14/06/2014

Vers le haut / Hacia arriba

Pourquoi oublions-nous souvent de lever la tête, les yeux?

Là-haut se passent des choses tout à fait intéressantes, amusantes, parfois insolites...

¿Por qué olvidamos a menudo levantar la cabeza, los ojos?

Allí ocurren cosas de gran interés, divertidas, a veces insolites....

 

Une maison, un escalier de Valldemosa,(pour E.H)

 

Si les chauves ont toujours eu ma plus vive compassion, ma sympathie, la solution trouvée par celui-ci, aperçu lors d'une balade entre amis dans la ville de Palma, m'a fait rire.

Si los calvos siempre tuvieron mi viva compasión, mi simpatía, la solución encontrada por este, visto en una calle de Palma, provocó mi risa.

                                  Photo Colette

  

 

Photo TH/JPB (merci)

 

 
 

26/04/2014

Turquoises / Turquesas

Il fallait que je la voie cette Cala de San Vicente (Sant Vicenç), absolument. Peinte par de très nombreux artistes, le premier tableau que j'ai vu est celui de William Degouve de Nuncques. Ce devait être l'endroit à la mode, le Deauville ou Ostende majorquin. Seul impératif, y aller avant la saison touristique; il y a environ un mois.
J'ai essayé de photographier le même point de vue adopté par les peintres....
 
La Cala; l'eau y est turquoise, l'ensemble majestueux, splendide, mais....un certain Don Pedro y a construit un hôtel en plein milieu de la petite plage, quasi les pieds dans l'eau. Je préfère ne pas savoir comment ni pourquoi il a obtenu la folle et destructrice autorisation de bâtir.... Heureusement l'hôtel était encore fermé.

Tenía que ver esa Cala San Vicente (Sant Vicenç), absolutamente. Pintada por tantos artistas, - el primero que ví fue, es curioso, de William Degouve de Nuncques -, me imagino que era EL lugar de moda. Único imperativo, acudir antes de la época turística; hace más o menos un mes.
Intenté fotografiar el mismo punto de vista que algunos pintores...

La Cala; el agua es turquesa, el conjunto majestuoso, espléndido, pero....un cierto Don Pedro edificó un hotel en medio de la pequeña playa, casi con los pies en el agua. Prefiero no saber cómo, ni por qué, obtuvo la loca y destructora autorización de construir allí...Menos mal, todavía estaba cerrado.
 
Degouve de Nuncques, Cala San Vicente 1900-1901 Tempête

     



Foto Colette
                   
 
Pilar Montaner
 

 

 
Caja San Vicente Joaquín Sorolla





Turquoises...Turquesas



05/04/2014

Autour du ciel / Alrededor del cielo

Ce jour-là il faisait doux. Juste doux.
Assise sous cet arbre, non je ne lisais pas, ne parlais pas, je rêvais.
Ou plutôt je suivais du regard le lent balancement de ces branches. 


Aquel día hacía suave. Solo suave.
Sentada debajo de este árbol, no, no leía, ni hablaba; soñaba.
O más bien seguía con la mirada el lento balanceo de estas ramas.





D'en bas, l'angle de vue était particulier aussi ai-je incliné la tête pour voir autrement.
 Desde abajo, el ángulo de vista era particular así que incliné la cabeza para ver de otra forma.



  
C'est étrange:
même le ciel dit des mots différents quand on tourne autour de lui.

Es extraño:
incluso el cielo dice palabras diferentes cuando se gira a su alrededor.

02/11/2013

Coeur chaud / Corazón caliente

On n'a jamais froid près de son amoureux” m'écrit demoiselle Julie cette semaine.
Nunca se tiene frío cerca del enamorado” me escribe  Julie esta semana.

TARDOR (automne) Barbara Hepworth  

                         Photo prise hier à la Fundación Juan March, Mallorca (je vous reparlerai de cet endroit - os volveré a hablar de este Palau)
Sur l'artiste, ici / Sobre la artista, aquí.

 



Je désire

 

 

F. García Lorca

Seul ton coeur chaud,
et rien d'autre.

    Mon paradis un champ
sans rossignol
ni lyres,
avec un ruisseau discret
et une petite source.
 
    Sans l'éperon du vent
sur la ramée,
ni l'étoile qui désire
être feuille.
 

    Une lumière énorme

qui soit

luciole

d'une autre,

dans un champ

de regards brisés.

 

    Un repos clair
et là nos baisers,
des taches sonores
de l'écho
s'ouvriraient au loin.

    Et ton coeur chaud,
Rien d'autre.

(Trad: Colette)

 

DESEO

 

F. García Lorca

 

Sólo tu corazón caliente,
y nada más.

 

    Mi paraíso un campo
sin ruiseñor
ni liras,
con un río discreto
y una fuentecilla.

 

    Sin la espuela del viento
sobre la fronda,
ni la estrella que quiere
ser hoja.

 

    Una enorme luz
que fuera
luciérnaga
de otra,
en un campo de
miradas rotas.

 

    Un reposo claro
y allí nuestros besos,
lunares sonoros
del eco,
se abrirían muy lejos.

    Y tu corazón caliente,
Nada más.


26/08/2013

Silences III / Silencios III

 Regarder par terre...Mirar al suelo



Le silence F. García Lorca

Écoute, mon fils, le silence.
C'est un silence ondulé,
un silence,
où glissent vallées et échos
et qui incline les fronts
vers le sol.
 
(Trad: Colette)
 
El silencio  F.García Lorca
 
Oye, hijo mío, el silencio.
Es un silencio ondulado,
un silencio,
donde resbalan valles y ecos
y que inclina las frentes
hacia el suelo. 
 
 
 
 

Après avoir beaucoup hésité, j'ai fini par aller voir la zone sinistrée. Certains endroits reverdiront vite, d'autres ne respirent que le silence: aucune cigale, pas un oiseau, odeur de feu et de tristesse.

Después de muchas dudas, acabé yendo a la zona siniestrada. Algunas partes reverdecerán pronto, otras no respiran más que el silencio: ni una cigarra, ni un pájaro, olor a fuego y a tristeza.

 



 

30/07/2013

Foc i fum*

Trois longs jours de fumées, avions et hélicoptères circulant sans répit. 
 
Tres largos días de humos, aviones y helicópteros circulando sin cesar.
 
Au-dessus de chez moi
 
Des hommes et femmes que je trouve héroïques, pilotes ou appartenant à la protection civile, aux pompiers... une mobilisation sans précédent ici. Le nombre d'hectares brûlés l'est également: toute la côte ouest de la Sierra de Tramuntana semble un paysage lunaire, fumant, désolé. 
Hombres y mujeres que considero heroicos, pilotos, miembros de Protección civil, bomberos...un movilización sin precedente aquí. El número de hectáreas quemadas lo es también . Toda la costa oeste de la Sierra de Tramuntana se parece a un paisaje lunar, humeante, desolado.
 
 
Foto: Diario de Navarra
 
 
Enfin, en ce lundi après quatre-heures, le bal des avions a cessé, les habitants du village évacué, Estellencs, peuvent rentrer chez eux.
Il semble que le feu soit dû à un petit malin qui a brûlé quelques branches mortes vendredi dernier. C'est absolument interdit, bien sûr, de plus il faisait 38 degrés et le vent soufflait fort....
 

Por fin, esta tarde de lunes, el baile de los aviones casi ha parado, los habitantes del pueblo desalojado, Estellencs, pueden volver a sus casas.
Parece ser que el fuego es debido a un listillo que quemó rastrojos a pesar de todas las prohibiciones, del calor tremendo y del viento fuerte.
 
 
 
 
Un endroit par où le feu est passé est la Mola de s'Esclop, et à propos d'un endroit précis où se trouve une cabane appelée, la Caseta de n'Aragó, je voulais vous raconter une anecdote de l'Histoire.
Un lugar por el cual pasó el fuego es La Mola de s'Esclop, y, a propósito de un lugar preciso donde se encuentra una cabaña llamada La caseta de n'Aragó, os quería contar una anécdota de la Historia.
 
 
 
Reste de la "maison" de François Aragó
 
 
Vers 1806, le grand scientifique français, originaire de Estagell (catalogne – France) François Aragó décida de compléter les mesures de l'arc méridien terrestre et se rendit à Formentera puis à Mallorca. Il disposait d'un petit voilier dirigé par un patron, un certain Damià. Pour réaliser ses mesures, il campa des mois durant au sommet de la montagne s'Esclop (vous pourrez lire tous les détails ici).
Tandis qu'il effectuait ces travaux, la guerre éclata entre la France et l'Espagne. 1808. Il fut illico pris pour un espion car, pour réaliser un triangle, il communiquait par des feux avec un point de l'île d'Ibiza et un autre à Formentera. Une escadrille partit à sa recherche mais Damià, plus rapide, le prévint et lui apporta vite des vêtements majorquins; c'est ainsi qu'il trompa ses poursuivants en leur répondant en majorquin-catalan et il arriva au château de Bellver où, plus pour sa protection que par punition, il fut enfermé 2 mois. Après il réussit à atteindre Cabrera puis  Alger.
 
                          Mola de s'Esclop 926m.
 
 
Hacia 1806, el gran científico francés, nacido en Estagell (Cataluña francesa) , François Aragó, decidió completar las medidas del arco meridiano terrestre y se fue a Formentera, luego a Mallorca. Disponía de un pequeño velero llevado por un patrón, un tal Damià. Para realizar sus medidas acampó durante meses en lo alto del monte s'Esclop.
Mientrás efectuaba sus medidas, estalló la guerra entre Francia y España. 1808. Fue de inmediato tomado por une espía ya que, para realizar un triángulo, comunicaba mediante fuegos con puntos de Ibiza y Formentera.
Un escuadrón se fue en su búsqueda, pero Damià, más veloz, le avisó y le llevó ropa mallorquina; es así como engañó a sus perseguidores, saludándoles también en mallorquín. Llegó al Castillo de Bellver dónde, más por su seguridad que por castigo, quedó encerrado 2 meses.
Después consiguió huir a Cabrera y de allí a Argel.


* Foc i fum est du catalan, feu et fumée / fuego y humo

01/06/2013

Un village, une fête / Un pueblo, una feria

Le weekend dernier la fête était dans la rue principale du village. La FIRA, feria en español, foire mais plutôt exposition (avec quelques démonstration) écologique et artisanale. On s'y retrouve tous, enfants, conseil municipal, étrangers (30% des habitants), nonagénaires, musiciens, artistes, tous. 
Et c'est joyeux. Oubliées les rancunes, zizanies, envies...

 

 

 
El fin de semana pasado la fiesta estaba en la calle principal del pueblo. La FIRA, feria en español, ecológica y artesanal. Allí nos encontramos todos, niños, consejeros municipales, extranjeros (30% de la población), nonagenarios, músicos, artistas, todos. Y hay alegría. Olvidados los rencores, las cizañas, las envidias...

Que vous montrer?

¿Qué os puedo enseñar ? 

 

 

 

 
Les “Herbes Mallorquines”, liqueurs fortes à base d'anis et de dizaines de plantes et aux jolies couleurs qui peuvent être “dolces, seques o mesclades”, comprenez: de très sucrées à pas du tout, et il est habituel d'en mettre une goutte dans le café ici après un bon repas...ou à 10 heures du matin.

 

Et puis du salé, du sucré, plaisir des sens et de ne pas devoir cuisiner aujourd'hui.

 

Las « Herbes Mallorquines », licores a base de anís y de decenas de hierbas con bonitos colores que pueden ser “dolces, seques o mesclades”, que se toma a menudo después de una buena comida y/o mezclada con el café a las 10h de la mañana.

 

Y comida salada, dulce, placer de los sentidos y de no tener que cocinar hoy.

 

 

 

 

 

 

Devant cet étal de couteaux locaux, deux anglaises du coin: “This wouldn't be allowed in the UK, too dangerous”, me disent-elles, presque tout est interdit là-bas. C'est du moins l'impression qu'elles ont eue en rentrant chez elles la dernière fois. Elles en achètent chacune un, ravies.

Delante de este puesto de cuchillos, dos inglesas del barrio. “This wouldn't be allowed in the UK, too dangerous”, allí casi todo está prohibido me dicen. Es por lo menos la impresión que tuvieron la última vez que volvieron a su país. Y compran un cuchillo, encantadas.


 

 

Paniers, de superbes tabourets, des plantes pour nos potagers...

 
 
Cestas, taburetes, plantas para nuestras huertas...
 
Terminons en musique: xeremia (cornemuse), ximbomba (sorte de tambour percé d'un trou où l'on fait glisser une baguette), et ocarina sont les instruments habituels. Une groupe de musiciens (dans le nôtre il y avait une femme) en habits traditionnels parcourent la rue de haut en bas, de bas en haut, concentrés, trop sérieux, comme investis d'une mission... divine.
Acabemos en música: xeremias (gaitas), ximbombas (un tipo de tambor agujereado donde se mueve un palo) y ocarinas son los instrumentos habituales. Un grupo de músicos, en el nuestro había una mujer, en ropa tradicional, recorren la calle de arriba a abajo y de abajo a arriba, concentrados, demasiado serios, como investidos de una misión...divina.
 
 
 
 
 
 

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Voilà, un billet simple, bon enfant, comme ces deux journées.
Aquí termina esta nota simple, campechana, como esos dos días.

 

 

 

23/04/2013

Roses et livres en fête / Rosas y libros de fiesta

 

Le 23 avril a été choisi par L'Unesco en 1995 comme jour du livre et de la défense des droits d' auteurs et fut célébré pour la première fois en 1996. Ce jour correspond au jour de la mort de Cervantes, de Shakespeare et d'autres écrivains. C'est aussi la fête de saint Jorge (Sant Jordi), patron de la Catalogne.
La coutume (qui s'est étendue aux Baléares) veut qu'on offre à ses proches et amis un livre et une rose, rouge de préférence.
Partout dans les villes, villages, des stands de livres, des auteurs qui les signent, les dédicacent.
Un beau jour! Je reviens de la ville, déjà des amateurs, des écoliers à 10h30. Un rayon de soleil.

 
 
 

 

J'ai acheté, pour l'offrir car je l'ai déjà, le dernier livre de Rosa Montero, “La ridícula idea de no volver a verte.” (L'idée ridicule de ne plus te revoir). La vie de Marie Curie mais pas que...je vous en parlerai quand il sera traduit en français. 
Et puis des livres d'occasion, de poésie et du/de la parfait(e) cultivateur/trice bien sûr.
 
 
 

 

El 23 de abril fue elegido por la Unesco en 1995 como día del libro y de la defensa del derecho de autor y fue celebrado por primera vez en 1996. Este día corresponde al día de la muerte de Cervantes, Shakespeare y otros escritores. También es la San Jorge (Sant Jordi), patrón de Catalina.
La costumbre (que se extendió a las Baleares) es ofrecer un libro y una rosa (si roja, mejor) a sus amigos, su familia. Vuelvo de la ciudad,
compré “La ridícula idea de no volver a verte.” de Rosa Montero, unos libros de poesía y del perfecto horticultor. ¿Y vosotros?
 

30/03/2013

L'éternel printemps de Rosalía / La eterna primavera de Rosalía

Comment aborder l'oeuvre poétique de Rosalía de Castro (1837-1885)? Je vous parlerai d'elle dans le prochain billet, mais aujourd'hui j'ai traduit ce poème qui semble si simple.

¿Cómo abordar la obra poética de Rosalía de Castro? Os hablaré 
de ella en la próxima nota, pero os dejo hoy con este poema que
 parece tan simple.

 

 

Mallorca, ce matin, près de Raixa

(clic sur les photos, elles bien plus belles en grand)

 

 

 

On dit que les plantes ne parlent pas

 

Rosalía de Castro

  

On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,

Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,

On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,

 Ils murmurent et s'exclament:

 - Voilà la folle rêvant

 De l'éternel printemps de la vie et des champs,

 Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,

 Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.

  

- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,

Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,

À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint

Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,

Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.

 

 Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,

 Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?

(Trad: Colette) 

 

Mallorca, Cala Gamba

 

 

 

Dicen que no hablan las plantas

 

Rosalía de Castro

 



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

 

19/01/2013

Page blanche fort colorée / Página en blanco muy colorada

Peut-être vous sentez-vous d'humeur vagabonde et m'accompagnerez-vous au centre de l'île, dans le village de Sineu. Cette partie de l'île s'appelle « Es pla », vous avez compris, une zone plate, dédiée à l'agriculture.
 
Voiture, route bucolique, musique douce, du jazz - flamenco, le saxophoniste et flutiste Jorge Pardo qui vient de recevoir au Châtelet, Paris, le prix du meilleur jazzman européen.
Voici un morceau de flûte-jazz.



Tal vez os sentís de humor vagabundo y os apetece acompañarme al centro de la isla, en el pueblo de Sineu. Este parte de la isla se llama « Es pla », zona llana, dedicada a la agricultura.

Coche, ruta bucólica, música suave, jazz-flamenco, el saxofonista y flautista Jorge Pardo que acaba que recibir en el Châtelet, París, el premio del mejor jazzman europeo.
 
 
 
Déjà, c'est un peu tôt, les premières fleurs sur les amandiers ; partout des moutons, des agneaux encore malhabiles.

Ya, aunque es un poco pronto, las primeras flores de almendro; ovejas por doquier, corderitos todavía patosos.

 

Le mercredi est le jour du marché à Sineu, il occupe tout le centre du village, places et rues. Un marché qui date de 1306 et où les fermiers venaient acheter et vendre des animaux vivants ; il y en a moins maintenant mais on y trouve encore poules, canards, lapins, moutons, chèvres, porcs....Concentration d'enfants, excités, suppliant leurs parents de leur offrir un jeune animal, même un petit cochon leur ferait plaisir !
 
 
Ce marché a vraiment gardé un caractère rural et artisanal, est devenu cosmopolite aussi (beaucoup d'immigrés nord-africains travaillent dans les champs). L'ambiance y est souriante, amicale. Et tout est lent, comme la vie ici ; la lenteur fait partie du caractère des insulaires et, une fois qu'on s'y habitue, elle est fort relaxante.

El miércoles es día de mercado en Sineu, ocupa todo el centro del pueblo, plazas y calles. Un mercado que data de 1306 y donde los agricultores venían a vender y compara animales vivos ; hay menos animales ahora pero todavía se encuentran gallinas y gallos, patos, conejos, ovejas, cabras, cerdos....Concentración de niños, excitados, suplicando a sus padres el regalo de un animalito, el que sea, incluso un cerdito !
 
Este mercado ha guardado realmente un carácter rural y artesanal, se ha vuelto cosmopolita (muchos inmigrantes norteafricanos trabajan en el campo). El ambiente es sonriente, amistoso. Y todo es lento, al igual que la vida aquí; la lentitud forma parte del carácter insular y, una vez que uno se acostumbra a ello, es muy relajante.
 
 
 
J'achète quelques plats en terre cuite, tout mijote si bien dans ces casseroles , un foulard rouge à un africain couleur ébène qui se fait un plaisir de se le mettre autour du cou pour me le faire admirer, des bottes d'oignons à planter et je remplis mon panier de fruits et légumes ; un beau pain majorquin, sans sel ici le pain, et quelques parts de Coca de verduras ( pâte fine recouverte d'un mélange d'oignons frais émincés et de bettes/blettes coupées).

Compro algunas fuentes de barro, la comida se hace tan bien en esas ollas, un pañuelo rojo a un africano color ébano que, con mucha gracia, se lo pone al cuello para que lo admire, unos manojos de cebollas para plantar y lleno mi cesta de fruta y verdura ; un bonito pan mallorquín, aquí el pan es sin sal, y algunos trozos de coca de verdura.
 
 
 
Retour ; je vous laisse, comme souvent avec un étrange et délicieux poème.
Vuelta ; os dejo, como muchas veces, con un extraño y delicioso poema.
 
 

Page blanche   Mario Benedetti

 

Je suis descendu au marché
 
et j'ai rapporté
 
tomates journaux averses
 
endives et envies
 
gambas croupes et amen
 
farine monosyllabes jerez
 
instantanés éternuements riz
 
artichauts et cris
 
rarissimes silences
 
 

page blanche
 
voilà, je te laisse tout
 
fais-en ce que tu veux
 
débrouille-toi
 
ou du moins organise-toi
 
 

moi je ferai une sieste
 
pourvu que tu m’éveilles
 
avec une chose originale
 
et suggestive
 
afin que je la signe.
 
 (Trad: Colette)

 

Página en blanco   Mario Benedetti
 
 

Bajé al mercado
y traje
tomates diarios aguaceros
endivias y envidias
gambas grupas y amenes
harina monosílabos jerez
instantáneas estornudos arroz
alcachofas y gritos
rarísimos silencios
 
 

página en blanco
aquí te dejo todo
haz lo que quieras
espabílate
o por lo menos organízate
 
 

yo me echaré una siesta
ojalá me despiertes
con algo original
y sugestivo
para que yo lo firme

25/12/2012

Memoria shout love

J'ai admiré  ces oeuvres de Pep Llambías dans la Fundació Lichter Alaró.
He admirado estas obras de Pep Llambías en la Fundació Lichter Alaró.

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  Cri, grito

 
 
 

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Love 2.JPG

 

  Joyeux Noël     Feliz Navidad

30/10/2012

Un matin d'automne presque banal / Una mañana de otoño casi banal

Tout semblait normal ce matin: ciel mi-nuageux, température douce, la vigne vierge rougissante. 
Todo parecía normal esta mañana: cielo medio nublado, temperatura suave, la parra virgen enrojeciendo.


Un jour d'automne comme un autre.
Plaisir de constater que mes avocats s'arrondissent (pourquoi n'en cultive-t-on pas ici? Ils poussent parfaitement sur mon terrain où il fait plus froid qu'en bien des endroits de l'île), les grenades imitent les avocats mais en rosissant.



Un día de otoño como cualquier otro.
El placer de constatar que mis aguacates redondean (¿por qué no se cultivan aquí? Crecen perfectamente en mi terreno donde hace bastante más frío que en muchos sitios de la isla), las granadas imitan a los aguacates pero coloreándose de rosa.


Il était tôt et les seules rencontres furent animales. Je flâne donc parmi les bosquets, le nez en l'air j'observe un chat qui fait de même. 
 
Era pronto y sólo me encontré con unos animales. Vago por el sotobosque, levanto la vista para observar a un gato que hace lo mismo.
Total, nada que señalar hasta que a la vuelta, pasando por el cercado-prado de cabras, la vi que me miraba.
 
Bref, rien à signaler jusqu'à ce qu'au retour, passant devant l'enclos-prairie aux chèvres, je l'ai vue qui me regardait.



Un regard...ce regard. Una mirada...esa mirada.
 
Je suis rentrée inquiète, ruminant cette phrase lue dans L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera:
“La vraie bonté ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux.”

Volví, inquieta, rumiando esta frase leída en “La insoportable levedad del ser” de Milan Kundera:
“La verdadera bondad sólo se puede manifestar con toda pureza y en toda libertad hacia los que no representan ninguna fuerza. El verdadero test de la humanidad (el más radical, que se sitúa a un nivel tan profundo que escapa a nuestra mirada), son las relaciones con los que están a su merced: los animales.”
(Trad: Colette)
 

03/08/2012

Fuir / Huir

 

Fuir.

L'idée est peu glorieuse, lamentable même; battre en retraite ou s'échapper au hasard.

Mais il est une fuite délicieuse, celle dans l'imaginaire qui est, selon Eugène Ionesco"... une évasion, elle est audace, invention."

Fuir le brouhaha, la cohue des plages, se fuir soi-même parfois en se noyant dans la multitude ou d'autres paradis artificiels.

Je suis de l'avis de Leonardo da Vinci “C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse.”
Quelle est la bonne vitesse?
En cet été, oh, pas fort différent des précédents pour ce qui est de la chaleur et où la lenteur régente nos vies, je me demande où fuir.
J'ai deviné la fraîcheur de cette cave, dans le village d'Alaró.
Je suis de l'avis de Leonardo da Vinci “C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse.”
Quelle est la bonne vitesse?
En cet été, oh, pas différent des précédents pour ce qui est de la chaleur et où la lenteur régente nos vies, je me demande où fuir.

Huir
La idea es poco gloriosa, incluso lamentable; batirse en retirada o escapar al azar.

Pero existe una huida deliciosa hacia el mundo imaginario que es, según Eugène Ionesco”...una evasión, es audacia, invención”.

Huir del guirigay, del tropel de las playas, huir a veces de si mismo  sumergiéndose en la multitud o en otros paraísos artificiales.

La fuga del tiempo, ah, ¡qué cosa!
Soy de la opinión de Leonardo da Vinci. “Se equivocan los hombres cuando se quejan de la fuga del tiempo, acusándole de ser demasiado rápido, sin ver que fluye a la velocidad adecuada”.
¿Cuál es la velocidad adecuada?
En este verano, no diferente a los anteriores en cuanto al calor, y donde la lentitud rige nuestras vidas, me pregunto dónde huir.

He adivinado la frescura en este sótano, en el pueblo de Alaró.

J'ai deviné la fraîcheur de cette cave, dans le village d'Alaró.
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Sinon, cette superbe grotte bleue vue au cours d'une excursion à l'île de Cabrera.
Fuir la chaleur, la lenteur-limace, est-ce de la lâcheté?
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Sino, esta magnífica cueva azul vista en una excursión a la isla de Cabrera.
Huir del calor, de la lentitud de babosa, ¿es cobardía?

21/06/2012

Peluches en fête / Peluzas de fiesta

Ce mercredi midi, 30º à l'ombre.
Une balade dans les rares sous-bois de feuillus pas loin de chez moi se décide.
Peut-être même y aura-t-il un reste d'eau dans la petite rivière...

Non, plus une goutte, mais une vision magique et une forte illusion de fraîcheur.

Este miércoles a mediodía, 30º a la sombra.
Un paseo por los escasos sota bosques de árboles frondosos cerca de casa se decide.
Tal vez quedará incluso un poco de agua en el pequeño torrente...

No, ni una gota, pero una visión mágica y una fuerte ilusión de frescura.

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Les "coupables" / Los "culpables"

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Des torrents de douceur / Ríos de dulzura

Ces peluches blanches ne sont pas du pollen mais des sortes de parachutes remplis de semences que produisent les dames peupliers pour que s'éparpillent les graines fécondées.
Esas pelusas blancas no son polen sino especies de paracaídas llenos de simientes producidos por damas chopos para que se esparzan mejor.


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02/06/2012

Un calme archaïque / Una calma arcaica

Le surnom de Majorque est, je l'ai écrit dans le billet précédent, l'île au calme. C'est du moins le titre français du livre que Santiago Rusiñol, catalan, écrivit en 1922: “L'illa de la calma”.

Cet écrivain, peintre et idéologue du mouvement moderniste catalan réalisa plusieurs séjours à Majorque et décrivit l'île de façon si idyllique qu'il créa un mythe de paradis terrestre; ce qui provoqua l'arrivée de tas d'artistes catalans, européens et latino-américains dans les années 1900...* et fut la base sans aucun doute d'un futur développement touristique.
« Cette sensation paradisiaque est due à la beauté de l'île, à sa lumière, (ceci n'a pas changé, je ne cesse de le répéter, l'île est superbe), mais aussi au côté rural, archaïque de l'île (…) «

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El apodo de Mallorca, tal y como lo escribí la semana pasada, es La Isla de la Calma, o, mejor dicho “L'illa de la calma”,  libro escrito por el catalán Santiago Rusiñol en 1922.
Escritor, pintor e ideólogo del movimiento modernista catalán, Rusiñol realizó varias estancias en Mallorca y describió la isla de manera tan idílica que creó un mito de paraíso terrestre, lo que provocó la venida de gran número de artistas:
El mito de Mallorca como paraíso terrenal es bastante generalizado entre los artistas catalanes, europeos y latinoamericanos que llegaron a la isla y se establecieron en ella hacia el 1900. Esta sensación es debida, además de a la belleza de la isla y su luz, al toque arcaico y rural de la vida mallorquina, asimilado como un arcadismo feliz.”
La luz y la belleza, a pesar de algunos y terribles destrozos, perdura, no me canso de repetirlo...

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Santiago Rusiñol Jardins en terrasse

Voici un passage du livre :
Majorque, l’Ile au calme, – Santiago Rusiñol

"Si tu souffres de neurasthénie ou si tu crois en souffrir, ce qui revient au même ; si tu es étourdi par les bruits que nous vaut la civilisation, par cette angoisse qui nous fait toujours être pressés d’arriver au plus tôt où nous n’avons rien à faire ; si les affaires ont rempli de chiffres, chez toi, la place que doit occuper ce que nous nommons l’esprit ; si les cinémas ont abîmé le mécanisme de ta vue ; si ton remuement est devenu chronique et que tu n’en puisses plus d’inquiétude et que tu veuilles jouir d’un peu du repos que mérite, dans cette vie, celui qui n’a fait de mal à personne, suis-moi dans l’île dont je vais te parler, dans une île où règne toujours le calme, où les hommes ne sont jamais pressés, où les femmes ne vieillissent jamais, où l’on ne gaspille même pas les mots, où le soleil s’attarde, où dame lune elle-même marche plus lentement qu’ailleurs, atteinte par le calme.

Cette île, lecteur, c’est Majorque (...) "


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S.Rusiñol, Mallorca

Aquí un pasaje. Cómo no lo encontré online en español, lo traduje con mi fiel ayudante MAH. Gracias.

Si padeces de neurastenia o crees padecerla, lo que es lo mimo; si estás aturdido por los ruidos de la civilización, por esa angustia que nos hace siempre tener prisa en llegar allí donde no tenemos nada que hacer; si los negocios han llenado en ti el lugar que debe ocupar lo que nombramos el espíritu; si los cines han estropeado el mecanismo de tu vista; si tu agitación se ha vuelto crónica y no puedes más de inquietud y quieres disfrutar de un poco del descanso que merece, en esta vida, el que no ha perjudicado a nadie, sígueme a la isla de la cual voy a hablarte, a una isla donde siempre reina la calma, donde los hombres jamás tienen prisa, donde las mujeres nunca envejecen, donde no gastan ni siquiera las palabras, donde el sol se demora, donde incluso dama luna anda más lenta que en otras partes, alcanzada por la calma.

Esa isla, lector, es Mallorca.”

* Avant lui il y avait eu, bien sûr, "Un hiver à Majorque" de Georges Sand qui, si elle avait détesté son séjour et ses habitants, a réalisé de superbes descriptions de l'île.
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Gaston Vuillier Gravure Na Foradada

Et aussi Gaston Vuillier: “Les îles oubliées, Les Baléares, la Corse et la Sardaigne” 1893
Il a l'air superbe l'exemplaire que j'ai trouvé: seul ennui, il coûte 223€ , pèse 5kg400 et ce n'est pas mon anniversaire!
http://www.livre-occasion-ancien.com/les-iles-oubliees-p-243.html