27/10/2018

De saison / De temporada

De belles promenades cette semaine, la lumière est superbe, la température parfaite pour gambader. Dès dimanche, d'après les spécialistes météo, ce sera cheminée-bouquins. Et sûrement des poèmes, on ne peut rien vous cacher.

https://verdakoko.com/alimentos-de-temporada-en-mallorca-en-otono/


Après la récolte des coings, ces gros fruits râpeux, confection de pâte de ce fruit. Pas trop sucrée mais citronnée ici. Un long travail réalisé par señor Colo. Des douceurs à offrir.                                     

                                                             
                                                        

 

                                                              

 


Au passage devant un centre de plante, tout me rappelle que la Toussaint est proche. C'est joli, le jeune sud-américain qui termine de ranger les pots me regarde photographier son œuvre: "estoy contento que le guste".
 Aucune tombe à garnir, mes parents et beaux-parents ont été incinérés et leurs cendres répandues sous de grands arbres. C'est bien ainsi.

 



De retour chez moi, et parce qu'un superbe soleil brille, je "vois" tout à coup que la vigne vierge a pris, en peu de jours, des couleurs de saison, qu'un incessant va et vient d' oiseaux s'alimente des petits fruits noirs.
C'est fou le nombre de choses qu'on voit sans les regarder.




Passez une bonne semaine.

Commentaires

Hola Colette,

Por una vez un comentario corto y no muy serio, escrito rápidamente

Rien trouvé sur le coing dans mes anthologies, ni dans mes bouquins de poésies, visiblement le fruit inspire moins que la rose qui ce matin était éclose... Juste dégoté ces quelques vers dans le « Miroir d’Elsa » de ce coco d’Aragon, même pas détournés, juste un poil modifiés (une lettre supplémentaire), il me l’aurait pardonné, ce distingué pasticheur. On n’est pas sérieux quand on a septante ans, le retour de l’heure d’hiver rend d’humeur badine……

(…)
Elle martyrisait à plaisir sa mémoire
C'était au beau milieu de notre tragédie
Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient des coings de ma mémoire
(…)

Plus sérieusement, mais à peine :

Une vie sans éclat et attentive au simple est semblable à ces coings à la peau duvetée et à l'apparence rugueuse qui, mûrissant dans l'ombre, embaument l'air du cellier -- comme fait le corps d'un saint après sa mort.

Prisonnier au berceau - Christian Bobin


Sur les coings et cognassiers, j’applaudis des deux mains (forcément…) la citation de Bobin. Des réserves par contre avec la comparaison finale : le coing en odeur de sainteté, perso connais pas : tous mes coings sont de duveteux et rugueux mécréants…

Buena semana.

Écrit par : Gislebert | 27/10/2018

@ Gislebert, si les coings de nos mémoires sentent aussi bons que ceux qui cuisent, le paradis! C'est une odeur (là je vous rejoins sur l'odeur de sainteté) qui flotte longtemps dans la maison, unique et délicieuse. Quant au goût, de quoi prendre quelques kilos.

Merci pour le rire, pour ces recherches!

Bon dimanche, pluies et orages par ici et très très frisquet.

Écrit par : Colette | 27/10/2018

Bonjour Colette,

J'ai vu la météo vers vôtre île. La nôtre est pas mal non plus, la cheminée s'impose!
Belle tranche de pâte de coings, pas de doute l'automne a bien installé ses quartiers.

Si en plus Gislebert cite Christian Bobin, je vais me régaler!

Au fait que dirait une personne sourde à son visiteur désespéré de trouver porte close?
"Il eût fallu que vous cognassiez plus fort pour que je vous entende!"
.... :-)

Bon dimanche!

Écrit par : hommelibre | 28/10/2018

@ John, merci pour ce superbe imparfait du subjonctif!

Cogner ou pas rejoint votre billet du jour, mais évitons de nous battre pour un morceau de pâte de coings. Je me demandais si vous en trouviez en Suisse car moi, avant de venir vivre ici, je n'en avais jamais ni vus ni goûtés.

Bonne soirée.

Écrit par : Colette | 28/10/2018

@Colette,

Les cognassiers poussent ici et se portent même très bien, les récoltes sont souvent abondantes. Généralement, les propriétaires d'un de ces généreux arbres essayent de distribuer leurs fruits en trop à leur entourage, car leur transformation demande du boulot et un arbre peut donner de quoi faire des transformations à l'échelle semi-industrielle.

Je ne connais personne qui fait de la pâte de coings, je crois que ça prend trop de temps et demande d'avoir de la place dans sa cuisine et beaucoup de temps à disposition.
En revanche, on en fait volontiers de la confiture et de la gelée.C'est effectivement un délice !
Chaque fois que j'en mange, je me souviens en rigolant de ma première rencontre avec ce fruit qu'on ne connaît pas en Europe du Nord .

J'étais ado et chez un ami, j'ai aperçu sur la table de la cuisine, un tabouret renversé avec un truc brun foncé qui pendouillait, attaché aux quatre pieds du tabouret. Ça avait l'air franchement dégoûtant ( les ados adorent être dégoûtés !) et je me suis posé plein de questions sur les coutumes suisses incompréhensibles. Question que j'ai essayé de présenter de façon neutre, comme j'avais appris à le faire en toute circonstance déroutante.
On m'a répondu d'un air très naturel que c'étaient des coings cuits qui étaient en train de s'égoutter dans un récipient, à travers une mousseline dédiée à cet usage depuis des années et que contrairement aux apparences, elle était propre.
Ces situations-là m'ont appris l'humilité. On ne sait jamais tout, on ne peut pas tout connaître, surtout dans un pays dans lequel on n'est arrivé qu'à 11 ans !
J'ai apprivoisé le coing depuis longtemps, mais la grenade reste encore un mystère, ainsi que les nèfles et les kakis.

Écrit par : Calendula | 30/10/2018

@Calendula, merci pour cette anecdote, déroutante pour une non-initiée!!! Il est vrai qu'en changeant de latitude les aliments et leurs préparations varient énormément. Si je vous racontais tout ce que j'ai vu "d'étrange" à mon arrivée en Espagne à 23 ans...Comme vous, j'observais, risquais une question prudente, riais souvent dans ma barbe ou étais horrifiée.

La pâte de coings ne donne pas plus de travail que la confiture, elle se fait en deux jours. Si un jour l'envie vous en prenait, je vous enverrais la recette.
Quant aux grenades, je les adore, il faut aussi chipoter pour extraire les grains qui ont la fâcheuse habitude de prendre la poudre d'escampette et de rouler partout;-))
Les nèfles sont délicieuses, le premiers fruits de la saison, par contre les kakis me semblent bien trop sucrés et d'une texture mollassonne. Voilà pour nos fruits "exotiques".
Bonne soirée.

Écrit par : Colette | 30/10/2018

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