21/07/2018

Une autre fenêtre / Otra ventana

Poursuivons sur le thème de la fenêtre, mais sous un angle bien différent...

 

Une autre fenêtre
Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
 
On se lasse d’être seul à délirer
avec sa fenêtre au milieu de la rue,
parmi la neige qui traîne
sa blancheur dans les ruelles oubliées.
On se lasse de sortir pour chercher
la même femme à la chevelure
jusqu’aux pieds.
 
Peut-être est-ce cela l'art de la solitude :
écrire, écrire encore l’île avec son ciel lilas
et la sveltesse du phare qui verse sa lumière sur
nos cheveux en désordre.
Peut-être est-ce seulement ça : une boussole sans mémoire
pour les temps à venir.
 
(Trad : Colette)
 

fenêtre, ventana

Otra ventana

Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
 
Uno se cansa de estar solo delirando
con su ventana en medio de la calle,
entre la nieve que arrastra
su blancor por los callejones olvidados.
Uno se cansa de salir a buscar la
misma mujer con el cabello
largo hasta los pies.

Tal vez en eso consista el arte de la soledad:
escribir repetidas veces la isla con su cielo lila
y la esbeltez del faro que derrama su luz sobre
nuestro cabello alborotado.
Tal vez sea sólo eso: una brújula sin memoria
para el tiempo que vendrá.

Commentaires

Hola Colette,

¿ Viva Zapata, realmente?
Lo siento, no gusté.

Comentario breve hoy y con razón. Otros tendrán más espacio.

Bof… Qu’il l’ouvre bien grande sa fenêtre, ce fils de l’Inca fatigué, narcissique et pleurnichard et qu’il en franchisse la rambarde allègrement et à pieds joints…La neige blanche (tiens, original…) amortira sa gamelle dans la rue oubliée (par les services de voirie ?). Franchement, à part la métaphore finale de la mémoire-boussole… En manque de spleen, on peut préférer celui des Romantiques du XIXe, le trouve mieux écrit.
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C’est du moins ce que j’ai écrit hier au soir, ayant survolé un peu vite la version originale. En la relisant ce matin et surtout en la faisant réciter à une amie hispanophone, la saveur de la prosodie du poème, même avec ses métaphores convenues, tandis que se développe le lyrisme du chant castillan, m’a fait réviser mon jugement. Toujours le même problème avec les traductions de poèmes en français. Peut-être que la vôtre est trop fidèle, trop sage. Un exemple : « escribir repetidas veces » que vous traduisez par « écrire maintes fois ». L’expression « maintes fois » semble sortie d’un rapport de police au sujet d’un délinquant récidiviste… Ne vaudrait-il pas mieux traduire par « écrire, écrire sans cesse » ou « écrire, réécrire sans fin », ce qui restituerait mieux l’impérieuse nécessité de l’écriture qui semble tenailler Zapata, quitte à trahir un poil son texte.

Finalement, caramba encore raté, mon commentaire est encore trop long…

Ce n’est que mon humble avis, n’y voyez aucune critique malveillante de votre travail, que j’apprécie hautement puisque votre blog est le seul que je fréquente régulièrement, avec celui de John. Vous voyez, je prends mes précautions, César n’a-t-il pas écrit que de tous les peuples de la Gaule, les Belges étaient les plus braves (« Horum omnium fortissimi sunt Belgae »), les plus susceptibles peut-être ajouterais-je.

Buena semana, dans un grand éclat de rire.

Écrit par : Gislebert | 22/07/2018

Bonjour Gislebert,

Comme vous j'ai retenu cette boussole sans mémoire pour les temps à venir. Ne vaut-il en effet pas mieux oublier (du moins essayer) certaines rancunes, inimitiés, certains malheurs?

Pour la suggestion: d'abord je vous remercie vivement, puis, et avec votre permission, je changerai ma traduction pour y introduire "écrire, écrire encore". Mieux, beaucoup mieux!

Pas susceptible pour un sou, vous voyez:-) Mais je ne le trouve pas pleurnichard, sinon je ne l'aurais ni choisi, ni traduit...

Allez, la semaine prochaine nous partons vers du plus léger, promis.

Bon dimanche rieur, merci de votre fidélité.

Écrit par : Colette | 22/07/2018

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