25/06/2011

BIGOTE

Cette fois, pas besoin de traduire le titre. Curieux n’est-ce pas ?

 

 Les francophones qui me lisent auront pensé à une dévote. Les hispanophones, (qui le prononcent « bigoté »), à une moustache. Pas de rapprochement apparent si ce n’est pour des esprits retors qui…

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Joan Miró, L'homme à la moustache

 

Piquée par la curiosité j’ai consulté des dictionnaires étymologiques français et espagnols. Les éminents philologues sont prudents, l’origine est incertaine. Le mot semble néanmoins dater du 12º siècle, après l’époque des invasions normandes. Ces grands gaillards, appelés aussi Vikings, employaient volontiers  l’interjection « Be Gode ! »,  Par Dieu !

Je vous épargne les détails de l’évolution mais il semble que les ibères aient retenu de ces envahisseurs leurs gigantesques et effrayantes moustaches, et les gaulois, eh bien,  l’attachement au ciel.

 

Une autre idée me traverse cependant l’esprit …et si les dieux avaient un penchant pour les poils ?

 (source photo, voir bas de page)jarnac-champagne, charente maritime.jpg

 

 

Esta vez no hace falta traducir el título. Curioso, ¿no?

 

Los francófonos (lo pronuncian “bigot”) que me leen  habrán pensado en una devota. Los españoles en un mostacho. Ningún parentesco aparente si no es para mentes retorcidas que…

 

Viking Rurik.jpgLlevada por la curiosidad consulté diccionarios etimológicos franceses y españoles. Los eminentes filólogos son prudentes, el origen es incierto. La palabra parece sin embargo datar del siglo 12, después de las invasiones normandas. Estos tiarrones, también llamados Vikingos, empleaban a menudo la interjección “Be Gode!”, o sea ¡Por Dios!

Os ahorro los detalles de la evolución, pero parece que los iberos se hayan quedado con…los gigantescos y temibles bigotes, mientras que los galos se fijaban en sus lazos con el cielo.

 

Sin embargo otra idea  me pasa por la mente… ¿Y si los dioses tuvieran una querencia hacia el vello?

 

 

 

(Saviez-vous qu'il existe des championnats mondiaux de moustaches et barbes? regardez!) (¿Sabíais que existen unos campionatos mundiales de bigotes y barbas?, ¡mirad!)

 

Trêve de trop de plaisanterie, je vous recommande le roman « La moustache » de Tahsin Yücel  (Acte sud) qui allie humour et  questionnement sur le passé, l’identité turque. Une belle chronique à lire ici.

(Que yo sepa esta novela « El Bigote » de Tahsin Yücel no está todavía traducida al español, lo siento)

 

Et puis ce texte exquis  de Maupassant, “La moustache”, où le rôle de cet ornement dans l’amour est porté à son comble ; pas d’amour sans moustache… à lire et relire ici.

Y este  exquisito texto de Maupassant, « El bigote » donde el papel de ese ornamento en el amor es llevado a su colmo; no hay amor sin mostacho… para leer una y otra vez, aquí:

 

ET enfin l’incontournable Brel, « Les bigotes »

 

 

 

 

 

 

Photo église: http://web.me.com/joel.jalladeau/gens/page2/page2.html

18/06/2011

J.Semprún, tant de souvenirs / ...tantos recuerdos

Toc-toc…c’est Alex de Bordeaux qui m’envoie un cadeau très personnel avec un mot : si tu veux, traduis-le en espagnol et mets-le sur ton blog.

Merci à toi Alex que je ne connais que par blogs interposés, toi dont les mots me font souvent rire, rêver, larmoyer.

Avec un léger retard dû à une traduction laborieuse, voici son hommage à Jorge Semprún.

 

 

Semprun-Yves Montand.jpg

Toc y toc,...es Alex de Bordeaux que me manda un regalo muy personal con una nota: si quieres tradúcelo al español y ponlo en tu blog.
Muchas gracias a ti Alex; a ti, que sólo conozco a través de los blogs, tú, que escribes unas palabras que a menudo me hacen reír, soñar, lloriquear.

Con un ligero retraso debido a una traducción laboriosa, aquí tienen su homenaje a Jorge Semprún

 

Et puis, Jorge est mort!

 

Cours Dupré de Saint Maur, prés de la base sous-marine il reste des pavés.

Le vieil homme traverse le pont de métal qui enjambe le pertuis entre les deux bassins.

Il se souvient des années jeunes.

maquis-con-el-puño-en-alto.jpgIl se souvient qu’il fut soldat de la jeune République Espagnole chassé de Guernica par les balles de Franco et les stukas d’Hitler sous le regard impassible de l’Europe.

Il se souvient qu’il passa deux hivers au camp d’Argelès à regarder mourir des enfants, des femmes et des vieillards. Chaque mort était une solution au problème encombrant le gouvernement de la Troisième République, accueillant et généreux, fournissant les pompes plantées à quelques mètres de la mer les abreuvant d’eaux salées et leur permettant de dormir sous des abris indignes et précaires enroulés deux à deux dans des  couvertures entre la gale et les poux.

Il se souvient des paysans  qui venaient choisir les survivants, fouillant dans les bouches au marché aux esclaves, tâtant les muscles des plus robustes de cette main d’œuvre gratuite.

Il se souvient des deux années qui suivirent passées à la construction de la base sous-marine et des coups de crosse des gendarmes français le matin à 3 heures au camp de Saint-Médard en Jalles, puis des 12 heures de travail aux ordres des maîtres d’œuvre nazis et sous les bombes alliés intervenant juste un peu tard. Il se souvient de la libération, pas pour tout le monde.

Il se souvient des passeports et des menaces à peine voilées pour les candidats au retour. Rien n’a vraiment changé pour les bannis. L’exil, la traversée, des Pyrénées, des Alpes ou de la Méditerranée,  et pour ceux qui survivent, l’espoir au mieux d’être parias et sans papiers ici, étrangers là-bas sur leurs terres natales.

 

Je sors de la base Sous marine où vient d’être projeté le film de Céline Alcazar « Petite rue de Saintonge » . Franco ou Mussolini  avaient lancé cette mode des petits métiers : « rempart contre le communisme » validée par le monde libre et aveugle autorisant toutes les futures dictatures  des Somoza, Videla, Pinochet et consorts. Rien ne bouge, alors "qu’on sort" à peine de cet autisme complice pour aussitôt les  remplacer par : « Rempart contre l’islam » autorisant etc. etc…

Il reste des pavés Cours Dupré de Saint Maur et dans les pas du vieil homme aujourd’hui disparu, je passe sur le pont du pertuis à coté de la vieille écluse.

 

Je me souviens de C., instituteur là-bas maçon ici, que nous visitions le dimanche. J’ignorais ce que nous faisions-là et j’apprenais à lire dans les pages de « l’Humanité » les bonnes feuilles de « Pif le chien » communiste et de « Prince Valiant » tandis que les grands parlaient avec des voix basses de conspirateurs. Je relève mon col frissonnant de froid ou d’effroi  rétrospectif : j’aurais pu devenir communiste. J’ai hérité de son Solex et je suis résistant…au chaud et froid.

Ruderales2-Milieu3-Trottoirs_pavés.JPG

Elliot, le chien, renifle entre les plantes rudérales, ces fleurs de pavé capables d’écarter les pierres pour que vive la vie.

Les émigrés, les exilés et les bannis sont ces plantes rudérales et désormais nous élisons en alternance les poseurs de pavés qui changent d’avatars pour exploiter la détresse avec quelques variantes. Rien ne change! Il y aura toujours des pavés pour écraser l’espérance. Il y aura aussi et toujours des fleurs de résistance.

Les fleurs de ceux qui se taisent, de ceux qui chantent, de ceux qui écrivent.
Et puis Jorge Semprún est mort.

 

¡Jorge ha muerto!

 

 

En Cours Dupré de Saint Maur, cerca de la base submarina quedan adoquines.

El anciano atraviesa el puente de metal que pasa por encima de la compuerta entre las dos dársenas.

14a2-teruel-republicanos.jpgSe acuerda de sus años jóvenes. Se acuerda de que fue soldado de la joven República Española, expulsado de Guernica por las balas de Franco y los Stukas de Hitler bajo la mirada impasible de Europa.

Se acuerda de que pasó dos inviernos en el campo de Argelés viendo morir niños, mujeres y ancianos. Cada muerto era una solución al problema que molestaba al gobierno de la Tercera República, acogedor y generoso, suministrador de las bombas de agua situadas a escasos metros del mar y que les abrevaba de agua salada, les permitía dormir bajo refugios indignos y precarios envueltos, de dos en dos, en mantas infectadas de sarna y de piojos.

 

Se acuerda de los campesinos que venían a escoger, al mercado de esclavos, hurgando en las bocas, palpando los músculos, a los más robustos de aquella mano de obra gratuita.

Se acuerda de los dos años que siguieron, pasados en la construcción de la base submarina y de los golpes de culata de los gendarmes franceses a las tres de la mañana en el campo de Saint-Médard en Jalles, de las doce horas de trabajo a las órdenes de los capataces nazis bajo las bombas aliadas que intervenían justo un poco tarde.

Se acuerda de la liberación que no fue para todos.

 

Se acuerda de los pasaportes y de las amenazas apenas veladas para los candidatos al retorno. Nada ha cambiado verdaderamente para los desterrados. El exilio, la travesía de los Pirineos, de los Alpes o del Mediterráneo, y para los que sobreviven, la esperanza, en el mejor de los casos, de ser un paria sin papeles aquí, un extranjero allí, en su tierra natal.

 

Salgo de la base submarina donde acaba de ser proyectada la película de Céline Alcazar “Petite rue de Saintonge” . Franco o Mussolini habían lanzado la moda de esas pequeñas empresas: “muralla contra el comunismo” validado por el mundo libre y ciego que, por lo mismo, autorizaba todas las futuras dictaduras de los Somoza, Videla, Pinochet y consortes. Nada se mueve cuando “salimos” apenas de ese autismo cómplice para reemplazarlo inmediatamente por “muralla contra el Islam” que autoriza etc., etc...

 

Quedan adoquines en Cours Dupré de Saint Maur y siguiendo los pasos del anciano, hoy desaparecido, paso sobre el puente de la compuerta al lado de la vieja esclusa.

 

Me acuerdo de C., maestro allá, albañil aquí, al que visitábamos los domingos. Yo ignoraba que hacíamos y aprendía a leer en las páginas de “l’Humanité” las viñetas de “Pif el perro” comunista y del “Principe Valiente” mientras que los grandes hablaban con la voz baja de los conspiradores. Levanto mi cuello tembloroso de frío y de pavor retrospectivo: hubiera podido acabar comunista. Heredé su Solex y resisto… al calor y al frío.

 

 

Elliot, el perro, olisquea entre las plantas “rudérales”*, esas flores de adoquín capaces de separar las piedras para que viva la vida.

Ruderales-Coquelicots.JPG Los emigrantes, los exilados y los desterrados son esas plantas “rudérales”* y en adelante elegiremos alternativamente los adoquineros que cambian los avatares para explotar el desamparo con algunas variantes. ¡Nada cambia! Siempre habrá adoquines para atropellar la esperanza. También habrá siempre flores de resistencia.

Las flores de aquellos que se callan, de aquellos que cantan, de aquellos que escriben.

 

 

Y Jorge Semprún ha muerto.

 

 

(Trad: Miguel-Angel y Colette)

Photos:

http://cabanedetellus.free.fr/Plantes_rud%C3%A9rales02_Tellus.html

http://fusiladosdetorrellas.blogspot.com/

 

 

 

28/05/2011

Un cumul d'indignations, allons! /Un cúmulo de indignaciones, ¡vamos!

                          Para qué vivir tan separados                             
Si la tierra nos quiere juntar
Si este mundo es uno y para todos
Todos juntos vamos a vivir

 

(Todos juntos- Las Jaivas, Chile)    

                             

Pourquoi vivre si séparés

Si la terre veut nous réunir

Si ce monde est un et pour tous

Tous ensemble nous allons vivre.

 

mayo 2011 007.jpg

L'indignation, la juste et vraie indignation, ce sentiment plus subtil que la colère, j'ai essayé de la cerner et j'ai trouvé ceci: 

"La plus belle interprétation que l'on puisse donner de ce sentiment  est celle que Platon présente dans un mythe sous le nom de réminiscence. Avant de s'incarner dans notre corps, notre âme a séjourné dans un lieu divin où elle a pu contempler la justice parfaite. Elle en a conservé un souvenir trop faible pour rendre l'injustice impossible, mais assez fort pour rendre le spectacle de l'injustice intolérable." http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

La indignación, la justa y verdadera indignación, ese sentimiento más sútil que la cólera, intenté cercarla y he aquí lo que encontré:

"La más bella interpretación que se puede dar de este sentimiento es la que Platón presenta en un mito bajo el nombre de reminiscencia. Antes de encarnarse en nuestro cuerpo, nuestra alma ha morado en un lugar divino donde ha podido contemplar la justicia perfecta. De ello ha conservado un recuerdo demasiado débil para hacer que la injusticia sea imposible, pero bastante fuerte para hacer que el espectáculo de la injusticia sea intolerable." (Trad Colette) http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

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La cause est juste; ne pas avoir peur, ne jamais se décourager.

 

"Allons, ne craignons rien. Notre avenir bien qu’incertain réserve bien des miracles. Ne craignons rien et soyons solidaires. Nous ne croyons ni aux étendards ni aux frontières. Nous croyons aux paroles et aux accolades. Nous pensons que nous sommes frères. Le monde est là : terre, mers, océans et ciel et nous. (…) Et nous sommes la vie.

 

Allons, ne craignons rien. Faisons en sorte que notre courage ne s’épuise pas. Ne baissons jamais les bras. Nos bras sont levés au ciel et pleins de force. Ce sont des bras de bâtisseurs." (…)

LA VIE Fabrice Caravaca.

 

La causa es justa; no temer nada, no desanimarse nunca.

 

"Vamos, no temamos nada. Aunque incierto, nuestro porvenir nos guarda muchos milagros. No temamos nada y seamos solidarios. No creemos ni en las banderas ni en las fronteras. Creemos en las palabras y en los abrazos. Pensamos que somos hermanos. El mundo está allí: tierra, mares, océanos y cielo y nosotros. (…) Y somos la vida.

 

Vamos, no temamos nada. Procuremos que nuestro ánimo no se agote. No bajemos nunca los brazos. Nuestros brazos están alzados hacia el cielo y llenos de fuerza. Son brazos de edificadores." (…)

LA VIDA Fabrice Caravaca. (Trad. Colette)

 

 

 

07/05/2011

Un rossignol chantait comme d’habitude/ Un ruiseñor cantaba como de costumbre


Mai ; les roses et les rossignols, les amours et tralalalalère. De jolis lieux communs.

Et pourtant, de chansons en fables, de pensées en citation, en opéras, je vous livre un peu pêle-mêle « le rossignol dans tous ses états ».

                                             

Mayo; las rosas, los ruiseñores, los amores y tralalalala. Bonitos tópicos.

Y sin embargo, de canción en fábula, de pensamientos en citas, en óperas, os dejo, un poco en desorden “el ruiseñor en todos sus estados”.

 

Fable d’Esope

 

Perché sur le haut d’un chêne, un rossignol chantait comme d’habitude. Un épervier affamé le vit et, se lançant immédiatement sur lui, il l’emprisonna dans ses griffes.

Sûr de sa mort `proche, le rossignol le pria de le lâcher en lui disant que lui seul ne suffirait pas à lui remplir le ventre, et que s’il avait vraiment faim, il devrait attraper d’autres proies plus grandes. L’épervier lui répondit :

--Je serais idiot si je t’écoutais et laissais échapper la proie que j’ai pour aller en chercher une que je n’ai même pas vue.

 

Ne laissons pas les biens que nous avons déjà pour des illusions que nous n’apercevons même pas.

 

Fábula de Esope

 

Subido en un alto roble, un ruiseñor cantaba como de costumbre. Lo vio un gavilán hambriento, y lanzándose inmediatamente sobre él, lo apresó en sus garras.

Seguro de su próxima muerte, el ruiseñor le rogó que le soltara, diciéndole que con sólo él no bastaría para llenar su vientre, y que si en verdad tenía hambre, debería de apresar a otros más grandes. El gavilán le repuso:

-- Necio sería si te oyera y dejara escapar la presa que tengo, por ir a buscar a la que ni siquiera he visto.

 

No dejemos los bienes que ya tenemos, por ilusiones que ni siquiera divisamos.

 

 Épervier, rossignol…tiens, ça me fait penser, - pas vous ?-, au rossignol polyglotte de Hugues Aufray (ici)...chante, chante trois couplets en espagnol et le reste en anglais : bravo l’oiseau.

Gavilán, ruiseñor…anda, me recuerda el ruiseñor políglota de Hugues Aufray, canta, canta, tres (coplas? estrofas?) en español y el resto en inglés: bravo el pájaro.

 

Mais aussi à cette chanson populaire catalane « Rossinyol que vas a França » où une belle dit à un rossignol qui s’en va en France qu’il prenne soin de sa mère, mais pas de son père qui l’a « mal mariée » à un berger qui lui fait garder les moutons. En échange elle donnera au rossignol un baiser et une embrassade.

Saviez-vous, amis français, que votre gloire nationale, votre rossignol d’Avignon, Mireille Mathieu, l’a chantée en catalan ? Aaaaah !

Je vous épargnerai sa version,  la voici chantée par Joan Baez.

Pero también esta canción popular catalana « rossinyol que vas a França » donde une dona le dice a un ruiseñor que se va a Francia que cuide de su madre pero no de su padre que le ha « mal casado » con un pastor que le hace guardar del rebaño. A cambio ella le dará al ruiseñor un beso, un abrazo.

Hay muchas versiones, os propongo la de Joan Baez, en catalán, sí, sí.

 

 

Quelques citations / Algunas citas

- Un poète est un rossignol qui, assis dans l’obscurité, chante pour égayer de doux sons sa propre solitude. Percy B. Shelley     

- Un poeta es un ruiseñor que, sentado en la oscuridad, canta para alegrar de dulces sonidos su propia soledad.
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-Lejos un trino. El ruiseñor no sabe que te consuela.

Au loin un trille. Le rossignol ne sait pas qu’il te console

Jorge Luis Borges

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-Un ruiseñor, fascinado por las gracias de una rosa, todas las noches constantes, le cantaba su pasión.Rose.jpg

Un rossignol, fasciné par les grâces d’une rose, constantes chaque nuit, lui chantait sa passion.

Juan Ramón Jiménez

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- Jean de La  Fontaine - ... je crois qu'on est vieux la première fois...

- Le Rossignol - Qu'on aime ?

- Jean de La Fontaine- Ah! Non. La première fois qu'on cesse d'aimer.

 

J.D.La.Fontaine: ---creo que se es viejo la primera vez…

El Ruiseñor- ¿Qué se ama?

JDLF.- Ah! No. La primera vez que se deja de amar.
Sacha Guitry

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En voici trois....moins romantiques.

Aquí van tres… menos románticas.

 

-Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter.

-En un mundo sin melancolía, los ruiseñores empezarían a eructar.
E. Cioran


- Quadrumane : Qui a quatre mains. Exemple : le rossignol n'est pas quadrumane.

- Cuadrumano: que tiene cuatro manos. Ejemplo: el ruiseñor no es cuadrumano.
 Pierre Desproges

-On peut discuter des limites du beau, mais le chant du rossignol s’imite très bien au moyen d’un bouchon frotté contre un verre. D. Hillenius

- Se puede debatir de los límites de lo bello, pero el canto del ruiseñor se imita muy bien por medio de un tapón frotado contra un vaso.

Classique, opéras

Ici on a l’embarras du choix, le rossignol, comme de juste, a inspiré des compositeurs  comme Saint-Saëns, Amadeo Vives, Rimsky  Korsakov, Ygor Stravinsky….De nombreuses interprètes aussi, excellentes.J’ai choisi Mimi Coertse, née le 12 juin1932 à Durban, en Afrique du sud…écoutez !

Aquí hay de sobra para escoger, el ruiseñor, cómo es normal, ha inspirado compositores como Saint-Saëns, Amadeo Vives, Rimsky Korsakov, Ygor Stravinsky…Numerosas intérpretes también, excelentes. He elegido a Mimi Coertze, nacida el 12 de junio 1932 en Durban, Afríca del sur… ¡escuchad!

14/04/2011

Le plaisir de l'orchidée / El placer de la orquídea

Une balade autour de chez moi, des herbes et fleurs folles et surtout la découverte d’orchidées-abeille sauvages.

 

 Un paseo alrededor de mi casa, hierbas y flores “al natural” y sobretodo el descubrimiento de orquídeas-abeja salvajes.

orchideas 014.jpg

 

 

 

“Nous sommes des architectes de la pensée. Nous vivons dans de grandes transes.

Et nous sommes souvent devenus animal. Nous avons déjà parlé aux brins d’herbe et aux grands arbres.

Nous sommes dans l’éclosion du printemps.

Nous suivons le rythme des saisons. Nous savons reprendre des forces. Et nous savons répandre notre énergie.

Nous sommes dans la palpitation des corps et des choses. » (Extrait de La Vie de Fabrice Caravaca découvert ici)

 

 

 

orchideas 011.jpg« Somos arquitectos del pensamiento. Vivimos en grande trances.

Y a menudo nos hemos vuelto animales.

Ya hemos hablado a las briznas de hierba y a los árboles grandes.

 Estamos en la eclosión de la primavera.

Seguimos el ritmo de las estaciones.

 Sabemos recobrar fuerzas. Y sabemos difundir nuestra energía.

Estamos en la palpitación des los cuerpos y de las cosas.” (Extracto de “La Vie de Fabrice Caravaca. Trad. Colette)

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 Música
En la selva se oye la música de la barca subiendo
por el río.
A una orquídea le da por gritar de placer.
Muchos árboles están furiosos. No duermen bien
sus hojas,
sacuden con rabia las raíces y le gritan a la barca
de la música.
A mi madre la Anaconda no le importa.
Ella vive muy ocupada dándole vueltas a la tierra,
cargando en su barriga los árboles, los animales y
la gente.

 

Poema de Juan Carlos Galeano encontrado aquí.

 

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Musique

Dans la jungle on entend la musique de la barque qui remonte

le fleuve.

Une orchidée se met à crier de plaisir.

Beaucoup d’arbres sont furieux. Leurs feuilles

ne dorment pas bien,

ils secouent avec rage les racines et ils engueulent  la barque

de la musique.

Ma mère l’Anaconda ne s’en fait pas.

Elle vit fort occupée à faire des tours de la terre

et charge dans son ventre les arbres, les animaux et

les gens.

J.C. Galeano

(Trad : Colette)

 

 

Juan Carlos Galeano (Caquetá, Colombia, 1958). Poeta, traductor y profesor universitario. Miembro fundador de la revista de poesía Ulrika. Ha publicado: Baraja inicial (Poesía, 1986), El pollo sin cabeza de Charles Simic (traducción, 1999), Los muertos y los vivos de Sharon Olds (traducción, 2001), Polen y escopetas (ensayo, 1997) y Amazonia (poesía, 2003).

25/12/2010

Voeux de rêves /Deseos de sueños

anaïs_nin.jpg

Bonne fin d’année. Que l’an 2011 commence des rêves plein la tête...

 

Buen fin de año. Que empiece 2011 con la cabeza llena de sueños...

08:27 Publié dans billet | Tags : voeux, rêves, anaïs nin | Lien permanent | Commentaires (5)

18/12/2010

Un instant, un flocon / Un instante, un copo de nieve

9 enero 2010 069.jpg

 

 Je ne pense pas que la vie soit courte. Elle nous donne généralement assez de temps pour réaliser une multitude de projets et de rêves. La vie nous permet de rectifier certaines erreurs, de nous enfoncer dans d’autres aussi, c’est comme ça.

 L’inconvénient majeur c’est qu’elle ne nous offre pas de seconde chance, une deuxième vie.

 

Parlons aujourd’hui de l’instant, du moment présent. Dans son roman « Dolce agonia » lu il y a longtemps, N. Huston se prend pour Dieu (encore une !) et règle le destin d’un groupe de vieux amis. J’avais souligné un passage où elle fait un parallèle que j’aimerais partager  avec vous :
« La neige lui avait toujours semblée  traîtresse, trompeuse, chaque flocon une minuscule étoile étincelante, toute légèreté et toute douceur, prête à vous fondre sur  la langue et sur la peau, alors que leur lente accumulation était une force meurtrière capable de faire déraper une voiture, s’effondrer les toits, s’abattre les arbres ; oui, elle arrêtait tout, bloquait tout, vous empêchait d’avancer, de rejoindre vos proches (…)

Exactement comme le temps, se dit-il maintenant. Chaque instant en lui-même sans poids, imperceptible, un minuscule éclat de cristal qui vous fond sur la langue, alors que leur accumulation est une force meurtrière, les années vous enfoncent, recouvrant tout et estompant les différences…Comment faite, mon Dieu, pour franchir les énormes congères du Temps ? On s’acharne sur elles pour les écarter, les repousser sur les bords de la route, mais entre-temps, sur la chaussée elle-même, la neige s’est transformée en neige dangereuse, provoquant des accidents, précipitant les gens dans la mort…alors que tout avait commencé de façon si innocente, un instant l’un après l’autre… »

 

 

 

No creo que la vida sea corta. Generalmente nos da tiempo suficiente para realizar multitud de proyectos y sueños. La vida nos permite rectificar algunos errores pero también podemos hundirnos en otros.

El gran inconveniente es que no nos ofrece una segunda oportunidad, una segunda vida.

 

Hablemos hoy del instante, del momento presente. La escritora Nancy Huston, en su  novela “Dolce agonia”, se cree Dios y decide el destino de un grupo de viejos amigos. En uno de los párrafos hace un paralelismo que me gustaría compartir:

 

“La nieve siempre le había parecido traidora, engañosa, cada copo una minúscula estrella relumbrante, toda  ligereza y toda dulzura, lista para derretirse en la lengua o en la piel, mientras que su acumulación era una fuerza mortífera capaz de hacer resbalar a los coches, derrumbar los tejados, tumbar los árboles, sí, paraba todo, lo bloqueaba todo, os impedía avanzar, reuniros con vuestros parientes…

Exactamente como el tiempo pensó ahora. Cada instante, sin peso propio, imperceptible, un minúsculo destello de cristal que se derrite en la lengua, mientras que su lenta acumulación es una fuerza mortífera, los años nos hunden, recubriendo todo y esfumando las diferencias… ¿Cómo hacer, Dios mío, para franquear los glaciares del Tiempo? Uno se empeña en apartarlos, empujarlos a las orillas de la carretera pero, entretanto, en la misma calzada, la nieve se transforma en hielo peligroso, provoca accidentes, precipita gente hacia la muerte…cuando todo había empezado de manera tan inocente, un instante, uno tras otro…” (trad. Colette)

 

Foto: I Pampín ( c'est derrière chez moi, es detrás de mi casa)

11/12/2010

Au restaurant / En el restaurante

Souvenez-vous, au mois d’août dernier vous aviez lu ici une « frivolité de fin d’été », des extraits d’un texte d’Elvira Lindo ; on y parlait de tomates, d’odeurs…

Voici aujourd’hui un extrait d’une autre chronique, Cantinier de Cuba

 Une scène familiale banale, tristement banale.

L’auteure et son époux, je vous rappelle qu’elle l’appelle « mon saint », sont assis à une terrasse de café et ce dernier se lance dans une sorte de conférence sur Goethe dont on joue à ce moment-là en Allemagne une version intégrale (17h) de Faust. Elle en profite pour dévorer les tapas et pour…

« J’ai profité aussi qu’il était  distrait par son discours pour regarder autour de moi et faire de la sociologie. (Tactique pour faciliter la vie de couple : tu laisses l’autre parler avec passion et tu fais semblant d’écouter en pensant à tes trucs). Mes trucs à moi étaient maintenant à la table à côté. Un couple avec deux enfants. Le garçon, comme hébété, jouait à la Game Boy ; le père, comme hébété jouait avec la fille à faire de honteux  bruits de bouche, et pendant ce temps la femme souffrait en silence de faire partie de ce lamentable cercle familial. Elle qui, pleine d’illusions, s’était faite toute belle, avait mis des boucles d’oreille voyantes et s’était maquillée, (…). Je me suis souvenue des paroles terribles de Catherine Deneuve : « Avec les années le couple rend l’homme ennuyeux et la femme, une harpie ». Quand je me sens sociologue j’aimerais, vu que j’ai dernièrement des inquiétudes religieuses, être Dieu (croyante de base, ce n’est pas pour moi) pour changer le monde. M’approcher, par exemple, à cette table, saluer poliment, bonsoir, je suis Dieu, et intervenir :

   -Excusez-moi, je vais mettre un peu d’ordre dans vos vies : d’abord le garçon, cet enfant absurde, qu’il laisse immédiatement la game-boy de côté, sinon je lui flanque une gifle à lui casser les dents ; deuxièmement c’est honteux (ça au père) de vous voir faire ces bruits de bouche avec la petite fille ; la fille s’assied, mange son souper et arrête de suçoter la figure de son père, pour l’amour de Dieu, nous sommes dans un restaurant ; troisièmement, faites attention à votre femme, vous la considérez comme un pot de fleurs toute la soirée, maintenez avec elle une conversation d’adultes, et vous (je lui dirais à elle) ne riez pas, personne n’y échappe ici, agissez avec dignité, si cette famille vous fait tant souffrir, levez-vous et tant pis pour eux.

Moi je pensais à ces choses quand la voix de « mon saint », qui avait décidé d’épuiser le thème de Faust, changea de ton.

 -Mais, ma chérie, tu as mangé toutes les gambas. » (…) (trad. Colo)

 

Extrait de TINTO DE VERANO  d’Elvira Lindo édition 2001  

 

 NB: Les “tapas » sont des zakouskis délicieux. Quant aux « gambas », ce sont, vous le savez bien, les scampi espagnols. Pas besoin de vous expliquer ce qu’est une game -boy, si ?

 Jan H. Steen-la-familia-alegre.jpg

A finales de agosto os propuse una « frivolidad de fin de verano », unos extractos de un texto de Elvira Lindo; hablaba de tomates, olores… ¿Os acordáis?

Hoy os propongo un extracto de otra crónica llamada: Cantinero de Cuba.

Una escena familiar banal, tristemente banal.

La autora y su esposo, al que llama mi santo, están sentados en la terraza de un bar. Él se lanza en un especie de conferencia sobre Goethe ya que en Alemania se representaba en aquél momento una versión completa (17h) de Fausto. Ella aprovecha para devorar las tapas y…

 

“Aproveché también que estaba entretenido en su discurso para mirar a mi alrededor y hacer sociología. (Táctica de convivencia para que el matrimonio funcione: días al otro hablando apasionadamente y tú haces como que escuchas, y a lo tuyo). Lo mío estaba ahora en la mesa de al lado. Un matrimonio con dos niños. El niño, como embobado jugando con la game-boy; el padre, como embobado jugando con la niña a unos juegos de pedorretas que daban vergüenza, y mientras, la mujer sufría en silencio por formar parte de ese lamentable núcleo familiar. Ella, que se había arreglado con toda su ilusión, que se había puesto unos pendientes vistosos y se había pintado, (…).Me acordé de las terribles palabras de Catherine Deneuve:”Con los años el matrimonio vuelve aburrido al hombre y a la mujer, una arpía”. Cuando me siento socióloga me gustaría, ya que últimamente tengo inquietudes religiosas, ser Dios (creyente de base no es lo mío) para cambiar el mundo. Acercarme, por ejemplo, a dicha mesa, saludar educadamente, buenas noches, soy Dios, e intervenir:

-Disculpen, voy a poner en sus vidas un poco de orden: primero, el niño este absurdo, que deje ya la game-boy o le suelto una galla que le saco los dientes; segundo, es bochornoso (esto, al padre) verle hacer estas pedorretas con la niña; la niña se sienta, se come su cena y deja de chupetearle la cara al padre, por Dios, que estamos en un restaurante; tercero, haga caso a su señora, que la tiene usted en vela todo la noche, mantenga conversación adulta con ella, y usted (le diría a ella) no se ría, aquí nadie se libra, actúe con dignidad, si tanto le hace sufrir esta familia, levántese y que les den por el saco.

Estas cosas pensaba yo, cuando la voz de mi santo, que había decidido exprimir le tema de Fausto, cambió de tono:

-Hija mía, te has comido todas las gambas. (…)”

 

Extracto de TINTO DE VERANO de Elvira Lindo, edición 2001  

 

Illustration: Jan H. Steen

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04/12/2010

La folle imagination / Esa loca imaginación

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Julián, un petit garçon du village, a 4 ans et ne veut apprendre ni à lire ni à écrire car, clame-t-il, il sera  mécanicien de nuages. C’est lui et son imagination qui m’ont fait repenser à ce passage de « La folle du logis » de l’écrivaine Rosa Montero.

«  … dans le travail de romancier il y a quelque chose d’encore plus important que ce tintement de mots, c’est l’imagination, les rêveries, ces autres vies fantastiques et occultes que nous avons tous. Faulkner disait qu’un roman «  est la vie secrète d’un écrivain, l’obscure frère jumeau d’un homme ».

Et Sergio Pitol, (…) ajoute: « Un romancier est un homme qui entend des voix, ce qui l’assimile à un dément ».

(…) il me semble qu’en réalité cette imagination débridée nous assimile plus aux enfants qu’aux lunatiques. Je crois que les humains, nous entrons tous dans l’existence sans savoir bien distinguer le réel du rêve ; de fait, la vie infantile est en grande partie imaginaire.

Le processus de socialisation, ce que nous appelons éduquer, ou mûrir, ou grandir, consiste précisément à tailler les efflorescences capricieuses, à fermer les portes du délire, à amputer notre capacité à rêver éveillés ; et malheur à celui qui ne saura pas sceller cette fissure entre les deux côtés car il sera probablement considéré comme un pauvre fou.

Le romancier a donc le privilège de continuer à être un enfant, de pouvoir être un fou, de maintenir le contact avec ce qui est informe. «  L’écrivain est un être qui n’arrive jamais à devenir adulte », dit Martín Amis dans son beau livre autobiographique Expérience, et il doit bien le savoir car il a tout l’aspect d’un Peter Pan un peu fané qui refuse avec entêtement de vieillir. ».

(Trad : Colette . Extrait de « La folle du logis » R. Montero)

 

PS : ce billet est pour ceux qui ont gardé un brin de folie, un zeste d’enfance, des nuages plein les cheveux.

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Julián, un niño del pueblo, tiene 4 años y no quiere aprender ni a leer ni a escribir ya que, dice, será mecánico de nubes. Son él y su imaginación los que me han hecho recordar ese pasaje de “La loca de la casa” de Rosa Montero.

“…en el oficio de novelista hay algo aún más importante que ese tintineo de palabras, y es la imaginación, las ensoñaciones, esas otras vidas fantásticas y ocultas que todos tenemos. Decía Faulkner que una novela “es la vida secreta de un escritor, el oscuro hermano gemelo de un hombre”.Y Sergio Pirol (…) añade:” Un novelista es un hombre que oye voces, lo cual lo asemeja con un demente”.

(…) me parece que en realidad esa imaginación desbridada nos asemeja más a los niños que a los lunáticos. Creo que todos entramos en la existencia sin saber distinguir bien lo real de lo soñado; de hecho, la vida infantil es en buena medida imaginaria. El proceso de socialización, lo que llamamos educar, o madurar, o crecer, consiste precisamente en podar las florescencias fantasiosas, en cerrar las puertas del delirio, en amputar nuestra capacidad para soñar despierto; y ay de aquel que no sepa sellar esa fisura con el otro lado, porque probablemente será considerado un pobre loco.

Pues bien, el novelista tiene el privilegio de seguir siendo un niño, de poder ser un loco, de mantener el contacto con lo informe. “El escritor es un ser que no llega jamás a hacerse adulto” dice Martín Amis en su hermoso libro autobiográfico Experiencia, y él debe saberlo muy bien, porque tiene todo el aspecto de un Peter Pan algo marchito que se niega empeñosamente a envejecer”. Extracto de “La loca de la casa” R.Montero

 

21/11/2010

La couleur grise /El color gris

Lilo 2.jpg Il n’est pas facile d’avouer son attirance pour le gris, il a mauvaise réputation : ennui, manque de caractère, mauvaise mine...Mais il me plaît depuis ma jeunesse ; je me souviens que toujours je voulais que les pulls que me tricotait ma mère soient de cette couleur.

No resulta fácil confesar su gusto por el gris, tiene mala fama: aburrimiento, falta de carácter, mala cara…Pero me agrada desde mi juventud; me acuerdo que siempre quería que los jerséis que mi madre tejía fueran de ese color.

 

 

Le gris, s’il n’est pas une couleur, est une « valeur d’intensité lumineuse dont la perception par l’oeil humain se situe entre le blanc et le noir » (Wikipedia) qui possède une variété infinie de nuances. Voilà bien tout son intérêt !

 

El gris, si bien no es un color, es un “valor de intensidad luminosa cuya percepción por el ojo humano se sitúa entre el blanco y el negro” (Wikipedia) que tiene una variedad infinita de facetas. ¡De ahí todo su interés!

 

« Quelle est la couleur de la France? Non pas la couleur politique - je la connais - mais sa vraie couleur? le gris… C’est beau le gris. Mais il existe une multitude de gris. Gris des toits de Paris, le gris historique de la guerre, le gris lavande de la Provence. Les gens qui n’aiment pas le gris sont des imbéciles…” F. Mitterrand (Le promeneur du Champ de Mars-film)ciel gris.jpg

 

“¿Cuál es el color de Francia? No hablo del color político – lo conozco – sino de su verdadero color. El gris… El gris es bonito. Pero existen multitudes de grises. Gris de los tejados de París, el gris histórico de las guerras, el gris lavanda de la Provenza. No son muy listos los que no aprecian el gris”. F. Mitterrand. (película- Le promeneur du Champ de Mars )

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Tristes, monotones, la femme-fleur de Picasso, ce ciel gris,?

 

Mirad la mujer-flor de Picasso, esta foto de un cielo gris. ¿Son acaso tristes? ¿Monótonos?

 

 

 

 

 

On remarque souvent en peinture que le gris sert de fond, il donne du relief aux autres couleurs.

La couleur que Cézanne choisit pour les murs de son atelier est un gris qu'il a conçu à base de noir, de blanc, d'ocres et de bleus. Il disait : « On n'est pas un peintre tant qu'on n'a pas fait un gris ». Et ce gris, il l'avait observé en plein air, lorsqu'il allait peindre ses paysages. Il avait constaté que pour qu'une séance de peinture soit bonne, il fallait que le ciel soit gris clair.atelier cézanne.jpg

 

Con frecuencia vemos en pintura que el gris sirve de trasfondo, pone de relieve los otros colores. El color que Cézanne escoge para las paredes de su taller es un gris elaborado a partir del negro, el blanco, ocre y azul. Cézanne decía:”No se es pintor mientras no se ha hecho un gris”. Y este gris, lo había observado al aire libre, pintando paisajes. Había constatado que hacía falta que el cielo sea gris claro para que una sesión de pintura fuera buena.

 

Enfin, en navigant entre le noir et le blanc, le gris permet à la pensée d’éviter le manichéisme et laisse place au doute, à la subtilité. Comme dit Michel Pastoureau dans « Le petit livre des couleurs » (un beau cadeau à faire), « Pour nous, il (le gris, sa couleur préférée) évoque la tristesse, la mélancolie, l'ennui, la vieillesse; mais, à une époque où la vieillesse n'était pas si dévalorisée, il renvoyait au contraire à la sagesse, à la plénitude, à la connaissance. Il en a gardé l'idée d'intelligence (la matière grise) ».

 

Para terminar, navegando entre el negro y el blanco, el gris permite al pensamiento evitar el maniqueísmo y deja espacio para la duda, la sutilidad. Como dice Michel Pastoureau en “El pequeño libro de los colores” (un bonito regalo para ofrecer), “Para nosotros, el gris (su color preferido) evoca la tristeza, la melancolía, el aburrimiento, la vejez; pero, en una época en que la vejez no estaba tan desvalorizada, significaba sabiduría, plenitud, conocimiento. Ese color ha guardado la idea de inteligencia (la materia gris)”

 

Oh, ce billet est un peu décousu… comme les nuages aux nuances gris-tourterelle et fumée qui se poursuivent derrière ma vitre.

Oh, esta nota es un poco descosida….como las nubes de matices gris-tórtola y humo que se persiguen tras mi cristal.

17:20 Publié dans billet | Tags : gris, ennui, nuances | Lien permanent | Commentaires (4)

06/11/2010

Souvenirs /Recuerdos

                   otoño 003.jpg                   

Court le  billet de cette semaine car, et pour le première fois depuis les 35 ans que je vis en Espagne, mes deux sœurs sont venues me voir, ensemble et sans leur famille.

 Le soleil brille, la nature est superbe, les émotions fusent ; on se voit si peu.

 Nos souvenirs sont bien souvent contradictoires : «  mais non, ce n’était pas Tante Yoyo, c´était tante Minou ou tante Poucette qui était tombée dans une poubelle ! »… (Oui, nos tantes avaient des surnoms évocateurs…).

Nous tombons pourtant d’accord sur certains sujets comme les repas dominicaux de notre jeunesse : poulet rôti-frites-salades, gâteau, souvent un quatre-quart.

À l’époque, un passé pas si, si lointain quand même,  le poulet était un met de fête chez nous ; quant aux frites, ah ces frites belges, uniques, les meilleures ! (ici une recette possible pour les non belges avides de connaître leur secret ! )

 

Corta la nota de esta semana ya que por primera vez en los 35 años que llevo viviendo en Eotoño 001.jpgspaña, han venido a verme, juntas y sin su familia, mis dos hermanas.

 Brilla el sol, la naturaleza es magnífica, las emociones estallan; nos vemos tan poco.

Nuestros recuerdos son por supuesto contradictorios:” no, no era la tía Yoyo, era la tía Minou o la tía Poucette que se había caído en una basura”… (sí, nuestras tías tenían apodos evocadores…).

Nos ponemos de acuerdo sobre algunos temas como el de las comidas dominicales de nuestra juventud: pollo asado-patatas fritas-ensalada, pastel, a menudo bizcocho.

En aquellos tiempos (no tan, tan lejanos) el pollo era un plato de fiesta en casa, en cuanto a las patatas fritas, ¡ah, esas patatas fritas belgas, únicas, las mejores! (para los no-belgas ávidos de conocer nuestro secreto, se fríen dos veces)

 

La patate vient bien sûr d’Amérique du Sud et au Chili il en existe 200 variétés, ils les appellent papas ; leur préparation a inspiré Pablo Neruda, voici des « papas » poétiques.

 

Ode à la papa frite Pablo Neruda

 

Elle grésille

dans l’huile

bouillante

la joie

du monde :papasnativas.jpg

les papas

frites

entrent

dans la poêle

telles d’enneigées

plumes

de cygne

matinal

et en sortent

semi dorées par le crépitant

ambre des olives.

 

L’ail

leur ajoute

sa fragrance terrienne,

le poivre,

pollen qui traversa les récifs,

et

vêtues

à nouveau

d’un costume d’ivoire, elles emplissent l’assiette

de leur abondante répétition

et de leur savoureuse simplicité de terre. (Trad. Colo)

 

 

Oda a la papa frita Pablo Neruda

 

Chisporrea

en  el aceite

hirviendo

la alegría

del mundo:

las papaspapas-nativas.jpg

fritas

entran

en la sartén

como nevadas

plumas

de cisne

matutino

y salen

semidoradas por el crepitante

ámbar de las olivas.

 

El ajo

les añade

su terrenal fragancia,

la pimienta,

polen que atravesó los arrecifes,

y

vestidas

de nuevo

con traje de marfil, llenan el plato

con la repetición de su abundancia

y su sabrosa sencillez de tierra.

 

 (Photos prises sur ma terrasse et variétés de papas chiliennes- cliquer pour agrandir)

23/10/2010

Les dieux de l'argent / Los dioses des dinero

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Quittons aujourd’hui la poésie, l’humeur des nuages et allons faire un tour dans les hautes sphères économico-politiques.

 

Juan José Millás (Valencia, 1952), écrivain, publie tous les vendredis une colonne dans le journal El País ; une colonne subtile, originale, attendue par des tas de lecteurs, dont moi. Il y traite des thèmes d’actualité et celle de vendredi dernier est particulièrement réussie.

 En voici la traduction.

 

 

Dejemos hoy la poesía, el humor de las nubes y demos una vuelta por las altas esferas ecomomico-politicas.

 

Juan José Millás (Valencia, 1952), escritor, publica cada viernes una columna en el periódico El País: una columna sutil, original, que numerosos lectores, entre las cuales yo, espera. Trata de temas de actualidad y la del viernes pasado es particularmente brillante.

 

 

Nouvelle armée

 

« Cette photo où Zapatero expliquait humblement aux messieurs de Wall Street les mesures que nous avions prises pour calmer leur colère est terrible. Le bruit des sabres a été remplacé par celui d’un repaire de voleurs, mais les coups d’Etat sont toujours des coups d’Etat, qu’ils soient effectués par un général ou un financier.

L’institution militaire enfin soumise au pouvoir civil, les politiciens s’humilient maintenant face aux colonels de la Bourse. Si nous avions vu notre président dans une telle attitude face aux généraux du Haut Etat Major, nous nous serions pris la tête entre les mains. Cela veut dire que les pistolets ont été remplacés par des cravates en soie et les uniformes verts par des costumes Armani. Le résultat final est qu’à vous et à moi, on nous serre la vis (si nous avons la chance qu’il reste encore un espace pour nous la serrer). »

 

Il va sans dire que Zapatero pourrait être remplacé par…ou par…, choisissez !

 

« Pendant ce temps nous parlons de la globalisation comme d’un tropisme, comme si aucune décision politique n’était intervenue dans sa croissance. Nous acceptons comme inévitable l’existence des marchés globaux tout en affirmant leur « ingouvernabilité ».

En d’autres mots nous ne sommes pas responsables de son apparition et nous n’avons aucune marche de manœuvre pour corriger ses abus.

Voici le grand piège intellectuel du phénomène. Vu, donc, que ce dont nous souffrons est un phénomène naturel et non une attaque à main armée, les politiciens font une pèlerinage vers les nouvelles casernes  où ils sont reçus par les dieux de l’argent à qui ils promettent le sacrifice de X demoiselles et d’autant de jeunes pour apaiser leurs humeurs. Mais, plus nous leur offrons de sacrifices s, plus ils se fâchent. Nous n’avions pas fini de les sauver de leur banqueroute avec l’argent du contribuable, (le vôtre, le mien), qu’ils demandaient déjà plus de vierges, plus de jeunes, moins de déficit.

Comment soumet-on une armée de cette nature ? » (Juan José Millas, El País 15/10/2010) Trad, Colette.

 

 

Nuevo ejército

JUAN JOSÉ MILLÁS El País 15/10/2010

 

 

 

Esa fotografía en la que Zapatero explicaba humildemente a los señores de Wall Street las medidas que habíamos tomado para calmar su ira, es terrible. El ruido de sables ha sido sustituido por el de la ladronera, pero los golpes de Estado siguen siendo golpes de Estado, los dé un general o un financiero. Sometida al fin la institución castrense al poder civil, los políticos se humillan ahora ante los coroneles de la Bolsa. Si hubiéramos visto a nuestro presidente en semejante actitud frente a los generales del Alto Estado Mayor, nos habríamos echado las manos a la cabeza.

 

Quiere decirse que las pistolas han sido sustituidas por corbatas de seda y los uniformes verdes por trajes de Armani. El resultado final es que a usted y a mí nos aprietan las tuercas (si tenemos la fortuna de que todavía haya margen para apretárnoslas).

 

A todo esto, hablamos de la globalización como de un tropismo en cuyo crecimiento no hubieran intervenido decisiones políticas de ninguna clase. Aceptamos como inevitable la existencia de los mercados globales al tiempo de afirmar su ingobernabilidad. En otras palabras, ni somos responsables de su aparición ni tenemos margen de maniobra alguno para corregir sus atropellos. He aquí la gran trampa intelectual del fenómeno.

Dado, pues, que lo que sufrimos es un desastre natural y no un atraco pistola en mano, los políticos peregrinan hasta los nuevos cuarteles, donde son recibidos por los dioses del dinero, a quienes prometen el sacrificio de equis doncellas y de tantos jóvenes para apaciguar sus ánimos. Pero cuantos más sacrificios les ofrecemos, más se enfadan. No habíamos terminado de rescatarlos de su bancarrota con el dinero del contribuyente (el de usted y el mío) y ya estaban solicitando más vírgenes, más jóvenes, menos déficit.

¿Cómo se somete a un ejército de esta naturaleza?

 

 

 

16/10/2010

Peindre le couchant / Pintar el ocaso

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A force de scruter le ciel, de palper l’air humide, d’écouter le vent des îles, tout comme le paysan ou le marin, je savais samedi dernier que ce serait le dernier jour de chaleur. Courte excursion à la côte à l’heure du coucher du soleil avec mon appareil photo.

Il y régnait une étrange lumière mais ce n’est qu’en regardant les photos sur mon écran, tard le soir, que j’ai pensé : pourquoi ne suis-je pas peintre ?

Porca miseria ! Il faudra me contenter d’être devineresse du temps : depuis dimanche le ciel nous bombarde.

A fuerza de escrutar el cielo, de palpar el aire húmedo, de escuchar el viento de las islas, tal como el campesino o el marinero, sabía el sábado pasado que sería el último día de calor.

Corta excursión a la costa a la hora de la puesta del sol con mi cámara de fotos.

Reinaba una luz extraña pero sólo fue al mirar las fotos en mi ordenador, tarde por la noche, que pensé: ¿por qué no seré pintora?

Porca miseria! Tendré que conformarme con ser adivina del tiempo: desde el domingo el cielo nos bombardea.

 

J’ai découvert un sonnet du Mexicain Manuel José Othon (1858-1906). J’en aime le rythme, les couleurs

He descubierto un soneto del Mejicano Manuel José Othon (1858-1906). Me gustan los colores y el ritmo.

 

A un peintre

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Voici, peintre, ton splendide paysage :

un lac obscur, des rafales marines

trempées de teintes cramoisies

et, dans le bleu profond des nuages,

 

un tronc qui balance son feuillage

au souffle des vents vespéraux,

et tachés de vert les coteaux

et de jaune le fond du bocage ;

 

un rocher de lichens couvert ;

une langue de terre illuminée

par le dernier rayon du soleil mort ;

 

et dans la lueur de la soirée

une voile au loin, noyée

dans le calme délicieux du couchant. (Trad. Colette)

 

 

A un pintor

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He aquí, pintor, tu espléndido paisaje:

un lago oscuro, ráfagas marinas

empapadas en tintas cremesinas

y en el azul profundo del celaje,

 

un tronco que columpia su ramaje

al soplo de las auras vespertinas,

y manchadas de verde las colinas

y de amarillo el fondo del boscaje;

 

un peñasco de líquenes cubierto;

una faja de tierra iluminada

por el último rayo del sol muerto;

 

y de la tarde al resplandor escaso,

una vela a lo lejos, anegada

en la divina calma del ocaso.

 

09/10/2010

La voix des portraits / La voz de los retratos

Il y a plus de deux ans que j’ai lu sur un  article très original  écrit par Susana Fortes et intitulé « Les figures d’il y a 500 ans » (El País 25-05-2008). Depuis lors « j’écoute attentivement » les portraits.

 

    Il débute ainsi : « Beaux, étranges, puissants. Les artistes de la Renaissance réussirent à capter l’âme dans un visage. (…) Derrière chaque visage il y a un secret, une histoire que nous ignorons et que nous avons un besoin urgent de connaître, quand nous le contemplons, seuls, dans un tableau. Il n’est pas aisé d’expliquer cette pulsion qui bat dans certains portraits, mais il existe également dans la vie des figures qui ont sur nous un puissant ascendant. (…) Ceci n’a rien à voir avec la beauté, mais avec le mystère. Parfois ce qui attire notre attention dans un visage c’est un détail aussi insignifiant que le lobe d’une oreille, ou un point blanc, minuscule et brillant dans les pupille ». C’est ainsi, explique-t-elle, que la première fois qu’elle a vu La Joconde, elle n’a pensé ni à son sourire ni à son regard, mais au son de sa voix.

Elle s’est imaginée une voix grave, un peu rauque, semblable à celle de Jeanne Moreau.

 

   Peindre la voix. « Il suffit parfois d’un coup de pinceau estompé juste sur  le bord supérieur de la lèvre, comme un souffle, pour que le tableau parle. La vie n’est qu’un souffle d’air, mais à travers lui  émergent peu à peu le désir, la douleur, l’incertitude, le mépris, l’expérience…Tous les masques de l’âme ».

 

   Ici elle nous raconte l’histoire d’une autre femme, Ginevra de Benci, à travers le mystérieux portrait réalisé par Leonardo. « Il y a quelque chose dans son visage qui inquiète. Peut-être son intrépidité statique, la sévérité de son expression, l’air fantomatique. » Cette jeune fille, intelligente, cultivée et riche venait d’une excellente famille florentine qui fréquentait le palais des Médicis. Pourtant ce n’est pas avec un poète, mais avec un marchand de chiffons, que ses parents la marièrent peu avant ses seize ans.

On a cru très longtemps que c’était un portrait de mariage commandé par son mari.

Mais l’histoire est plus croustillante…mais banale aussi. Une vraie histoire d’amour et d’infidélité.

 Il y a peu on a découvert que ledit portrait avait été commandité par un diplomate vénitien de 40 ans qui, arrivé à Florence en 1475 avec femme et enfants, était tombé follement amoureux  de la jeune fille. Leur idylle passionnée durera cinq ans, moment où il fut envoyé ailleurs. Éplorée Ginevra se retira du monde et vécut à la campagne.

 

    Les seules choses qui sont restées d’elle sont le tableau de Leonardo et un unique vers, écrit de sa main : 

J’implore la clémence ; je suis un tigre sauvage.

 

«  Il faut contempler son portrait en tenant compte de ces mots, prononcés sans doute avec un timbre de voix plus sombre que mélancolique. La voix du tableau.»

 

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Hace más de dos años que leí un artículo muy original escrito por Susana Fortes y titulado « Las caras de hace 500 años » (El País 25-05-2008).

Desde entonces “escucho atentamente” los retratos.

 

Empieza así:” Bellos, extraños, poderosos. Los artistas del Renacimiento lograron captar el alma en un rostro (…). Detrás de cada cara hay un secreto, una historia que desconocemos y que necesitamos urgentemente conocer, cuando la contemplamos a solas en un cuadro. No es fácil explicar esa pulsión que late en algunos retratos, pero en la vida también hay rostros que ejercen sobre nosotros un poderoso influjo (…). No es algo que tenga que ver con la belleza, sino con el misterio. A veces lo que nos llama la atención de un rostro es un detalle tan insignificante como el lóbulo de una oreja, o un punto blanco diminuto y brillante en las pupilas”. Es así. Explica, que la primera vez que vio la Gioconda, no pensó ni en su sonrisa ni en su mirada, sino en el sonido de su voz. Se imaginó un tono grave, un poco ronco, parecido al de Jeanne Moreau.

 

Pintar la voz. “A veces basta una pincelada difuminada justo al borde superior del labio como un soplo para que el retrato hable. La vida no es más que un soplo de aire, pero a través de él empieza a asomarse el deseo, el dolor, la incertidumbre, el desprecio, la experiencia…Todas las máscaras del alma”.

 

Aquí nos cuenta la historia de otra mujer, Ginebra de Benci, a través del misterioso retrato realizado por Leonardo. “Hay algo en su rostro que inquieta. Tal vez su impavidez estática, la severidad de la expresión, el aire fantasmal”. Esa chica joven, bella, culta y rica pertenecía a una excelente familia florentina que frecuentaba el palacio de los Médicis. Sin embargo no fue con un poeta sino con un comerciante de paños que sus padres la casaron, poco antes de cumplir los 16 años.

Durante mucho tiempo se creyó que el retrato era un encargo de su marido.

Pero la historia es más  crujiente…banal también. Una verdadera historia de amor e infidelidad.

Se descubrió, hace poco, que dicho retrato había sido encargado por un diplomático veneciano de 40 años quien, llegado a Florencia en 1475 con mujer e hijos, se había enamorado locamente de la joven. Su idilio duró cinco años y terminó cuando le mandaron lejos de Florencia. Desconsolada, Ginebra se retiró del mundo y vivió en el campo.

 

Las únicas cosas que quedaron de ella fueron el cuadro de Leonardo y ese único verso, escrito de su mano:

Pido clemencia; soy un tigre salvaje.

 

“Hay que contemplar su retrato al amparo de estas palabras, pronunciadas tal vez con un timbre más oscuro que melancólico. La voz del retrato”.

 

04/09/2010

Troncs et mystères /Troncos y misterios

Dix-neuf artistes majorquins de naissance ou d’adoption ont été réunis pour une exposition dans le jardin et deux salles d’un restaurant, près de Santa Eugenia, en pleine campagne. (Vidéo de présentation ici). Le 13 août, soir de l’inauguration, il y avait trop de monde – déjà rien que leurs familles... m’a soufflé mon compagnon -, pour bien voir. Nous avons donc regardé, salué, parlé un moment avec l’un ou l’autre des exposants. Mais une seconde visite vendredi dernier a été des plus intéressantes.

Aujourd’hui je ne vous parlerai que de deux artistes réunis autour du thème de l’Arbre : Lluís López, et Sandra Lehnis.

Diez y nueve artistas mallorquines de nacimiento o de adopción han sido reunidos para una exposición en el jardín y dos salas de un restaurante, cerca de Santa Eugenia, en medio del campo. (Video de presentación aquí). El 13 de agosto, día de la inauguración, había demasiada gente – ya sólo con sus familias…me susurró mi compañero – para bien ver. Entonces miramos, saludamos, charlamos con el uno y el otro de los exponentes. Pero una segunda visita el viernes pasado fue de lo más interesante.

Hoy sólo os hablaré de dos artistas reunidos alrededor del tema del Árbol: Lluís López y Sandra Lehnis.

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(clic pour agrandir les photos)

Faites d’une seule pièce, les sculptures de bois d’olivier de L. López, on les emporterait en catimini si leur taille le permettait. L’artiste semble dénuder le tronc pour y trouver une forme, une âme, pour le rendre aérien par endroits, le faire danser à d’autres. Mes photos ne sont pas très bonnes, mais visitez son site ici.

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Hechas de una sola pieza, las esculturas de madera de olivo de L. López, uno se las llevaría a escondidas si su tamaño lo permitiera. El artista parece desnudar el tronco para encontrar allí una forma, un alma, para volverle aéreo en unas partes, hacerle bailar en otras. Mis fotos no son muy buenas, pero visitad su website aquí.

 

 

La démarche de Sandra Lehnis (website), Suissesse installée depuis quatre ans sur l’île et avec qui j’ai agréablement bavardé lors de cette deuxième visite, est vraiment originale. Ce qui l’intéresse c’est l’espace entre les arbres; quelque chose de mystérieux s’y passe me dit-elle.

 

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Animus Mundi est le titre d’un ensemble de peintures. « Le rythme des champs infinis d’amandiers et d’oliviers à Majorque compose Animus Mundi ».

Neu9_h9.jpg« L’espace entre le sol et la couronne des arbres a éveillé mon intérêt. C’est l’endroit où se passe l’invisible et mon objectif est de le rendre visible. Le rythme et l’emplacement de chaque arbre –représentés par des cercles et des troncs- sont la porte d’entrée de ce sujet. »

El planteamiento de Sandra Lehnis (website), Suiza instalada en la isla desde hace cuatro años y con quien charlé agradablemente en esta segunda visita, es realmente original. Lo que le interesa es el espacio entre los árboles; algo misterioso ocurre allí, me dijo.

Animus Mundi es el título de un conjunto de pinturas.”El ritmo infinito de los campos de almendros y olivos en Mallorca compone Animus Mundi”.

“El espacio entre el suelo y la copa de los árboles despertó mi interés. Es el lugar donde ocurre lo invisible y mi objetivo es volverle visible. El ritmo y el emplazamiento de cada árbol- representados por círculos y troncos- son la puerta de entrada de ese tema”.

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L’idée de mystères, d’ondes invisibles circulant entre les arbres est fort séduisante, isn’t it ?

La idea de misterios, de ondas invisibles circulando entre los árboles es muy seductora, ¿no?

 

PS: Gracias Sandra por toda la información y el permiso de reproducción.