15/07/2012

Robert Graves devant son miroir / delante de su espejo

Ma lecture du moment est “Une femme inconnue”, écrit par la fille de Robert Graves, Lucia Graves. Mon amie Tania en avait fait une chronique (ici), me l'avait gentiment passé et je suis emballée . A travers son récit autobiographique, la vie de l'écrivain et de sa famille à Deià, Mallorca, tout m'est familier.

J'ai senti donc l'urgence d'interrompre ma lecture pour aller visiter leur maison, ouverte au public et qu'elle décrit si bien; urgence aussi de me balader dans ce village entouré de montagnes que je connais depuis longtemps.

 

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Mi lectura del momento es “Mujer desconocida”, escrito por la hija de Robert Graves, Lucia Graves

Apenas empecé que sentí la urgencia de interrumpir mi lectura e ir a visitar su casa en Deià, Mallorca, abierta al público, y que Lucia describe tan bien, urgencia también de pasear por ese pueblo rodeado de montañas que hace tiempo que conozco.

 

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Robert Graves y a vécu de 1929 à 1936, l'a quitté durant et à cause de la guerre civile, mais y revint en 1946 et y resta jusqu'à sa mort en 1985. Sa tombe se trouve dans le petit cimetière, au sommet du village, et en visitant la maison on se rend compte qu'il était très proche des habitants (hijo-fils adoptivo)

Robert Graves vivió allí de 1929 a 1936, se fue durante y por culpa de la guerra civil, pero volvió en 1946 y se quedó hasta su muerte en 1985. Su tumba se encuentra en el pequeño cementerio, en lo alto del pueblo, y al visitar su casa uno se da cuenta que vivía muy cerca de los habitantes (hijo adoptivo).

 

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C'est ici qu'il écrivit la majeure partie de son oeuvre dont “Moi, Claudio” ou la magnifique “Déesse Blanche” (mythes celtes) ou Mythes grecs.

Es aquí donde escribió la mayor parte de sus obras, entre otras, “Yo, Claudio” o la magnífica ·Diosa Blanca” (mitos celtas) o Mitos griegos.

 

Dans la maison, un miroir, et l'enregistrement de ce poème “The face in the mirror” que j'ai traduit du mieux possible, mais toute suggestion est bienvenue!

En la casa, un espejo y la grabación de ese poema “The face in the mirror” .

 

Le visage dans le miroir


Des yeux gris, tourmentés, lumineux et absents

Dans de grandes orbites inégales; un sourcil légèrement

Penché sur un oeil

A cause d'un débris de missile logé dedans,

Profond dans la peau, comme un souvenir fou d'une vieille guerre mondiale.


Nez cassé et tordu; un placage au rugby en fut le coupable.

Joues sillonnées; cheveu grossier et gris qui flotte avec délire;

Front haut et ridé;

Menton proéminent; grandes oreilles; machoire “pugilistique”;

Dents rares; lèvres grosses et rouges; bouche ascétique.


J'arrête de me raser, je retire la lame, renfrogné, me moquant

De l'homme dans le miroir dont la barbe exige mon attention,

Et je lui demande une fois de plus pourquoi

Avec une présomption juvénile, il se dispose encore

A faire la cour à la reine dans son haut pavillon de soie.

 

 

 

EL ROSTRO EN EL ESPEJO

Ojos grises atormentados, luminosos y ausentes
en grandes órbitas desiguales; una ceja ligeramente
caída sobre un ojo
a causa de una esquirla de misil alojada dentro,
muy dentro de la piel, como un loco recuerdo de una vieja guerra mundial.

Rota y torcida la nariz: un placaje en el rugby fue el culpable.
Mejillas surcadas; pelo tosco y gris que flota con delirio;
alta frente arrugada;
prominente mentón; grandes orejas; quijada pugilística;
dientes escasos; labios gruesos y rojos; ascética boca.

Dejo de afeitarme, retiro la navaja, burlándome ceñudo
del hombre en el espejo cuya barba exige mi atención,
y una vez más le pregunto por qué
todavía, con presunción juvenil, se dispone
a cortejar a la reina en su alto pabellón de seda.

(Traducción encontrada aquí: http://www.poesiagrupocero.com/seleccion/editados/2002/julio2002.htm

01/07/2012

L'âme mystérieuse de l'Espagne populaire / El alma misteriosa de la España popular

L'endroit est superbe et si frais en été; ce fut le premier hôtel de Palma transformé maintenant en salles d'exposition par La Caixa. En ce moment il y en a deux : la plus importante, et à ne pas rater, offre de très nombreux dessins, souvent fort féroces, sarcarstiques, de George Grosz.
El sitio es magnífico y tan fresco en verano ; fue el primer hotel de Palma ahora trasformado en salas de exposición por La Caixa. En este momento hay dos: la más importante, no se la pierdan, ofrece numerosos dibujos, a menudo feroces, satíricos, de George Grosz.



Mais c'est au deuxième étage que je vous mène aujourd'hui, une vraie découverte pour moi, la photographe Cristina García Rodero. La première femme espagnole devenue membre de l'agence Magnum.
Pero hoy os llevo al segundo piso. Fue para mí un verdadero descubrimiento, las fotos de Cristina García Rodero. La primera mujer española miembro de la agencia Magnum.
Il est rare de voir des sourires lors des visites d'expos, non ? Des trois personnes dans la salle, deux d'entre elles, plus très jeunes, riaient doucement devant certaines photos dont celles-ci.
Pocas veces se ven sonrisas en las visitas de exposiciones, ¿no ? Des las tres personas presentes en la sala, dos de ellas, ya no muy jóvenes, reían por bajo delante de algunas fotos, de las cuales estas.
cristina-garcía-rodero-5.jpgEl ofertorio / Amil 1979

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Las potencias del alma / 1976 Puente Genil (Córdoba)

Le sujet est « Espagne occulte » , une longue série de photos en noir et blanc, des fêtes religieuses, des gens, plutôt des gens pendant les fêtes, dans les années '70-'80.
« J'ai essayé de photographier l'âme mystérieuse, vraie et magique de l'Espagne populaire avec sa passion, son amour, humour, tendresse, rage, douleur, avec sa vérité ; et les moments les plus intenses et pleins de la vie des personnages, aussi simple qu'irrésistibles, avec toute leur force intérieure, en un défi personnel qui me donna force et compréhension et dans lequel j'ai investi tout mon coeur. » C. García Rodero.

El tema es « España oculta », una larga serie de fotos en blanco y negro, de fiestas religiosas, de gente, mejor dicho de gente durante las fiestas, en los años '70-'80.
Cristina García Rodero
"Intenté fotografiar el alma misteriosa, verdadera y mágica de la España popular con su pasión, su amor, humor, ternura, rabia, dolor, con su verdad; y los momentos más intensos y plenos en la vida de los personajes, tan simples como irresistibles, con toda su fuerza interior, en un desafío personal que me dio fuerza y comprensión y en el cual invertí todo mi corazón."

C'est l'Espagne d'hier, d'aujourd'hui aussi ; sinon allez vous promener dans les villages en fête.
Es la España de ayer, también la de hoy ; sino vayan a pasearse por los pueblos en fiestas.

Sa photo préférée ? Il paraît que c'est la petite fille qui saute en chantant devant un cimetière et qui représente un fort contraste vie-mort, la magie et le mélange réel-irréel.
¿Su foto preferida ? Parece ser la niña que salta y canta delante de un cementerio y que representa un fuerte contraste vida-muerte, la magia y la mezcla real-irreal.
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Les miennes? Celles-ci peut-être.
¿Las mías ? Estas tal vez.
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Los angelitos / Morella 1987
Il y en a tant, toutes émouvantes, que voici un document en PDF où vous pourrez en regarder des dizaines...bien que la qualité ne soit pas très bonne.


Photos: Cristina García Robero trouvées sur la toile / Fotos de Internet

16/06/2012

Lettre où Lorca parle de Dalí / Carta donde Lorca habla de Dalí

Beaucoup d'encre a coulé sur la relation amicalo-amoureuse qui exista entre F.G. Lorca et S.Dalí.
Aujourd'hui je vous propose une lettre écrite par Lorca en 1927 au journaliste et critique d'Art Sebastian Gasch. Elle apporte un éclairage intéressant sur le personnage de Dalí vu par Lorca.
Mucho se ha escrito sobre la relación amistosa-amorosa entre F.G. Lorca y S. Dalí.
Hoy os propongo una carta escrita por Lorca en 1927 al periodista y crítico de Arte Sebastian Gasch.
Aporta una luz interesante sobre Dalí visto por Lorca.

« Je sens chaque jour un peu plus le talent de Dalí. Il me semble unique et possède une sérénité et une clarté de jugement dans ses idées qui me semblent réellement émouvantes. Il se trompe et ça n'a pas d'importance. Il est vivant. Son intelligence très fine va de pair avec un infantilisme déconcertant, formant un mélange si insolite qu'il est absolument original et captivant. Ce qui m'émeut le plus en lui en ce moment est son délire de construction (c'est à dire de création), où il prétend créer à partir du rien, et il fait des efforts et il se lance dans des rafales avec tant de foi et d'intensité que cela semble incroyable. Rien de plus dramatique que cette objectivité et cette recherche de la joie pour la joie elle-même. (…)
Dalí est l' homme qui lutte armé d'une hache dorée contre les fantasmes. (...) »

« Yo siento cada día más el talento de Dalí. Me parece único y posee una serenidad y una claridad de juicio para lo que piensa que es verdaderamente emocionante. Se equivoca y no importa. Está vivo. Su inteligencia agudísima se une a su infantilidad desconcertante. En una mezcla tan insólita que es absolutamente original y cautivadora. Lo que más me conmueve en él ahora es su delirio de construcción (es decir, de creación), en donde pretende crear de la nada y hace unos esfuerzos y se lanza a unas ráfagas con tanta fe y tanta intensidad que parece increíble. Nada más dramático que esta objetividad y esta busca de alegría por la alegría misma. (…)
Dalí es el hombre que lucha con hacha contra los fantasmas. (..)"
(Trad. Colo)

Parmi leurs multiples oeuvres, la présence de l'autre est fréquente.
Ainsi sur ce tableau de Dalí, leurs deux têtes emmêlées.
Entre sus múltiples obras, la presencia del otro es frecuente.
Así en este cuadro sus cabezas enredadas.

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Puis cette ode de Lorca, traduite par Paul Éluard et adressée à Dalí.
Después esa oda dedicada por Lorca a Dalí.

Ode a Salvador Dalí. (extrait)

Ô Salvador Dalí à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
Mais je chante la parfaite direction de tes flèches.

Je chante ton bel effort de lumières catalanes
Et ton amour pour tout ce qui explicable.
Je chante ton cœur astronomique et tendre,
Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans blessure.

Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
La peur de l’émotion qui t’attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui te chante,
Montée sur une bicyclette de coraux et de coquillages.

Mais avant tout je chante une pensée commune
Qui nous unit aux heures obscures et dorées.
L’art, sa lumière ne gâche pas nos yeux.
C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous aveuglent.
Traduction Paul Éluard 1938
(Pour lire le poème en entier:
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Oda a Salvador Dali (extracto)

¡Oh Salvador Dalí de voz aceitunada!
Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros.
No alabo tu imperfecto pincel adolescente,
pero canto la firme dirección de tus flechas.

Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas,
tu amor a lo que tiene explicación posible.
Canto tu corazón astronómico y tierno,
de baraja francesa y sin ninguna herida.

Canto el ansia de estatua que persigues sin tregua
el miedo a la emoción que te aguarda en la calle.
Canto la sirenita de la mar que te canta
montada en bicicleta de corales y conchas.

Pero ante todo canto un común pensamiento
que nos une en las horas oscuras y doradas.
No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.
Es primero el amor, la amistad o la esgrima.

09/06/2012

Lumières d'aubes / Luces de albas

L'aube, ce n'est pas la première fois qu'on parle ici de ce long moment “d'entre”, de calme ou d'agitation, d'angoisses ou de rêves.
Alors je vous ai préparé une rencontre poético-musicale plus qu'improbable entre un Argentin d'origine Arabe, d'où son surnom Le Turc, le très célèbre Jorge Cafrune, et du personnage haut en couleurs que fut le poète surréaliste Robert Desnos
Deux résistants, le premier contre la Junte militaire, l'autre contre les allemands en '40, deux hommes unis ici aussi par l'amour.

El alba, no es la primera vez que se habla aquí de ese largo momento de “entre”, de calma o agitación, de angustias o de sueños.
Os he preparado un encuentro poético-musical más que improbable, entre un Argentino de origen árabe, por eso le apodaban El Turco, hablo de Jorge Cafrune, y del poeta surrealista de gran renombre Robert Desnos.
Dos resistentes, el primero contra la Junta Militar, el otro contra los alemanes en 1940, dos hombres unidos aquí también por el amor.
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À l’aube d’un jour de coup de dés Robert Desnos
1932

À l’aube d’un jour de coup de dés
il s’arrête au bord des fontaines de sa vie
il y cherche un mirage à lui promis
baigne son front désaltère sa bouche
Et prononce ce mot : chérie
qui retentit à travers les rêves de la ville endormie
va la bercer dans sa couche.

Il n’y aura pas un jour de moins

dans son amour et dans le tien.
Et il s’endort aux échos multipliés
de ce seul mot : chérie.
12 novembre 1932
3 heures du matin


Al alba de un día de golpe de dados
se para al borde de las fuentes de su vida
y busca un espejismo a él prometido
baña su frente desaltera su boca
Y pronuncia esa palabra: cariño
que ya suena a través de los sueños de la ciudad dormida
va a mecerle en su lecho.

No habrá un día menos
en su amor ni en el tuyo.
Y se duerme con los ecos multiplicados
de esa única palabra: cariño.
(Trad: Colette)

Cuando llegue el alba / Quand arrivera l'aube
Poema y canto
Letra y Musica: Jorge Cafrune

Vieja soledad hoy me iré de ti
buscando la luz, de un amanecer,
cuando llegue el alba
viviré, viviré

Vieille solitude aujourd'hui je te quitterai
cherchant la lumière, d'une aube,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

Noche adentro irá, vencida de amor,
la tristeza gris, de mi corazón,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
À la nuit noire s'en ira, vaincue d'amour,
la tristesse grise, de mon cœur,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

A un costado del olvido, mis sueños madurarán,
reventando en luz, florecidos,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
À un versant de l'oubli, mes rêves mûriront,
éclatant de lumière, fleuris,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

Encontrarte fue, intuición de Dios,
todo nace en ti, como nací yo,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
Te rencontrer fut, intention de Dieu,
tout naît en toi, comme je suis né,
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

Tus palabras son, fresco manantial,
sintiendo tu voz, aprendí a cantar,
cuando llegue el alba
viviré, viviré
Tes mots sont, source fraîche,
en écoutant ta voix, j'appris à chanter
quand se lèvera le jour
je vivrai, je vivrai

A un costado del olvido mis sueños madurarán,
reventando en luz, florecidos,
cuando llegue el alba

viviré, viviré
(Trad Colette)

02/06/2012

Un calme archaïque / Una calma arcaica

Le surnom de Majorque est, je l'ai écrit dans le billet précédent, l'île au calme. C'est du moins le titre français du livre que Santiago Rusiñol, catalan, écrivit en 1922: “L'illa de la calma”.

Cet écrivain, peintre et idéologue du mouvement moderniste catalan réalisa plusieurs séjours à Majorque et décrivit l'île de façon si idyllique qu'il créa un mythe de paradis terrestre; ce qui provoqua l'arrivée de tas d'artistes catalans, européens et latino-américains dans les années 1900...* et fut la base sans aucun doute d'un futur développement touristique.
« Cette sensation paradisiaque est due à la beauté de l'île, à sa lumière, (ceci n'a pas changé, je ne cesse de le répéter, l'île est superbe), mais aussi au côté rural, archaïque de l'île (…) «

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El apodo de Mallorca, tal y como lo escribí la semana pasada, es La Isla de la Calma, o, mejor dicho “L'illa de la calma”,  libro escrito por el catalán Santiago Rusiñol en 1922.
Escritor, pintor e ideólogo del movimiento modernista catalán, Rusiñol realizó varias estancias en Mallorca y describió la isla de manera tan idílica que creó un mito de paraíso terrestre, lo que provocó la venida de gran número de artistas:
El mito de Mallorca como paraíso terrenal es bastante generalizado entre los artistas catalanes, europeos y latinoamericanos que llegaron a la isla y se establecieron en ella hacia el 1900. Esta sensación es debida, además de a la belleza de la isla y su luz, al toque arcaico y rural de la vida mallorquina, asimilado como un arcadismo feliz.”
La luz y la belleza, a pesar de algunos y terribles destrozos, perdura, no me canso de repetirlo...

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Santiago Rusiñol Jardins en terrasse

Voici un passage du livre :
Majorque, l’Ile au calme, – Santiago Rusiñol

"Si tu souffres de neurasthénie ou si tu crois en souffrir, ce qui revient au même ; si tu es étourdi par les bruits que nous vaut la civilisation, par cette angoisse qui nous fait toujours être pressés d’arriver au plus tôt où nous n’avons rien à faire ; si les affaires ont rempli de chiffres, chez toi, la place que doit occuper ce que nous nommons l’esprit ; si les cinémas ont abîmé le mécanisme de ta vue ; si ton remuement est devenu chronique et que tu n’en puisses plus d’inquiétude et que tu veuilles jouir d’un peu du repos que mérite, dans cette vie, celui qui n’a fait de mal à personne, suis-moi dans l’île dont je vais te parler, dans une île où règne toujours le calme, où les hommes ne sont jamais pressés, où les femmes ne vieillissent jamais, où l’on ne gaspille même pas les mots, où le soleil s’attarde, où dame lune elle-même marche plus lentement qu’ailleurs, atteinte par le calme.

Cette île, lecteur, c’est Majorque (...) "


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S.Rusiñol, Mallorca

Aquí un pasaje. Cómo no lo encontré online en español, lo traduje con mi fiel ayudante MAH. Gracias.

Si padeces de neurastenia o crees padecerla, lo que es lo mimo; si estás aturdido por los ruidos de la civilización, por esa angustia que nos hace siempre tener prisa en llegar allí donde no tenemos nada que hacer; si los negocios han llenado en ti el lugar que debe ocupar lo que nombramos el espíritu; si los cines han estropeado el mecanismo de tu vista; si tu agitación se ha vuelto crónica y no puedes más de inquietud y quieres disfrutar de un poco del descanso que merece, en esta vida, el que no ha perjudicado a nadie, sígueme a la isla de la cual voy a hablarte, a una isla donde siempre reina la calma, donde los hombres jamás tienen prisa, donde las mujeres nunca envejecen, donde no gastan ni siquiera las palabras, donde el sol se demora, donde incluso dama luna anda más lenta que en otras partes, alcanzada por la calma.

Esa isla, lector, es Mallorca.”

* Avant lui il y avait eu, bien sûr, "Un hiver à Majorque" de Georges Sand qui, si elle avait détesté son séjour et ses habitants, a réalisé de superbes descriptions de l'île.
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Gaston Vuillier Gravure Na Foradada

Et aussi Gaston Vuillier: “Les îles oubliées, Les Baléares, la Corse et la Sardaigne” 1893
Il a l'air superbe l'exemplaire que j'ai trouvé: seul ennui, il coûte 223€ , pèse 5kg400 et ce n'est pas mon anniversaire!
http://www.livre-occasion-ancien.com/les-iles-oubliees-p-243.html

28/05/2012

Sans vent / Sin viento


Ce matin à l'aube, et cela va durer quelques mois, régnait un calme plat, le vent sommeillait encore...

Le mot « Calme » date du XVº et signifiait cessation de vent ; il ne prendra le sens d'absence d'agitation ou tranquillité que vers 1670.

Du grec ancien χαῦμα, khaûma « forte chaleur » par l’intermédiaire de calma dans une langue ibérique (castillan, catalan, aragonais) où, dans le langage des marins, on associa cette chaleur suffocante à l'absence de vent. .

C'est l'absence de vent, celle qui contrarie les navigateurs à voile mais apaise les esprits qui va faire l'objet de deux billets. Commençons en poésie, nous poursuivrons par le surnom de Mallorca, «  la isla de la calma ».

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Esta mañana, al alba, y durará unos meses, reinaba una calma chica, aún reposaba el viento...
La palabra Calma:

Lo interesante comienza con las sorpresas que encierra la palabra calma.
De la voz griega karma surgió la palabra latina cauma, ambas con el significado de ‘calor sofocante’.
En el naciente castellano se dijo calma, y en el argot de los marineros, la palabra se asoció con la ausencia de viento, que hacía sentir un calor abrasador.
Entonces, se empezó a hablar de «la mar en calma», cuando la naturaleza no cedía el viento indispensable para navegar.”
(fuente:
http://www.illac.com.mx/profiles/blogs/2062895:BlogPost:375.)

Es la ausencia de viento, la que contraria a los navegadores a vela pero tranquiliza la mente que será el objeto de dos entradas. Empecemos con un poema, proseguiremos por el apodo de Mallorca, isla de la calma.

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Calme

José María Hinojosa


À Luís Buñuel

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Les bateaux s'en vont flottant

ou prennent leur envol?

L'horizon s'est perdu

dans le jeu mimétique

du ciel et des eaux.

Le mouvement s'est fondu,

en une seule couleur

bleu, le bleu calme.

Le couleurs se fondent;

le mouvement s'éteint.

Ne reste qu'une seule couleur;

aucun vent.

Où finit la mer?

Où commence le ciel?

Trad: Colette


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Calma


José María Hinojosa

A Luis Buñuel


¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

¿Los barcos van flotando

o remontan el vuelo?

Se perdió el horizonte,

en el juego mimético

del cielo y de las aguas.

Se fundió el movimiento,

en un solo color

azul, el azul quieto.

Se funden los colores;

se apaga el movimiento.

Un solo color queda;

no existe barlovento.

¿Dónde se acaba el mar?

¿Dónde comienza el cielo?

24/03/2012

Un si profond mal être / un malestar tan profundo

Je me souviens des noirs matins du soleilAlejandra Pizarnik.jpg

Quand j'étais fillette

Recuerdo las negras mañanas de sol

Cuando era niña

 

La poésie d'Alejandra Pizarnik est faite de silences, de miroirs, d'ombres inquiétantes, de jardins, de murs fissurés, de blessures mortelles...

Comme le dit Angèle Paoli (Terres de femmes – poèmes en espagnol) dans un superbe texte, tout en délicatesse et nuances, on s'attache à ses mots et essaye de trouver où se raccrocher, une lueur.

Curieux qu'elle soit si peu connue par ici, elle qui est presque vénérée en Argentine. Alejandra a pourtant passé plusieurs années de sa vie à Paris et a traduit Bonnefoy, Artaud, Michaux et Aimé Césaire.

Peut-être effraye-t-elle trop?

Vous trouverez sa biographie, des poèmes en français et une excellente analyse de ses mots sur le blog Esprits Nomades.

 

Alors j'ai cherché une lueur, j'en ai trouvé une dans l'érotisme.

 

AMANTES

Una flor

no lejos de la noche

mi cuerpo mudo

se abre

a la delicada urgencia del rocío

De "Los trabajos y las noches" 1965

Amants

Une fleur

pas loin de la nuit

mon corps muet

s'ouvre

à la délicate urgence de la rosée.

(Traduction: Colette)

 

Plus sombres ces mots extraits d'un de ses recueils, “L'arbre de Diane”.

Más oscuras, estas palabras de uno de sus libros “El árbol de Diana”.

 

7

Salta con la camisa en llamas

de estrella a estrella,

de sombra en sombra.

Muere de muerte lejana

la que ama al viento.

Saute la chemise en feu

d'étoile en étoile,

d'ombre en ombre.

Meure de mort lointaine

celle qui aime le vent.

11
ahora

en esta hora inocente

yo y la que fui nos sentamos

en el umbral de mi mirada

maintenant

en cette heure innocente

moi et celle que je fus nous asseyons

sur le seuil de mon regard.



37
más allá de cualquier zona prohibida

hay un espejo para nuestra triste transparencia

au-delà de toute zone interdite

il y a un miroir pour notre triste transparence.

 

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Et quelques vers d'un poème.

 

Exilio

Exil

A Raúl Gustavo Aguirre


(...)
¿Y quién no tiene un amor?

¿Y quién no goza entre amapolas?

¿Y quién no posee un fuego, una muerte,

un miedo, algo horrible,

aunque fuere con plumas,

aunque fuere con sonrisas?

Siniestro delirio amar a una sombra.

La sombra no muere.

Y mi amor

sólo abraza a lo que fluye

como lava del infierno:

(...)

Et qui n'a un amour?

Et qui ne jouit parmi les coquelicots?

Et qui ne possède un feu, une mort,

une peur, quelque chose d'horrible,

même s'il y a des plumes,

même s'il y a des sourires?

 

Sinistre délire que d' aimer une ombre.

L'ombre ne meurt.

Et mon amour

n'embrasse que ce qui coule

comme lave de l'enfer:

(…)

(Trad: Colette)


Pour terminer, cet extrait d'une interview d'Alejandra qui donne un éclairage supplémentaire à cette personnalité si particulière et émouvante.
Para terminar, ese extracto de una entrevista a Alejandra que da un luz más a esta personalidad tan particular y conmovedora.

A.P. - Entre otras cosas, escribo para que no suceda lo que temo; para que lo que me hiere no sea; para alejar al Malo (cf. Kafka). Se ha dicho que el poeta es el gran terapeuta. En este sentido, el quehacer poético implicaría exorcizar, conjurar y, además, reparar. Escribir un poema es reparar la herida fundamental, la desgarradura. Porque todos estamos heridos.

AP- Entre autres choses j'écris pour que n'arrive pas ce que je crains; pour que ce qui me blesse ne soit pas; pour éloigner le Malin (cfr Kafka). On a dit que le poète est le grand thérapeute. En ce sens, l'affaire poétique impliquerait exorciser, conjurer et, de plus, réparer. Écrire un poème est réparer la blessure fondamentale, la déchirure. Car nous tous sommes blessés.


M.I.M. - (…) creo, casi con certeza, que el viento es uno de los principales autores de la herida, ya que a veces se aparece en tus escritos como el gran lastimador.*

M.I.M.- (…) je crois, je suis presque certaine, que le vent est l'un des principaux auteurs de la blessure, car il apparait parfois dans tes écrits comme le grand “blesseur”.


A.P. - Tengo amor por el viento aun si, precisamente, mi imaginación suele darle formas y colores feroces. Embestida por el viento, voy por el bosque, me alejo en busca del jardín.

A.P: – J'ai de l'amour pour le vent même si, précisément, mon imagination lui donne souvent des formes et couleurs féroces. Agressée par le vent, je vais dans les bois, je m'éloigne à la recherche du jardin.

 

M.I.M.- ¿En la noche?
A.P. - Poco sé de la noche pero a ella me uno. Lo dije en un poema: Toda la noche hago la noche. Toda la noche escribo. Palabra por palabra yo escribo la noche.*

M.I.M. - La nuit?

A.P. Je sais peu de la nuit mais je m'unis à elle. Je l'ai dit dans un poème: Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit.

 

M.I.M.- En un poema de adolescencia también te unís al silencio.
A.P. - El silencio: única tentación y la más alta promesa. Pero siento que el inagotable murmullo nunca cesa de manar (...). Por eso me atrevo a decir que no sé si el silencio existe.

M.I.M.- Dans un poème d'adolescence tu t'unis aussi au silence.

A.P.- Le silence: unique tentation et la plus haute promesse. Mais je sens que l'inépuisable murmure jamais ne cesse de surgir. (…) . C'est pour cela que j'ose dire que je ne sais si le silence existe.

 

Entrevista a Alejandra Pizarnik (extracto)

Por Marta Isabel Moia [*]

Entrevista de Martha Isabel Moia, publicada en El deseo de la palabra, Ocnos, Barcelona, 1972.

 

10/03/2012

La voix et les mains / Arianna Savall / La voz y las manos

C'est l'amour des voix, la recherche de voix féminines actuelles, qui m'ont incitée à vous parler aujourd’hui d'Arianna Savall. Je vous recommande de visiter, de l'écouter sur son site.

L'écouArianna Savall.jpegter jouer de la harpe et chanter est un rêve qui emporte âme et esprit dans un monde, souvent baroque, toujours au-delà du présent. On parle d'elle comme d'une fée à la voix d'ange. Je vous laisse juges…

Fille du célèbre Jordi Savall et de la magnifique soprano Montserrat Figueras, son frère, Ferran Savall, est également musicien et chanteur.


Ensemble ils ont enregistré un album intitulé «Du temps et de l'instant» dont vous pouvez écouter un (fort long mais superbe) extrait ici:(à la minute 17.50 une chanson mère-fille-fils-père à ne pas rater!)

Es el amor por la voz, la búsqueda de voces femeninas actuales lo que me ha incitado a hablaros hoy de Arianna Savall. Os recomiendo visitar su website.

Escucharle tocar el harpa y cantar es un sueño que lleva alma y espíritu a un mundo, a menudo barroco, siempre más allá del presente. Se habla de ella como de un hada con voz de ángel. Os dejo juzgar...

Arianna Savall2.jpg

Hija del celebre Jordi Savall y de la magnífica soprano Montserrat Figueras, su hermanoSavall y Montserrat Figueras.jpg, Ferran Savall, es también músico y cantante.

Juntos han grabado un álbum titulado “Du temps et de l'instant”, aquí podéis escuchar un (muy largo pero precioso) extracto; (en el minuto 17.50 una canción madre-hija-hermano y padre, no os lo perdáis)

 

Pour compléter le tableau vous dire que son compagnon est le ténor et musicien Petter Udland Johansen avec lequel elle créa en 2009 la formation Hirundo Maris, spécialisée dans la musique ancienne et la création.

Para completar el cuadro, deciros que su compañero es el tenor y músico Petter Udland Johansen con el cual creó en 2009 la formación Hirundo Maris, especializada en música antigua y la creación.

 

Para terminar (muy a pesar mío) os dejo con Ánima Nostra

Pour terminer (à grand regret) je vous laisse avec Ánima Nostra:

Hirundo Maris, Peiwoh en concert

 

 

03/03/2012

"Oubliés" sur l'île de Cabrera / "Olvidados" en la isla de Cabrera

À 15km du sud de l'île de Majorque, l'archipel de Cabrera dont l'île la plus grande du même nom est un havre de paix et de beauté.

Grâce à l'occupation militaire depuis 1916, il n'y a là âme qui vive, pas de touristes non plus. De plus cette mini île de 15,69km2 a été déclarée en 1991 Parque Nacional Maritimo Terrestre.

Flore et faune endémiques, magnifiques, il faut demander la permission pour s'y rendre, – au maximum une journée – et bien sûr la chasse et la pêche y sont interdites. Un paradis.

 

Cabrera parque natural ultima hora.jpg

 

A unos 15km al sur de la isla de Mallorca, el archipiélago de Cabrera y la isla mayor del mismo nombre es un remanso de paz y belleza.

Gracias a la ocupación militar a partir de 1916, no hay allí alma viva ni turistas.

Además esa mini isla de 15,69km2 fue declarada en 1991 Parque Nacional Marítimo y Terrestre.

Flora y fauna endémicas, magníficas, hay que pedir permiso para pasar un día allí y, claro está, la pesca y la caza están prohibidos. Un paraíso.

 

Et rien, ou presque, ne laisse deviner la «tragédie inhumaine» qui s'y déroula pendant les cinq ans où l'île fut transformée en prison, «le premier camp de concentration de l'Histoire».

Les prisonniers, sans prison ni barreaux, étaient des grognards, soldats français de l'armée de Napoléon. Voici le récit, en grandes lignes de cinq ans en enfer.

grognards cabrera.jpg

 

Y nada, o casi, deja adivinar la “tragedia inhumana” que tuvo lugar allí durante los cinco años donde la isla fue trasformada en cárcel “el primer campo de concentración de la Historia”.

Los presos, sin cárcel ni barrotes, eran grognards, soldados franceses del ejército de Napoleón. Aquí el relato, en grandes lineas, de cinco años en el infierno.

 

 

Après la défaite de l'armée française lors de la bataille de Bailén (guerre d'Indépendance Espagnole 1808), plus ou moins 18.000 soldats français furent faits prisonniers. Les plus haut gradés furent renvoyés (et fort mal reçus par Napoléon!) en France; 4.000 furent embarqués pour les îles Canaries où ils s'intégrèrent peu à peu aux habitants et le reste, 9.000...ah, les malheureux!

En principe ils allaient être envoyés en France, échangés contre des prisonniers espagnols, mais ceci ne se fit pas (en partie à cause des Anglais) et ils restèrent d'abord confinés dans des bateaux au large de Cadix (maladies à bord, ...), puis ils partirent enfin: espoir de revoir leur pays.

Mais hélas leur voyage se terminera aux Baléares. Mallorca ne voulut pas d'eux, prétextant un manque d'infrastructures pour les accueillir; les Anglais qui occupaient Menorca non plus, alors on les abandonna sur l'île de Cabrera, l'île aux chèvres.

 

Carte_Majorque.jpgDespués de la derrota del ejército francés en la batalla de Bailén (guerra de Independencia española 1808), unos 18.000soldados franceses fueron hechos presos.

Los de mayor fueron devueltos (¡y muy mal acogidos por Napoleón!) a Francia; 4.000 fueron embarcados para las islas Canarias donde se integraron poco a poco a la población y el resto, 9.000...¡pobres desgraciados!

Se suponía que se les iba a llevar a Francia e intercambiar por presos españoles, pero eso no se hizo(en parte por culpa de los Ingleses) y se quedaron primero hacinados en unos buques a lo largo de Cádiz (enfermedades a bordo...), y por fin zarparon: esperanza de volver a su país.

Pero por desgracia acabaron en Baleares. Mallorca no les quiso, alegando falta de infraestructuras para acogerlos; los Ingleses que ocupaban Menorca tampoco los quiso, entonces se decidió abandonarlos en la isla de Cabrera, la isla de las cabras.

 

Beaucoup étaient déjà atteints de dysenterie et l'euphorie de se retrouver en terre ferme disparut rapidement en découvrant le manque quasi total de ressources en eau douce et nourriture.

En principe un bateau venant de Majorque devait les ravitailler tous les quatre jours, mais suite à de nombreuses péripéties, ils ont été très souvent «oubliés», une fois même pendant deux mois, sur leur île-prison.

Folie, famine, tous les maux imaginables et inimaginables comme, semble-t-il le cannibalisme et la coprophagie s'emparèrent des prisonniers au cours des cinq ans que dura cet enfer.

Car ce n'est qu'en 1814 après la signature d'un traité de paix que les quelque 3.000 survivants furent rapatriés.

Et certains ont raconté.

 

les prisonniers de Cabrera livre.gif

 

 

Muchos de ellos padecían disentería y la euforia de encontrarse en tierra firme desapareció rápidamente al descubrir la carencia casi total de recursos en agua dulce y comida.

En principio un barco procedente de Mallorca debía abastecerles cada cuatro días, pero debido a diversas peripecias, eran “olvidados”, una vez incluso durante dos meses, en su isla-cárcel.

Locura, hambruna, todos los males imaginables e inimaginables como, parece ser, el canibalismo y la coprofagia, se apoderaron de los presos en el curso de los cinco años que duró aquel infierno.

Sólo fue en 1814 con la firma de un tratado de paz que los 3.000 sobrevivientes fueron repatriados.

Y algunos han contado.

 

Cuando-el-padre-nos-olvida.png

NB: Les chiffres de prisonniers cités varient d'une source à l'autre et je me suis limitée à vous raconter ce mortel cauchemar de façon très succincte, mais vous pourrez lire l'histoire en détails à diverses adresses, par exemple :

http://lesapn.forumactif.fr/t7352-les-grognards-de-cabrera

http://desaix.unblog.fr/2007/11/10/page-sombre-au-coeur-de-lepopee-napoleonienne/

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31853181.html

 

NB: Las cifras de presos varían según las fuentes y me he limitado a contar esa mortal pesadilla de manera muy sucinta, pero podéis leer la historia con todo detalles en varios sitios, por ejemplo:

http://historiasdelahistoria.com/2011/01/21/memorias-de-un-prisionero-frances-en-la-isla-de-cabrera/

http://abelgalois.blogspot.com/2007/03/lost-en-cabrera-el-cementerio-de-los.html

 

29/10/2011

Questions / Preguntas

Mario Benedetti, (Paso de los Toros, 1920 - Montevideo, 2009) Écrivain et poète uruguayen, le plus renommé de la seconde moitié du XXº siècle. Vous avez peut-être lu La Trêve….

(biografía aquí)

"C'est quand on croit posséder toutes les réponses, qu'on s'aperçoit qu'on a changé les questions", plaisantait-il.

« Es cuando uno cree tener todas las respuestas que se da cuenta que han cambiado las preguntas » bromeaba.

Je connaissais bien sa poésie et avais décidé de publier aujourd’hui son « Qu’arriverait-il ? » si fort et intemporel, quand j’ai découvert qu’il avait écrit beaucoup de haïkus, en voici deux avant ce poème.

Ya conocía su poesía y había decidido publicar hoy “¿Qué pasaría?”, tan fuerte e intemporal, cuando descubrí que había escrito muchos haïkus; aquí van dos de ellos antes del poema.


Pasan las nubes                          
 IMG_5320 [].JPG

y el cielo queda limpio               

de toda culpa                               

Passent les nuages

et le ciel devient clair

de toute faute



Jardines Alfabia 032.jpgDrama cromático                        

el verde es un color                     

que no madura 

 

 Drame chromatique

le vert est une couleur

qui ne mûrit pas (Trad- Colette)

 

 

Qu'arriverait-il ?

Qu'arriverait-il si nous nous réveillions un jour
en réalisant que nous sommes la majorité ?
Qu'arriverait-il si tout à coup une injustice,
une seule, était rejetée par tous,
tous autant que nous sommes, pas quelques-uns,
ni certains, mais tous ?
Qu'arriverait-il si au lieu de rester divisés
nous nous multipliions, nous nous additionnions,
et affaiblissions l'ennemi qui interrompt nos pas ?

 

Qu'arriverait-il si nous nous organisions
et si nous affrontions nos oppresseurs sans armes,
silencieux, nombreux,
regardant par millions la face de nos oppresseurs,
sans vivats, sans applaudissements,
sans sourires, sans tapes sur l'épaule,
sans hymnes partisans,
sans cantiques ?

 

Qu'arriverait-il si j’implorais pour toi, qui es si loin,
et toi pour moi, qui suis si loin,
et nous deux pour les autres, qui sont très loin,
et les autres pour nous, qui sommes si loin ?
Qu'arriverait-il si les cris d'un continent
étaient les cris de tous les continents ?
Qu'arriverait-il si nous nous prenions en main
au lieu de nous lamenter ?
Qu'arriverait-il si nous brisions les frontières
et que nous avancions et avancions,
et avancions, et avancions encore ?

 

Qu'arriverait-il si nous brûlions tous les drapeaux
pour n'en avoir qu'un seul, le nôtre,
celui de tous, ou mieux aucun,

car nous n’en avons nul besoin ?
Qu'arriverait-il si nous cessions brusquement d'être des patriotes
pour devenir des humains ?
Je ne sais pas. Je me le demande.
Qu'arriverait-il ?

Mario Benedetti

Traduction proposée par Lieucommun .

Je m’en suis largement inspirée, mais y ai apporté quelques modifications.

¿Qué pasaría?

¿Qué pasaría si un día despertamos
dándonos cuenta de que somos mayoría?
¿Qué pasaría si de pronto una injusticia,
sólo una, es repudiada por todos,
todos que somos todos, no unos,
no algunos, sino todos?
¿Qué pasaría si en vez de seguir divididos
nos multiplicamos, nos sumamos
restamos al enemigo que interrumpe nuestro paso,

Qué pasaría si nos organizáramos
y al mismo tiempo enfrentáramos sin armas,
en silencio, en multitudes,
en millones de miradas la cara de los opresores,
sin vivas, sin aplausos,
sin sonrisas, sin palmadas en ¡os hombros,
sin cánticos partidistas,
sin cánticos?

¿Qué pasaría si yo pidiese por vos que estás tan lejos
y vos por mí que estoy tan lejos,
y ambos por los otros que están muy lejos,
y los otros por nosotros aunque estemos lejos?

15/10/2011

Gouttelettes de brume / Gotitas de bruma


La récolte a été bonne, mon panier est plein.
Il y avait des coings et des kakis, trop lourds ou sucrés, alors j'ai ramené des perles, des larmes de brume. Du nord au sud, la terre en était semée.

La cosecha fue buena, se llenó mi cesta.
Había membrillos y kakis, demasiado pesados o dulces, entonces traje unas perlas, lágrimas de bruma. Del norte al sur, la tierra estaba sembrada.


Venu du nord, voici un haïku composé par le nouveau prix Nobel, Tomas Tranströmer.

Gnolar i dimman..............Fredonne dans la brume.
En fiskebåt långt ute...... Au loin un bateau de pêche -
trofé på vattnet...............trophée sur l´eau

Tomas Tranströmer La grande énigme 45 haïkus. Adaptés du suédois par Jacques Outin. Préface de Petr Krâl (Le castor Astral, 2004)

Canturrea en la bruma
A lo lejos un barco de pesca -
trofeo en el agua (trad Colette)

Passons par la Belgique, murmures de craquellements, mais une brume joliment colorée.


La brume est comme une prune.
La peau résiste.
Si elle se fissure, le paysage s'éparpille en gouttelettes... JEA


La boira és com una pruna.
La pell resisteix.
Si es fissura, el paisatge s'espargeix en gotetes...
(trad. catalan Anaïs, gracias)

 

 

 

De forêts en toiles d'araignées, nous voici au Portugal avec VITOR CINTRA et ses mélancoliques silences. Grâce à Armando la traduction en français est... magique.

Nas brumas dos meus silêncios
Nascem visões encantadas,
Com ninfas, bruxas e fadas,
Sonhos de amor, sempre densos.

Nas brumas dos meus silêncios,
Onde os mistérios são nadas,
Surgem paixões exaltadas,
Feitas desejos, imensos.(...)

do livro " Pedaços do Meu Sentir "

Dans les brumes de mes silences
Naissent des visions enchantées,
Il y a des nymphes, sorcières et fées,
Rêves d'amours, toujours denses.

Dans les brumes de mes silences
Où les mystères ne sont rien,
Surgissent des passions exaltées,
Faites de désirs immenses.



Partir puis revenir chez soi, non sans passer par l'Andalousie et Federico.

Otra canción de OtoñoF, García Lorca.

¡El sueño se deshizo para siempre!
En la tarde lluviosa mi corazón
aprende la tragedia otoñal
que los árboles llueven.
-----------
¡Cómo me dice el agua
que el sueño se deshizo para siempre!
¿El sueño es infinito?
La niebla lo sostiene
y la niebla es tan sólo
cansansio de la nieve. (...)



Une autre chanson d'automne F. García Lorca

Le rêve s'est pour toujours défait!
Dans la soirée pluvieuse
mon cœur apprend
la tragédie de l’automne
qui fait les arbres pleuvoir.

------------------

Comme l'eau me dit
que le rêve s'est pour toujours défait!
Le rêve est-il infini?
La brume le prétend
et la brume n'est que
fatigue de la neige. (...)
(Trad.: Colette)
Foto 1: captainjpslog.blogspot.com
Fotos 2-3: Colette

17/08/2011

Phrases creuses / Frases huecas

 

Le discours sur la paix

Vers la fin d’un discours extrêmement important
le grand homme d’État trébuchant
sur une belle phrase creuse
tombe dedans
et désemparé la bouche grande ouverte
haletant
montre les dents
et la carie dentaire de ses pacifiques raisonnements
met à vif le nerf de la guerre
la délicate question d’argent.

 

(Jacques Prévert, Paroles, 1946)

 

 

el-roto-crisis.jpg

Si la prospérité était fausse, comment savons-nous que la crise est authentique?


El discurso sobre la paz

 

Hacia el final de un discurso de extrema importancia

el gran hombre de Estado tropieza

con una bella frase hueca

cae dentro

y desesperado, la boca abierta,

jadeante

enseña los dientes

y la caries dental de sus pacíficos razonamientos

pone en evidencia el nervio de la guerra

el delicado asunto del dinero.

 

(Jacques Prévert, Paroles, 1946)

Trad: MAH, Colette


14/08/2011

"Traverser...l'illusion tenace d'être quelque chose" / "Traspasar...el trompo ubicuo de ser algo"

«  C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe. »

 

Philippe Delerm

Extrait de La Première Gorgée de bière

 

“Sorprende todo lo que la voz sola puede decir de una persona que queremos – su tristeza, su cansancio, su fragilidad, su intensidad de vivir, su alegría. Sin los gestos, el pudor desaparece, la transparencia se instala.”

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Inaugurer la transparence

 

 

Inaugurer la transparence,

voir à travers un corps, une idée,

un amour, la folie,

distinguer sans obstacle l'autre côté,

traverser de part en part

l'illusion tenace d'être quelque chose.

non seulement pénétrer du regard dans la roche

mais ressortir aussi par son envers.

 

Et plus encore:

Inaugurer la transparence

c'est abolir un côté et l'autre

et trouver enfin le centre.

Et c'est pouvoir suspendre la quête

parce qu'elle n'est plus nécessaire,

parce qu'une chose cesse d'être interférence

parce que l'au-delà et l'en deçà se sont unis;

 

Inaugurer la transparence

c'est te découvrir à ta place

 

ROBERTO JUARROZ

Poésie Vertical

 

 

 

Inaugurar la tranparencia

 

 

 

Inaugurara la transparencia.

Ver a través de un cuerpo, de una idea,Lucien Levy-Dhurmer portrait de Mademoiselle Carlier.jpg

de un amor, de la locura,

divisar sin estorbos el otro lado,

traspasar de parte a parte

el trompo ubicuo de ser algo.

No sólo penetrar con el ojo la roca

sino también salir por su revés.

 

Y algo más todavía ;

inaugurar la transparencia

es abolir un lado y el otro

y encontrar por fin el centro.

Y es poder no seguir

porque ya no es preciso,

porque una cosa deja de ser interferencia

porque el más allá y el más aca se han unido.

 

Inaugurar la transparencia

es hallarte en tu sitio.

Armando 1.jpg

 

 

 

Vieillir, c'est découvrir la transparence, brûler les frontières, fondre les limites, abattre les paravents... Y a-t-il plus passionnant voyage que celui de la vie ?  

 

Maria Casarès

Extrait de Résidence privilégiée

Envejecer, es descubrir la transparencia, quemar las fronteras, diluir los límites, derribar las mamparas… ¿Existe algún viaje más apasionante que el de la vida?

 

 Photos:1) Toile et photo Ken Orton (Thanks a lot!)

            2) Toile de  Lucien Levy-Dhurmer / Portait de Mlle Carlier

          3) Photo Armando Ribeiro (¡Gracias!)

 

 

 

 

07/08/2011

Joan Miró, Mallorca

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Oh, je sais, cette année de nombreuses expositions ont eu lieu un peu partout en Europe et on a pu découvrir que Joan Miró n'était pas seulement peintre mais aussi sculpteur et céramiste.

Si, ya lo sé, este año han tenido lugar numerosas exposiciones diseminadas por toda Europa en las que se ha podido descubrir que Joan Miró no sólo era pintor sino también escultor y ceramista.

 

Foto: Yoursuf Karsh 1965
Joan Miró: 1893 Barcelona - 1983 Palma de Mallorca.


 

 

C'est 1956, après de nombreux allers-retours entre Barcelona et Paris qu'il décide de s'installer avec sa femme Pilar à Mallorca.

On peut visiter son bel atelier, une maison du XVIII, Son Boter, et puis la Fondation Pilar y Joan Miró (musée) inauguré en 1992 qui est née de la volonté de l'artiste de diffuser et promouvoir la création artistique ainsi que de sa préoccupation de préserver ses ateliers.

Fue en 1956, después de numerosas idas y venidas entre Barcelona y Paris cuando decide instalarse, con su mujer Pilar, en Mallorca.

Actualmente se puede visitar su taller, una casa del siglo XVIII, (Son Boter) así como la Fundación Pilar y Joan Miró (museo), inaugurada en 1992, nacida de la voluntad del artista de promover y difundir la creación artística y de su preocupación por preservar sus talleres.

 

Aujourd'hui je ne vous propose pas une visite guidée de l'ensemble musée-atelier-jardin-maison, le site est fort bien fait : http://miro.palmademallorca.es/ mais je vais vous montrer ce qui m'a plu ou m'a attirée, enchantée, surprise.

Hoy no os propongo una visita guiada del conjunto museo-taller-jardín-casa, que para eso está Internet: http://miro.palmademallorca.es/ sino enseñaros lo que me ha gustado, atraído, encantado o sorprendido.

 

Dans le musée la lumière surgit, gicle de partout, même de pans de murs translucides

En el museo la luz surge por todos los lados,  incluidas algunas paredes traslucidas.

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Autour du musée, un jardin fait de coins et recoins, des sculptures disséminées,  une pelouse impeccable (et, oui !), et une belle vue sur la baie de Palma.

Alrededor del museo, un jardín hecho de rincones y escondrijos, esculturas diseminadas, un césped impecable (¡lo que son las cosas!) y una bonita vista sobre la bahía de Palma.

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C'est cette œuvre qui m'a d'abord intriguée,  j'avais suivi les moineaux, puis ...que c'était beau !

Fue esta obra la que me intrigó en un principio; Había ido detrás de los gorriones y...¡que belleza!

 

(Oui, les noms des œuvres ainsi que bien des annotations de Miró sont en français)

(En efecto, los títulos de las obras así como buen número de anotaciones de Miró están en francés)

 

 

 

(clic pour agrandir)

Pour arriver à la vieille maison il faut grimper quelques volées d'escalier derrière l'atelier. La vue est reposante, les cigales chantent déjà à 10h30, il n'y a encore personne. L'extérieur est celui d'une typique maison majorquine et à l'intérieur, surprise, des objets divers, objets naturels ou quotidiens, et puis les murs couverts de graffiti, d'ébauches de plans de sculptures de l'artiste.

Si vivant, inattendu.

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Para llegar al caserón hay que subir una escalinata detrás del taller. La vista es relajante, las cigarras ya cantan a las 10h30, todavía no hay nadie .El exterior es el de una típica casa mallorquina pero el interior es una sorpresa: objetos diversos, objetos naturales o cotidianos y las paredes cubiertas de graffiti, de bocetos, de planos de esculturas del artista.

Tan vivo, tan inesperado.

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Voilà donc une bonne raison de plus pour, un jour, souffrir les affres d’un vol low cost, non ?

He aquí una buena razón añadida para, un día, sufrir el tormento de un vuelo low cost a Mallorca. ¿No?

Comme toujours, un clic pour agrandir toutes les photos.

Como siempre, un clic para ampliar todas las fotos.

Voir le billet de Tania de "Textes et prétextes" sur l'expo Miró à Bruxelles:

 

23/07/2011

Vagues de sable /Olas de arena

« L’homme écrit sur le sable
Moi ça me convient bien ainsi
L’effacement ne me contrarie pas,
A marée descendante je recommence »
Jean Dubuffet.

 

 “El hombre escribe en la arena

A mi me conviene así

Su borrado no me contraría

A marea baja vuelvo a empezar”

Jean Dubuffet.

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« Sable du temps » auteure franco-suisse du blog Voix de l’oubli et Colette se sont unies cette semaine pour mitonner ce billet sur…le sable.

Des moments d’échanges passionnants, enrichissants, à distance, nous ne nous sommes jamais vues ; si loin, et pourtant si proches.

                                                                Magie des mots ...

 

 

 

            Sables mouvants Jacques Prévert

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

 

                                                              

                                                                         ARENAS MOVEDIZAS  Jacques Prévert               

 

Demonios y maravillas
    Vientos y mareas
           A lo lejos ya el mar se ha retirado

Y tú
   Como un alga dulcemente acariciada por el viento
           En las arenas del lecho te agitas entre sueños
                Demonios y maravillas
            Vientos y mareas
          A lo lejos ya el mar se ha retirado
           Pero en tus ojos entreabiertos

Dos pequeñas olas se han quedado
               Demonios y maravillas
                   Vientos y mareas
          Dos pequeñas olas para ahogarme.
(trad.Colette)

 

 

 

sable.JPG

 

De sable et d'eau

 

Le Vent de la mer m'a soufflé

j’ai mille ans

mais je n’ai pas le temps.

Château de sable

lève l'ancre !

l'océan se retire

et t'emporte

vers d' autres rivages,

là où la vague

n'atteindra jamais la dune

là où s'enlisent les rêves

frangés d'écume.

Glisse à travers les reflets

de brume grise,

caresse les mots,

fils d'or et d'argent

entrelacés,

révèle nos serments oubliés

et disparais

dans l'émouvance des sables

du temps.

(texte : Sable du temps)

 

Ajout un peu surréaliste d’un ami doué :

 

Le vent de la mer m’a soufflé

silence !

des mots, un colosse

majestueux, si lent,

ici, Victor Hugo Boss.

 

De arena y agua

 

El Viento del mar me ha susurrado

tengo mil años

pero no tengo tiempo.

Castillo de arena

¡levanta el ancla!

El océano se retira

Y te lleva

Hacia otras orillas

allá donde la ola

jamás alcanzará la duna

allá donde se hunden los sueños

festoneados de espuma.

Resbala entre los reflejos

de bruma gris,

acaricia las palabras,

hilos de oro y plata

entrelazados,

 desvela nuestros juramentos olvidados

y desaparece

en las arenas movedizas

del tiempo.

 

Texto: Sable du temps.

 

Añadido un poco surrealista de un amigo talentoso:

 

El viento del mar me ha susurrado

¡silencio!

de las palabras, un coloso

majestuoso, tan lento,

aquí Víctor Hugo Boss.

 

 

                                                 Vague de sable,

Arena0.jpg

 

 

de dunes en châteaux, joue sur le vent, emplis les seaux multicolores des enfants sur la grève, et quand viendra le soir, effleure de mille grains nos yeux endormis. (S. du T.)

 

                                                  Ola de arena,

 de dunas en castillos, juega en el viento, llena los cubos multicolores de los niños en la playa, y cuando venga la noche, roza de mil granitos nuestros ojos dormidos.

 

Photos 1 et 2, Sable du temps, photo 3 prise au Sénégal par I. Pampín, ¡gracias!

Traductions en español, Colette