• Quelques mots pour vous / Unas palabras para ustedes

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    Je fais miens ces mots de Julos Beaucarne pour vous souhaiter une Bonne Année.

    Hago mías la palabras de Julos Beaucarne* para desearos un Feliz Año.

     

    Foto Toni Catany

     

     

    Je rêve d'un concert que je donnerais où je pourrais me taire pendant deux heures
    Et que personne ne s'ennuie
    Je rêve de me taire et de passer mon temps à vous écouter vous raconter
    Je rêve de n'avoir plus rien à dire
    (...)
    Je rêve de passer ma vie à aller rendre visite à tout un chacun chez lui, à l'écouter
    Je rêve de m'asseoir dans les fauteuils de tout le monde

     

    (texte complet en voix et musique, superbe, dans la vidéo plus bas)

     

    Sueño con dar un concierto donde me pudiera callar durante dos horas

    Y que nadie se aburriera

    Sueño con callarme y pasar el tiempo escuchando vuestra historia

    Sueño con no tener nada más que decir

    (...)

    Sueño con pasarme la vida visitando a cada uno en su casa, a escucharle

    Sueño con sentarme en los sillones de cada uno.

    (Trad: Colette)

     

    * Julos Beaucarne es un poeta y cantante belga.

     

  • Pieds nus / Descalzo

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    Ce poème m’a émue, m'a fait penser à ma très vieille amie, Margarita, qui est analphabète.
    Este poema me conmovió, me hizo pensar en mi amiga, muy mayor, Margarita, que es analfabeta.

    Antònia Vicens nació en Santanyí (Mallorca) en 1941. Es novelista y poeta.
    Née à Santanyí (Mallorca) en 1941, elle est romancière et poète.
    Sorolla, el viejo pescador

     
     
    Il avait toujours mal aux pieds
     
    Les pieds le faisaient toujours souffrir
    mon père.
    C’est en boitant qu’il parcourait tous les magasins de chaussure
    à la recherche de souliers confortables qui l’aideraient
    à supporter le poids de toutes les blessures
    déchirements et coupures
    que la mer lui avait faits.
    Il n’en trouva jamais. Il a dû s’en aller
    pieds nus avec sa montre et son couteau
    à couper le pain, à couper les larmes, dans la poche de la veste et
    la figure blanche comme l’écume des vagues
    tant de fois surfées.
     
    Toujours il me le disait:
    Je n’ai pas eu d’enfance.
     
    Il ne se l’ôtait pas de la tête:
    J’ai appris à écrire mon nom à la guerre
     
    Sifflaient les balles glissaient les étoiles
    de sang quand j’ai appris à écrire mon nom.
    Je ne voulais pas être un aide-maçon quelconque
     
    Et ma mère disait :
    C’est un bel homme. Dommage
    qu’il ne sache pas écrire. Toi
    tu dois aller à l’école Antonia.Tu
    ne dois pas être une ignorante comme ton père, ma fille.
     
    Et le bleu de ses yeux se répandait sur ses joues quand,
    diluvienne,
    elle pleurait son absence.
    (Traduction Colette) 
     
    Alexander Ignatius Roche, the old fisherman
     
    LOS PIES SIEMPRE LE DOLÍAN

    Los pies siempre le dolían
    a mi padre.
    Cojeando recorría todas las zapaterías
    buscando unos zapatos bastante cómodos que lo ayudaran
    a sobrellevar el peso de  todos los daños
    los desgarros y los cortes
    que el mar le había hecho.
    Nunca los encontró. Tuvo que marcharse
    descalzo con el reloj de pulsera y el cuchillo
    de rebanar pan de rebanar lágrimas en el bolsillo de la chaqueta y
    una cara blanca como la espuma de las olas
    que tantas veces montó.
     
    Me lo decía siempre:
    No tuve infancia.
     
    No se lo sacaba de la cabeza:
    Aprendí a escribir mi nombre en el frente.
     
    Chillaban balas se deslizaban estrellas
    de sangre cuando yo aprendía a escribir mi nombre.
    No quería ser un peón cualquiera.
     
    Y decía mi madre:
    Es un hombre apuesto. Lástima
    que no sepa escribir. Tú
    tienes que ir a la escuela Antònia. No
    tienes que ser un ignorante como tu padre hija.
     
    Y el azulete de los ojos se le esparcía por las mejillas cuando
    diluviana
    lloraba su ausencia.
     
    *

    Traducción de Carlos Vitale*

    L'original en catalan:

    ELS PEUS SEMPRE LI FEIEN MAL /// Els peus sempre li feien mal / al pare. / Ranquejant recorria totes les sabateries / cercant unes sabates prou còmodes que l’ajudessin / a dur el pes de tots els traus / els treps i els talls / que la mar li havia fet. / No les va trobar mai. Va haver d’anar-se’n / descalç amb el rellotge de polsera i el ganivet / de llescar pa de llescar llàgrimes dins la butxaca del gec i / una cara blanca com l’escuma de les ones / que tantes vegades va muntar. / M’ho deia sempre: / No vaig tenir infància. / No s’ho treia del cap: / Vaig aprendre a escriure el meu nom al front. / Giscaven bales lliscaven estrelles / de sang quan jo aprenia a escriure el meu nom. / No volia ser un peó qualsevol. / I deia la mare: / És un home plantós. Llàstima / que no sàpiga escriure. Tu / has d’anar a l’escola Antònia. No / has de ser una ignorant com ton pare filla. / I el blavet dels ulls se li escampava per les galtes quan / diluviana / plorava la seva absència.
     
     

     

     
     
  • Dans les livres / En los libros

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    Un autre poème de Cristina Peri Rossi; dans son style concis qui permet de tout imaginer...Bon week-end.
     
    Dédicace
     
    La litrature nous a séparés:
    tout ce que j’ai su de toi
    je l’ai appris dans les livres
    et à ce qui manquait,
    j’ai mis des mots.
    (Trad:Colette)

    José María Casanova Martínez-Pardo, Mujer leyendo constitucion-2.jpg

     

     
     
    Dedicatoria
    La literatura nos separó:
    todo lo que supe de ti
    lo aprendí en los libros
    y a lo que faltaba,
    yo le puse palabras.
     
     
    "Evohé" 1971
     
  • Quatre boules de cuir

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    L’art et la boxe, l’amour et la boxe.
    Sans doute parce que c’est un sport qui ne m’attire pas n’ai-je jamais trop réfléchi au lien entre ces termes. Pourtant des films, des chansons (Nougaro par exemple), des romans (Jack London dans “Cent dollars de plus” par exemple aussi), et des poèmes comme celui d’aujourd’hui existent!
     
    L’amour et la boxe seraient-ils question de danses? De distances?
     
     
     
    Cristina Peri Rossi Uruguay 1941
     
     
     
    Juste distance
     
    En amour, et dans la boxe
    tout est question de distance.
    Si tu t’approches trop je m’excite
    m’effraie
    m’obnubile        je dis des bêtises
    me mets à trembler
    mais si tu es loin
    je souffre deviens triste
    perds le sommeil
    et j’écris des poèmes.
     
    « Otra vez Eros 1994 »
    (Trad. Colette)
    Apollinaire Calligramme Terrible boxeur
     
    Distancia justa

    En el amor, y en el boxeo
    todo es cuestión de distancia
    Si te acercas demasiado me excito
    me asusto
    me obnubilo               digo tonterías
    me echo a temblar
    pero si estás lejos
    sufro entristezco
    me desvelo
    y escribo poemas.


    "Otra vez eros" 1994
     
     
     
    Quelques références / Unas referencias
    Apollinaire terrible boxeur image calligramme

  • De solitude en noces / De soledad a bodas

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    Nous avons tous vu et regardé des gouttes d’eau couler le long d’une vitre. Souvent distraitement, un peu moroses peut-être.

    Aujourd'hui il pleut ici; ces gouttes ont pris une autre vie après la lecture du poème. Quand on y met des mots, du rythme, du talent...

     
     
    Ida Vitale
     
    Gouttes
     
    Se blessent et se fondent-elles?
    Déjà elles ne sont plus la pluie.
    Coquines à la récré,
    petits chats d'un royaume transparent,
    elles courent, libres, sur vitres et rampes,
    seuils de leur limbe,
    elles se suivent, se poursuivent,
    peut-être vont-elles, de solitude en noces,
    se fondre et s'aimer.
    Imaginant une autre mort.
    (Trad:Colette)
     
     

    Gotas

     

    ¿Se hieren y se funden?
    Acaban de dejar de ser la lluvia.
    Traviesas en recreo,
    gatitos de un reino transparente,
    corren libres por vidrios y barandas,
    umbrales de su limbo,
    se siguen, se persiguen,
    quizá van, de soledad a bodas,
    a fundirse y amarse.
    Trasueñan otra muerte.