18/11/2012

Cuba III et / y fin

Ce dernier billet sur les Cubains est un pêle-mêle de lectures, musiques, photos, poèmes qui ont croisé mon chemin, dont j'ai retenu le nom, la voix, l'image. Que j'ai beaucoup aimés.
Esta última página sobre los Cubanos es una mezcla de lecturas, músicas, poemas que han cruzado mi camino y cuyos nombres, voces, imágenes han quedado en mi memoria. Que me han gustado mucho.

                                                                        Foto: José Julián Martí
 
Parmi les films il y a évidemment “Buena vista social club” 1998, à voir et revoir.
Dans un tout autre genre, “Fresa y chocolate” 1994. Un film culte et délicat, politique et humain, la relation entre deux hommes sur base du communisme et de l'homosexualité-amitié. Vous pouvez le voir en entier en espagnol avec sous-titres anglais ici.
Comment ne pas citer le film “Guantanamera”? Ici, une vieille histoire d'amour et le transport d'un cercueil du nord au sud de l'île donnent lieu à une critique, souvent hilarante, du système cubain.
Pour découvrir des musiques cubaines contemporaines, un film plus récent, 2005, "Habana blues". Excellent aussi. À voir/écouter ici
Entre las películas hay, claro está, "Buena vista social club” 1998, para ver una y otra vez.
En un estilo totalmente distinto, “Fresa y chocolate” 1994. Una película culta y delicada, política y humana, la relación entre dos hombres con los temas del comunismo y de la homosexualidad-amistad. Se puede ver entero aquí.
¿Cómo no mencionar la peli “Guantanamera”? Aquí, una vieja historia de amor y el trasporte de un ataúd del norte al sur de la isla dan lugar a un crítica a menudo hilarante, del sistema cubano.
Para descubrir músicas cubanas contemporáneas, una película más reciente, 2005, Habana Blues. Aquí.
Excelente.
 
Dans le groupe “Buena vista social club”il y a deux chanteurs qui m'émeuvent particulièrement: Omara Portuondo, la diva du groupe, et Ibrahim Ferrer Planas, un homme timide et talentueux. J'ai choisi, pour la simplicité et l'émotion, ce duo d'une chanson si connue”Quizás, quizás, quizás”. Peut-être, peut-être vous donnera-t-elle, comme à moi, la chair de poule.


En el grupo “Buena vista social club” hay dos cantantes que me conmueven especialmente: Omara Portuondo, la diva del grupo, e Ibrahim Ferrer Planas, un hombre tímido y talentuoso. Elegí, por la simplicidad y la emoción, este dúo del tan conocido “Quizás, quizás, quizás”. Me pone la carne de gallina.


J'aimerais vous recommander des romans, mais à part 3 auteurs que je connais bien, ma libraire me l'a confirmé, la diffusion n'est pas trop bonne et puis j'ignore ceux qui sont traduits en français. Mais lisez ce monument qu'est “Le siècle des lumières” d'Alejo Carpentier. Roman historique passionnant, la Révolution française, les Caraïbes. Il existe en livre de poche et en voici déjà un court passage.
 
 






















Me gustaría recomendaros unas novelas. La difusión no es muy buena me dice la librera, así que solo os animo a leer “El siglo de las luces” de Alejo Carpentier, una novela histórica apasionante, la Revolución Francesa, el Caribe.


  Terminons avec un poème érotique de Zoé Valdés. Elle, vous la connaissez, non? Elle vit à Paris, ses romans sont traduits.
  Acabemos con un poema erótico de Zoé Valdés. ¿La conocéis, verdad? Vive en Paris.
 
GRANDIT

Grandit le rêve
tu t'es transformé en arbre
des branches coule du miel.
Grandit le silence
le poème est la nuit
qui t'offre un portail.
Grandit la pluie
je me mouille à peine
dans ton corps.
Grandit la lumière
tu es son reflet
sur ma robe.
Grandit la respiration
et nous voltigeons nus
dans l'ombre.
(Trad: Colette)
 

CRECE

Crece el sueño
te has convertido en árbol
de las ramas gotea miel.
Crece el silencio
el poema es la noche
que te brinda un portal.
Crece la lluvia
apenas me mojo
dentro de tu cuerpo.
Crece la luz
tú eres su reflejo
sobre mi vestido.
Crece la respiración
y nos volteamos desnudos
en la sombra.

11/11/2012

À Cuba II / En Cuba II

 

Alma música

Yo soy borracho. Me seduce el vino

luminoso y azul de la Quimera

que pone una explosión de Primavera

sobre mi corazón y mi destino.

Tengo el alma hecha ritmo y armonía;

todo en mi ser es música y es canto,

desde el réquiem tristísimo de llanto

hasta el trino triunfal de la alegría. (…)

 

Âme musique


Je suis un saoulard. Me séduit le vin

lumineux et bleu de la Chimère

 qui dépose une explosion de Printemps

 sur mon coeur et mon destin.

 J'ai l'âme faite de rythme et d'harmonie;

 tout en mon être est musique et chant,

 depuis le réquiem tristissime de pleurs

 au trille triomphal de la joie. (…)

(Trad: Colette)

 

 

 

 

Les poèmes d'aujourdui sont de Nicolas Guillén, un cubain très attachant

(1902-1989) connu surtout pour avoir introduit en poésie la coexistence de

noirs et blancs, africains et espagnols, et des mulâtres. “Quelle joie d'être

ainsi deux histoires dans un conte“. Pour cette raison on parle de poésie

noire à son propos. Il fut un ambassadeur culturel, révolutionnaire et

enthousiaste. Un article fort intéressant sur lui et sa poésie ici.

 

Los poemas de hoy son de Nicolás Guillen, un cubano muy entrañable (1902-1989)

conocido por haber introducido en la poesía la coexistencia de negros y blancos,

africanos y españoles, y de mulatos.”¡Qué alegría ser así dos historias en un

cuento!”. Por esa razón se habla de poesía negra cuando se le nombra. Fue un

embajador cultural, revolucionario y entusiasta.



Un son para niños antillanos /...pour enfants
 
antillais
 
 

 


Por el Mar de las Antillas
anda un barco de papel:
Anda y anda el barco barco,
sin timonel.

De La Habana a Portobelo,       
de Jamaica a Trinidad,
anda y anda el barco barco
sin capitán.

Una negra va en la popa,
va en la proa un español:
Anda y anda el barco barco,
con ellos dos.

Pasan islas, islas, islas,
muchas islas, siempre más;
anda y anda el barco barco,
sin descansar.

Un cañón de chocolate
contra el barco disparó,
y un cañón de azúcar, zúcar,
le contestó.

¡Ay, mi barco marinero,
con su casco de papel!
¡Ay, mi barco negro y blanco
sin timonel!

Allá va la negra negra,
junto junto al español;
anda y anda el barco barco
con ellos dos. 

 
 
 
Dans la mer des Antilles
vogue un bateau en papier:
Vogue et vogue le bateau bateau
sans timonier.
 
De La Havane à Portobello
de la Jamaïque à Trinidad,
vogue et vogue le bateau bateau
sans capitaine.
 
Une noire va en poupe
à la proue un espagnol:
vogue et vogue le bateau bateau
avec eux deux.
 
Passent les îles, îles,
beaucoup d'îles, toujours plus;
vogue et vogue le bateau bateau
sans repos.
 
Un canon en chocolat,
contre le bateau tira,
et un canon en sucre, sucre,
lui répondit.
 
Ah, mon bateau marinier,
avec sa coquille de papier!
Ah, mon bateau noir et blanc
sans timonier.!
 
Par là va la noire noire
avec avec l'espagnol;
vogue et vogue le bateau bateau
avec eux deux.

(Trad: Colette)
 
 

 

Le groupe Orishas est formé de cubains résidant à Paris. Musique hip hop, je ne recule devant rien; cette chanson "Mujer" mélange de force et de douceur et, ce qui ne gâche rien, ils ne sont pas mal du tout, isnt'it?
El grupo Orishas es compuesto de cubanos residentes en París. Música hip hop, no me privo de nada; esta canción "Mujer" una mezcla de fuerza y dulzura, y, ¿no están nada mal, verdad?

 

 

04/11/2012

Quelques semaines à Cuba / Unas semanas en Cuba

L'annonce n'a pas fait la Une des journaux mais n'en est pas moins d'une grande importance pour les Cubains: à partir du 14 janvier 2013 le permis de sortie de l'île, connu aussi comme “la carte blanche”, disparaîtra (avec quelques restrictions pour certains groupes non précisés).
Cuba, une longue histoire de colonisations, d'esclavagisme, de corruption et prostitution, de révolutions et de blocus... Mais aussi de musiques et couleurs, d'exils et de poèmes, d'artistes de tout genre. À découvrir pour beaucoup.
Je vous propose quelques billets variés, et pour commencer mettons-nous dans l'ambiance, música maestro!
 
La noticia no ha hecho la portada de los periódicos pero no por eso no tiene una gran importancia para los cubanos: a partir del 14 de enero 2013 el permiso para salir de la isla,“la carta blanca”, desaparecerá (con algunas restricciones para ciertos grupos sin determinar).
Cuba es una larga historia de colonizaciones, de esclavitud,de corrupción y de prostitución, de revoluciones y de bloqueo... También de música y de colores, de exilios y de poemas, de artistas diversos. Para muchos será un descubrimiento.
Os propongo algunos escritos variados, y para comenzar ambientémonos, ¡música maestro!



Quelques cartes postales des années 1900-1950
Algunas postales antiguas.
 
 
 
 
 
 
 
Terminons aujourd’hui avec un poème de Lourdes Casal.
Terminemos por hoy con un poema de Lourdes Casal.
 
 
Columbia. Sorbona. (primavera 1968)
 
 
Soyons superbes,
insolents
maintenant!

Soyons impatients
intransigeants,
intolérants,
maintenant!

En ces jours
où nous pouvons encore
nous lancer vers le futur
sans pesants lests aux chevilles,
sans ventres trop arrondis,
ou patine dorée sur les cils,
car seul celui qui ne respecte pas la réalité
peut la changer.

La réalité est comme une vieille prostituée,
qu'il faut connaître et payer à son prix
pour l'avoir pour ce qu'elle est,
et l'écarter quand arrive le moment,
ou la reconstruire et en faire une princesse en imagination
et peut-être, miracle!, en faire une vraie princesse.

Voici le moment d'être audacieux.
Après un certain âge,
tout devient pornographique.
(Trad: Colette)
 
Seamos soberbios,
insolentes
¡ahora!
 
 
Seamos impacientes
intransigentes,
intolerantes,
¡ahora!
 
 
En estos días
en que aun podemos
lanzarnos hacia el futuro
sin pesados lastres en los tobillos
sin vientres demasiado abombados,
o la pátina de oro sobre las pestañas,
pues sólo el que no respeta la realidad
puede cambiarla.
 
La realidad es como un vieja prostituta,
a la hay que conocer y pagar su precio
pero tenerla por lo que es,
y desecharla cuando llegue el momento,
o reconstruirla y hacerla princesa con la imaginación
y hasta quizás ¡milagro!, hacerla princesa de veras.
 
Este es el tiempo de ser osados.
Después de cierta edad,
todo se vuelve pornográfico.
 
Postcards:
 

01/10/2012

Aux îles Canaries II / En las islas Canarias II

 

Sept îles d'origine volcanique, les Canaries. Non, leur nom ne vient pas de ces charmants plumés mais, apparemment, de Cane, chien...une race de grands chiens autochtones , voyez plutôt ici.

Ces îles n'ont bien entendu pas toujours appartenu aux Espagnols. (si le coeur vous en dit lisez leur histoire ici)

Avant le XVº, elles étaient habitées par les guanches, d'origine berbère. Car ces îles, spécialement Lanzarote, se trouvent à un jet de pierre du sud du Maroc. 

 

 

mapa tela siglo XVI.png

                                                Carte sur tissu XVIª

 

Siete islas de origen volcánico, las Canarias. No, su nombre no viene de los encantadores plumados, sino, al parecer, de Cane, perro...una raza autóctona de perros grandes. Para verlos, aquí.

Esas islas no pertenecieron desde siempre, claro está, a España: antes del siglo XV, estaban habitadas por los guanches, de origen berebere. Esas islas, especialmente Lanzarote, se encuentran a tiro de piedra del sur de Marruecos. 

 

La plupart des touristes y recherchent les plages, les vagues pour le surf, la douceur du climat, rarement trop chaud ou trop froid, je me souviens de m' y être baignée en mer un 25 décembre...mais, si le paysage est aride et rocailleux au niveau de la mer, ces îles montagneuses, possèdent des trésors de végétation dans les hauteurs. Les très nombreuses réserves naturelles dissiminées sur les îles sont de merveilleux endroits d'excursion. En cliquant ici, vous pourrez les admirer.

 

La mayor parte de los turistas buscan las playas, los olas para el surf, el clima suave, raras veces demasiado cálido o frío, me acuerdo haberme bañado en el mar un 25 de diciembre...pero, si el paisaje es árido y rocoso al nivel del mar, esas islas montañosas poseen tesoros de vegetación en las alturas. Las numerosas reservas naturales diseminadas en las islas son maravillosos lugares para el excursionismo.

 

Parque-Natural-de-Tamadaba-en-Gran-Canaria.jpg

 

Comme promis, une poétesse locale, Victoria Bridoux 1835-1862 et un extrait de “Je veux partir!
Si moderne...

 Como prometido, una poetisa, Victoria Bridoux 1835-1862, y un fragmento de “¡Quiero partir!

Tan moderno...

 

Je veux partir!

 

 
  Je ressens un malaise indéfinissable
l'air que je respire m'asphyxie...
Le cœur a une corde sensible,
et à la sentir vibrer, je deviens folle!!
 
  C'est un désir sans couleur, sans nom:
C'est la vaine inquiétude d'une pensée;
jamais l'homme ne pourra comprendre
toute l'angoisse qu'en moi je ressens!
 
  En contemplant la mer, qui doucement gémitt
je tends mes bras avec profond chagrin,
et de peine s'évanouit l'âme
à chercher dans le monde cette chose perdue!

  Je voudrais voler, voler légère
laissant derrière monts, Iles, vergers,
et découvrir de loin un autre rivage,
tel une douce corbeille d’œillets...

 

(trad: Colette) 

 


manolo-millares-el-puerto-de-la-luz-1952.jpg

Manolo Millares / Puerto de la luz 1952

    (source: http://www.absolutmalaga.com/espacios-intimos-coleccion-ramirez-navarro/) 


 

 
 ¡Quiero partir!
 
 
    Yo siento un malestar indefinible
  el aire que respiro me sofoca..
  Hay una cuerda al corazón sensible
  ¡¡y al sentirla vibrar, me vuelvo loca!!
 
   Es un anhelo sin color, sin nombre:
Es la vana inquietud de un pensamiento;
¡mas comprender jamás pudiera el hombre

toda la angustia que en mi pecho siento!

 

   Al contemplar el mar, que gime en calma,
tiendo mis brazos con dolor profundo,
¡y se desmaya de pesar el alma
por buscar algo que perdió en el mundo!
 
   Yo quisiera volar, volar ligera
dejar montes atrás,Islas,vergeles,
y divisar lejana otra ribera,
cual blando canastillo de claveles...

22/09/2012

Aux îles Canaries / En las islas Canarias

À l'aube d'un jour blanc / En el amanecer de un día blanco

Depuis le temps que Espaces Instants existe jamais nous n'avons débarqué sur les îles Canaries. L'année que j'y ai passée, ma première en Espagne juste après la mort de Franco, m'a laissé des souvenirs glissés dans le fond d'un tiroir, un dossier consciemment « oublié ».
Pas par la faute des îles ni de leurs habitants, mais par celle d'un dur apprentissage de la langue, des coutumes et la découverte de ce qui pour moi s'assimilait au tiers-monde. Je n'y étais pas préparée.
Alors trois billets vont rétablir cette injustice. À chaque fois une poétesse et un artiste.
Desde que existe Espaces Instants nunca hemos desembarcado en las islas Canarias. El año que pasé allí, para mi el primero en España, justo después de la muerte de Franco, me dejó unos recuerdos metidos en el fondo de un cajón, un expediente conscientemente «olvidado».
No por culpa de las islas ni de sus habitantes, sino por la de un duro aprendizaje de la lengua, de las costumbres y del descubrimiento de lo que para mí se asimilaba al tercer mundo. No estaba preparada.
Tres entradas van a reparar esa injusticia. Cada vez una poetisa y un artista.

 

 
 
Toi du haut du balcon... Josefina de la Torre (1907-2002)
 
Toi du haut du balcon de ton silence
moi dans la barque sans cap de mon mal,
tous deux perdus sur le même chemin,
toi qui attends ma voix et moi qui attends.
 
Esclave toi de l'horizon inutile,
enchaînée moi à mon passé.
Pas une silhouette de navire dans ta pupille
ni boussole et timon pour mes bras.

Debout sur la haute balustrade marine
en vain tu attendrais ma venue.
Je devrais arriver sur l'écume
à l'aube d'un jour blanc.
 
Mais le haut balcon de ton silence
oublia le signal pour mon navire.
Et je me perdis dans le brouillard de ta rencontre
-comme un oiseau aveugle- pour toujours.

(Trad: Colette)

Andrés DelgadoAndresDelgadoSintitulo7.jpg

 

Tú en el alto balcón... Josefina de la Torre

Tú en el alto balcón de tu silencio,
yo en la barca sin rumbo de mi daño,
los dos perdidos por igual camino,
tú esperando mi voz y yo esperando.

Esclavo tú del horizonte inútil,
encadenada yo de mi pasado.
Ni silueta de nave en tu pupila,
ni brújula y timón para mis brazos.

En pie en el alto barandal marino
tú aguardarías mi llegada en vano.
yo habría de llegar sobre la espuma
en el amanecer de un día blanco.

Pero el alto balcón de tu silencio
olvidó la señal para mi barco.
Y me perdí en la niebla de tu encuentro
–como un pájaro ciego– por los años.


 

16/09/2012

Transformation

Fable de Samaniego (1745-1801)

Les fourmis
 
Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colette)


En quoi Jupiter nous transformait-il aujourd'hui?

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Las hormigas 

Lo que hoy las hormigas son,
 
Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 
Hacían su provisión.
 
Júpiter, que tal pasión
 
Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 
En hormigas los trasforma:
 
Ellos mudaron de forma;
 
¿Y de costumbres? Jamás.
Fábulas, Samaniego

¿En qué nos trasformaría Jupiter hoy en día?


08/09/2012

Un pied, léger, au Japon / Un pie, ligero, en Japón

 

Mine Kawakami, pianiste, compositrice, est une muscienne tout à fait spéciale. Elle traverse, transporte la musique classique en innovant. Quelques légères touches de jazz, des silences, un joué minimaliste, intime.

Née au Japon en 1969, elle a fait ses études de musique à Munich et Madrid, enseigné un an à Cuba, et vit entre le Japon et Córdoba, Espagne.

 Je l'ai découverte il y a peu dans une émission de radio espagnole,  à écouter ici.
Elle parle parfaitement l'espagnol et s'est prêtée au jeu de réaliser des improvisations au piano; des idées, de sentiments mais aussi...le vin de la Rioja par exemple, magique.

 

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 Mine Kawakami, pianista y compositora es una artista muy especial. Atraviesa, trasporta la música clásica, innovando. Algunos toques de jazz, silencios, una manera de tocar minimalista, íntima.

Nacida en Japón en 1969, estudió música en Munich y Madrid, enseñó un año en Cuba, y vive entre Japón y Córdoba.

La descubrí hace poco en una emisión de la cadena Ser:aquí.

 Habla perfectamente español y se prestó al juego de improvisar al piano ideas, sentimientos, ¡hasta del vino Rioja! Mágico!

Son dernier CD s'appelle O Meu Camiño, un album composé de 10 pièces pour piano seul inspiré du Chemin de Saint-Jacques jusqu'à arriver à Compostelle. Il constitue comme un portrait, une description musicale des beautés rencontrées.

Le piano peut exprimer une infinité de sons possibles, de rythmes et de tons. Je désire que mes compositions et ma façon de jouer transmettent l'émotion que peuvent provoquer les arbres dans la jungle, le son du vent ou la voix de la terre” (Mine Kawakami)

Su último CD se llama O Meu Camiño, un álbum compuesto de 10 piezas para piano solo inspirado en el Camino hasta Santiago de Compostela. Constituye como un retrato, una descripción musical de las bellezas encontradas.

"El piano puede expresar infinidad de posibles sonidos, ritmos y tonos. Deseo que mis composiciones y mi forma de tocar transmitan lo conmovedor que pueden resultar los arboles en la jungla, el sonido del viento o la voz de la tierra" (Mine Kawakami).

Je vous laisse l'écouter. D'abord ce morceau “Santiago de Compostela”.

Primero os dejo escuchar esta pieza.

 

 

Si cela vous a plu, voici un site où vous pourrez en écouter d'autres. J'aime beaucoup “Ave María Stella”.

Si os ha gustado, podéis escuchar más piezas del CD aquí. Me gusta mucho “Ave María Stella”
http://www.myspace.com/minekawakami/music

Et si vous pensez vous rendre au Japon,son prochain récital, et pour célébrer les échanges culturels entre le Japon et l'Espagne, aura lieu dans le temple Kiyomizu Dera de Kyoto le 29 septembre

El próximo 29 de septiembre dará un recital en el precioso templo Kiyomizu Dera (清水寺) de Kyoto para conmemorar el intercambio cultural entre España y Japón.

 

 


 

 

21/07/2012

Lumière des tomates / Luz de tomates

Lui seul pouvait chanter la tomate, lui dédier une ode. Je parle de Pablo Neruda bien sûr. Voici ma traduction, le style est haché, je vous recommande, pour en goûter toute la saveur, de la lire un peu vite, en rythme...

Sólo él podía cantar el tomate, dedicarle un oda. Hablo de Pablo Neruda, claro.
Para disfrutar de todo su sabor os recomiendo leerla un poco rápido, con ritmo.
IMG_3913.JPG
Récolte du jour / Cosecha del día



ODE À LA TOMATE

La rue
s'est emplie de tomates,
midi,
été,
la lumière
se sépare
en deux
moitiés
de tomate,

coule
le jus
dans les rues .
En décembre
la tomate
se déchaîne,
envahit
les cuisines,
s'introduit dans les repas
s'assied
calmement
sur les buffets,
parmi les verres,
les beurriers,
les salières bleues.
Elle a
sa lumière propre,
la majesté bénigne.
Nous devons,
par malheur,
l'assassiner :
le couteau
plonge
dans sa pulpe vivante,
c'est un rouge
viscère,
un soleil
frais,
profond,
inépuisable,
inonde les salades
du Chili,
elle se marie allégrement
avec le clair oignon
et pour fêter ça
on laisse
tomber
l'huile,
fille
essentielle de l'olivier,
sur ses hémisphères entrouverts,
le poivre
ajoute
sa fragrance
le sel son magnétisme :
ce sont les noces
du jour,
le persil
plante
ses banderilles
les patates
bouillent vigoureusement,
l' arôme
du rôti
frappe
à la porte,
c'est l'heure,
vamos!
Et sur
la table, à la ceinture
de l'été,
la tomate,
astre de terre,
étoile
répétée
et féconde,
nous montre
ses circonvolutions,
ses canaux,
l'insigne plénitude
et l'abondance
sans noyau,
sans cuirasse,
sans écailles
ni arêtes,
nous livre
le cadeau
de sa chaleur fougueuse
et la totalité de sa fraîcheur.

Pablo Neruda (Trad: Colette)

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Variété coeur de boeuf / corazón de buey (délicieuse)

Oda al Tomate

La calle
se llenó de tomates,
mediodía,
verano,
la luz
se parte
en dos
mitades
de tomate,
corre
por las calles
el jugo.
En diciembre
se desata
el tomate,
invade
las cocinas,
entra por los almuerzos,
se sienta
reposado
en los aparadores,
entre los vasos,
las matequilleras,
los saleros azules.
Tiene
luz propia,
majestad benigna.
Debemos, por desgracia,
asesinarlo:
se hunde
el cuchillo
en su pulpa viviente,
es una roja
víscera,
un sol
fresco,
profundo,
inagotable,
llena las ensaladas
de Chile,
se casa alegremente
con la clara cebolla,
y para celebrarlo
se deja
caer
aceite,
hijo
esencial del olivo,
sobre sus hemisferios entreabiertos,
agrega
la pimienta
su fragancia,
la sal su magnetismo:
son las bodas
del día
el perejil
levanta
banderines,
las papas
hierven vigorosamente,
el asado
golpea
con su aroma
en la puerta,
es hora!
vamos!
y sobre
la mesa, en la cintura
del verano,
el tomate,
astro de tierra,
estrella
repetida
y fecunda,
nos muestra
sus circunvoluciones,
sus canales,
la insigne plenitud
y la abundancia
sin hueso,
sin coraza,
sin escamas ni espinas,
nos entrega
el regalo
de su color fogoso
y la totalidad de su frescura.
Pablo Neruda

Ce sont mes photos. / Son mis fotos.

15/07/2012

Robert Graves devant son miroir / delante de su espejo

Ma lecture du moment est “Une femme inconnue”, écrit par la fille de Robert Graves, Lucia Graves. Mon amie Tania en avait fait une chronique (ici), me l'avait gentiment passé et je suis emballée . A travers son récit autobiographique, la vie de l'écrivain et de sa famille à Deià, Mallorca, tout m'est familier.

J'ai senti donc l'urgence d'interrompre ma lecture pour aller visiter leur maison, ouverte au public et qu'elle décrit si bien; urgence aussi de me balader dans ce village entouré de montagnes que je connais depuis longtemps.

 

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Mi lectura del momento es “Mujer desconocida”, escrito por la hija de Robert Graves, Lucia Graves

Apenas empecé que sentí la urgencia de interrumpir mi lectura e ir a visitar su casa en Deià, Mallorca, abierta al público, y que Lucia describe tan bien, urgencia también de pasear por ese pueblo rodeado de montañas que hace tiempo que conozco.

 

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Robert Graves y a vécu de 1929 à 1936, l'a quitté durant et à cause de la guerre civile, mais y revint en 1946 et y resta jusqu'à sa mort en 1985. Sa tombe se trouve dans le petit cimetière, au sommet du village, et en visitant la maison on se rend compte qu'il était très proche des habitants (hijo-fils adoptivo)

Robert Graves vivió allí de 1929 a 1936, se fue durante y por culpa de la guerra civil, pero volvió en 1946 y se quedó hasta su muerte en 1985. Su tumba se encuentra en el pequeño cementerio, en lo alto del pueblo, y al visitar su casa uno se da cuenta que vivía muy cerca de los habitantes (hijo adoptivo).

 

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C'est ici qu'il écrivit la majeure partie de son oeuvre dont “Moi, Claudio” ou la magnifique “Déesse Blanche” (mythes celtes) ou Mythes grecs.

Es aquí donde escribió la mayor parte de sus obras, entre otras, “Yo, Claudio” o la magnífica ·Diosa Blanca” (mitos celtas) o Mitos griegos.

 

Dans la maison, un miroir, et l'enregistrement de ce poème “The face in the mirror” que j'ai traduit du mieux possible, mais toute suggestion est bienvenue!

En la casa, un espejo y la grabación de ese poema “The face in the mirror” .

 

Le visage dans le miroir


Des yeux gris, tourmentés, lumineux et absents

Dans de grandes orbites inégales; un sourcil légèrement

Penché sur un oeil

A cause d'un débris de missile logé dedans,

Profond dans la peau, comme un souvenir fou d'une vieille guerre mondiale.


Nez cassé et tordu; un placage au rugby en fut le coupable.

Joues sillonnées; cheveu grossier et gris qui flotte avec délire;

Front haut et ridé;

Menton proéminent; grandes oreilles; machoire “pugilistique”;

Dents rares; lèvres grosses et rouges; bouche ascétique.


J'arrête de me raser, je retire la lame, renfrogné, me moquant

De l'homme dans le miroir dont la barbe exige mon attention,

Et je lui demande une fois de plus pourquoi

Avec une présomption juvénile, il se dispose encore

A faire la cour à la reine dans son haut pavillon de soie.

 

 

 

EL ROSTRO EN EL ESPEJO

Ojos grises atormentados, luminosos y ausentes
en grandes órbitas desiguales; una ceja ligeramente
caída sobre un ojo
a causa de una esquirla de misil alojada dentro,
muy dentro de la piel, como un loco recuerdo de una vieja guerra mundial.

Rota y torcida la nariz: un placaje en el rugby fue el culpable.
Mejillas surcadas; pelo tosco y gris que flota con delirio;
alta frente arrugada;
prominente mentón; grandes orejas; quijada pugilística;
dientes escasos; labios gruesos y rojos; ascética boca.

Dejo de afeitarme, retiro la navaja, burlándome ceñudo
del hombre en el espejo cuya barba exige mi atención,
y una vez más le pregunto por qué
todavía, con presunción juvenil, se dispone
a cortejar a la reina en su alto pabellón de seda.

(Traducción encontrada aquí: http://www.poesiagrupocero.com/seleccion/editados/2002/julio2002.htm

01/07/2012

L'âme mystérieuse de l'Espagne populaire / El alma misteriosa de la España popular

L'endroit est superbe et si frais en été; ce fut le premier hôtel de Palma transformé maintenant en salles d'exposition par La Caixa. En ce moment il y en a deux : la plus importante, et à ne pas rater, offre de très nombreux dessins, souvent fort féroces, sarcarstiques, de George Grosz.
El sitio es magnífico y tan fresco en verano ; fue el primer hotel de Palma ahora trasformado en salas de exposición por La Caixa. En este momento hay dos: la más importante, no se la pierdan, ofrece numerosos dibujos, a menudo feroces, satíricos, de George Grosz.



Mais c'est au deuxième étage que je vous mène aujourd'hui, une vraie découverte pour moi, la photographe Cristina García Rodero. La première femme espagnole devenue membre de l'agence Magnum.
Pero hoy os llevo al segundo piso. Fue para mí un verdadero descubrimiento, las fotos de Cristina García Rodero. La primera mujer española miembro de la agencia Magnum.
Il est rare de voir des sourires lors des visites d'expos, non ? Des trois personnes dans la salle, deux d'entre elles, plus très jeunes, riaient doucement devant certaines photos dont celles-ci.
Pocas veces se ven sonrisas en las visitas de exposiciones, ¿no ? Des las tres personas presentes en la sala, dos de ellas, ya no muy jóvenes, reían por bajo delante de algunas fotos, de las cuales estas.
cristina-garcía-rodero-5.jpgEl ofertorio / Amil 1979

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Las potencias del alma / 1976 Puente Genil (Córdoba)

Le sujet est « Espagne occulte » , une longue série de photos en noir et blanc, des fêtes religieuses, des gens, plutôt des gens pendant les fêtes, dans les années '70-'80.
« J'ai essayé de photographier l'âme mystérieuse, vraie et magique de l'Espagne populaire avec sa passion, son amour, humour, tendresse, rage, douleur, avec sa vérité ; et les moments les plus intenses et pleins de la vie des personnages, aussi simple qu'irrésistibles, avec toute leur force intérieure, en un défi personnel qui me donna force et compréhension et dans lequel j'ai investi tout mon coeur. » C. García Rodero.

El tema es « España oculta », una larga serie de fotos en blanco y negro, de fiestas religiosas, de gente, mejor dicho de gente durante las fiestas, en los años '70-'80.
Cristina García Rodero
"Intenté fotografiar el alma misteriosa, verdadera y mágica de la España popular con su pasión, su amor, humor, ternura, rabia, dolor, con su verdad; y los momentos más intensos y plenos en la vida de los personajes, tan simples como irresistibles, con toda su fuerza interior, en un desafío personal que me dio fuerza y comprensión y en el cual invertí todo mi corazón."

C'est l'Espagne d'hier, d'aujourd'hui aussi ; sinon allez vous promener dans les villages en fête.
Es la España de ayer, también la de hoy ; sino vayan a pasearse por los pueblos en fiestas.

Sa photo préférée ? Il paraît que c'est la petite fille qui saute en chantant devant un cimetière et qui représente un fort contraste vie-mort, la magie et le mélange réel-irréel.
¿Su foto preferida ? Parece ser la niña que salta y canta delante de un cementerio y que representa un fuerte contraste vida-muerte, la magia y la mezcla real-irreal.
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Les miennes? Celles-ci peut-être.
¿Las mías ? Estas tal vez.
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Los angelitos / Morella 1987
Il y en a tant, toutes émouvantes, que voici un document en PDF où vous pourrez en regarder des dizaines...bien que la qualité ne soit pas très bonne.


Photos: Cristina García Robero trouvées sur la toile / Fotos de Internet

16/06/2012

Lettre où Lorca parle de Dalí / Carta donde Lorca habla de Dalí

Beaucoup d'encre a coulé sur la relation amicalo-amoureuse qui exista entre F.G. Lorca et S.Dalí.
Aujourd'hui je vous propose une lettre écrite par Lorca en 1927 au journaliste et critique d'Art Sebastian Gasch. Elle apporte un éclairage intéressant sur le personnage de Dalí vu par Lorca.
Mucho se ha escrito sobre la relación amistosa-amorosa entre F.G. Lorca y S. Dalí.
Hoy os propongo una carta escrita por Lorca en 1927 al periodista y crítico de Arte Sebastian Gasch.
Aporta una luz interesante sobre Dalí visto por Lorca.

« Je sens chaque jour un peu plus le talent de Dalí. Il me semble unique et possède une sérénité et une clarté de jugement dans ses idées qui me semblent réellement émouvantes. Il se trompe et ça n'a pas d'importance. Il est vivant. Son intelligence très fine va de pair avec un infantilisme déconcertant, formant un mélange si insolite qu'il est absolument original et captivant. Ce qui m'émeut le plus en lui en ce moment est son délire de construction (c'est à dire de création), où il prétend créer à partir du rien, et il fait des efforts et il se lance dans des rafales avec tant de foi et d'intensité que cela semble incroyable. Rien de plus dramatique que cette objectivité et cette recherche de la joie pour la joie elle-même. (…)
Dalí est l' homme qui lutte armé d'une hache dorée contre les fantasmes. (...) »

« Yo siento cada día más el talento de Dalí. Me parece único y posee una serenidad y una claridad de juicio para lo que piensa que es verdaderamente emocionante. Se equivoca y no importa. Está vivo. Su inteligencia agudísima se une a su infantilidad desconcertante. En una mezcla tan insólita que es absolutamente original y cautivadora. Lo que más me conmueve en él ahora es su delirio de construcción (es decir, de creación), en donde pretende crear de la nada y hace unos esfuerzos y se lanza a unas ráfagas con tanta fe y tanta intensidad que parece increíble. Nada más dramático que esta objetividad y esta busca de alegría por la alegría misma. (…)
Dalí es el hombre que lucha con hacha contra los fantasmas. (..)"
(Trad. Colo)

Parmi leurs multiples oeuvres, la présence de l'autre est fréquente.
Ainsi sur ce tableau de Dalí, leurs deux têtes emmêlées.
Entre sus múltiples obras, la presencia del otro es frecuente.
Así en este cuadro sus cabezas enredadas.

LORCA + Dali cabezas19.1.jpg

Puis cette ode de Lorca, traduite par Paul Éluard et adressée à Dalí.
Después esa oda dedicada por Lorca a Dalí.

Ode a Salvador Dalí. (extrait)

Ô Salvador Dalí à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
Mais je chante la parfaite direction de tes flèches.

Je chante ton bel effort de lumières catalanes
Et ton amour pour tout ce qui explicable.
Je chante ton cœur astronomique et tendre,
Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans blessure.

Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
La peur de l’émotion qui t’attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui te chante,
Montée sur une bicyclette de coraux et de coquillages.

Mais avant tout je chante une pensée commune
Qui nous unit aux heures obscures et dorées.
L’art, sa lumière ne gâche pas nos yeux.
C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous aveuglent.
Traduction Paul Éluard 1938
(Pour lire le poème en entier:
20101122085834-lorca-dali-257423s.jpg


Oda a Salvador Dali (extracto)

¡Oh Salvador Dalí de voz aceitunada!
Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros.
No alabo tu imperfecto pincel adolescente,
pero canto la firme dirección de tus flechas.

Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas,
tu amor a lo que tiene explicación posible.
Canto tu corazón astronómico y tierno,
de baraja francesa y sin ninguna herida.

Canto el ansia de estatua que persigues sin tregua
el miedo a la emoción que te aguarda en la calle.
Canto la sirenita de la mar que te canta
montada en bicicleta de corales y conchas.

Pero ante todo canto un común pensamiento
que nos une en las horas oscuras y doradas.
No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.
Es primero el amor, la amistad o la esgrima.

09/06/2012

Lumières d'aubes / Luces de albas

L'aube, ce n'est pas la première fois qu'on parle ici de ce long moment “d'entre”, de calme ou d'agitation, d'angoisses ou de rêves.
Alors je vous ai préparé une rencontre poético-musicale plus qu'improbable entre un Argentin d'origine Arabe, d'où son surnom Le Turc, le très célèbre Jorge Cafrune, et du personnage haut en couleurs que fut le poète surréaliste Robert Desnos
Deux résistants, le premier contre la Junte militaire, l'autre contre les allemands en '40, deux hommes unis ici aussi par l'amour.

El alba, no es la primera vez que se habla aquí de ese largo momento de “entre”, de calma o agitación, de angustias o de sueños.
Os he preparado un encuentro poético-musical más que improbable, entre un Argentino de origen árabe, por eso le apodaban El Turco, hablo de Jorge Cafrune, y del poeta surrealista de gran renombre Robert Desnos.
Dos resistentes, el primero contra la Junta Militar, el otro contra los alemanes en 1940, dos hombres unidos aquí también por el amor.
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À l’aube d’un jour de coup de dés Robert Desnos
1932

À l’aube d’un jour de coup de dés
il s’arrête au bord des fontaines de sa vie
il y cherche un mirage à lui promis
baigne son front désaltère sa bouche
Et prononce ce mot : chérie
qui retentit à travers les rêves de la ville endormie
va la bercer dans sa couche.

Il n’y aura pas un jour de moins

dans son amour et dans le tien.
Et il s’endort aux échos multipliés
de ce seul mot : chérie.
12 novembre 1932
3 heures du matin


Al alba de un día de golpe de dados
se para al borde de las fuentes de su vida
y busca un espejismo a él prometido
baña su frente desaltera su boca
Y pronuncia esa palabra: cariño
que ya suena a través de los sueños de la ciudad dormida
va a mecerle en su lecho.

No habrá un día menos
en su amor ni en el tuyo.
Y se duerme con los ecos multiplicados
de esa única palabra: cariño.
(Trad: Colette)

Cuando llegue el alba / Quand arrivera l'aube
Poema y canto
Letra y Musica: Jorge Cafrune

Vieja soledad hoy me iré de ti
buscando la luz, de un amanecer,
cuando llegue el alba
viviré, viviré

Vieille solitude aujourd'hui je te quitterai
cherchant la lumière, d'une aube,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

Noche adentro irá, vencida de amor,
la tristeza gris, de mi corazón,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
À la nuit noire s'en ira, vaincue d'amour,
la tristesse grise, de mon cœur,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

A un costado del olvido, mis sueños madurarán,
reventando en luz, florecidos,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
À un versant de l'oubli, mes rêves mûriront,
éclatant de lumière, fleuris,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

Encontrarte fue, intuición de Dios,
todo nace en ti, como nací yo,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
Te rencontrer fut, intention de Dieu,
tout naît en toi, comme je suis né,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

Tus palabras son, fresco manantial,
sintiendo tu voz, aprendí a cantar,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
Tes mots sont, source fraîche,
en écoutant ta voix, j'appris à chanter
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

A un costado del olvido mis sueños madurarán,
reventando en luz, florecidos,
cuando llegue el alba

viviré, viviré
(Trad Colette)

02/06/2012

Un calme archaïque / Una calma arcaica

Le surnom de Majorque est, je l'ai écrit dans le billet précédent, l'île au calme. C'est du moins le titre français du livre que Santiago Rusiñol, catalan, écrivit en 1922: “L'illa de la calma”.

Cet écrivain, peintre et idéologue du mouvement moderniste catalan réalisa plusieurs séjours à Majorque et décrivit l'île de façon si idyllique qu'il créa un mythe de paradis terrestre; ce qui provoqua l'arrivée de tas d'artistes catalans, européens et latino-américains dans les années 1900...* et fut la base sans aucun doute d'un futur développement touristique.
« Cette sensation paradisiaque est due à la beauté de l'île, à sa lumière, (ceci n'a pas changé, je ne cesse de le répéter, l'île est superbe), mais aussi au côté rural, archaïque de l'île (…) «

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El apodo de Mallorca, tal y como lo escribí la semana pasada, es La Isla de la Calma, o, mejor dicho “L'illa de la calma”,  libro escrito por el catalán Santiago Rusiñol en 1922.
Escritor, pintor e ideólogo del movimiento modernista catalán, Rusiñol realizó varias estancias en Mallorca y describió la isla de manera tan idílica que creó un mito de paraíso terrestre, lo que provocó la venida de gran número de artistas:
El mito de Mallorca como paraíso terrenal es bastante generalizado entre los artistas catalanes, europeos y latinoamericanos que llegaron a la isla y se establecieron en ella hacia el 1900. Esta sensación es debida, además de a la belleza de la isla y su luz, al toque arcaico y rural de la vida mallorquina, asimilado como un arcadismo feliz.”
La luz y la belleza, a pesar de algunos y terribles destrozos, perdura, no me canso de repetirlo...

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Santiago Rusiñol Jardins en terrasse

Voici un passage du livre :
Majorque, l’Ile au calme, – Santiago Rusiñol

"Si tu souffres de neurasthénie ou si tu crois en souffrir, ce qui revient au même ; si tu es étourdi par les bruits que nous vaut la civilisation, par cette angoisse qui nous fait toujours être pressés d’arriver au plus tôt où nous n’avons rien à faire ; si les affaires ont rempli de chiffres, chez toi, la place que doit occuper ce que nous nommons l’esprit ; si les cinémas ont abîmé le mécanisme de ta vue ; si ton remuement est devenu chronique et que tu n’en puisses plus d’inquiétude et que tu veuilles jouir d’un peu du repos que mérite, dans cette vie, celui qui n’a fait de mal à personne, suis-moi dans l’île dont je vais te parler, dans une île où règne toujours le calme, où les hommes ne sont jamais pressés, où les femmes ne vieillissent jamais, où l’on ne gaspille même pas les mots, où le soleil s’attarde, où dame lune elle-même marche plus lentement qu’ailleurs, atteinte par le calme.

Cette île, lecteur, c’est Majorque (...) "


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S.Rusiñol, Mallorca

Aquí un pasaje. Cómo no lo encontré online en español, lo traduje con mi fiel ayudante MAH. Gracias.

Si padeces de neurastenia o crees padecerla, lo que es lo mimo; si estás aturdido por los ruidos de la civilización, por esa angustia que nos hace siempre tener prisa en llegar allí donde no tenemos nada que hacer; si los negocios han llenado en ti el lugar que debe ocupar lo que nombramos el espíritu; si los cines han estropeado el mecanismo de tu vista; si tu agitación se ha vuelto crónica y no puedes más de inquietud y quieres disfrutar de un poco del descanso que merece, en esta vida, el que no ha perjudicado a nadie, sígueme a la isla de la cual voy a hablarte, a una isla donde siempre reina la calma, donde los hombres jamás tienen prisa, donde las mujeres nunca envejecen, donde no gastan ni siquiera las palabras, donde el sol se demora, donde incluso dama luna anda más lenta que en otras partes, alcanzada por la calma.

Esa isla, lector, es Mallorca.”

* Avant lui il y avait eu, bien sûr, "Un hiver à Majorque" de Georges Sand qui, si elle avait détesté son séjour et ses habitants, a réalisé de superbes descriptions de l'île.
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Gaston Vuillier Gravure Na Foradada

Et aussi Gaston Vuillier: “Les îles oubliées, Les Baléares, la Corse et la Sardaigne” 1893
Il a l'air superbe l'exemplaire que j'ai trouvé: seul ennui, il coûte 223€ , pèse 5kg400 et ce n'est pas mon anniversaire!
http://www.livre-occasion-ancien.com/les-iles-oubliees-p-243.html

28/05/2012

Sans vent / Sin viento


Ce matin à l'aube, et cela va durer quelques mois, régnait un calme plat, le vent sommeillait encore...

Le mot « Calme » date du XVº et signifiait cessation de vent ; il ne prendra le sens d'absence d'agitation ou tranquillité que vers 1670.

Du grec ancien χαῦμα, khaûma « forte chaleur » par l’intermédiaire de calma dans une langue ibérique (castillan, catalan, aragonais) où, dans le langage des marins, on associa cette chaleur suffocante à l'absence de vent. .

C'est l'absence de vent, celle qui contrarie les navigateurs à voile mais apaise les esprits qui va faire l'objet de deux billets. Commençons en poésie, nous poursuivrons par le surnom de Mallorca, «  la isla de la calma ».

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Esta mañana, al alba, y durará unos meses, reinaba una calma chica, aún reposaba el viento...
La palabra Calma:

Lo interesante comienza con las sorpresas que encierra la palabra calma.
De la voz griega karma surgió la palabra latina cauma, ambas con el significado de ‘calor sofocante’.
En el naciente castellano se dijo calma, y en el argot de los marineros, la palabra se asoció con la ausencia de viento, que hacía sentir un calor abrasador.
Entonces, se empezó a hablar de «la mar en calma», cuando la naturaleza no cedía el viento indispensable para navegar.”
(fuente:
http://www.illac.com.mx/profiles/blogs/2062895:BlogPost:375.)

Es la ausencia de viento, la que contraria a los navegadores a vela pero tranquiliza la mente que será el objeto de dos entradas. Empecemos con un poema, proseguiremos por el apodo de Mallorca, isla de la calma.

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Calme

José María Hinojosa


À Luís Buñuel

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Les bateaux s'en vont flottant

ou prennent leur envol?

L'horizon s'est perdu

dans le jeu mimétique

du ciel et des eaux.

Le mouvement s'est fondu,

en une seule couleur

bleu, le bleu calme.

Le couleurs se fondent;

le mouvement s'éteint.

Ne reste qu'une seule couleur;

aucun vent.

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Trad: Colette


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Calma


José María Hinojosa

A Luis Buñuel


¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

¿Los barcos van flotando

o remontan el vuelo?

Se perdió el horizonte,

en el juego mimético

del cielo y de las aguas.

Se fundió el movimiento,

en un solo color

azul, el azul quieto.

Se funden los colores;

se apaga el movimiento.

Un solo color queda;

no existe barlovento.

¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

24/03/2012

Un si profond mal être / un malestar tan profundo

Je me souviens des noirs matins du soleilAlejandra Pizarnik.jpg

Quand j'étais fillette

Recuerdo las negras mañanas de sol

Cuando era niña

 

La poésie d'Alejandra Pizarnik est faite de silences, de miroirs, d'ombres inquiétantes, de jardins, de murs fissurés, de blessures mortelles...

Comme le dit Angèle Paoli (Terres de femmes – poèmes en espagnol) dans un superbe texte, tout en délicatesse et nuances, on s'attache à ses mots et essaye de trouver où se raccrocher, une lueur.

Curieux qu'elle soit si peu connue par ici, elle qui est presque vénérée en Argentine. Alejandra a pourtant passé plusieurs années de sa vie à Paris et a traduit Bonnefoy, Artaud, Michaux et Aimé Césaire.

Peut-être effraye-t-elle trop?

Vous trouverez sa biographie, des poèmes en français et une excellente analyse de ses mots sur le blog Esprits Nomades.

 

Alors j'ai cherché une lueur, j'en ai trouvé une dans l'érotisme.

 

AMANTES

Una flor

no lejos de la noche

mi cuerpo mudo

se abre

a la delicada urgencia del rocío

De "Los trabajos y las noches" 1965

Amants

Une fleur

pas loin de la nuit

mon corps muet

s'ouvre

à la délicate urgence de la rosée.

(Traduction: Colette)

 

Plus sombres ces mots extraits d'un de ses recueils, “L'arbre de Diane”.

Más oscuras, estas palabras de uno de sus libros “El árbol de Diana”.

 

7

Salta con la camisa en llamas

de estrella a estrella,

de sombra en sombra.

Muere de muerte lejana

la que ama al viento.

Saute la chemise en feu

d'étoile en étoile,

d'ombre en ombre.

Meure de mort lointaine

celle qui aime le vent.

11
ahora

en esta hora inocente

yo y la que fui nos sentamos

en el umbral de mi mirada

maintenant

en cette heure innocente

moi et celle que je fus nous asseyons

sur le seuil de mon regard.



37
más allá de cualquier zona prohibida

hay un espejo para nuestra triste transparencia

au-delà de toute zone interdite

il y a un miroir pour notre triste transparence.

 

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Et quelques vers d'un poème.

 

Exilio

Exil

A Raúl Gustavo Aguirre


(...)
¿Y quién no tiene un amor?

¿Y quién no goza entre amapolas?

¿Y quién no posee un fuego, una muerte,

un miedo, algo horrible,

aunque fuere con plumas,

aunque fuere con sonrisas?

Siniestro delirio amar a una sombra.

La sombra no muere.

Y mi amor

sólo abraza a lo que fluye

como lava del infierno:

(...)

Et qui n'a un amour?

Et qui ne jouit parmi les coquelicots?

Et qui ne possède un feu, une mort,

une peur, quelque chose d'horrible,

même s'il y a des plumes,

même s'il y a des sourires?

 

Sinistre délire que d' aimer une ombre.

L'ombre ne meurt.

Et mon amour

n'embrasse que ce qui coule

comme lave de l'enfer:

(…)

(Trad: Colette)


Pour terminer, cet extrait d'une interview d'Alejandra qui donne un éclairage supplémentaire à cette personnalité si particulière et émouvante.
Para terminar, ese extracto de una entrevista a Alejandra que da un luz más a esta personalidad tan particular y conmovedora.

A.P. - Entre otras cosas, escribo para que no suceda lo que temo; para que lo que me hiere no sea; para alejar al Malo (cf. Kafka). Se ha dicho que el poeta es el gran terapeuta. En este sentido, el quehacer poético implicaría exorcizar, conjurar y, además, reparar. Escribir un poema es reparar la herida fundamental, la desgarradura. Porque todos estamos heridos.

AP- Entre autres choses j'écris pour que n'arrive pas ce que je crains; pour que ce qui me blesse ne soit pas; pour éloigner le Malin (cfr Kafka). On a dit que le poète est le grand thérapeute. En ce sens, l'affaire poétique impliquerait exorciser, conjurer et, de plus, réparer. Écrire un poème est réparer la blessure fondamentale, la déchirure. Car nous tous sommes blessés.


M.I.M. - (…) creo, casi con certeza, que el viento es uno de los principales autores de la herida, ya que a veces se aparece en tus escritos como el gran lastimador.*

M.I.M.- (…) je crois, je suis presque certaine, que le vent est l'un des principaux auteurs de la blessure, car il apparait parfois dans tes écrits comme le grand “blesseur”.


A.P. - Tengo amor por el viento aun si, precisamente, mi imaginación suele darle formas y colores feroces. Embestida por el viento, voy por el bosque, me alejo en busca del jardín.

A.P: – J'ai de l'amour pour le vent même si, précisément, mon imagination lui donne souvent des formes et couleurs féroces. Agressée par le vent, je vais dans les bois, je m'éloigne à la recherche du jardin.

 

M.I.M.- ¿En la noche?
A.P. - Poco sé de la noche pero a ella me uno. Lo dije en un poema: Toda la noche hago la noche. Toda la noche escribo. Palabra por palabra yo escribo la noche.*

M.I.M. - La nuit?

A.P. Je sais peu de la nuit mais je m'unis à elle. Je l'ai dit dans un poème: Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit.

 

M.I.M.- En un poema de adolescencia también te unís al silencio.
A.P. - El silencio: única tentación y la más alta promesa. Pero siento que el inagotable murmullo nunca cesa de manar (...). Por eso me atrevo a decir que no sé si el silencio existe.

M.I.M.- Dans un poème d'adolescence tu t'unis aussi au silence.

A.P.- Le silence: unique tentation et la plus haute promesse. Mais je sens que l'inépuisable murmure jamais ne cesse de surgir. (…) . C'est pour cela que j'ose dire que je ne sais si le silence existe.

 

Entrevista a Alejandra Pizarnik (extracto)

Por Marta Isabel Moia [*]

Entrevista de Martha Isabel Moia, publicada en El deseo de la palabra, Ocnos, Barcelona, 1972.