…tous ces éléments que l’on retrouve dans ses peintures.

Bodegon.jpgEste explica que Matisse viajó por toda España, sin rumbo preciso, entre noviembre 1910 y enero 1911. Se encontraba en un momento de crisis personal y artística, y tal vez estuviera en busca de nuevas inspiraciones. La exposición intenta demostrar, por el detalle, cual fue la relación entre “lo visto y lo pintado”: hasta ahora se creía que la decoración de los palacios nazaríes que ocupan el primer plano en las odaliscas (Matisse pintó un buen centenar de ellas, siete están expuestas), eran de inspiración norteafricana pero parece ser que La Alambra ocupa una buena parte.

“Es en las odaliscas donde más se pueda percibir la influencia granadina. Pinta (Matisse) la primera en 1921 en un momento en el que lo que le interesa es investigar el desnudo femenino” (El País, 15-10.2010)

El historiador Jarauta mantiene que” la belleza de los baños sofisticados de la Alambra está presente en los fondos decorativos sobre los que retrata a sus sensuales odaliscas”.

Durante su estancia en Granada Matisse escribió cartas a su mujer y a sus amigos donde hablaba de su fascinación por la ciudad, por la Alambra y sus fuentes, por las formas geométricas de los patios, el color, la luz que filtra por las celosías, las decoraciones estrelladas de las estelas….todos elementos que se encuentran en sus pinturas.

 

dr_matisse_150520101.jpg

 

Quoi qu’il en soit, les 50 œuvres du maître dont des peintures à l’huile, évidemment, mais aussi des dessins, lithographies, céramiques, tissus…valent sûrement le déplacement dans une Granada magique, une Alhambra majestueuse et chargée de tant d’histoire.

Détail bienvenu : l’entrée à l’exposition est gratuite. Jusqu’au 28 février 2011.

 

Sea lo que fuere, las 50 obras del maestro, oleos, por supuesto, pero también dibujos, litografías, cerámicas, tejidos…seguro que valen el desplazamiento a una Granada mágica, una Alambra majestuosa y cargada de tanta historia.

Detalle bienvenido: la entrada a la exposición es gratuita. Hasta el 28 de febrero 2011.

 

09/10/2010

La voix des portraits / La voz de los retratos

Il y a plus de deux ans que j’ai lu sur un  article très original  écrit par Susana Fortes et intitulé « Les figures d’il y a 500 ans » (El País 25-05-2008). Depuis lors « j’écoute attentivement » les portraits.

 

    Il débute ainsi : « Beaux, étranges, puissants. Les artistes de la Renaissance réussirent à capter l’âme dans un visage. (…) Derrière chaque visage il y a un secret, une histoire que nous ignorons et que nous avons un besoin urgent de connaître, quand nous le contemplons, seuls, dans un tableau. Il n’est pas aisé d’expliquer cette pulsion qui bat dans certains portraits, mais il existe également dans la vie des figures qui ont sur nous un puissant ascendant. (…) Ceci n’a rien à voir avec la beauté, mais avec le mystère. Parfois ce qui attire notre attention dans un visage c’est un détail aussi insignifiant que le lobe d’une oreille, ou un point blanc, minuscule et brillant dans les pupille ». C’est ainsi, explique-t-elle, que la première fois qu’elle a vu La Joconde, elle n’a pensé ni à son sourire ni à son regard, mais au son de sa voix.

Elle s’est imaginée une voix grave, un peu rauque, semblable à celle de Jeanne Moreau.

 

   Peindre la voix. « Il suffit parfois d’un coup de pinceau estompé juste sur  le bord supérieur de la lèvre, comme un souffle, pour que le tableau parle. La vie n’est qu’un souffle d’air, mais à travers lui  émergent peu à peu le désir, la douleur, l’incertitude, le mépris, l’expérience…Tous les masques de l’âme ».

 

   Ici elle nous raconte l’histoire d’une autre femme, Ginevra de Benci, à travers le mystérieux portrait réalisé par Leonardo. « Il y a quelque chose dans son visage qui inquiète. Peut-être son intrépidité statique, la sévérité de son expression, l’air fantomatique. » Cette jeune fille, intelligente, cultivée et riche venait d’une excellente famille florentine qui fréquentait le palais des Médicis. Pourtant ce n’est pas avec un poète, mais avec un marchand de chiffons, que ses parents la marièrent peu avant ses seize ans.

On a cru très longtemps que c’était un portrait de mariage commandé par son mari.

Mais l’histoire est plus croustillante…mais banale aussi. Une vraie histoire d’amour et d’infidélité.

 Il y a peu on a découvert que ledit portrait avait été commandité par un diplomate vénitien de 40 ans qui, arrivé à Florence en 1475 avec femme et enfants, était tombé follement amoureux  de la jeune fille. Leur idylle passionnée durera cinq ans, moment où il fut envoyé ailleurs. Éplorée Ginevra se retira du monde et vécut à la campagne.

 

    Les seules choses qui sont restées d’elle sont le tableau de Leonardo et un unique vers, écrit de sa main : 

J’implore la clémence ; je suis un tigre sauvage.

 

«  Il faut contempler son portrait en tenant compte de ces mots, prononcés sans doute avec un timbre de voix plus sombre que mélancolique. La voix du tableau.»

 

Leonardo Da Vinci.jpg

 

 

Hace más de dos años que leí un artículo muy original escrito por Susana Fortes y titulado « Las caras de hace 500 años » (El País 25-05-2008).

Desde entonces “escucho atentamente” los retratos.

 

Empieza así:” Bellos, extraños, poderosos. Los artistas del Renacimiento lograron captar el alma en un rostro (…). Detrás de cada cara hay un secreto, una historia que desconocemos y que necesitamos urgentemente conocer, cuando la contemplamos a solas en un cuadro. No es fácil explicar esa pulsión que late en algunos retratos, pero en la vida también hay rostros que ejercen sobre nosotros un poderoso influjo (…). No es algo que tenga que ver con la belleza, sino con el misterio. A veces lo que nos llama la atención de un rostro es un detalle tan insignificante como el lóbulo de una oreja, o un punto blanco diminuto y brillante en las pupilas”. Es así. Explica, que la primera vez que vio la Gioconda, no pensó ni en su sonrisa ni en su mirada, sino en el sonido de su voz. Se imaginó un tono grave, un poco ronco, parecido al de Jeanne Moreau.

 

Pintar la voz. “A veces basta una pincelada difuminada justo al borde superior del labio como un soplo para que el retrato hable. La vida no es más que un soplo de aire, pero a través de él empieza a asomarse el deseo, el dolor, la incertidumbre, el desprecio, la experiencia…Todas las máscaras del alma”.

 

Aquí nos cuenta la historia de otra mujer, Ginebra de Benci, a través del misterioso retrato realizado por Leonardo. “Hay algo en su rostro que inquieta. Tal vez su impavidez estática, la severidad de la expresión, el aire fantasmal”. Esa chica joven, bella, culta y rica pertenecía a una excelente familia florentina que frecuentaba el palacio de los Médicis. Sin embargo no fue con un poeta sino con un comerciante de paños que sus padres la casaron, poco antes de cumplir los 16 años.

Durante mucho tiempo se creyó que el retrato era un encargo de su marido.

Pero la historia es más  crujiente…banal también. Una verdadera historia de amor e infidelidad.

Se descubrió, hace poco, que dicho retrato había sido encargado por un diplomático veneciano de 40 años quien, llegado a Florencia en 1475 con mujer e hijos, se había enamorado locamente de la joven. Su idilio duró cinco años y terminó cuando le mandaron lejos de Florencia. Desconsolada, Ginebra se retiró del mundo y vivió en el campo.

 

Las únicas cosas que quedaron de ella fueron el cuadro de Leonardo y ese único verso, escrito de su mano:

Pido clemencia; soy un tigre salvaje.

 

“Hay que contemplar su retrato al amparo de estas palabras, pronunciadas tal vez con un timbre más oscuro que melancólico. La voz del retrato”.

 

11/09/2010

La cigale et la fourmi /La cigarra y la hormiga

Aucun doute, vous connaissez cette fable de La Fontaine inspirée d’Esope, mais la version de Samaniego (1745-1801), l’aviez-vous déjà lue ? En voici la traduction, vous pourrez constater…qu’il y a vraiment peu de différences.

Conocen sin duda la fábula de Samaniego, casi copiada de J. de La Fontaine que, a su vez, se inspiró mucho de Esopo.

 

La Cigale et la Fourmi (Samaniego)

 

La Cigale passa

tout l’été à chanter,

sans faire de provisions

là, pour l’hiver ;

les froids l’obligèrent

à garder le silence

et à s’abriter

en son étroite demeure.cigarra hormiga.jpg

Se voyant dépourvue

d’aliments nécessaires ;

sans mouches, ni vers,

sans blé et sans orge.

La Fourmi vivait

là, juste à côté,

et avec mille expressions

d’attention et de respect

elle lui dit : « Dame Fourmi,

comme dans votre grenier

vous avez trop de provisions

pour vous alimenter,

prêtez quelque chose

pour que vive cet hiver

cette pauvre Cigale,

qui, joyeuse en d’autres temps,

ne connût jamais le mal,

ne sût jamais le craindre.

N’hésitez pas à me prêter

fidèlement je promets

sur le nom que je porte

vous payer avec intérêts ».

La Fourmi cupide

répondit prestement

cachant derrière son dos

les clés du grenier :

« Moi, prêter ce que je gagne

avec un immense travail !

Dis-moi donc, paresseuse,

qu’as-tu fait par beau temps ? »

« Moi, dit la Cigale,

à tout passant

je chantais allègrement

sans cesser ni un moment ».

« Ho là ! ainsi tu chantais

tandis que je travaillais !

Et bien maintenant que je mange

Danse, à ton corps défendant » (Trad. Colo)

 

La cigarra y la hormiga

de Félix María Samaniego

 

Cantando la Cigarra
pasó el verano entero,
sin hacer provisiones
allá para el invierno;
los fríos la obligaron
a guardar el silencio
y a acogerse al abrigo
de su estrecho aposento.
Viose desproveída
del preciso sustento:
sin mosca, sin gusano,
sin trigo y sin centeno.
Habitaba la Hormigala-cigale-et-la-fourmi.jpg
allí tabique en medio,
y con mil expresiones
de atención y respeto
le dijo: "Doña Hormiga,
pues que en vuestro granero
sobran las provisiones
para vuestro alimento,
prestad alguna cosa
con que viva este invierno
esta triste Cigarra,
que, alegre en otro tiempo,
nunca conoció el daño,
nunca supo temerlo.
No dudéis en prestarme,
que fielmente prometo
pagaros con ganancias,
por el nombre que tengo"
La codiciosa Hormiga
respondió con denuedo,
ocultando a la espalda
las llaves del granero:
"¡Yo prestar lo que gano
con un trabajo inmenso!
Dime, pues, holgazana,
¿qué has hecho en el buen tiempo?"
"Yo, dijo la Cigarra,
a todo pasajero
cantaba alegremente,
sin cesar ni un momento"
"¡Hola! ¿con que cantabas
cuando yo andaba al remo?
Pues ahora, que yo como,
baila, pese a tu cuerpo"

 

Ce conte moral a-t-il encore un sens en 2010 ? Si on est né cigale, peut-on devenir fourmi ? Qui sont les fourmis aujourd’hui… ?

De là la magnifique colère de Javier Bardem dans le film « Les lundis au soleil ». Lui, comme tant d’autres,est sans travail suite à la fermeture d’usines sidérurgiques dans le nord de l’Espagne…chômage, galère.

¿Tiene este cuento moral algún sentido en 2010? ¿Si se nace cigarra, es posible hacerse hormiga? ¿Quiénes son las hormigas hoy en día?

De allí la magnífica cólera de Javier Bardem en la película “Los lunes al sol”. Él, como otros tantos, está sin trabajo después del cierre de las fábricas  siderúrgicas en el norte de España…paro, infierno.

Regardez la vidéo!

http://www.youtube.com/watch?v=1uJ17NHnbZI

 

Voici la traduction du texte de la vidéo.

Voyons, voyons.

« Il y avait une fois un pays où vivaient une cigale et une fourmi. La fourmi était travailleuse et la cigale non ; elle aimait chanter et dormir pendant que la fourmi réalisait se travaux.

La temps passa et la fourmi travailla et travailla tout l’été, épargna autant qu’elle put et quand l’hiver arriva la cigale mourait de faim et de froid tandis que la fourmi avait de tout. »

-Quelle fille de p…..la fourmi.

« La cigale frappa à la porte de la fourmi qui lui dit : « petite cigale, si tu avais travaillé comme moi, tu n’aurais ni faim ni froid » et elle ne lui ouvrit pas la porte. »

-Qui a écrit ça ? C’est pas comme ça, c’est pas comme ça ! Cette fourni est une grande fille de p….et une spéculatrice.

De plus ils ne disent pas ici pourquoi certains naissent cigales et d’autres fourmis. Parce que si tu nais cigale, t’es foutu. Et ici ils ne le disent pas, ils ne le disent pas !

(Trad. Colo)

 

04/09/2010

Troncs et mystères /Troncos y misterios

Dix-neuf artistes majorquins de naissance ou d’adoption ont été réunis pour une exposition dans le jardin et deux salles d’un restaurant, près de Santa Eugenia, en pleine campagne. (Vidéo de présentation ici). Le 13 août, soir de l’inauguration, il y avait trop de monde – déjà rien que leurs familles... m’a soufflé mon compagnon -, pour bien voir. Nous avons donc regardé, salué, parlé un moment avec l’un ou l’autre des exposants. Mais une seconde visite vendredi dernier a été des plus intéressantes.

Aujourd’hui je ne vous parlerai que de deux artistes réunis autour du thème de l’Arbre : Lluís López, et Sandra Lehnis.

Diez y nueve artistas mallorquines de nacimiento o de adopción han sido reunidos para una exposición en el jardín y dos salas de un restaurante, cerca de Santa Eugenia, en medio del campo. (Video de presentación aquí). El 13 de agosto, día de la inauguración, había demasiada gente – ya sólo con sus familias…me susurró mi compañero – para bien ver. Entonces miramos, saludamos, charlamos con el uno y el otro de los exponentes. Pero una segunda visita el viernes pasado fue de lo más interesante.

Hoy sólo os hablaré de dos artistas reunidos alrededor del tema del Árbol: Lluís López y Sandra Lehnis.

expo gioia 006.jpg

(clic pour agrandir les photos)

Faites d’une seule pièce, les sculptures de bois d’olivier de L. López, on les emporterait en catimini si leur taille le permettait. L’artiste semble dénuder le tronc pour y trouver une forme, une âme, pour le rendre aérien par endroits, le faire danser à d’autres. Mes photos ne sont pas très bonnes, mais visitez son site ici.

expo gioia + cena vecinos 013.jpg

Hechas de una sola pieza, las esculturas de madera de olivo de L. López, uno se las llevaría a escondidas si su tamaño lo permitiera. El artista parece desnudar el tronco para encontrar allí una forma, un alma, para volverle aéreo en unas partes, hacerle bailar en otras. Mis fotos no son muy buenas, pero visitad su website aquí.

 

 

La démarche de Sandra Lehnis (website), Suissesse installée depuis quatre ans sur l’île et avec qui j’ai agréablement bavardé lors de cette deuxième visite, est vraiment originale. Ce qui l’intéresse c’est l’espace entre les arbres; quelque chose de mystérieux s’y passe me dit-elle.

 

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Animus Mundi est le titre d’un ensemble de peintures. « Le rythme des champs infinis d’amandiers et d’oliviers à Majorque compose Animus Mundi ».

Neu9_h9.jpg« L’espace entre le sol et la couronne des arbres a éveillé mon intérêt. C’est l’endroit où se passe l’invisible et mon objectif est de le rendre visible. Le rythme et l’emplacement de chaque arbre –représentés par des cercles et des troncs- sont la porte d’entrée de ce sujet. »

El planteamiento de Sandra Lehnis (website), Suiza instalada en la isla desde hace cuatro años y con quien charlé agradablemente en esta segunda visita, es realmente original. Lo que le interesa es el espacio entre los árboles; algo misterioso ocurre allí, me dijo.

Animus Mundi es el título de un conjunto de pinturas.”El ritmo infinito de los campos de almendros y olivos en Mallorca compone Animus Mundi”.

“El espacio entre el suelo y la copa de los árboles despertó mi interés. Es el lugar donde ocurre lo invisible y mi objetivo es volverle visible. El ritmo y el emplazamiento de cada árbol- representados por círculos y troncos- son la puerta de entrada de ese tema”.

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L’idée de mystères, d’ondes invisibles circulant entre les arbres est fort séduisante, isn’t it ?

La idea de misterios, de ondas invisibles circulando entre los árboles es muy seductora, ¿no?

 

PS: Gracias Sandra por toda la información y el permiso de reproducción.

28/08/2010

Rêverie /Ensueños

Penser à ce qu’on aurait pu être, rêver de tous ces possibles, ces impossibles passés. Avec ou sans mélancolie.  

Un poème du colombien Álvaro Mutis, le moins noir que j’aie lu de lui. Cet écrivain-poète, le plus connu en dehors de la Colombie après G. García Márquez, n’a pas eu une vie de rêve.

 

Pensar en quién hubiéramos podido ser, soñar en todos esos posibles, esos imposibles pasados. Con o sin melancolía.

Un poema del colombiano Álvaro Mutis, el menos negro de los que he leido.

Este escritor-poeta, el más conocido fuera de Colombia después de G. García Márquez no ha tenido una vida de ensueño.

 

Chanson de l’est - Álvaro Mutis

 

 À deux pas d’ici

un ange invisible attend ;

un vague brouillard, un spectre diffus

te dira quelques mots du passé.

Telle l’eau du ruisseau, le temps

creuse en toi son dur labeur

de jours et de semaines,

d’années sans nom ni souvenir.

À deux pas d’ici

continuera à t’attendre en vain

celui que tu ne fus pas, celui qui mourut

de tant être toi-même ce que tu es.mar y flores 006.jpg

Pas le moindre soupçon,

ni la moindre ombre

ne t’indique ce qu’aurait pu être

cette rencontre. Et pourtant,

c’est là qu’était la clé

de ton bref bonheur sur terre. (Trad. Colette)

 

 

Canción del este -  Álvaro Mutis

 

A la vuelta de la esquina
un ángel invisible espera;
una vaga niebla, un espectro desvaído
te dirá algunas palabras del pasado.
Como agua de acequia, el tiempo
cava en ti su arduo trabajo
de días y semanas,
de años sin nombre ni recuerdo.
A la vuelta de la esquina
te seguirá esperando vanamente
ése que no fuiste, ése que murió
de tanto ser tú mismo lo que eres.
Ni la más leve sospecha,
ni la más leve sombra
te indica lo que pudiera haber sido
ese encuentro. Y, sin embargo,
allí estaba la clave
de tu breve dicha sobre la tierra.

 

 Mon rêve à moi, mais ce sera pour une prochaine vie, c’est d’être chanteuse d’opéra, Gloria Londoño par exemple, cette soprano colombienne que j’admire tant.

 

Mi sueño, será en mi próxima vida, es ser cantante de opera. Gloria Londoño por ejemplo, esa soprano colombiana que tanto admiro.

 

                                

 

 

19/06/2010

Très connu ce peintre? ¿Muy conocido ese pintor?

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Il y a actuellement trois majorquins renommés : Rafael Nadal, Jorge Lorenzo (motos) et Miquel Barceló, l’infatigable peintre né à Felanitx en 1957 ; mais connaissez-vous ce dernier ?

 

Sans doute a–t-on le plus parlé de lui lors de la réalisation des décorations de la Chapelle Sant Pere de la superbe Cathédrale de Palma de Majorque, inaugurée en 2007 et  pour la peinture colorée (« La mer en mouvement ») de la coupole de la salle du Palais des Nations de l'ONU à Genève en 2008.

 

 Hay actualmente tres mallorquines de renombre: Rafael Nadal, Jorge Lorenzo (moto), y Miquel Barceló, el pintor incansable nacido en Felanix en 1957; pero, ¿le conocen? 

 

 Probablemente cuando más se habló de él fue en el momento en que realizó las decoraciones de la Capilla San Pere de la grandiosa Catedral de Palma de Mallorca, inaugurada en 2007, y por la coloreada pintura (“El mar en movimiento”) de la cúpula de la sala del Palacio de la Naciones de la ONU en Ginebra en 2008.

 

 

Intéressant par l’énorme diversité de son œuvre très présente dans les musées locaux, nationaux, mais aussi à Paris, Nîmes, Zurich, au Japon, aux Etats-Unis…, cet artiste solitaire fuit la presse et évite même les inaugurations de ses propres expositions paraît-il .

En février 2010 la CaixaForum de Madrid organisa une rétrospective des peintures de la dernière décade et le journal el País intitulait son article : « Miquel Barceló, inventaire du chaos ». « ….sa création, ce magma violent/ poétique de poissons, moules, déserts, singes, personnes, poulpes, mers, races, .... et crucifixions »

 

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Interesante por la enorme variedad de su obra muy presente en los museos locales, nacionales, pero también en Paris, Nîmes, Zurích, en Japón y EEUU,...ese artista solitario huye la prensa y evita, al parecer, las inauguraciones de sus propias exposiciones.

En 2010 La CaixaForum  de Madrid organizó una retrospectiva de las pinturas de la última década y el periódico El País titulaba su artículo.” Miquel Barceló, inventario del caos”, “…su creación, ese magma violento/poético de peces, mejillones, desiertos, monos, personas, pulpos, mares, razas, .... y crucifixiones.”

 

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Les peintures africaines, il a vécu au Mali, aux  couleurs fidèles au pays, sont celles qui provoquent en moi le plus d’émotion.

« L’Afrique m’a renvoyé immédiatement au monde sauvage, sale et heureux de mon enfance. Je vois le continent africain ruiné et armé, endetté et malade, duquel ne nous parviennent que des images de mutilation, des fragments, des bouts de masques, des cérémonies oubliées, des barques pleines de morts, qui ne parviennent à pénétrer notre confortable forteresse européenne qu’en forme de cadavre, d’esclave ou de fragment » M. Barceló.

 

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Las pinturas africanas, vivió en el Malí, con colores fieles al país, son las que me provocan más emoción.

"África inmediatamente me remitió al mundo salvaje, sucio y feliz de mi infancia. Veo el continente africano arruinado y armado, endeudado y enfermo, del que nos llegan sólo imágenes de mutilación, fragmentos, pedazos de máscaras, de ceremonias olvidadas, barcazas llenas de muertos, que sólo consiguen penetrar nuestra cómoda fortaleza europea en forma de cadáver, de esclavo o de fragmento" M. Barceló.

 

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Remarquables également ses illustrations de la Divine Comédie, ainsi que celles de « Too far from home » de Paul Bowles et Miquel Barceló (trad. française « La boucle du Niger »). Vous les trouverez ici. (Cliquez sur « obras-ilustraciones” à gauche)
 

Destacables también sus ilustraciones de la Divina Comedia así como  las de “Too far from home” de Paul Bowles y M. Barceló. Las encontraréis aquí. (Clic en obras- ilustraciones a la izquiera)

  

23/04/2010

Le danger vient-il du ciel? ¿Viene el peligro del cielo?

C’est un chapitre du livre « Picasso et Apollinaire, Les métamorphoses de la mémoire 1905/1973 » de Peter Read qui m’a passionnée cette semaine ; il s’intitule « L’année 1918 », une année spéciale, tragique aussi, pour les deux amis et complices littéraires, artistiques.

En cette année tous deux se marient et sont les témoins de l’autre. Picasso offre au couple Homme à la guitare (1918) et Apollinaire écrit un poème (peut-être lu lors de la noce de son ami) ; comme il n’est pas vraiment réussi, je ne le copierai pas.

picasso homme guitare 1918.jpgEs un capítulo del libro « Picasso y Apollinaire, las metamorfosis de la memoria 1905/1973 » de Peter Read que me ha apasionado esta semana; se titula « El año 1918 », un año especial, también trágico, para los dos amigos y cómplices literarios y artísticos.

En ese año ambos se casan y son mutuamente testigos de sus bodas. Picasso regala a la pareja Homme à la guitare (1918) y Apollinaire escribe un poema (que tal vez leyó en la boda); como no está muy conseguido, no lo copiaré.

 Et Picasso part à Biarritz en voyage de noces avec Olga.

« Le bord de mer rappelle à Picasso son enfance malaguène et lui suggère le motif de la baigneuse qu’il exploitera souvent par la suite, lui faisant subir de nombreuses métamorphoses, notamment entre 1927 et 1929. »

Y Picasso se marcha a Biarritz de viaje de boda con Olga.

“El borde del mar le recuerda a Picasso su infancia malagueña y le sugiere el motivo de las bañadoras que explotará a menudo, introduciendo muchas metamorfosis, particularmente entre 1927 y 1929.”

 

 

 Le sujet prend naissance dans deux œuvres créées au cours de cet été 1918 : une fresque et une petite peinture. La fresque est inspirée des classiques : les Trois Grâces, de la Naissance de Vénus, danseuses avec des guirlandes de fleurs et des raisins…

« La fresque de Picasso chante l’amour, la beauté féminine et la civilisation méditerranéenne, mais elle illustre aussi un quatrain d’Apollinaire qui traite des mêmes sujets : au coeur de la fresque, entourée de ces personnages si élégamment dessinés (…) se trouve la première strophe du poème « Les saisons », choisie par Picasso dans Calligrammes :

« C’était un temps béni nous étions sur les plages

Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau

Et vite comme va la langue d’un crapaud

L’amour blessait au cœur les fous comme les sages. »

 

 

El tema nace en dos obras creadas durante ese año 1918: un fresco y una pequeña pintura. El fresco  se inspira de los clásicos: las Tres Gracias, el Nacimiento de Venus, bailarinas con adornos de flores y racimos de uvas…

“El fresco de Picasso canta el amor, la belleza femenina y la civilización mediterránea, pero ilustra también un cuarteto de Apollinaire que trata los mismos temas: en el corazón del fresco, rodeado de esos personajes dibujados de forma tan elegante (…) se encuentra la primera estrofa del poema “Las estaciones” elegido por Picasso en Calligrammes:

“Era un tiempo bendito estábamos en las playas

Sales de madrugada descalzo y sin sombrero

Y con la rapidez de la lengua de un sapo

El amor hería en el corazón a los locos y a los sabios.” (trad. Colo)

 

 

baigneuses_1918.jpg

 

Mais revenons à ces baigneuses de 1918, tableau que le peintre a toujours gardé chez lui.

Trois femmes en maillots de couleurs, sable et d’étranges cailloux au premier plan, un voilier sur la mer, un phare.  « Rapprochées physiquement, elles paraissent pourtant isolées les unes des autres… » Mais oui, aucune complicité, elles regardent chacune d’un côté différent. Et celle qui se tient debout qui regarde, effrayée, vers le ciel, qu’a-t-elle vu ?  « Dans cette scène estivale on sent comme la vague prémonition d’un malheur inconnu, ou la menace de conflits qui forment au loin l’arrière-fond tragique. »

Pero volvamos a esas bañadoras de 1918, cuadro que el pintor guardó siempre en casa.

Tres mujeres con trajes de baño coloreados, arena y extraños guijarros en primer plano, un velero en el mar, un faro. “Físicamente cercanas, parecen aisladas les unas de las otras…”. Sí, es verdad, ninguna complicidad, cada una mira de un lado distinto. Y la que está de pie y que mira, asustada, hacia el cielo, ¿qué ha visto? “En esa escena estival se siente como la vaga premonición de una desgracia desconocida, o la amenaza de conflictos que forman a lo lejos el trasfondo trágico.”

Apollinaire meurt le 9 novembre de cette année, Picasso pleure la disparition du plus compréhensif de ses amis.

Apollinaire fallece el 9 de noviembre de aquél año, Picasso llora la desaparición del más comprensivo de sus amigos.

 En ce moment a lieu au musée new-yorkais Metropolitan une exposition Picasso extraordinaire car le musée a remis à neuf et présente pour la première fois  34 peintures, 38 pastels (dessins et aquarelles), et 400 gravures. La plupart sont des cadeaux, le musée n’en n’a acheté que 36.

En este momento tiene lugar en Nueva York una exposición Picasso inédita.

Leer en El País aquí.

 

Alors si vous ne craignez pas le ciel…      Si no teméis el cielo….