30/10/2010

Matisse à Granada


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Tiens, quelle relation y a-t-il entre Matisse et l’Alhambra me suis-je dit voyant l’annonce d’une exposition « Matisse y la Alhambra 1910-2010 » dans la Palais de Carlos V à Granada.

Je n’aurai pas l’occasion de la voir mais ma curiosité m’a fait lire quelques articles dans divers journaux (ABC, El País, La Opinión de Granada). Voici ce qu’ils en disent.

Anda, qué relación existe entre Matisse y la Alhambra me pregunté al ver el anuncio de una exposición titulada “Matisse y la Alambra 1910-2010” en el Palacio de Carlos V en Granada.

No tendré ocasión de verla, pero mi curiosidad me llevo a leer algunos artículos en varios periódicos (ABC, El País, La Opinión de Granada). He aquí lo que dicen.

 

C’est en 1991 que la directrice de la Fondation de l’Alhambra, María del Mar Villafranca, alors qu’elle feuilletait un des livres de visite du Palais, découvrit la signature d’Henri Matisse datée du 11 décembre 1910. Ignorant tout de son passage à Granada, elle entreprit aussitôt des recherches avec l’historien Francisco Jarauta.

Fue sólo en diciembre 1991 cuando la directora de la Fundación de la Alambra, María del Marhenri_matisse_blue_table_cloth.jpg Villafranca, al revisar uno de los libros de visita del Palacio descubrió la firma de Henri Matisse. Ella ignoraba todo de su paso por Granada así que empezó enseguida a investigar con la ayuda del historiador Francisco Jarauta.

Ce dernier explique que Matisse voyagea, sans but précis, entre novembre 1910 et janvier 1911 à travers l’Espagne. Il traversait un moment de crise personnelle et artistique, peut-être était-il en quête de nouvelles inspirations. L’exposition essaye de démontrer par le détail quelle a été la relation entre « le vu et le peint » : jusqu’à présent on croyait que la décoration des palais nasrides qui occupent le premier plan dans les odalisques (Matissse en a peint une bonne centaine, sept sont exposées), étaient d’inspiration nord-africaine mais il semble que l’Alhambra y ait une grande part.

« C’est sans doute dans les odalisques que l’on peut le mieux percevoir l’influence grenadine. Il (Matisse) peint la première en 1921 dans un moment où il s’intéresse à l’étude du corps féminin » (El País 15-10-2010).

L’historien Jaraute soutient que la beauté des bains sophistiqués de l’Alhambra est présente dans les fonds décoratifs sur lesquels il peint les sensuelles odalisques. Lors de son séjour à Granada Matisse écrivit des lettres à sa femme et à ses amis où il parlait de sa fascination pour la ville, pour l’Alhambra et ses fontaines, pour les formes géométriques des patios, les couleurs, la lumière filtrant par les moucharabieh (jalousies), les décorations étoilées des stèles…tous ces éléments que l’on retrouve dans ses peintures.

Bodegon.jpgEste explica que Matisse viajó por toda España, sin rumbo preciso, entre noviembre 1910 y enero 1911. Se encontraba en un momento de crisis personal y artística, y tal vez estuviera en busca de nuevas inspiraciones. La exposición intenta demostrar, por el detalle, cual fue la relación entre “lo visto y lo pintado”: hasta ahora se creía que la decoración de los palacios nazaríes que ocupan el primer plano en las odaliscas (Matisse pintó un buen centenar de ellas, siete están expuestas), eran de inspiración norteafricana pero parece ser que La Alambra ocupa una buena parte.

“Es en las odaliscas donde más se pueda percibir la influencia granadina. Pinta (Matisse) la primera en 1921 en un momento en el que lo que le interesa es investigar el desnudo femenino” (El País, 15-10.2010)

El historiador Jarauta mantiene que” la belleza de los baños sofisticados de la Alambra está presente en los fondos decorativos sobre los que retrata a sus sensuales odaliscas”.

Durante su estancia en Granada Matisse escribió cartas a su mujer y a sus amigos donde hablaba de su fascinación por la ciudad, por la Alambra y sus fuentes, por las formas geométricas de los patios, el color, la luz que filtra por las celosías, las decoraciones estrelladas de las estelas….todos elementos que se encuentran en sus pinturas.

 

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Quoi qu’il en soit, les 50 œuvres du maître dont des peintures à l’huile, évidemment, mais aussi des dessins, lithographies, céramiques, tissus…valent sûrement le déplacement dans une Granada magique, une Alhambra majestueuse et chargée de tant d’histoire.

Détail bienvenu : l’entrée à l’exposition est gratuite. Jusqu’au 28 février 2011.

 

Sea lo que fuere, las 50 obras del maestro, oleos, por supuesto, pero también dibujos, litografías, cerámicas, tejidos…seguro que valen el desplazamiento a una Granada mágica, una Alambra majestuosa y cargada de tanta historia.

Detalle bienvenido: la entrada a la exposición es gratuita. Hasta el 28 de febrero 2011.

 

09/10/2010

La voix des portraits / La voz de los retratos

Il y a plus de deux ans que j’ai lu sur un  article très original  écrit par Susana Fortes et intitulé « Les figures d’il y a 500 ans » (El País 25-05-2008). Depuis lors « j’écoute attentivement » les portraits.

 

    Il débute ainsi : « Beaux, étranges, puissants. Les artistes de la Renaissance réussirent à capter l’âme dans un visage. (…) Derrière chaque visage il y a un secret, une histoire que nous ignorons et que nous avons un besoin urgent de connaître, quand nous le contemplons, seuls, dans un tableau. Il n’est pas aisé d’expliquer cette pulsion qui bat dans certains portraits, mais il existe également dans la vie des figures qui ont sur nous un puissant ascendant. (…) Ceci n’a rien à voir avec la beauté, mais avec le mystère. Parfois ce qui attire notre attention dans un visage c’est un détail aussi insignifiant que le lobe d’une oreille, ou un point blanc, minuscule et brillant dans les pupille ». C’est ainsi, explique-t-elle, que la première fois qu’elle a vu La Joconde, elle n’a pensé ni à son sourire ni à son regard, mais au son de sa voix.

Elle s’est imaginée une voix grave, un peu rauque, semblable à celle de Jeanne Moreau.

 

   Peindre la voix. « Il suffit parfois d’un coup de pinceau estompé juste sur  le bord supérieur de la lèvre, comme un souffle, pour que le tableau parle. La vie n’est qu’un souffle d’air, mais à travers lui  émergent peu à peu le désir, la douleur, l’incertitude, le mépris, l’expérience…Tous les masques de l’âme ».

 

   Ici elle nous raconte l’histoire d’une autre femme, Ginevra de Benci, à travers le mystérieux portrait réalisé par Leonardo. « Il y a quelque chose dans son visage qui inquiète. Peut-être son intrépidité statique, la sévérité de son expression, l’air fantomatique. » Cette jeune fille, intelligente, cultivée et riche venait d’une excellente famille florentine qui fréquentait le palais des Médicis. Pourtant ce n’est pas avec un poète, mais avec un marchand de chiffons, que ses parents la marièrent peu avant ses seize ans.

On a cru très longtemps que c’était un portrait de mariage commandé par son mari.

Mais l’histoire est plus croustillante…mais banale aussi. Une vraie histoire d’amour et d’infidélité.

 Il y a peu on a découvert que ledit portrait avait été commandité par un diplomate vénitien de 40 ans qui, arrivé à Florence en 1475 avec femme et enfants, était tombé follement amoureux  de la jeune fille. Leur idylle passionnée durera cinq ans, moment où il fut envoyé ailleurs. Éplorée Ginevra se retira du monde et vécut à la campagne.

 

    Les seules choses qui sont restées d’elle sont le tableau de Leonardo et un unique vers, écrit de sa main : 

J’implore la clémence ; je suis un tigre sauvage.

 

«  Il faut contempler son portrait en tenant compte de ces mots, prononcés sans doute avec un timbre de voix plus sombre que mélancolique. La voix du tableau.»

 

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Hace más de dos años que leí un artículo muy original escrito por Susana Fortes y titulado « Las caras de hace 500 años » (El País 25-05-2008).

Desde entonces “escucho atentamente” los retratos.

 

Empieza así:” Bellos, extraños, poderosos. Los artistas del Renacimiento lograron captar el alma en un rostro (…). Detrás de cada cara hay un secreto, una historia que desconocemos y que necesitamos urgentemente conocer, cuando la contemplamos a solas en un cuadro. No es fácil explicar esa pulsión que late en algunos retratos, pero en la vida también hay rostros que ejercen sobre nosotros un poderoso influjo (…). No es algo que tenga que ver con la belleza, sino con el misterio. A veces lo que nos llama la atención de un rostro es un detalle tan insignificante como el lóbulo de una oreja, o un punto blanco diminuto y brillante en las pupilas”. Es así. Explica, que la primera vez que vio la Gioconda, no pensó ni en su sonrisa ni en su mirada, sino en el sonido de su voz. Se imaginó un tono grave, un poco ronco, parecido al de Jeanne Moreau.

 

Pintar la voz. “A veces basta una pincelada difuminada justo al borde superior del labio como un soplo para que el retrato hable. La vida no es más que un soplo de aire, pero a través de él empieza a asomarse el deseo, el dolor, la incertidumbre, el desprecio, la experiencia…Todas las máscaras del alma”.

 

Aquí nos cuenta la historia de otra mujer, Ginebra de Benci, a través del misterioso retrato realizado por Leonardo. “Hay algo en su rostro que inquieta. Tal vez su impavidez estática, la severidad de la expresión, el aire fantasmal”. Esa chica joven, bella, culta y rica pertenecía a una excelente familia florentina que frecuentaba el palacio de los Médicis. Sin embargo no fue con un poeta sino con un comerciante de paños que sus padres la casaron, poco antes de cumplir los 16 años.

Durante mucho tiempo se creyó que el retrato era un encargo de su marido.

Pero la historia es más  crujiente…banal también. Una verdadera historia de amor e infidelidad.

Se descubrió, hace poco, que dicho retrato había sido encargado por un diplomático veneciano de 40 años quien, llegado a Florencia en 1475 con mujer e hijos, se había enamorado locamente de la joven. Su idilio duró cinco años y terminó cuando le mandaron lejos de Florencia. Desconsolada, Ginebra se retiró del mundo y vivió en el campo.

 

Las únicas cosas que quedaron de ella fueron el cuadro de Leonardo y ese único verso, escrito de su mano:

Pido clemencia; soy un tigre salvaje.

 

“Hay que contemplar su retrato al amparo de estas palabras, pronunciadas tal vez con un timbre más oscuro que melancólico. La voz del retrato”.

 

11/09/2010

La cigale et la fourmi /La cigarra y la hormiga

Aucun doute, vous connaissez cette fable de La Fontaine inspirée d’Esope, mais la version de Samaniego (1745-1801), l’aviez-vous déjà lue ? En voici la traduction, vous pourrez constater…qu’il y a vraiment peu de différences.

Conocen sin duda la fábula de Samaniego, casi copiada de J. de La Fontaine que, a su vez, se inspiró mucho de Esopo.

 

La Cigale et la Fourmi (Samaniego)

 

La Cigale passa

tout l’été à chanter,

sans faire de provisions

là, pour l’hiver ;

les froids l’obligèrent

à garder le silence

et à s’abriter

en son étroite demeure.cigarra hormiga.jpg

Se voyant dépourvue

d’aliments nécessaires ;

sans mouches, ni vers,

sans blé et sans orge.

La Fourmi vivait

là, juste à côté,

et avec mille expressions

d’attention et de respect

elle lui dit : « Dame Fourmi,

comme dans votre grenier

vous avez trop de provisions

pour vous alimenter,

prêtez quelque chose

pour que vive cet hiver

cette pauvre Cigale,

qui, joyeuse en d’autres temps,

ne connût jamais le mal,

ne sût jamais le craindre.

N’hésitez pas à me prêter

fidèlement je promets

sur le nom que je porte

vous payer avec intérêts ».

La Fourmi cupide

répondit prestement

cachant derrière son dos

les clés du grenier :

« Moi, prêter ce que je gagne

avec un immense travail !

Dis-moi donc, paresseuse,

qu’as-tu fait par beau temps ? »

« Moi, dit la Cigale,

à tout passant

je chantais allègrement

sans cesser ni un moment ».

« Ho là ! ainsi tu chantais

tandis que je travaillais !

Et bien maintenant que je mange

Danse, à ton corps défendant » (Trad. Colo)

 

La cigarra y la hormiga

de Félix María Samaniego

 

Cantando la Cigarra
pasó el verano entero,
sin hacer provisiones
allá para el invierno;
los fríos la obligaron
a guardar el silencio
y a acogerse al abrigo
de su estrecho aposento.
Viose desproveída
del preciso sustento:
sin mosca, sin gusano,
sin trigo y sin centeno.
Habitaba la Hormigala-cigale-et-la-fourmi.jpg
allí tabique en medio,
y con mil expresiones
de atención y respeto
le dijo: "Doña Hormiga,
pues que en vuestro granero
sobran las provisiones
para vuestro alimento,
prestad alguna cosa
con que viva este invierno
esta triste Cigarra,
que, alegre en otro tiempo,
nunca conoció el daño,
nunca supo temerlo.
No dudéis en prestarme,
que fielmente prometo
pagaros con ganancias,
por el nombre que tengo"
La codiciosa Hormiga
respondió con denuedo,
ocultando a la espalda
las llaves del granero:
"¡Yo prestar lo que gano
con un trabajo inmenso!
Dime, pues, holgazana,
¿qué has hecho en el buen tiempo?"
"Yo, dijo la Cigarra,
a todo pasajero
cantaba alegremente,
sin cesar ni un momento"
"¡Hola! ¿con que cantabas
cuando yo andaba al remo?
Pues ahora, que yo como,
baila, pese a tu cuerpo"

 

Ce conte moral a-t-il encore un sens en 2010 ? Si on est né cigale, peut-on devenir fourmi ? Qui sont les fourmis aujourd’hui… ?

De là la magnifique colère de Javier Bardem dans le film « Les lundis au soleil ». Lui, comme tant d’autres,est sans travail suite à la fermeture d’usines sidérurgiques dans le nord de l’Espagne…chômage, galère.

¿Tiene este cuento moral algún sentido en 2010? ¿Si se nace cigarra, es posible hacerse hormiga? ¿Quiénes son las hormigas hoy en día?

De allí la magnífica cólera de Javier Bardem en la película “Los lunes al sol”. Él, como otros tantos, está sin trabajo después del cierre de las fábricas  siderúrgicas en el norte de España…paro, infierno.

Regardez la vidéo!

http://www.youtube.com/watch?v=1uJ17NHnbZI

 

Voici la traduction du texte de la vidéo.

Voyons, voyons.

« Il y avait une fois un pays où vivaient une cigale et une fourmi. La fourmi était travailleuse et la cigale non ; elle aimait chanter et dormir pendant que la fourmi réalisait se travaux.

La temps passa et la fourmi travailla et travailla tout l’été, épargna autant qu’elle put et quand l’hiver arriva la cigale mourait de faim et de froid tandis que la fourmi avait de tout. »

-Quelle fille de p…..la fourmi.

« La cigale frappa à la porte de la fourmi qui lui dit : « petite cigale, si tu avais travaillé comme moi, tu n’aurais ni faim ni froid » et elle ne lui ouvrit pas la porte. »

-Qui a écrit ça ? C’est pas comme ça, c’est pas comme ça ! Cette fourni est une grande fille de p….et une spéculatrice.

De plus ils ne disent pas ici pourquoi certains naissent cigales et d’autres fourmis. Parce que si tu nais cigale, t’es foutu. Et ici ils ne le disent pas, ils ne le disent pas !

(Trad. Colo)

 

04/09/2010

Troncs et mystères /Troncos y misterios

Dix-neuf artistes majorquins de naissance ou d’adoption ont été réunis pour une exposition dans le jardin et deux salles d’un restaurant, près de Santa Eugenia, en pleine campagne. (Vidéo de présentation ici). Le 13 août, soir de l’inauguration, il y avait trop de monde – déjà rien que leurs familles... m’a soufflé mon compagnon -, pour bien voir. Nous avons donc regardé, salué, parlé un moment avec l’un ou l’autre des exposants. Mais une seconde visite vendredi dernier a été des plus intéressantes.

Aujourd’hui je ne vous parlerai que de deux artistes réunis autour du thème de l’Arbre : Lluís López, et Sandra Lehnis.

Diez y nueve artistas mallorquines de nacimiento o de adopción han sido reunidos para una exposición en el jardín y dos salas de un restaurante, cerca de Santa Eugenia, en medio del campo. (Video de presentación aquí). El 13 de agosto, día de la inauguración, había demasiada gente – ya sólo con sus familias…me susurró mi compañero – para bien ver. Entonces miramos, saludamos, charlamos con el uno y el otro de los exponentes. Pero una segunda visita el viernes pasado fue de lo más interesante.

Hoy sólo os hablaré de dos artistas reunidos alrededor del tema del Árbol: Lluís López y Sandra Lehnis.

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(clic pour agrandir les photos)

Faites d’une seule pièce, les sculptures de bois d’olivier de L. López, on les emporterait en catimini si leur taille le permettait. L’artiste semble dénuder le tronc pour y trouver une forme, une âme, pour le rendre aérien par endroits, le faire danser à d’autres. Mes photos ne sont pas très bonnes, mais visitez son site ici.

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Hechas de una sola pieza, las esculturas de madera de olivo de L. López, uno se las llevaría a escondidas si su tamaño lo permitiera. El artista parece desnudar el tronco para encontrar allí una forma, un alma, para volverle aéreo en unas partes, hacerle bailar en otras. Mis fotos no son muy buenas, pero visitad su website aquí.

 

 

La démarche de Sandra Lehnis (website), Suissesse installée depuis quatre ans sur l’île et avec qui j’ai agréablement bavardé lors de cette deuxième visite, est vraiment originale. Ce qui l’intéresse c’est l’espace entre les arbres; quelque chose de mystérieux s’y passe me dit-elle.

 

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Animus Mundi est le titre d’un ensemble de peintures. « Le rythme des champs infinis d’amandiers et d’oliviers à Majorque compose Animus Mundi ».

Neu9_h9.jpg« L’espace entre le sol et la couronne des arbres a éveillé mon intérêt. C’est l’endroit où se passe l’invisible et mon objectif est de le rendre visible. Le rythme et l’emplacement de chaque arbre –représentés par des cercles et des troncs- sont la porte d’entrée de ce sujet. »

El planteamiento de Sandra Lehnis (website), Suiza instalada en la isla desde hace cuatro años y con quien charlé agradablemente en esta segunda visita, es realmente original. Lo que le interesa es el espacio entre los árboles; algo misterioso ocurre allí, me dijo.

Animus Mundi es el título de un conjunto de pinturas.”El ritmo infinito de los campos de almendros y olivos en Mallorca compone Animus Mundi”.

“El espacio entre el suelo y la copa de los árboles despertó mi interés. Es el lugar donde ocurre lo invisible y mi objetivo es volverle visible. El ritmo y el emplazamiento de cada árbol- representados por círculos y troncos- son la puerta de entrada de ese tema”.

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L’idée de mystères, d’ondes invisibles circulant entre les arbres est fort séduisante, isn’t it ?

La idea de misterios, de ondas invisibles circulando entre los árboles es muy seductora, ¿no?

 

PS: Gracias Sandra por toda la información y el permiso de reproducción.

28/08/2010

Rêverie /Ensueños

Penser à ce qu’on aurait pu être, rêver de tous ces possibles, ces impossibles passés. Avec ou sans mélancolie.  

Un poème du colombien Álvaro Mutis, le moins noir que j’aie lu de lui. Cet écrivain-poète, le plus connu en dehors de la Colombie après G. García Márquez, n’a pas eu une vie de rêve.

 

Pensar en quién hubiéramos podido ser, soñar en todos esos posibles, esos imposibles pasados. Con o sin melancolía.

Un poema del colombiano Álvaro Mutis, el menos negro de los que he leido.

Este escritor-poeta, el más conocido fuera de Colombia después de G. García Márquez no ha tenido una vida de ensueño.

 

Chanson de l’est - Álvaro Mutis

 

 À deux pas d’ici

un ange invisible attend ;

un vague brouillard, un spectre diffus

te dira quelques mots du passé.

Telle l’eau du ruisseau, le temps

creuse en toi son dur labeur

de jours et de semaines,

d’années sans nom ni souvenir.

À deux pas d’ici

continuera à t’attendre en vain

celui que tu ne fus pas, celui qui mourut

de tant être toi-même ce que tu es.mar y flores 006.jpg

Pas le moindre soupçon,

ni la moindre ombre

ne t’indique ce qu’aurait pu être

cette rencontre. Et pourtant,

c’est là qu’était la clé

de ton bref bonheur sur terre. (Trad. Colette)

 

 

Canción del este -  Álvaro Mutis

 

A la vuelta de la esquina
un ángel invisible espera;
una vaga niebla, un espectro desvaído
te dirá algunas palabras del pasado.
Como agua de acequia, el tiempo
cava en ti su arduo trabajo
de días y semanas,
de años sin nombre ni recuerdo.
A la vuelta de la esquina
te seguirá esperando vanamente
ése que no fuiste, ése que murió
de tanto ser tú mismo lo que eres.
Ni la más leve sospecha,
ni la más leve sombra
te indica lo que pudiera haber sido
ese encuentro. Y, sin embargo,
allí estaba la clave
de tu breve dicha sobre la tierra.

 

 Mon rêve à moi, mais ce sera pour une prochaine vie, c’est d’être chanteuse d’opéra, Gloria Londoño par exemple, cette soprano colombienne que j’admire tant.

 

Mi sueño, será en mi próxima vida, es ser cantante de opera. Gloria Londoño por ejemplo, esa soprano colombiana que tanto admiro.

 

                                

 

 

19/06/2010

Très connu ce peintre? ¿Muy conocido ese pintor?

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Il y a actuellement trois majorquins renommés : Rafael Nadal, Jorge Lorenzo (motos) et Miquel Barceló, l’infatigable peintre né à Felanitx en 1957 ; mais connaissez-vous ce dernier ?

 

Sans doute a–t-on le plus parlé de lui lors de la réalisation des décorations de la Chapelle Sant Pere de la superbe Cathédrale de Palma de Majorque, inaugurée en 2007 et  pour la peinture colorée (« La mer en mouvement ») de la coupole de la salle du Palais des Nations de l'ONU à Genève en 2008.

 

 Hay actualmente tres mallorquines de renombre: Rafael Nadal, Jorge Lorenzo (moto), y Miquel Barceló, el pintor incansable nacido en Felanix en 1957; pero, ¿le conocen? 

 

 Probablemente cuando más se habló de él fue en el momento en que realizó las decoraciones de la Capilla San Pere de la grandiosa Catedral de Palma de Mallorca, inaugurada en 2007, y por la coloreada pintura (“El mar en movimiento”) de la cúpula de la sala del Palacio de la Naciones de la ONU en Ginebra en 2008.

 

 

Intéressant par l’énorme diversité de son œuvre très présente dans les musées locaux, nationaux, mais aussi à Paris, Nîmes, Zurich, au Japon, aux Etats-Unis…, cet artiste solitaire fuit la presse et évite même les inaugurations de ses propres expositions paraît-il .

En février 2010 la CaixaForum de Madrid organisa une rétrospective des peintures de la dernière décade et le journal el País intitulait son article : « Miquel Barceló, inventaire du chaos ». « ….sa création, ce magma violent/ poétique de poissons, moules, déserts, singes, personnes, poulpes, mers, races, .... et crucifixions »

 

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Interesante por la enorme variedad de su obra muy presente en los museos locales, nacionales, pero también en Paris, Nîmes, Zurích, en Japón y EEUU,...ese artista solitario huye la prensa y evita, al parecer, las inauguraciones de sus propias exposiciones.

En 2010 La CaixaForum  de Madrid organizó una retrospectiva de las pinturas de la última década y el periódico El País titulaba su artículo.” Miquel Barceló, inventario del caos”, “…su creación, ese magma violento/poético de peces, mejillones, desiertos, monos, personas, pulpos, mares, razas, .... y crucifixiones.”

 

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Les peintures africaines, il a vécu au Mali, aux  couleurs fidèles au pays, sont celles qui provoquent en moi le plus d’émotion.

« L’Afrique m’a renvoyé immédiatement au monde sauvage, sale et heureux de mon enfance. Je vois le continent africain ruiné et armé, endetté et malade, duquel ne nous parviennent que des images de mutilation, des fragments, des bouts de masques, des cérémonies oubliées, des barques pleines de morts, qui ne parviennent à pénétrer notre confortable forteresse européenne qu’en forme de cadavre, d’esclave ou de fragment » M. Barceló.

 

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Las pinturas africanas, vivió en el Malí, con colores fieles al país, son las que me provocan más emoción.

"África inmediatamente me remitió al mundo salvaje, sucio y feliz de mi infancia. Veo el continente africano arruinado y armado, endeudado y enfermo, del que nos llegan sólo imágenes de mutilación, fragmentos, pedazos de máscaras, de ceremonias olvidadas, barcazas llenas de muertos, que sólo consiguen penetrar nuestra cómoda fortaleza europea en forma de cadáver, de esclavo o de fragmento" M. Barceló.

 

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Remarquables également ses illustrations de la Divine Comédie, ainsi que celles de « Too far from home » de Paul Bowles et Miquel Barceló (trad. française « La boucle du Niger »). Vous les trouverez ici. (Cliquez sur « obras-ilustraciones” à gauche)
 

Destacables también sus ilustraciones de la Divina Comedia así como  las de “Too far from home” de Paul Bowles y M. Barceló. Las encontraréis aquí. (Clic en obras- ilustraciones a la izquiera)

  

23/04/2010

Le danger vient-il du ciel? ¿Viene el peligro del cielo?

C’est un chapitre du livre « Picasso et Apollinaire, Les métamorphoses de la mémoire 1905/1973 » de Peter Read qui m’a passionnée cette semaine ; il s’intitule « L’année 1918 », une année spéciale, tragique aussi, pour les deux amis et complices littéraires, artistiques.

En cette année tous deux se marient et sont les témoins de l’autre. Picasso offre au couple Homme à la guitare (1918) et Apollinaire écrit un poème (peut-être lu lors de la noce de son ami) ; comme il n’est pas vraiment réussi, je ne le copierai pas.

picasso homme guitare 1918.jpgEs un capítulo del libro « Picasso y Apollinaire, las metamorfosis de la memoria 1905/1973 » de Peter Read que me ha apasionado esta semana; se titula « El año 1918 », un año especial, también trágico, para los dos amigos y cómplices literarios y artísticos.

En ese año ambos se casan y son mutuamente testigos de sus bodas. Picasso regala a la pareja Homme à la guitare (1918) y Apollinaire escribe un poema (que tal vez leyó en la boda); como no está muy conseguido, no lo copiaré.

 Et Picasso part à Biarritz en voyage de noces avec Olga.

« Le bord de mer rappelle à Picasso son enfance malaguène et lui suggère le motif de la baigneuse qu’il exploitera souvent par la suite, lui faisant subir de nombreuses métamorphoses, notamment entre 1927 et 1929. »

Y Picasso se marcha a Biarritz de viaje de boda con Olga.

“El borde del mar le recuerda a Picasso su infancia malagueña y le sugiere el motivo de las bañadoras que explotará a menudo, introduciendo muchas metamorfosis, particularmente entre 1927 y 1929.”

 

 

 Le sujet prend naissance dans deux œuvres créées au cours de cet été 1918 : une fresque et une petite peinture. La fresque est inspirée des classiques : les Trois Grâces, de la Naissance de Vénus, danseuses avec des guirlandes de fleurs et des raisins…

« La fresque de Picasso chante l’amour, la beauté féminine et la civilisation méditerranéenne, mais elle illustre aussi un quatrain d’Apollinaire qui traite des mêmes sujets : au coeur de la fresque, entourée de ces personnages si élégamment dessinés (…) se trouve la première strophe du poème « Les saisons », choisie par Picasso dans Calligrammes :

« C’était un temps béni nous étions sur les plages

Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau

Et vite comme va la langue d’un crapaud

L’amour blessait au cœur les fous comme les sages. »

 

 

El tema nace en dos obras creadas durante ese año 1918: un fresco y una pequeña pintura. El fresco  se inspira de los clásicos: las Tres Gracias, el Nacimiento de Venus, bailarinas con adornos de flores y racimos de uvas…

“El fresco de Picasso canta el amor, la belleza femenina y la civilización mediterránea, pero ilustra también un cuarteto de Apollinaire que trata los mismos temas: en el corazón del fresco, rodeado de esos personajes dibujados de forma tan elegante (…) se encuentra la primera estrofa del poema “Las estaciones” elegido por Picasso en Calligrammes:

“Era un tiempo bendito estábamos en las playas

Sales de madrugada descalzo y sin sombrero

Y con la rapidez de la lengua de un sapo

El amor hería en el corazón a los locos y a los sabios.” (trad. Colo)

 

 

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Mais revenons à ces baigneuses de 1918, tableau que le peintre a toujours gardé chez lui.

Trois femmes en maillots de couleurs, sable et d’étranges cailloux au premier plan, un voilier sur la mer, un phare.  « Rapprochées physiquement, elles paraissent pourtant isolées les unes des autres… » Mais oui, aucune complicité, elles regardent chacune d’un côté différent. Et celle qui se tient debout qui regarde, effrayée, vers le ciel, qu’a-t-elle vu ?  « Dans cette scène estivale on sent comme la vague prémonition d’un malheur inconnu, ou la menace de conflits qui forment au loin l’arrière-fond tragique. »

Pero volvamos a esas bañadoras de 1918, cuadro que el pintor guardó siempre en casa.

Tres mujeres con trajes de baño coloreados, arena y extraños guijarros en primer plano, un velero en el mar, un faro. “Físicamente cercanas, parecen aisladas les unas de las otras…”. Sí, es verdad, ninguna complicidad, cada una mira de un lado distinto. Y la que está de pie y que mira, asustada, hacia el cielo, ¿qué ha visto? “En esa escena estival se siente como la vaga premonición de una desgracia desconocida, o la amenaza de conflictos que forman a lo lejos el trasfondo trágico.”

Apollinaire meurt le 9 novembre de cette année, Picasso pleure la disparition du plus compréhensif de ses amis.

Apollinaire fallece el 9 de noviembre de aquél año, Picasso llora la desaparición del más comprensivo de sus amigos.

 En ce moment a lieu au musée new-yorkais Metropolitan une exposition Picasso extraordinaire car le musée a remis à neuf et présente pour la première fois  34 peintures, 38 pastels (dessins et aquarelles), et 400 gravures. La plupart sont des cadeaux, le musée n’en n’a acheté que 36.

En este momento tiene lugar en Nueva York una exposición Picasso inédita.

Leer en El País aquí.

 

Alors si vous ne craignez pas le ciel…      Si no teméis el cielo….