08/09/2018

Paroles et silences 1 / Palabras y silencios 1

" Il ne s'agit pas de parler, il ne s’agit pas de se taire: il s'agit d'ouvrir quelque chose entre la parole et le silence."

"No se trata de hablar, no se trata de callar: se trata de abrir algo entre la palabra y el silencio."

Roberto Juarroz 

 

Dans son recueil Poesía vertical R. Juarroz explore encore et encore la relation entre notre Être, les silences et les paroles (ou mots).

Je vous propose quelques billets sur ces thèmes, des poèmes pas toujours aisés mais si profonds.

 
Pep Coll (Palma 1959) Arc III

 

 
Se taire peut être une musique,
une mélodie différente,
qui se brode en fils d'absence
sur l'envers d'un étrange tissu.
L'imagination est la véritable histoire du monde.
La lumière fait pression vers le bas.
La vie se répand soudain par un fil en suspens.


Se taire peut être une musique
ou le vide aussi,
puisque parler c’est le couvrir.
Ou se taire est peut-être
la musique du vide

(Trad: Colette)


Ce recueil, Poésie Verticale, est traduit en français, je ne le possède pas, mais si après quelques poèmes vous aimez...


Callar puede ser una música,
una melodía diferente,
que se borda con hilos de ausencia
sobre el revés de un extraño tejido.
La imaginación es la verdadera historia del mundo.
La luz presiona hacia abajo.
La vida se derrama de pronto por un hilo suelto.

Callar puede ser una música
o también el vacío
ya que hablar es taparlo.
O callar puede ser tal vez
la música del vacío.

 

Commentaires

Hola Colette,

Quel programme ! Si je comprends bien, foin de la parole creuse et dénuée de sens, sans pour autant sombrer dans le mutisme et devenir des mutants mutiques. S’exprimer tout en se la coinçant, va plus nous rester que le mime. Mais z’alors, à force de mimer, ne risque-t-on pas de se retrouver minés ?

Sa poésie verticale au Roberto me plaît bien, mais, à nos âges où les disques intervertébraux ont tendance à se faire la malle, faut pas se montrer opposant trop farouche à l’horizontalité. Dans les années 60, cela se chantait, une chansonnette pas très féministe, mais c’était encore une époque où l’on savait sourire.

https://www.youtube.com/watch?v=-OsqHgBxXlI

Redevenons plus sérieux, encore que ce commentaire, un peu hors des clous, va vous paraître incongru, voire farfelu. Muy probablemente.

Sans en avoir l’air, en badinant sur le silence et la musique, en un peu plus de dix vers ciselés au scalpel, Juarroz nous balance sa « Weltanschauung », sa petite cosmologie personnelle, c’est du moins ce que je ressens en le lisant. Resurgissent des souvenirs à la fois musicaux, datant de l’apprentissage fastidieux du solfège et scientifiques, récurrences d’études… allez savoir pourquoi, tal vez la fisica, « mi bello amor de juventud ».

« Se taire est aussi une musique ». C’est une évidence, sans même devoir inverser l’ordre de ce premier vers, ni paraphraser non plus Guitry qui écrivait : « Lorsqu'on vient d'entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui ». Si vous pratiquez le chant choral, vous connaissez l’importance des silences indiqués par des symboles (soupirs, pauses et leurs fractions) sur les portées des partitions. Cette ponctuation de l’écriture musicale reste un moyen d’expression pour le compositeur presque aussi important que l’harmonie ou la mélodie : elle apporte nuances et respirations au phrasé et confère son caractère unique à l’interprétation, signant la qualité du passeur. Imagine-t-on le Duo des Fleurs de Lakmé interprété sans silences, sans soupirs, sans nuances ? Juste un exemple au hasard, l’air est diffusé alors que j’écris…

« Ces fils d’absence » (belle trouvaille pour ces silences) sont brodés sur la trame d’un tissu qui n’est autre que l’air que nous respirons, le bon air du Bon Dieu dixit le capitaine Haddock, penseur belge considérable, l’air qui constitue le support de l’onde sonore… On entre là dans le domaine de la physique. Dans l’air raréfié (le « vide » du poète), pas de musique, le son est aux abonnés absents.

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » écrivait Pascal. Heureusement que ce vide intersidéral existe, autrement nous serions complètement assourdis par le fracas et l’infernal boucan des novæ qui éclatent loin de notre azur. Et nous ne pourrions pas écouter la musique…

Faudrait parler encore de la lumière, des "fils de vie", mais suis trop long, faut laisser un peu de place aux autres, la suite au prochain billet, si Dios quiere.

Buena semana.

Écrit par : Gislebert | 08/09/2018

Hola Colette!

Gislebert peut bien laisser la place aux autres, ça ne mange pas de pain vu qu’il a tout dit… !!!

Je blague, mille sabords!
(-¿-)

J’ai ralenti sur: « L’imagination est la véritable histoire du monde. »

aow aow aow… Un angle de lecture tout-à-fait inattendu. L’imagination (et j’ajouterais ses déclinaisons: désir, curiosité), a construit le monde en parallèle à la nécessité. Les engins volants sont un produit de l’imagination. Cela rend l’Histoire moins implacable.

Un poème est supposé représenter un tout, le tout d’une perception, d’un moment. Il est supposé complet. En peu de ligne la gageure est énorme. Ici on part de fils, éléments forcément limités et contingents à cause de leur existence matérielle elle-même, pour arriver au vide, non matériel, non contingent, et par là universel. Rapprochement que seule la poésie peut se permettre sans perdre son crédit – au contraire. Mais en même temps rapprochement hasardeux en ce qu’il lie et mélange deux ordres de choses très différents.

J’aime aussi la sensorialité de: « La lumière fait pression vers le bas. » et « L’envers d’un étrange tissus ».

Bon dimanche Colette, ici très ensoleillé mais matin frais!


@ Gislebert:

Très intéressé par ce que vous écrivez sur le silence en musique, et par votre envolée intersidérale qui prolonge la poésie vers l’astronomie et la physique. Et ma foi ça le fait, y compris en citant Pascal et en concluant sur le bruit des étoiles qui explosent.

Merci, et bon dimanche.

Écrit par : hommelibre | 09/09/2018

@Gislebert et Homme Libre, quelle chance d'avoir des lecteurs-commentateurs si inspirés, sensibles et attentifs, le poème s'en trouve fort enrichi. Merci beaucoup et excellent dimanche à vous deux.

Écrit par : Colette | 09/09/2018

Colette, je voudrais m'adresser à vous.

Comme vous l'avez éventuellement lu en d'autres blogs il y est souvent, par quelqu'un d'anonyme que je ne nomme pas, question des "délires de MB" c'est-à-dire de moi-même.

En 1969 Il m'est arrivé quelque chose avec demande ferme de partager ce qui me vient en tête ou réflexions... interrogations, ressentis, etc.

Les sources de cet événement sont biblique ainsi que d'amour (les sentiments d'amour "premiers"... "derniers" cités!

Hier soir je lis votre texte, et commentaire de Gislebert, consacré au SILENCE.
J'apprécie puis vais me coucher sans pouvoir dormir... je suis comme forcée, voix intérieure, "poussée" à lire l'Apocalypse ce qui m'emm(..) à fond.

Refus (mental)

CE MATIN impossible de faire marcher mon ordinateur avec cette force idée que je "dois" lire l'Apocalypse!

J'ouvre la Bible… et tourne que tourne les pages… sans le moindre ennui, tout au contraire.

Arrivée au chapitre huit: "Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un SILENCE d'environ une demi-heure (…)"

la lecture qui suit évoque nos problèmes de transition écologique, et de conflits variés avec, les conséquences à prévoir comme à venir, dès les premiers versets du premier chapitre, droits du plus riche au détriment de la justice et ainsi de suite… menteurs et mensonges... lecture dès le début de l'Apocalypse nous situant parfaitement en notre temps (temps intemporel biblique se présentant comme au présent)

11 heures trente: je retourne à l'ordinateur… il re marche!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09/09/2018

@Myriam, bonjour.
N'étant pas une lectrice assidue de l'Apocalypse ni de la Bible, je vous répondrai simplement que la qualité du silence lors de visites des lieux saints a sur nous(moi?) un effet extrêmement bienfaisant, apaisant si on sait s'y immerger.

Lire, écrire, admirer un tableau en silence...

Visiblement votre ordinateur a apprécié, lui aussi, quelques heures de silence!

Bon dimanche.

Écrit par : Colette | 09/09/2018

Colette,

Loin de moi l'intention de vouloir jouer au rabat joie et ne pas respecter l'orientation de votre blog mais, hier soir, en contemplant un paysage que vous présentiez je pensai que si nous ne faisons pas pression "à fond" sur nos dirigeants nos descendants ne contemplerons plus rien ou presque parce qu'avant la fin du siècle tout, sans tellement exagérer, aura grillé (par la chaleur qui augmente on note déjà chez certains des problèmes de poumons).

Vous n'ignorez pas que le mot absinthe qui apparaît dans l'Apocalypse (révélation, également) signifie Tchernobyl

et, ce matin, le "niet" de mon ordinateur fut ce que Jung étudia longuement: les synchronicités.

ces lignes en aucun cas pour attirer l'attention sur moi… j'ai connu quelqu'un qui passait son temps consacré à la musique et à la poésie.

Une rencontre concernant certains grands malheurs suffit à lui faire fermer pour un assez long temps le couvercle de son piano.

Bonne semaine à vous.

Écrit par : Myriam | 09/09/2018

« Visiblement, votre ordinateur a apprécié, lui aussi, quelques heures de silence »

:)))))))))))))

Faut-il rappeler cette citation du Talmud: « La parole est d’argent, le silence est d’or » :)

Bonne soirée Colette

Écrit par : Patoucha | 09/09/2018

Post-scriptum para un hombre libre.

Pour revenir sur les deux vers où John a ralenti…

Le premier : « La lumière frappe en bas ». Claro que si, on ne peut mieux dire, le soleil n’est pas avare de son rayonnement, à l’origine de toute vie. Mais point trop n’en faut. Sans l’atmosphère protectrice contre ses radiations dangereuses, nous serions bien vite caramélisés. Subtil équilibre, l’enveloppe gazeuse s’effiloche parfois pour heureusement laisser passer au travers de ses mailles, belle métaphore, ces « fils de vie » ionisants qui auraient ensemencé la vie dans l’océan primitif de notre planète bleue. Conditionnel de prudence, pas le lieu, ni le temps pour développer.

Paradoxal balancier de vie et de mort, ce soleil prodigue et fécondant, lorsqu’il aura épuisé ses réserves d’hydrogène, deviendra, dans un premier temps, une géante rouge qui phagocytera les planètes de sa proche banlieue dont la Terre. D’ici environ cinq milliards d’années estime-t-on dans les milieux autorisés, on a donc le temps de voir venir… Ce sera la vraie mort de la planète. L’espèce humaine aura disparu bien avant cela, égarée sûrement dans ses chicayas picrocholines, nous serons tous devenus de purs esprits et il n’y aura plus d’eau pour couler sous le Pont Mirabeau… L’Histoire est réellement implacable.

Le second vers par contre : « L’imagination est la véritable histoire du monde » tombe un peu comme une moumoute dans le gaspacho si l’on s’en tient à une lecture « scientifique » du poème, forcément tirée par les cheveux… Encore que l’imagination ne manque pas aux physiciens quand, à partir d’une modélisation mathématique, ils nous parlent d’univers parallèles, à dimensions multiples (théorie des cordes). Encore qu’il ne faille jamais dire jamais en science comme en amour, aucune physique ne répondra jamais au pourquoi du comment, au questionnement ultime face à ce qu’il nous reste à savoir, à découvrir. Ce n’est pas son rôle, pour cela prière de switcher sur la touche philo ou théo. Les serrures sont trop fines pour nos gros rossignols… Nous sommes comme Juarroz, un peu en attente, observateurs perdus dans les conjectures, à éprouver nos limites.

Pour terminer dans un registre plus léger, à l’éternelle triple question toujours demeurée sans réponse « Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? », rappelons-nous Pierre Dac qui répondait en son temps :

« En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne ». Des farceurs ont rajouté pour compléter la colle : « Qu’allons-nous manger à midi ? ».

Une explication de texte saugrenue, admettons, il aurait peut-être mieux fallu gloser sur la qualité du silence, sa nécessité, disserter sur les curieux qualificatifs qui lui sont si souvent accolés (silence gêné, complice, coupable, critique, assourdissant, général...), mais l’analyse en vaut bien une autre. Après tout la poésie est bonne fille et se prête à toutes les exégèses, pour preuve la lecture des spécialistes de la Bible et du Coran de cette plateforme.

Atentamente, senõr John.

Écrit par : Gislebert | 10/09/2018

Patoucha,

Mon ordinateur, en l'occurrence, ne parlant jamais, pas plus que ne jacassant, calomniant ou dégradant autrui apprécie de n'avoir pas une propriétaire jouant avec les pseudonymes sachant que ce que le public lit en ces lieux... apprécié ou non... est d'elle.

La parole, sans oublier les évangiles, est d'argent correspond au centre nerveux et de conscience (chakra) correspondant à notre appareil phonatoire du fond de la gorge… tant pour le physique que pour le psychologique ("Je n'ai qu'une parole" ou le "Si je mens je vais en enfer" de notre enfance, "parole d'honneur, le "OUI" d'une alliance

Alliances, anneaux magiques des contes des mille et une nuit… Ali Baba

caverne grotte symbole féminin

yin... rêve mysticisme

pas étranger à notre hôtesse...Colette

Une autre Colette au papier à lettres bleu, écrivaine, amie des chats mi-a-ou

mi août… on fera les 4OO coups

Nous irons à Paris film


Finira-t-elle par se taire (écrire), finira-t-elle par la boucler!?

Patience et longueur de temps…

Mais en relevant le formidable commentaire de Gislebert juste ci-dessus j'invite à nous demander un instant ce que pensent de nous les animaux sachant qu'une fois par année ils parlent donc ils pensent… bruits de musique dans les bois élégants costumes d'hommes et de femmes chiens chevaux ouverture de la chasse

ALARME… les monstres tueurs mangeurs de notre chair et buveurs de notre sang ("Qu'allons-nous manger à midi ?"

sont de retour… parmi nous

A chacun, chair et sang, son Eucharistie


Dominus vobiscum...

Écrit par : Myriam | 10/09/2018

Merci Myriam, j'aime beaucoup Colette l'écrivain.

@Pour Patoucha et Myriam.
J'ignore s'il existe entre vous des sujets de fâcheries, mais je vous prierais de rester dans le sujet du jour et de ne pas employer mon blog pour vos conversations personnelles.

Bonne journée.

Écrit par : Colette | 10/09/2018

Les mystiques zen, pour autant qu'ils en soient, nous parle du son provoqué par "une main qui claque", sous forme interrogative : "quel est le son d'une main qui clape" !

En fait rien d'autre qu'un oxymore, cette fois gestuel ce qui le soustrait au langage sans pour autant éviter une sorte de malice et le confinant au stade de la litote.

Nous utilisons également l'expression, "d'un silence assourdissant", mais lorsque R. Juarroz nous invite dans son poème en disant "Se taire peut être une musique," il omet le fait que la musique est également composée de silences, à l'origine ou pas, ces silences sont les principaux ingrédients de toutes les musiques.

Nous ne passons pas nos vies entières à parler, nous consommons le silence bien plus que nous parlons, lui R. Juarroz, il écrit et les poèmes sont des musiques, des notes de temps parsemées de silences.

Sans oublier que certains silences ne sont pas musicaux, voir insultants !

Et en parlant de musique, une phrase de Woody Allen :

"Quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne"

Écrit par : Corto | 10/09/2018

En réponse à Patoucha, l'auteur et chanteur français Nicolas Tarik a cette version :

"Le silence est d'or, la musique est d'opale"

Écrit par : Corto | 10/09/2018

Ne pensez pas que je sois un adepte du zen, mais voilà que me revient cette citation qui ne manque pas d'intérêt :

"quand vous parlez, votre esprit est silencieux quand vous êtes silencieux, votre esprit parle"

Écrit par : Corto | 10/09/2018

@Myriam, j'ai lu attentivement votre dernier commentaire. Comme il ne traite ni du poème ni d'un sujet qui y soit relié,je ne le publierai pas; mais je prends bien sûr note de votre remarque sur "se mettre à la place du commentateur" et veillerai, comme toujours, à ce qu'aucun débordement n'ait lieu ici.
Bien à vous.

Écrit par : Colette | 10/09/2018

Une question me travail vis à vis de "la" poésie ; sommes-nous en capacité de faire des analyses plausibles sur la poésie ? En ce qui me concerne, ou les poèmes me bercent ou me réveillent et non les pseudos poètes, ce qui n'est bien sûr pas le cas de R. Juarroz, mais de ces faux poètes qu'on a le droit de détester !

Donc, face à un poème, je ne me réserve que le droit d'aimer ou de ne pas aimer !

Écrit par : Corto | 10/09/2018

Quel silence !!!

Écrit par : Corto | 12/09/2018

On aime la poésie qui coule de source... gouttes, perles...larmes…
mais dès que l'on cherche à faire rimer… larmes...gendarmes… gens d'armes…!


Rien à voir avec R. Juarroz.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/09/2018

Myriam avec Juarroz, on pourrait parler de rimes de l'esprit !

Écrit par : Corto | 13/09/2018

Rimes de l'esprit qui se tournent, CRISE vers et de l'esprit, Corto, cher Corto, par laquelle passent ceux qui ont cheminé au long des siècles, folie frôlée, vers le chemin, la vie, la vérité

d'une Thérèse d'Avila qui disait que "pour une prière exaucée… que de larmes"...!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/09/2018

Comme dans passablement de littérature espagnole, on resent une partie de pathos, comme une culpabilité insondable ou inavouable, je ne pense pas, chère Myriam que les prières soient des requêtes mais des remerciements, peut être que le "pathos" ibérique prend ses sources dans ce que vous décrivez.

Écrit par : Corto | 13/09/2018

On ne peut rien dire quand on ne connaît pas la langue… mais laissons aux poètes leurs expressions, ressentis, images, vibrations…

Corto, un copain musicien, violoniste, interprétait je ne sais plus quoi et soudain fait trop vibrer son instrument… en nous regardant… histoire de s'assurer que nous sentions bien ce qu'il entendait dire

peut-être était-ce une forme de pathos musical?

Il y a des personnes qui ne se tournent vers Dieu ou la lumière irrésistiblement, pas "pour prier" qu'en étant passionnément humainement tout-à-fait amoureuses… il s'agit alors plutôt d'un frémissement… sans paroles donc… de silence mais sans doute, pour un instant, d'une prière qui ne demande ni ne remercie un instant de grâce mais ce mot, grâce, est sans doute déjà trop d'église

Thérèse d'Avila vivait une sorte (c'est un ressenti) de souffrance comme en cas de deuil mal géré qui la conduisit à réformer le Carmel au point d'en faire une sorte de bagne… capable de refuser l'admission d'une femme en religion pour une simple question de regard ou d'oeil... sa lumière intérieure la tirant vers le bas… on eut attendu d'elle qu'elle prenne cette femme dans ses bras tout en lui ouvrant grand les grilles... alors elle aurait été je crois, un vrai poète... on les dit, en les appelant petits prophètes dans la Bible, comme "pris de vin doux"... "une mélodie différente" "Se taire peut être une musique" R. Juarroz


de douce nuit
à tous

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/09/2018

Myriam, les poésies sont des prières ou pas, mais dans les 2 cas, elles innovent sur des chemins peux fréquentés et de ce fait, libèrent des tumultes obsessionnels et des mécaniques-pseudos mystiques, concernant les traductions, hormis les rimes dans bien des cas, une transposition de langue ne dérange pas forcément, voir peut enrichir.

Ce qui me dérange dans les histoires de martyrs, c'est qu'il sont au service d'un idiome prosélyte, si vous prenez le cas du christianisme, ce sont des milliards de martyrs au service de quelques rares exceptions, en fait, une énorme hypocrisie s'étant imposée par la force et la tyrannie, viols d'enfants et tout ce qu'il y a d'anti-poétique.

Bien à vous

Écrit par : Corto | 14/09/2018

Señor Corto, toutes les religions ont leurs poètes, leurs mystiques et leurs silences.
Le propos de ce blog, je vous le rappelle, est la poésie et la traduction. Faire connaître la poésie, la faire voyager est mon ambition.

le sujet des martyres de la religion est certes fort intéressant mais sort du cadre de ce blog.

Bien à vous.

Écrit par : Colette | 14/09/2018

Poésie et traduction ainsi, même sans être en mesure de traduire soi-même, entendre chanter les expressions… ce qui pour nos plus grand bien nous change, pour ne pas écrire nous soigne, de la contemporaine culture néolibérale.

Davantage de poésie (pour tous, toutes classes sociales confondues) à l'école…! et musique ce depuis le chant grégorien… source de notre grande musique.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/09/2018

Si on peut même plus discuter !!

Et je ne savais pas qu'il y avait des poètes lors de l'inquisition ?

Enfin, les goûts, les couleurs !

Écrit par : Corto | 14/09/2018

Lorsque vous dites que toutes les religions ont leurs poètes, je dirai que bon nombre de poètes ont été assassinés par ce que vous appelez "religions" !

Peut-être que vous confondez les poèmes, les poésies et les psaumes !

Écrit par : Corto | 15/09/2018

Les lois de l'unité du contraire !

Écrit par : Corto | 15/09/2018

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