05/01/2019

Premier poème de l'année / Primer poema del año

Une amie française m'a envoyé un joli recueil de poèmes de Jean-Pierre Siméon.
 
Déjà son titre, “La nuit respire”, inspire. En voici un poème agréable à lire.
 
 
 
Lettre aux gens très sages
 
À Sarah
 
Non il n’est pas fou
celui qui parle au vent
aux murs aux rues aux lampadaires
 
à l’ombre du chat sur la fenêtre
aux mains fragiles
qui l’aiment et le connaissent
 
Il n’est pas fou
celui qui voit la mer
dans son miroir
et des chiens bleus
dans les nuages
 
Non le poète n’est pas fou
il rêve il rêve
et nous attend
sous le manteau de son mystère
au coeur du monde imaginé
 
https://www.domestika.org/es/projects/257670-bioclimatic-...
 
Carta a gente muy buena
Para Sarah
 
No, no está loco
el que le habla al viento
a las paredes a las calles a las farolas
 
a la sombra del gato en la ventana
a las manos frágiles
que le quieren y le conocen
No está loco
el que ve el mar
en su espejo
y perros azules
en las nubes
 
No, el poeta no está loco
sueña sueña
y nos espera
bajo el abrigo de su misterio
en el corazón del mundo imaginado
(Trad: Colette)
 

Commentaires

Bonjour,
Permettez de rappeler quelques vers empruntés au poème de Victor Hugo, intitulé Lux, et tiré du recueil "Les châtiments", merci.

Temps futurs ! Vision sublime !
Les peuples sont hors de l'abîme.
Le désert morne est traversé,
Après les sables la pelouse ;
Et la terre est comme une épouse,
Et L’homme est comme un fiancé.

Dès à présent l'œil qui s'élève
Voit distinctement ce beau rêve
Qui sera le réel un jour,
Car la femme dénouera toute chaîne,
Car le passé se nomme haine
Et l'avenir s'appelle amour

Dès à present dans nos misères
Germe l'hymen des peuples freres ;
Volant sur nos sombres rameaux,
Comme un frelon que l'aube éveille,
Le progres, tenebreuse abeille,
Fait du bonheur avec nos maux.

Oh ! voyez ! la nuit se dissipe.
Sur le monde qui s'Émancipe,
Oubliant Césars et Capets,
Et sur les nations nubiles,
S'ouvrent dans l'azur, immobiles,
Les vastes ailes de la paix !…

Cordialement.
Accueil : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/

Écrit par : Anwen | 05/01/2019

Hola Colette,

¿Loco el poeta?

« Le Poète est voleur de feu.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, - et le suprême Savant ! - Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! (…) »

Lettre d’Arthur Rimbaud, mai 1871 (17 ans).
Nada qua agregar, nada que quitar...

La trouée circulaire de cette drôle de villa-blockhaus de bord de mer : belle illustration de la la poésie, fenêtre à la fois sur le monde de l’intime et celui des autres, sur l’univers du rêve aussi, de l'imaginaire.

Buena semana.

Écrit par : Gislebert | 05/01/2019

@ Anwen, j'ignore si les temps futurs sont aussi pleins d'espoir que l'énonce ce beau poème, mais merci de l'avoir mis ici.
Bon dimanche.

Écrit par : Colette | 05/01/2019

@ Gislebert, un tout grand merci pour cette lettre de Rimbaud; si jeune il avait les idées si claires, une vision très (trop?) exigeante de la poésie qui mène...dieu sait où en effet.

À bientôt, bon dimanche.

Écrit par : Colette | 05/01/2019

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