12/05/2018

Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores

J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
Voici le poème le plus connu sur le sujet.



Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

 

 

JARDIN- JARDÍN

Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

 
Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent des jardins.

Mais bien plus grand est le mérite de la rose.

Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
 Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
 Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
(Trad.Colette)

El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.

ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.

ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les grands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
Il est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..

 

Commentaires

Hola Colette,

Sobre la belleza que inspira los poetas, sobre las rosas y sus espinas…

Vous faites bien de relever l’importance des jardins et des fleurs dans l’art de vivre de l’Al-Andalus : les Omeyades, eux-mêmes imitateurs des Perses et des Assyriens (Persépolis, Babylone), emmènent le modèle lors la conquête de la péninsule, en même temps que la poussière soulevée par les sabots de leurs petits chevaux…

Les jardins princiers comme ceux de l’Alhambra de Grenade sont des espaces clos par de hauts murs, à l’abri des regards. Lieux réservés aux intimes et aux proches, où l’on reçoit ses amis, ils témoignent de la richesse et du raffinement de leurs propriétaires, prolongements du palais aussi où l’on accueille les hôtes de marque. Des lieux de culture et d’art enfin, où les poètes récitants, pour ceux du moins qui peuvent s’en offrir les services, viennent chanter leur magnificence.

Écrit par : Gislebert | 13/05/2018

(Suite)
De toutes les fleurs qui colorent et embaument ces représentations terrestres du paradis coranique, la « dame du jardin » tient la vedette. Entre parenthèses, votre Cordouan est bien sévère avec le myrte, on voit bien qu’il n’en a jamais goûté la liqueur corse… Rien de bien nouveau : avant les Arabes, Grecs, Perses et Latins ont célébré la rose, elle reste l’incontournable métaphore des aèdes, trouvères ou poètes quand il s’agit de traiter de la vie qui file, du bonheur fugace et du temps assassin... Belle au matin et fanée le soir, la rose symbolise la fragilité éphémère de la beauté. Et puis avec ses épines, qui peuvent blesser celles et ceux qui s’y frottent, elle rappelle que la vie courtise aussi paradoxes et contradictions...

Écrit par : Gislebert | 13/05/2018

(Re-suite)

Sans oublier qu’elle permet, comme d’autres fleurs d’ailleurs, l’œillet par exemple, d’évidentes allusions au sexe féminin et cela bien avant les poètes de la Pléiade. On pense immédiatement à Ronsard et sa Cassandre (Mignonne, allons voir…), pourtant le petit poème qui suit n’est pas de lui, mais de l’un de ses contemporains, Clément Marot :

De la rose

La belle Rose, à Vénus consacrée,
L'œil et le sens de grand plaisir pourvoit ;
Si vous dirai, dame qui tant m'agrée,
Raison pourquoi de rouges on en voit.

Un jour Vénus son Adonis suivait
Parmi jardin plein d'épines et branches,
Les pieds sont nus et les deux bras sans manches,
Dont d'un rosier l'épine lui méfait ;
Or étaient lors toutes les roses blanches,
Mais de son sang de vermeilles en fait.

De cette rose ai jà fait mon profit
Vous étrennant, car plus qu'à autre chose,
Votre visage en douceur tout confit,
Semble à la fraîche et vermeillette rose.

Adolescence clémentine, 1532

Écrit par : Gislebert | 13/05/2018

(Fin)

Un exemple parmi tant d’autres, classiques, romantiques, modernes, en toutes les langues, ont dû traiter le thème... Pour terminer sur un sourire ces deux citations :

" Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires. " Pierre Dac

"Femme : Rose qui prend parfois deux "s"."

Jules Lévy (personnage atypique, éditeur, non-conformiste et « nègre » de Courteline, méconnu, à découvrir).

Buenas noches.

Hasta la próxima.

Écrit par : Gislebert | 13/05/2018

Gislbert, pour une raison technique et mystérieuse, je n'arrivais pas à publier votre billet. Après divers essais, j'ai trouvé qu'en le "morcelant" en 3 parties, ça passe. Désolée.

Écrit par : Colette | 13/05/2018

@Gislebert, Merci pour ce poème de Marot. Ainsi de sang de la belle le blanc s'est coloré de vermeil et l'a attaché pour toujours...Rose aux joues, le point commun avec mon poème saute aux yeux!
Bonne semaine.

Écrit par : Colette | 13/05/2018

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.