31/12/2011

Belle année! ¡Feliz año!

Entre ombres et soleil, se frayer un chemin en eaux troubles...
Entre sol y sombras, abrirse un camino en aguas turbias...

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Faire route en bonne compagnie...Hacer camino en buena compañía....

automne et voyage 020.jpg

L'esprit, si léger....La mente, tan ligera...

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...s'amusera en vol. ...se divertirá volando.

Je vous souhaite une année aimable.

Os deseo un año amable.

10/12/2011

Inventrices / Inventoras

Quelques unes… / Algunas

 

- Non, je ne vois pas, à part Marie Curie aucun nom, désolé(e).

- Moi non plus.

 

-No, no veo, salvo Marie Curie, ningún nombre, lo siento.

-Yo tampoco.

 

Chercher, inventer, les femmes l’ont toujours fait, mais ce n’est qu’en 1790 qu’elles ont pu déposer légalement un brevet à leur nom aux Etats-Unis, et encore pas dans tous les États. C’était  alors sous le nom de leurs pères, maris, frères…qu’apparaissaient leurs inventions.

Mary Kies.jpgLe 15 mai 1809 est une grande date : Mary Dixon Kies est la première américaine (Connecticut) à obtenir un brevet à son nom pour un processus qui permettait de tisser la paille avec de la soie ; elle devint ainsi la grande précurseur de l’industrie du chapeau.

 

Buscar, inventar, las mujeres lo han hecho desde siempre, pero sólo en 1790 pudieron patentar legalmente a su nombre en Estados Unidos, y eso no en todos los Estados. Era entonces bajo el nombre de sus padres, hermanos, maridos…que aparecían sus inventos.

El 15 de mayo es una gran fecha: Mary Dixon Kies es la primera americana (Connecticut) en obtener una patente a su nombre por un proceso que permitía tejer la paja con la seda; fue así la gran precursora de la industria del sombrero.

 

Nous sommes à New York vers 1913. Mary Phelps Jacob vient de s’acheter une robe du soir pour aller à une fête. À cette époque le seul sous-vêtement existant était un corset rigide fait d’os et de bois (super confortable, n’est-ce pas ?). Mary se rend compte que cette armature est par trop voyante sous sa fine robe de soie et elle confectionne, avec deux mouchoirs de soie et un ruban, ce qui est l’ancêtre de nos soutiens-gorge modernes.

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Estamos en, Nueva York hacia el año 1913. Mary Phelps Jacob acaba de comprarse un vestido de noche para ir a una fiesta. En aquella época la única ropa interior existente era un corsé rígido hecho de hueso y de madera (súper confortable ¿verdad?). Mary se da cuenta que esta armadura es demasiado visible debajo de su fino vestido de seda y confecciona, con dos pañuelos de seda y un lazo, lo que es el ancestro de nuestros sujetadores.

 

Vous avez parfois un « bouton de fièvre » (herpès) et vous appliquez de la crème appelée Zovirax ? Vous la devez à Gertrude Elion (1918-1999). Cette chimiste décida, après le décès de son père, dû à un cancer, de se consacrer à la recherche. En 1944 elle travailla dans un laboratoire pharmaceutique sur la purine sans avoir aucune idée de ses applications médicales et ce fut….le premier médicament contre la leucémie.

Gertrude déposa en tout plus de 45 brevets et obtint le prix Nobel de médecine avec George Hitchings et Sir James Black.

 

¿Tiene a veces un herpes labial y se aplica la crema llamada Zovirac?  Se la debéis  a Gertrude Elion (1918-1999). Esa química decidió dedicarse a la investigación después de su padre muriera de cáncer,. En 1944 trabajó en un laboratorio farmacéutico en la purina sin tener la menor idea de su aplicación médica y fue…la primera medicina contra la leucemia.

Se cuentan más de 45 patentes de Gertrude y  obtuvo el premio Nóbel de medicina junto con George Hitchings y Sir James Black.

 

La super crac des inventions, - elle en réalisa 110 dont 49 furent brevetées - fut Beulah Henry, Memphis, Tennessee.

Voici quelques unes de ses inventions :

-         le congélateur de glace sous vide (1912)

-         la première machine à coudre sans bobine (1940)

-         la « protographie », une machine à écrire manuelle qui réalisait 4 copies d’un même document. (1932)

-         « l’éponge savonneuse » pour enfants (1929)

 

La súper crac de los inventos, -realizó 110 de los cuales 49 fueron patentados – fue Beulah Henry, Memphis, Tennessee.

Aquí unos de sus inventos:

-         el congelador de hielo al vacío (1912)

-         la primera máquina de coser sin bobina.(1940)

-         la “protografía”, una máquina de escribir manual que realizaba 4 copias del mismo documento. (1932)

-         “La esponja jabonosa” para niños (1929)

 

Melitta, ça vous dit, ça vous dit…. mais oui, les filtres à café. Nous les devons à une allemande, Melitta Benz. Sa machine fut brevetée en 1908.

thumb_tipp-ex - render 1.jpgEt le Typp-ex ?

Bette Nesmith, secrétaire et artiste, n’avait jamais pensé être inventrice et se contentait d’essayer de résoudre les problèmes de mécanographie et tachygraphie qui se présentaient…ici les fautes de frappe ! Elle « fabriqua » donc cette substance liquide et blanche qui sèche rapidement. Merci Bette, fort pratique !

 

Melitta, os suena…sí, sí, los filtros de café. Se lo debemos a una alemana, Melitta Benz. Su máquina fue patentada en 1908.

¿Y el Typp-ex?

Bette Nesmith, secretaria y artista, nunca había pensado en ser inventora y se limitaba a intentar resolver los problemas de mecanografía y tipografía que se presentaban…aquí las faltas de mecanografía. “Fabricó” pues esa sustancia líquida y blanca que seca rápidamente. Gracias Bette, ¡Muy útil!

 

Comme j’aimerais toutes les nommer, vous raconter leur histoire, comme celle de Mary Anderson, qui inventa le l’essuie-glace en 1903, ou celle de Tabitha Babbit qui breveta la scie circulaire en 1812….la liste est, fort heureusement, longue !

¡Cómo me gustaría nombrarlas todas, contaros su historia, como la de Mary Anderson que inventó el limpia-parabrisas en 1903, o la de Tabitha Babbit que patentó la sierra circular en 1812…la lista es, por suerte, muy larga!

08:07 Publié dans billet | Tags : brevets, femmes, inventions | Lien permanent | Commentaires (2)

03/12/2011

Croquer un soupir / Dibujar un suspiro

A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux: elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.

Soudain un long soupir.

Qui?

Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio: ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.

De repente un largo suspiro.

¿Quién?

 

 

Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.

Bien-être ? Ennui ?

Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.

Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.

¿Bienestar? ¿Aburrimiento?

Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.

 

Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.

Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.

Le soupir entendu semblait plutôt léger….El suspiro parecía mas bien ligero….

CLARA MONTES - A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poème d’Antonio Gala

 

À pied vont mes soupirs

chemin de mon bien


 Avant qu’ils n’arrivent

J’arriverai.


 Tiens la porte ouverte

et ouverte l’âme aussi.


 Avant qu’ils n’arrivent

J’arriverai.


 Mon cœur avec des ailes

Mes soupirs à pied…

Mes soupirs

Mes soupirs à pied. (...)


Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?

Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?

Plongée dans mes réflexions j’en oubliais presque de vous donner ma  recette de biscuits secs de Manacor, village de Rafael Nadal, appelés Suspiros, un délice.

Ingrédients:

Farine

150gr de sucre blanc ou brun

le zeste d’un citron râpé

1 cuillère à soupe de cannelle en poudre

1 pincée de bicarbonate

1 œuf.

 

Allumer le four (180º)

Battre l’œuf entier avec le sucre, le zeste râpé, le bicarbonate et la cannelle jusqu’à ce que l’ensemble soit crémeux. Y ajouter peu à peu la farine jusqu’à obtenir une pâte bien ferme.

Avec une cuillère à café, mettre sur la plaque du four beurrée des lignes (moi je fais des petites boules) de pâte.

Au four 10-15 minutes. Attention, ils brûlent facilement !)

 

12/11/2011

Je suis une pause / Soy una pausa

Entre partir et rester

Entre partir et rester doute le jour,
amoureux de sa transparence.
...

Tout est visible et tout est évasif,
tout est près et tout est intouchable.

Les papiers, le livre, le verre, le crayon
reposent à l'ombre de leurs noms.
...

L’instant se dissipe. Sans bouger,
je reste et je pars: je suis une pause.


(Trad. Colette)

Octavio Paz.

ciel noir 1.jpg

Entre irse y quedarse

Entre irse y quedarese duda el día,
enamorado de su transparencia.
...

Todo es visible y todo es elusivo,

todo está cerca y todo es intocable.


Los papeles, el libro, el vaso, el lápiz

reposan a la sombra de sus nombres.
...

Se disipa el instante. Sin moverme,
yo me quedo y me voy: soy una pausa.

Octavio Paz.

Faire une pause, m'envoler pour quelques jours;
quand on vit sur une île, tout déplacement est un voyage.
Je vous retrouverai vers la fin du mois et " vous souhaite le meilleur", comme on dit en espagnol.
Tomar una pausa, coger el vuelo por unos días;
cuando se vive en una isla, cada desplazamiento es un viaje.
Nos volveremos a encontrar a final de mes, os deseo lo mejor.


Photo: OM, merci!

22/10/2011

Une jambe dans l'origan / Una pierna en el orégano

Tout le monde sait que la partie la plus délicate à manier dans une langue étrangère est celle des expressions. Une fois bien comprises, - il en faut du temps ! -, les placer à bon escient dans la conversation tient de la haute voltige. Combien de crises d’hilarité provoquées ?

Enfin, je vous propose aujourd’hui trois expressions courantes fort savoureuses, imagées, enfin qui me plaisent.

Todo el mundo sabe que la parte más delicada de manejar en un idioma extranjero es la de las frases hechas. Una vez bien entendidas, - ¡cuánto tiempo se necesita! – colocarlas adecuadamente en una conversación tiene algo de malabarismo. ¿Cuántas crisis de hilaridad han provocado?

En fin, hoy os propongo tres expresiones corrientes muy sabrosas, llenas de imágenes, que me gustan. 

 

 

«Dormir a pierna suelta » veut dire littéralement dormir à jambe détendue, relax, jambe au singulier, notez bien.

Il semblerait que cette expression vienne de l’univers carcéral où dormir sans les pieds attachés, enchaînés, avec parfois un boulet, était un cadeau sans prix….l’occasion de dormir « à poings fermés » (pas vraiment un signe de détente, oui ?) ou « sur ses deux oreilles » (chose impossible me signale-t-on ici) ; rien n’est parfait.

Bref, dormir a pierna suelta, c’est dormir profondément.

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…quiere decir, literalmente, dormir con una pierna relajada, pierna en singular. ¡Curioso!

Parece ser que esa  expresión proviene del universo de la cárcel  dónde dormir sin tener los pies atados, encadenados, a veces con un lastre era un regalo sin igual….en francés se diría por ejemplo “dormir à poings fermés” (con los puños cerrados, no precisamente un signo de relajo, ¿no?) o bien “dormir sur ses deux oreilles” (con las dos orejas, cosa imposible, héhé). Nada es perfecto.

 

« Hacer la vista gorda » : Ici une courte histoire d’antan. Jeune et fraîchement arrivée en Espagne avec une vieille Dyane, voilà qu’un douanier m’attrape, me dit que j’aurais dû changer la plaque belge depuis 2 mois, enfin, qu’il me donne une semaine et qu’entre-temps il fera « la vista gorda ».

Je comprends les mots, vista = vue et gorda=grosse…il va faire la grosse vue ? Je suis perplexe mais ris sous cape car une image s’installe dans ma tête : le même douanier avec des lunettes aux verres si épais qu’il ne voit rien. Presque.

L’expression veut dire : faire comme si on ne voyait pas, détourner la vue.

 

…aquí una corta historia de antaño. Joven y recién llegada a España en un viejo Dyane, un aduanero me atrapó y me leyó la cartilla: hubiera tenido que cambiar la matrícula belga desde hacía 2 meses, pero que bueno, me daba una semana y mientras haría la vista gorda.

Yo entendía las palabras “vista” y “gorda”…pero juntas, ¿qué diablos querían decir? Me quedé perpleja pero riéndome por lo bajo ya que una imagen se instaló en mi cabeza: la del mismo aduanero con unas gafas con cristales tan espesos que no podía ver nada. Casi.

                         Fin de curso 005.jpg

“No todo el monte es orégano”.

 Oh qu’elle sent bon celle-ci, un mont couvert d’origan, on fonce !

D’après Wiki « Le mot « origan » est issu du grec ρίγανον / origanon, signifiant « qui se plaît sur la montagne », composé de ρος / oros « montagne » et γάνος / ganos « éclat, aspect riant » ; pour les anciens cette plante avait une grande valeur car elle était un remède, une solution à tous les maux.

Donc voilà que si le mont  n’est pas entièrement couvert, on va y trouver des difficultés, des contrariétés. Avouez que « Tout le mont n’est pas origan » est franchement plus porteur d’images que….hum, je pensais à  « Tout n’est pas rose ».

 

Oh, ¡qué bien huele esta, un monte recubierto de orégano, allá vamos!

Según Wiki la palabra « origan » proviene del griego ρίγανον / origanon, que significa « que disfruta en la montaña », compuesta de ρος / oros « montaña » y γάνος / ganos « destello, aspecto risueño » . Para los antiguos esta planta tenía un gran valor ya que era un remedio, una solución a nuestros males.

En francés se diría…hum, por ejemplo, “no todo es de color rosa”, que es menos evocador, ¿no?

 

 

Illustrations. 1) Nu à la fenêtre de Daniel Vazquez Diaz 1939

2) Photo Colo

08/10/2011

Dans la brume / En la niebla

Puigpunyent 027.jpg

Brumes matinales sur la route qui mène chez moi; Platero s'y plairait bien, non?
Car c'est de lui, enfin plutôt des cruelles facéties et désirs de notoriété de Dalí et Buñuel que nous allons parler aujourd'hui. Je vous l'avais annoncé.

 

 

L’affaire Platero / El asunto Platero

« Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez. Une première édition partielle, comprenant 63 chapitres, est publiée à Madrid en 1914, dans une édition pour la jeunesse. L’édition intégrale sortit en 1917, connut un immense succès et devint livre de lectures scolaires dès 1920.

« PLatero y yo » de Juan Ramón Jiménez: una primera edición parcial, conteniendo 63 capítulos, se publicó en Madrid en 1914, en una edición juvenil. La edición integral salió en 1917, tuvo un inmenso éxito y  fue una lectura escolar desde 1020.

 

« L’affaire » se passe en 1928. Juan Ramón Jiménez est déjà un auteur et poète reconnu.

« El asunto » tuvo lugar en 1928. J.R.Jiménez ya es un autor y poeta reconocido.

 

Dalí et Buñuel, âgés de 24 et 28 ans se connaissent depuis longtemps ; ils ont pour objectif, entre autres,  de moderniser la poésie et avaient, c’est bien curieux,  développé depuis l’enfance une obsession  pour  les ânes pourris, (sujet que l’on retrouve sous la forme de têtes d’ânes morts sur un piano dans le grand classique du cinéma surréaliste « Un chien andalou »).

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Dalí y Buñuel de 24 y 28 años se conocen desde hace tiempo; tienen por objetivo, entre otros, modernizar la poesía y ambos tenían, hecho curioso, una obsesión por los burros podridos (tema que de encuentra bajo la forma de cabezas de burros muertos en un piano en el gran clásico del cine surrealista “Un perro andaluz”).

 

Un jour, Mr Jiménez reçoit la terrible lettre suivante :

Un día, el Señor Jiménez recibe la terrible carta siguiente:

 

Lettre de Luis Buñuel y Salvador Dalí à Juan Ramón Jiménez (1928)

Mr Juan Ramón Jiménez

Madrid

Notre cher ami. Nous pensons qu’il est de notre devoir de vous dire –oui, de façon désintéressée- que votre œuvre nous répugne profondément car immorale, car hystérique, car cadavérique, car arbitraire.

 

Spécialement :

 

MERDE !!

 

pour votre Platero et moi, pour votre facile et malintentionné Platero et moi,  l’âne le moins âne, l’âne le plus odieux que nous ayons rencontré.

 

Et pour vous, pour votre funeste actuation, aussi :

 

MERDE !!!

 

Sincèrement.

 

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

 

 

 

Carta de Luis Buñuel y Salvador Dalí a Juan Ramón Jiménez (1928)

Sr. Dn. Juan Ramón Jiménez

Madrid

Nuestro distinguido amigo: Nos creemos en el deber de decirle -sí, desinteresadamente- que su obra nos repugna profundamente por inmoral, por histérica, por cadavérica, por arbitraria.

Especialmente:

¡¡MERDE!!

para su Platero y yo, para su fácil y malintencionado Platero y yo, el burro menos burro, el burro más odioso con que nos hemos tropezado.

Y para Vd., para su funesta actuación, también:

¡¡¡¡MIERDA!!!!

Sinceramente

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, p. 189.]

 

Vous imaginez l’étonnement, la  peine aussi de cet homme si sensible.

Dalí nous donne, dans son style caractéristique, une explication de la lettre, la voici.

Os podéis imaginar la sorpresa, la pena también de ese hombre tan sensible.

Dalí nos da una explicación de la carta, aquí está:

juanramon.jpg

 

"A ce moment nous voulions envoyer, pour créer une sorte de subversion morale, une lettre à la personne la plus prestigieuse d’Espagne, uniquement pour provoquer une réaction et que les gens disent : « Pourquoi l’ont-ils fait ? » et tout ça. Nous en avions alors choisi deux ou trois, nous avions pensé à Falla * qui jouissait déjà d’un grand prestige, pour lui dire qu’il était un fils de pute, etc…le pire qu’on puisse dire ; nous les avons mis dans un chapeau (les noms) , et Juan Ramón Jiménez est sorti.

 

Nous venions justement de rendre visite la veille à J.R. Jiménez qui nous avait reçus sentimentalement : « Voyons cette merveilleuse jeunesse… », et il dit avoir rencontré des jeunes gens magnifiques dans notre groupe.

 

Alors, il sort du chapeau et nous écrivons la lettre, qui était une lettre terrible contre Platero, que l’âne de Platero était un âne pourri, que cette histoire d’étoiles était du sentimentalisme… ; en plus, c’est vrai, je n’ai jamais aimé Juan Ramón Jiménez, je trouve que c’est un très mauvais poète. Au moment de poster la lettre, Buñuel a eu un doute, mais il la posta, nous la postâmes, et le jour suivant Juan Ramón a été malade, il disait : » Je ne comprends pas, la veille je reçois ces jeunes gens ; ils me semblent…et le jour d’après ils m’insultent de la façon la plus grossière… » Et il n’a jamais compris. C’était une chose incompréhensible."

(Traductions Colette)

 

"En aquel momento queríamos mandar, para crear una especie de subversión moral, una carta a la persona más prestigiosa de España, únicamente para provocar una reacción y que la gente dijera: "¿Por qué lo han hecho?", y tal y cual. Entonces habíamos escogido dos o tres, y habíamos pensado en Falla, que tenía un gran prestigio, para decirle que era un hijo de puta, etc.: lo más que se puede decir; los pusimos en un sombrero (los nombres), y salió Juan Ramón Jiménez.

 

Justamente acabábamos de visitar a Juan Ramón el día anterior, que nos había recibido sentimentalmente: "A ver, esa juventud maravillosa...", y dijo haber encontrado unos chicos magníficos en nuestro grupo.

 

Entonces, sale en el sombrero y escribimos la carta, que era una carta terrible contra Platero, que el asno de Platero era un asno podrido, aquello de las estrellas era un sentimentalismo...; además, es verdad, a mí nunca me ha gustado Juan Ramón Jiménez, encuentro que es un poeta pésimo. En el momento de echar la carta, Buñuel tuvo una duda, pero la echó, la echamos, y al día siguiente Juan Ramón estuvo enfermo, diciendo: "No comprendo, un día antes recibo a estos chicos; me parecen... Y al día siguiente me insultan de la manera más grosera..." Y no lo comprendió nunca. Fue una cosa incomprensible."

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, pp. 191-192.]

 

*Falla : il fait référence à Manuel de Falla : http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_de_Falla

Source / Fuente : http://www.udc.es/tempo/cuestions20/docs_surr08.html#jrj

 

24/09/2011

Animaux en balade / Animales de paseo

Puigpunyent 003.jpgMon village est mince : une seule rue, très longue et en pente, comme un trait d’union isolé entre la montagne et la plaine. Pas de place centrale car il n’existe pas de centre ; l’église se trouve tout en bas, le couvent abandonné tout en haut.

Serait-ce parce que l’église n’est pas au milieu du village que nous nous y sentons si bien ?

A part le bar ou le centre sportif, il offre peu de distractions, alors tout le monde se balade, surtout en fin d’après-midi, vers 19-20h.

Enfants, vélos, adultes, vieux, chiens, poussettes se croisent, se saluent tous. « Adeu !  Adeu ! ».*

 

Mi pueblo es delgado: una única calle, muy larga y empinada, como un guión aislado entre la montaña y la llanura. No hay plaza central ya que no existe ningún centro; la iglesia está abajo del todo, el convento abandonado arriba del todo.

¿Será porque la iglesia no está en medio del pueblo que estamos aquí tan a gusto?

Excepto el bar y el polideportivo, ofrece pocas distracciones y por lo tanto todo el mundo se pasea, sobre todo por la tarde.

Niños, bicicletas, adultos, viejos, perros, cochecitos de bebés se cruzan, se saludan todos: “Adeu! Adeu!”

 

Rencontre fortuite hier avec un jeune vétérinaire,  allergique aux poils de chiens et de chats, qui promène en laisse  son petit cochon vietnamien.

 « Faut voir la tête des gens âgés » me dit-il hilare, « éberlués, il rajustent leurs lunettes en s’exclamant : Mem, això no és un ca, és un porc ! » *

 

Encuentro fortuito ayer con un joven veterinario, alérgico a los pelos de perros y gatos y que pasea con una correa su pequeño cerdo vietnamita.

“Hay que ver la cara que pone la gente mayor” me dice riéndose, “alucinados, ajustan sus gafas y exclaman: Mem, això no és un ca, es un porc!”

**Majorquin : - Adios, cette façon de se saluer est curieuse et intéressante, non ?

                       -  Voyons, ce n’est pas un chien, c’est un cochon !

 

Les alentours se prêtent aux promenades de tous genres, la mer exceptée : si elle n’est pas loin à vol d’oiseau, rien n’est loin ici,  elle est derrière la montagne.

La lumière est si belle en ce moment…

Plumeros 001.jpg

 

Vous connaissez peut-être ce délicieux roman poétique « Platero et moi » de Juan Ramón Jimenez, je lui dédierai mon prochain billet, mais aujourd’hui voici un poème de cet ex prix Nobel, si sensible aux charmes de la nature.

 

Los alrededores se prestan a  paseos de todo tipo, exceptuando el mar: aunque está cerca a vuelo de pájaro, nada queda lejos aquí, está detrás de la montaña.

La luz es tan bella en este momento.

 

Conocéis sin duda  la novela deliciosamente poética “Platero y yo” de J. R. Jiménez, le dedicaré mi próxima nota, pero hoy un poema de ese ex premio Nóbel, tan sensible a los encantos de la naturaleza.

 

 

Jardín    J. R. Jimenez

Yo no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

El río se lleva, mientras,
la realidad de esta tarde,
a mares sin esperanza.

Miro al oriente, al poniente,
miro al sur y miro al norte.

Toda la verdad dorada
que cercaba al alma mía,
cual con un cielo completo,
se cae, partida y falsa.

Y no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

 

Je ne sais comment sauter

de la rive d’aujourd’hui

à la rive de demain.

 

Tandis que la rivière emporte

la réalité de ce soir,

à des mers sans espoir.

 

30 enero 2010 005.jpgJe regarde à l’orient, au couchant,

je regarde au sud, je regarde au nord.

 

Toute la vérité dorée

qui cernait mon âme,

qui, avec un ciel entier,

tombe, brisée et fausse.

 

Je ne sais comment sauter

de la rive d’aujourd’hui

à la rive de demain.

 

 

 

 

 

Photos et traductions: Colette

 

 

 

06/09/2011

Espoir de fraîcheur / Esperanza de fresco

 

 Septembre ; l’espoir de fraîcheur approche. Mais ce n’est encore qu’un espoir.

Septiembre; se acerca la esperanza de fresco. Pero aún sólo es una esperanza.

 

 Pour me consoler je me suis mise à relire des extraits de deux romans où, je m’en souvenais fort bien, la chaleur était plus suffocante, plus trempée qu’ici.

Para consolarme volví a leer unos extractos de dos novelas donde, me acordaba perfectamente, el calor era más sofocante, más remojado que aquí.

 

“Elle se leva et se dirigea vers le rafraîchisseur à bouteilles. L’épuisement régnait en maître ici, se dit Morgan en essuyant  une goutte de sueur sur son front. Il savait que sa chemise bleu pâle, propre du matin, avait maintenant deux taches bleu foncé grandes comme des soucoupes sous les aisselles et peut-être quelques zébrures sur son épine dorsale. Il aurait dû en mettre une blanche, râla-t-il, de quoi aurait-il l’air en accueillant la fille des Fanshawe avec la dégaine de « celui-qui-n’emploie-pas-de- deódorant »dans une pub de cinéma. Il lui faudrait carrément garder les bras collés le long du corps. »

William Boyd, Un anglais sous les tropiques.

                                   Bañalbufar 010.jpg

“El calor es sofocante en la pieza cerrada. Se oye el zumbido del sol por las calles, pero nada más. El aire es estancado, concreto; se siente la impresión de que podría torcérsele como una lámina de acero.”

G. García Márquez. La hojarasca.

“La chaleur est suffocante dans la pièce fermée. On entend le vrombissement du soleil dans les rues, mais rien d’autre. L’air est stagnant, concret ; on a l’impression de pouvoir le tordre comme une lame d’acier. »

G. García Márquez. Des feuilles dans la bourrasque (Traduction Colette)

 

Me voilà un peu plus fraîche ; peut-être même la température ne dépassera-t-elle pas les 30º aujourd’hui.

Une belle énergie renaîtra, je ne fuirai plus ta peau la nuit prochaine.

Peut-être.

Heme aquí algo más fresca; tal vez la temperatura no pase hoy de los 30º, renazca una sana energía, no huya de tu piel la próxima noche.

Tal vez.

 

30/07/2011

Une question d'honneur / Un asunto de honor

Monsieur Palomar « avait décidé que sa principale activité serait de regarder les choses du dehors » (Palomar, Italo Calvino, 1983)

El señor Palomar « había decidido que su principal actividad sería mirar las cosas desde fuera” (Palomar, Italo Calvino, 1983)

 

Voici aujourd’hui quelques extraits du chapitre intitulé « Le pré infini » que je dédie à tous ceux qui ont des pelouses…

Chez moi, vu le climat et la rareté de l’eau, c’est comme ça :

Hoy unos extractos del capítulo titulado « El prado infinito » que dedico a todos los que tienen un césped…

En mi casa, debido al clima y la rareza del agua, es así:

 

 

Blanc_25.jpg

 

 Autour de la maison de monsieur Palomar, il y a un pré.

Mais ce n’est pas là un endroit où il devrait naturellement y avoir un pré : le pré  est donc un objet artificiel composé d’objets naturels, c’est-à-dire d’herbes. Ce pré a pour fin de représenter la nature, et cette représentation-là s’est faite en remplaçant la nature propre du lieu par une nature naturelle en elle-même, mais artificielle par rapport au lieu. En somme : ça coûte cher ; le pré demande sans cesse des dépenses et de la fatigue : pour le semer, l’arroser, y mettre de l’engrais, le débarrasser des insectes, le faucher.

 

Alrededor de la casa del Sr. Palomar hay un prado.

Pero no es ese un sitio donde debería naturalmente haber un prado: el prado es pues un objeto artificial compuesto de objetos naturales, es decir de hierbas. La finalidad de ese prado es representar la naturaleza y esa representación se ha hecho reemplazando la naturaleza propia del lugar por una naturaleza natural en ella misma pero artificial en relación con el lugar. Pero todo eso cuesta caro; el prado exige sin parar gastos y fatiga: sembrar, regar, abonar, desinsectar, segar.

 

pelouse.jpgLe pré, pour avoir un bel aspect, doit être une étendue verte uniforme : résultat non naturel auquel parviennent naturellement les prés voulus par la nature. Ici, en observant chacun des morceaux, on découvre l’endroit où le jet d’irrigation du tourniquet n’arrive pas, ainsi que l’endroit où, au contraire, l’eau pleuvant d’un jet continu fait pourrir les racines, l’endroit où les mauvaises herbes profitent de l’arrosage approprié.

 

El prado para tener un buen aspecto debe ser una superficie verde uniforme: resultado no natural al cual acceden naturalmente los prados queridos por la naturaleza. Aquí, observando cada parte del prado, vemos el sitio al que no llega el aspersor, así como aquel donde, al contrario, el agua cayendo en chorro continuo pudre las raíces, o el sitio, en fin, donde las malas hierbas se aprovechan de un riego adecuado.

 

Quand on commence à déraciner un chiendent, on en voit aussitôt pousser un autre un peu plus loin, et un autre, et un autre encore.

Il ne reste que les mauvaises herbes ? C’est bien pis encore : les mauvaises herbes sont entremêlées aux bonnes de manière si drue qu’on ne peut pas enfoncer les mains au milieu et tirer. On dirait qu’une entente complice s’est crée entre les herbes de semis et les sauvages, u relâchement des barrières imposées par les disparités de naissance, une tolérance à la dégradation. Certaines herbes sauvages n’ont point en elles-mêmes un air maléfique ou insidieux.

Pourquoi ne pas les admettre au nombre de celles qui appartiennent de plein droit au pré, et les intégrer à la communauté des herbes cultivées ? C’est le chemin qui mène à quitter le « pré à l’anglaise » et à se replier sur le « pré rustique » abandonné à lui-même. « Tôt  ou tard, il faudra bien se décider à ce choix », pense monsieur Palomar ;  mais il aurait l’impression de céder sur une affaire d’honneur.

 

pelouse mauvaises herbes.JPGCuando se empieza a desarraigar una grama, enseguida aparece una un poco más lejos, y otra, y otra más.

¿Solo quedan las malas hierbas? Todavía es peor: las malas hierbas se entremezclan con las buenas de una manera tan recia que es imposible meter las manos en medio y tirar. Se diría que un acuerdo cómplice se ha creado entre las hierbas de siembra y las salvajes, un relajamiento de las barreras impuestas por la disparidad del nacimiento, una tolerancia resignada a la degradación. Algunas hierbas salvajes no tienen en ellas mismas un aspecto maléfico o insidioso.

¿Por qué no admitirlas entre aquellas que pertenecen de pleno derecho al prado e integrarlas a la comunidad de hierbas cultivadas? Pero ese es el camino que lleva a abandonar el “prado a la inglesa” y replegarse al “prado rustico” abandonado a él mismo. “Pronto o tarde es lo que habrá que elegir” pensó el Sr. Palomar; pero tendría la impresión de ceder en un asunto de honor.

 

Palomar est devenu distrait, il n’arrache plus les mauvaises herbes, il ne songe plus au pré : il pense à l’univers. Il essaie d’appliquer à l’univers tout ce qu’il a pensé du pré. L’univers comme cosmos régulier et ordonné, ou comme prolifération chaotique. L’univers fini peut-être, mais innombrable, aux limites instables, qui ouvre en lui d’autres univers…

Palomar se ha vuelto distraído, ya no arranca las malas hierbas, ya no piensa en el prado: piensa en el universo. Intenta aplicar al universo todo lo que pensó del prado. El universo como cosmos regular y ordenado, o como proliferación caótica. El universo finito tal vez, pero innumerable, con límites inestables, que abre en sí otros universos…

 

Photos:1 Colo 2 http://espacesvertshortion.blogs.sudouest.fr/la-pelouse/ 3 http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/08-030w.htm

23/07/2011

Vagues de sable /Olas de arena

« L’homme écrit sur le sable
Moi ça me convient bien ainsi
L’effacement ne me contrarie pas,
A marée descendante je recommence »
Jean Dubuffet.

 

 “El hombre escribe en la arena

A mi me conviene así

Su borrado no me contraría

A marea baja vuelvo a empezar”

Jean Dubuffet.

sable2.jpg

« Sable du temps » auteure franco-suisse du blog Voix de l’oubli et Colette se sont unies cette semaine pour mitonner ce billet sur…le sable.

Des moments d’échanges passionnants, enrichissants, à distance, nous ne nous sommes jamais vues ; si loin, et pourtant si proches.

                                                                Magie des mots ...

 

 

 

            Sables mouvants Jacques Prévert

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

 

                                                              

                                                                         ARENAS MOVEDIZAS  Jacques Prévert               

 

Demonios y maravillas
    Vientos y mareas
           A lo lejos ya el mar se ha retirado

Y tú
   Como un alga dulcemente acariciada por el viento
           En las arenas del lecho te agitas entre sueños
                Demonios y maravillas
            Vientos y mareas
          A lo lejos ya el mar se ha retirado
           Pero en tus ojos entreabiertos

Dos pequeñas olas se han quedado
               Demonios y maravillas
                   Vientos y mareas
          Dos pequeñas olas para ahogarme.
(trad.Colette)

 

 

 

sable.JPG

 

De sable et d'eau

 

Le Vent de la mer m'a soufflé

j’ai mille ans

mais je n’ai pas le temps.

Château de sable

lève l'ancre !

l'océan se retire

et t'emporte

vers d' autres rivages,

là où la vague

n'atteindra jamais la dune

là où s'enlisent les rêves

frangés d'écume.

Glisse à travers les reflets

de brume grise,

caresse les mots,

fils d'or et d'argent

entrelacés,

révèle nos serments oubliés

et disparais

dans l'émouvance des sables

du temps.

(texte : Sable du temps)

 

Ajout un peu surréaliste d’un ami doué :

 

Le vent de la mer m’a soufflé

silence !

des mots, un colosse

majestueux, si lent,

ici, Victor Hugo Boss.

 

De arena y agua

 

El Viento del mar me ha susurrado

tengo mil años

pero no tengo tiempo.

Castillo de arena

¡levanta el ancla!

El océano se retira

Y te lleva

Hacia otras orillas

allá donde la ola

jamás alcanzará la duna

allá donde se hunden los sueños

festoneados de espuma.

Resbala entre los reflejos

de bruma gris,

acaricia las palabras,

hilos de oro y plata

entrelazados,

 desvela nuestros juramentos olvidados

y desaparece

en las arenas movedizas

del tiempo.

 

Texto: Sable du temps.

 

Añadido un poco surrealista de un amigo talentoso:

 

El viento del mar me ha susurrado

¡silencio!

de las palabras, un coloso

majestuoso, tan lento,

aquí Víctor Hugo Boss.

 

 

                                                 Vague de sable,

Arena0.jpg

 

 

de dunes en châteaux, joue sur le vent, emplis les seaux multicolores des enfants sur la grève, et quand viendra le soir, effleure de mille grains nos yeux endormis. (S. du T.)

 

                                                  Ola de arena,

 de dunas en castillos, juega en el viento, llena los cubos multicolores de los niños en la playa, y cuando venga la noche, roza de mil granitos nuestros ojos dormidos.

 

Photos 1 et 2, Sable du temps, photo 3 prise au Sénégal par I. Pampín, ¡gracias!

Traductions en español, Colette

 

25/06/2011

BIGOTE

Cette fois, pas besoin de traduire le titre. Curieux n’est-ce pas ?

 

 Les francophones qui me lisent auront pensé à une dévote. Les hispanophones, (qui le prononcent « bigoté »), à une moustache. Pas de rapprochement apparent si ce n’est pour des esprits retors qui…

miro-joan-1893-1983-spain-peinture-l-homme-a-la-moustach-949314.jpg
Joan Miró, L'homme à la moustache

 

Piquée par la curiosité j’ai consulté des dictionnaires étymologiques français et espagnols. Les éminents philologues sont prudents, l’origine est incertaine. Le mot semble néanmoins dater du 12º siècle, après l’époque des invasions normandes. Ces grands gaillards, appelés aussi Vikings, employaient volontiers  l’interjection « Be Gode ! »,  Par Dieu !

Je vous épargne les détails de l’évolution mais il semble que les ibères aient retenu de ces envahisseurs leurs gigantesques et effrayantes moustaches, et les gaulois, eh bien,  l’attachement au ciel.

 

Une autre idée me traverse cependant l’esprit …et si les dieux avaient un penchant pour les poils ?

 (source photo, voir bas de page)jarnac-champagne, charente maritime.jpg

 

 

Esta vez no hace falta traducir el título. Curioso, ¿no?

 

Los francófonos (lo pronuncian “bigot”) que me leen  habrán pensado en una devota. Los españoles en un mostacho. Ningún parentesco aparente si no es para mentes retorcidas que…

 

Viking Rurik.jpgLlevada por la curiosidad consulté diccionarios etimológicos franceses y españoles. Los eminentes filólogos son prudentes, el origen es incierto. La palabra parece sin embargo datar del siglo 12, después de las invasiones normandas. Estos tiarrones, también llamados Vikingos, empleaban a menudo la interjección “Be Gode!”, o sea ¡Por Dios!

Os ahorro los detalles de la evolución, pero parece que los iberos se hayan quedado con…los gigantescos y temibles bigotes, mientras que los galos se fijaban en sus lazos con el cielo.

 

Sin embargo otra idea  me pasa por la mente… ¿Y si los dioses tuvieran una querencia hacia el vello?

 

 

 

(Saviez-vous qu'il existe des championnats mondiaux de moustaches et barbes? regardez!) (¿Sabíais que existen unos campionatos mundiales de bigotes y barbas?, ¡mirad!)

 

Trêve de trop de plaisanterie, je vous recommande le roman « La moustache » de Tahsin Yücel  (Acte sud) qui allie humour et  questionnement sur le passé, l’identité turque. Une belle chronique à lire ici.

(Que yo sepa esta novela « El Bigote » de Tahsin Yücel no está todavía traducida al español, lo siento)

 

Et puis ce texte exquis  de Maupassant, “La moustache”, où le rôle de cet ornement dans l’amour est porté à son comble ; pas d’amour sans moustache… à lire et relire ici.

Y este  exquisito texto de Maupassant, « El bigote » donde el papel de ese ornamento en el amor es llevado a su colmo; no hay amor sin mostacho… para leer una y otra vez, aquí:

 

ET enfin l’incontournable Brel, « Les bigotes »

 

 

 

 

 

 

Photo église: http://web.me.com/joel.jalladeau/gens/page2/page2.html

18/06/2011

J.Semprún, tant de souvenirs / ...tantos recuerdos

Toc-toc…c’est Alex de Bordeaux qui m’envoie un cadeau très personnel avec un mot : si tu veux, traduis-le en espagnol et mets-le sur ton blog.

Merci à toi Alex que je ne connais que par blogs interposés, toi dont les mots me font souvent rire, rêver, larmoyer.

Avec un léger retard dû à une traduction laborieuse, voici son hommage à Jorge Semprún.

 

 

Semprun-Yves Montand.jpg

Toc y toc,...es Alex de Bordeaux que me manda un regalo muy personal con una nota: si quieres tradúcelo al español y ponlo en tu blog.
Muchas gracias a ti Alex; a ti, que sólo conozco a través de los blogs, tú, que escribes unas palabras que a menudo me hacen reír, soñar, lloriquear.

Con un ligero retraso debido a una traducción laboriosa, aquí tienen su homenaje a Jorge Semprún

 

Et puis, Jorge est mort!

 

Cours Dupré de Saint Maur, prés de la base sous-marine il reste des pavés.

Le vieil homme traverse le pont de métal qui enjambe le pertuis entre les deux bassins.

Il se souvient des années jeunes.

maquis-con-el-puño-en-alto.jpgIl se souvient qu’il fut soldat de la jeune République Espagnole chassé de Guernica par les balles de Franco et les stukas d’Hitler sous le regard impassible de l’Europe.

Il se souvient qu’il passa deux hivers au camp d’Argelès à regarder mourir des enfants, des femmes et des vieillards. Chaque mort était une solution au problème encombrant le gouvernement de la Troisième République, accueillant et généreux, fournissant les pompes plantées à quelques mètres de la mer les abreuvant d’eaux salées et leur permettant de dormir sous des abris indignes et précaires enroulés deux à deux dans des  couvertures entre la gale et les poux.

Il se souvient des paysans  qui venaient choisir les survivants, fouillant dans les bouches au marché aux esclaves, tâtant les muscles des plus robustes de cette main d’œuvre gratuite.

Il se souvient des deux années qui suivirent passées à la construction de la base sous-marine et des coups de crosse des gendarmes français le matin à 3 heures au camp de Saint-Médard en Jalles, puis des 12 heures de travail aux ordres des maîtres d’œuvre nazis et sous les bombes alliés intervenant juste un peu tard. Il se souvient de la libération, pas pour tout le monde.

Il se souvient des passeports et des menaces à peine voilées pour les candidats au retour. Rien n’a vraiment changé pour les bannis. L’exil, la traversée, des Pyrénées, des Alpes ou de la Méditerranée,  et pour ceux qui survivent, l’espoir au mieux d’être parias et sans papiers ici, étrangers là-bas sur leurs terres natales.

 

Je sors de la base Sous marine où vient d’être projeté le film de Céline Alcazar « Petite rue de Saintonge » . Franco ou Mussolini  avaient lancé cette mode des petits métiers : « rempart contre le communisme » validée par le monde libre et aveugle autorisant toutes les futures dictatures  des Somoza, Videla, Pinochet et consorts. Rien ne bouge, alors "qu’on sort" à peine de cet autisme complice pour aussitôt les  remplacer par : « Rempart contre l’islam » autorisant etc. etc…

Il reste des pavés Cours Dupré de Saint Maur et dans les pas du vieil homme aujourd’hui disparu, je passe sur le pont du pertuis à coté de la vieille écluse.

 

Je me souviens de C., instituteur là-bas maçon ici, que nous visitions le dimanche. J’ignorais ce que nous faisions-là et j’apprenais à lire dans les pages de « l’Humanité » les bonnes feuilles de « Pif le chien » communiste et de « Prince Valiant » tandis que les grands parlaient avec des voix basses de conspirateurs. Je relève mon col frissonnant de froid ou d’effroi  rétrospectif : j’aurais pu devenir communiste. J’ai hérité de son Solex et je suis résistant…au chaud et froid.

Ruderales2-Milieu3-Trottoirs_pavés.JPG

Elliot, le chien, renifle entre les plantes rudérales, ces fleurs de pavé capables d’écarter les pierres pour que vive la vie.

Les émigrés, les exilés et les bannis sont ces plantes rudérales et désormais nous élisons en alternance les poseurs de pavés qui changent d’avatars pour exploiter la détresse avec quelques variantes. Rien ne change! Il y aura toujours des pavés pour écraser l’espérance. Il y aura aussi et toujours des fleurs de résistance.

Les fleurs de ceux qui se taisent, de ceux qui chantent, de ceux qui écrivent.
Et puis Jorge Semprún est mort.

 

¡Jorge ha muerto!

 

 

En Cours Dupré de Saint Maur, cerca de la base submarina quedan adoquines.

El anciano atraviesa el puente de metal que pasa por encima de la compuerta entre las dos dársenas.

14a2-teruel-republicanos.jpgSe acuerda de sus años jóvenes. Se acuerda de que fue soldado de la joven República Española, expulsado de Guernica por las balas de Franco y los Stukas de Hitler bajo la mirada impasible de Europa.

Se acuerda de que pasó dos inviernos en el campo de Argelés viendo morir niños, mujeres y ancianos. Cada muerto era una solución al problema que molestaba al gobierno de la Tercera República, acogedor y generoso, suministrador de las bombas de agua situadas a escasos metros del mar y que les abrevaba de agua salada, les permitía dormir bajo refugios indignos y precarios envueltos, de dos en dos, en mantas infectadas de sarna y de piojos.

 

Se acuerda de los campesinos que venían a escoger, al mercado de esclavos, hurgando en las bocas, palpando los músculos, a los más robustos de aquella mano de obra gratuita.

Se acuerda de los dos años que siguieron, pasados en la construcción de la base submarina y de los golpes de culata de los gendarmes franceses a las tres de la mañana en el campo de Saint-Médard en Jalles, de las doce horas de trabajo a las órdenes de los capataces nazis bajo las bombas aliadas que intervenían justo un poco tarde.

Se acuerda de la liberación que no fue para todos.

 

Se acuerda de los pasaportes y de las amenazas apenas veladas para los candidatos al retorno. Nada ha cambiado verdaderamente para los desterrados. El exilio, la travesía de los Pirineos, de los Alpes o del Mediterráneo, y para los que sobreviven, la esperanza, en el mejor de los casos, de ser un paria sin papeles aquí, un extranjero allí, en su tierra natal.

 

Salgo de la base submarina donde acaba de ser proyectada la película de Céline Alcazar “Petite rue de Saintonge” . Franco o Mussolini habían lanzado la moda de esas pequeñas empresas: “muralla contra el comunismo” validado por el mundo libre y ciego que, por lo mismo, autorizaba todas las futuras dictaduras de los Somoza, Videla, Pinochet y consortes. Nada se mueve cuando “salimos” apenas de ese autismo cómplice para reemplazarlo inmediatamente por “muralla contra el Islam” que autoriza etc., etc...

 

Quedan adoquines en Cours Dupré de Saint Maur y siguiendo los pasos del anciano, hoy desaparecido, paso sobre el puente de la compuerta al lado de la vieja esclusa.

 

Me acuerdo de C., maestro allá, albañil aquí, al que visitábamos los domingos. Yo ignoraba que hacíamos y aprendía a leer en las páginas de “l’Humanité” las viñetas de “Pif el perro” comunista y del “Principe Valiente” mientras que los grandes hablaban con la voz baja de los conspiradores. Levanto mi cuello tembloroso de frío y de pavor retrospectivo: hubiera podido acabar comunista. Heredé su Solex y resisto… al calor y al frío.

 

 

Elliot, el perro, olisquea entre las plantas “rudérales”*, esas flores de adoquín capaces de separar las piedras para que viva la vida.

Ruderales-Coquelicots.JPG Los emigrantes, los exilados y los desterrados son esas plantas “rudérales”* y en adelante elegiremos alternativamente los adoquineros que cambian los avatares para explotar el desamparo con algunas variantes. ¡Nada cambia! Siempre habrá adoquines para atropellar la esperanza. También habrá siempre flores de resistencia.

Las flores de aquellos que se callan, de aquellos que cantan, de aquellos que escriben.

 

 

Y Jorge Semprún ha muerto.

 

 

(Trad: Miguel-Angel y Colette)

Photos:

http://cabanedetellus.free.fr/Plantes_rud%C3%A9rales02_Tellus.html

http://fusiladosdetorrellas.blogspot.com/

 

 

 

28/05/2011

Un cumul d'indignations, allons! /Un cúmulo de indignaciones, ¡vamos!

                          Para qué vivir tan separados                             
Si la tierra nos quiere juntar
Si este mundo es uno y para todos
Todos juntos vamos a vivir

 

(Todos juntos- Las Jaivas, Chile)    

                             

Pourquoi vivre si séparés

Si la terre veut nous réunir

Si ce monde est un et pour tous

Tous ensemble nous allons vivre.

 

mayo 2011 007.jpg

L'indignation, la juste et vraie indignation, ce sentiment plus subtil que la colère, j'ai essayé de la cerner et j'ai trouvé ceci: 

"La plus belle interprétation que l'on puisse donner de ce sentiment  est celle que Platon présente dans un mythe sous le nom de réminiscence. Avant de s'incarner dans notre corps, notre âme a séjourné dans un lieu divin où elle a pu contempler la justice parfaite. Elle en a conservé un souvenir trop faible pour rendre l'injustice impossible, mais assez fort pour rendre le spectacle de l'injustice intolérable." http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

La indignación, la justa y verdadera indignación, ese sentimiento más sútil que la cólera, intenté cercarla y he aquí lo que encontré:

"La más bella interpretación que se puede dar de este sentimiento es la que Platón presenta en un mito bajo el nombre de reminiscencia. Antes de encarnarse en nuestro cuerpo, nuestra alma ha morado en un lugar divino donde ha podido contemplar la justicia perfecta. De ello ha conservado un recuerdo demasiado débil para hacer que la injusticia sea imposible, pero bastante fuerte para hacer que el espectáculo de la injusticia sea intolerable." (Trad Colette) http://agora.qc.ca/dossiers/Indignation

 

1525831_3_960a_des-manifestants-place-de-la-puerta-del-sol-a.jpg

 

La cause est juste; ne pas avoir peur, ne jamais se décourager.

 

"Allons, ne craignons rien. Notre avenir bien qu’incertain réserve bien des miracles. Ne craignons rien et soyons solidaires. Nous ne croyons ni aux étendards ni aux frontières. Nous croyons aux paroles et aux accolades. Nous pensons que nous sommes frères. Le monde est là : terre, mers, océans et ciel et nous. (…) Et nous sommes la vie.

 

Allons, ne craignons rien. Faisons en sorte que notre courage ne s’épuise pas. Ne baissons jamais les bras. Nos bras sont levés au ciel et pleins de force. Ce sont des bras de bâtisseurs." (…)

LA VIE Fabrice Caravaca.

 

La causa es justa; no temer nada, no desanimarse nunca.

 

"Vamos, no temamos nada. Aunque incierto, nuestro porvenir nos guarda muchos milagros. No temamos nada y seamos solidarios. No creemos ni en las banderas ni en las fronteras. Creemos en las palabras y en los abrazos. Pensamos que somos hermanos. El mundo está allí: tierra, mares, océanos y cielo y nosotros. (…) Y somos la vida.

 

Vamos, no temamos nada. Procuremos que nuestro ánimo no se agote. No bajemos nunca los brazos. Nuestros brazos están alzados hacia el cielo y llenos de fuerza. Son brazos de edificadores." (…)

LA VIDA Fabrice Caravaca. (Trad. Colette)

 

 

 

07/05/2011

Un rossignol chantait comme d’habitude/ Un ruiseñor cantaba como de costumbre


Mai ; les roses et les rossignols, les amours et tralalalalère. De jolis lieux communs.

Et pourtant, de chansons en fables, de pensées en citation, en opéras, je vous livre un peu pêle-mêle « le rossignol dans tous ses états ».

                                             

Mayo; las rosas, los ruiseñores, los amores y tralalalala. Bonitos tópicos.

Y sin embargo, de canción en fábula, de pensamientos en citas, en óperas, os dejo, un poco en desorden “el ruiseñor en todos sus estados”.

 

Fable d’Esope

 

Perché sur le haut d’un chêne, un rossignol chantait comme d’habitude. Un épervier affamé le vit et, se lançant immédiatement sur lui, il l’emprisonna dans ses griffes.

Sûr de sa mort `proche, le rossignol le pria de le lâcher en lui disant que lui seul ne suffirait pas à lui remplir le ventre, et que s’il avait vraiment faim, il devrait attraper d’autres proies plus grandes. L’épervier lui répondit :

--Je serais idiot si je t’écoutais et laissais échapper la proie que j’ai pour aller en chercher une que je n’ai même pas vue.

 

Ne laissons pas les biens que nous avons déjà pour des illusions que nous n’apercevons même pas.

 

Fábula de Esope

 

Subido en un alto roble, un ruiseñor cantaba como de costumbre. Lo vio un gavilán hambriento, y lanzándose inmediatamente sobre él, lo apresó en sus garras.

Seguro de su próxima muerte, el ruiseñor le rogó que le soltara, diciéndole que con sólo él no bastaría para llenar su vientre, y que si en verdad tenía hambre, debería de apresar a otros más grandes. El gavilán le repuso:

-- Necio sería si te oyera y dejara escapar la presa que tengo, por ir a buscar a la que ni siquiera he visto.

 

No dejemos los bienes que ya tenemos, por ilusiones que ni siquiera divisamos.

 

 Épervier, rossignol…tiens, ça me fait penser, - pas vous ?-, au rossignol polyglotte de Hugues Aufray (ici)...chante, chante trois couplets en espagnol et le reste en anglais : bravo l’oiseau.

Gavilán, ruiseñor…anda, me recuerda el ruiseñor políglota de Hugues Aufray, canta, canta, tres (coplas? estrofas?) en español y el resto en inglés: bravo el pájaro.

 

Mais aussi à cette chanson populaire catalane « Rossinyol que vas a França » où une belle dit à un rossignol qui s’en va en France qu’il prenne soin de sa mère, mais pas de son père qui l’a « mal mariée » à un berger qui lui fait garder les moutons. En échange elle donnera au rossignol un baiser et une embrassade.

Saviez-vous, amis français, que votre gloire nationale, votre rossignol d’Avignon, Mireille Mathieu, l’a chantée en catalan ? Aaaaah !

Je vous épargnerai sa version,  la voici chantée par Joan Baez.

Pero también esta canción popular catalana « rossinyol que vas a França » donde une dona le dice a un ruiseñor que se va a Francia que cuide de su madre pero no de su padre que le ha « mal casado » con un pastor que le hace guardar del rebaño. A cambio ella le dará al ruiseñor un beso, un abrazo.

Hay muchas versiones, os propongo la de Joan Baez, en catalán, sí, sí.

 

 

Quelques citations / Algunas citas

- Un poète est un rossignol qui, assis dans l’obscurité, chante pour égayer de doux sons sa propre solitude. Percy B. Shelley     

- Un poeta es un ruiseñor que, sentado en la oscuridad, canta para alegrar de dulces sonidos su propia soledad.
                                           ----------

-Lejos un trino. El ruiseñor no sabe que te consuela.

Au loin un trille. Le rossignol ne sait pas qu’il te console

Jorge Luis Borges

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-Un ruiseñor, fascinado por las gracias de una rosa, todas las noches constantes, le cantaba su pasión.Rose.jpg

Un rossignol, fasciné par les grâces d’une rose, constantes chaque nuit, lui chantait sa passion.

Juan Ramón Jiménez

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- Jean de La  Fontaine - ... je crois qu'on est vieux la première fois...

- Le Rossignol - Qu'on aime ?

- Jean de La Fontaine- Ah! Non. La première fois qu'on cesse d'aimer.

 

J.D.La.Fontaine: ---creo que se es viejo la primera vez…

El Ruiseñor- ¿Qué se ama?

JDLF.- Ah! No. La primera vez que se deja de amar.
Sacha Guitry

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En voici trois....moins romantiques.

Aquí van tres… menos románticas.

 

-Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter.

-En un mundo sin melancolía, los ruiseñores empezarían a eructar.
E. Cioran


- Quadrumane : Qui a quatre mains. Exemple : le rossignol n'est pas quadrumane.

- Cuadrumano: que tiene cuatro manos. Ejemplo: el ruiseñor no es cuadrumano.
 Pierre Desproges

-On peut discuter des limites du beau, mais le chant du rossignol s’imite très bien au moyen d’un bouchon frotté contre un verre. D. Hillenius

- Se puede debatir de los límites de lo bello, pero el canto del ruiseñor se imita muy bien por medio de un tapón frotado contra un vaso.

Classique, opéras

Ici on a l’embarras du choix, le rossignol, comme de juste, a inspiré des compositeurs  comme Saint-Saëns, Amadeo Vives, Rimsky  Korsakov, Ygor Stravinsky….De nombreuses interprètes aussi, excellentes.J’ai choisi Mimi Coertse, née le 12 juin1932 à Durban, en Afrique du sud…écoutez !

Aquí hay de sobra para escoger, el ruiseñor, cómo es normal, ha inspirado compositores como Saint-Saëns, Amadeo Vives, Rimsky Korsakov, Ygor Stravinsky…Numerosas intérpretes también, excelentes. He elegido a Mimi Coertze, nacida el 12 de junio 1932 en Durban, Afríca del sur… ¡escuchad!

14/04/2011

Le plaisir de l'orchidée / El placer de la orquídea

Une balade autour de chez moi, des herbes et fleurs folles et surtout la découverte d’orchidées-abeille sauvages.

 

 Un paseo alrededor de mi casa, hierbas y flores “al natural” y sobretodo el descubrimiento de orquídeas-abeja salvajes.

orchideas 014.jpg

 

 

 

“Nous sommes des architectes de la pensée. Nous vivons dans de grandes transes.

Et nous sommes souvent devenus animal. Nous avons déjà parlé aux brins d’herbe et aux grands arbres.

Nous sommes dans l’éclosion du printemps.

Nous suivons le rythme des saisons. Nous savons reprendre des forces. Et nous savons répandre notre énergie.

Nous sommes dans la palpitation des corps et des choses. » (Extrait de La Vie de Fabrice Caravaca découvert ici)

 

 

 

orchideas 011.jpg« Somos arquitectos del pensamiento. Vivimos en grande trances.

Y a menudo nos hemos vuelto animales.

Ya hemos hablado a las briznas de hierba y a los árboles grandes.

 Estamos en la eclosión de la primavera.

Seguimos el ritmo de las estaciones.

 Sabemos recobrar fuerzas. Y sabemos difundir nuestra energía.

Estamos en la palpitación des los cuerpos y de las cosas.” (Extracto de “La Vie de Fabrice Caravaca. Trad. Colette)

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 Música
En la selva se oye la música de la barca subiendo
por el río.
A una orquídea le da por gritar de placer.
Muchos árboles están furiosos. No duermen bien
sus hojas,
sacuden con rabia las raíces y le gritan a la barca
de la música.
A mi madre la Anaconda no le importa.
Ella vive muy ocupada dándole vueltas a la tierra,
cargando en su barriga los árboles, los animales y
la gente.

 

Poema de Juan Carlos Galeano encontrado aquí.

 

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Musique

Dans la jungle on entend la musique de la barque qui remonte

le fleuve.

Une orchidée se met à crier de plaisir.

Beaucoup d’arbres sont furieux. Leurs feuilles

ne dorment pas bien,

ils secouent avec rage les racines et ils engueulent  la barque

de la musique.

Ma mère l’Anaconda ne s’en fait pas.

Elle vit fort occupée à faire des tours de la terre

et charge dans son ventre les arbres, les animaux et

les gens.

J.C. Galeano

(Trad : Colette)

 

 

Juan Carlos Galeano (Caquetá, Colombia, 1958). Poeta, traductor y profesor universitario. Miembro fundador de la revista de poesía Ulrika. Ha publicado: Baraja inicial (Poesía, 1986), El pollo sin cabeza de Charles Simic (traducción, 1999), Los muertos y los vivos de Sharon Olds (traducción, 2001), Polen y escopetas (ensayo, 1997) y Amazonia (poesía, 2003).