14/04/2018

Idylle / Idilio

 

 




Idylle
À Enrique Durán
Federico GARCÍA LORCA
 
Tu voulais que je te dise
le secret du printemps.
 
Mais je garde le secret
tout autant que le sapin.
 
Arbre dont les mille doigts
indiquent mille chemins.
 
Je ne te dirai jamais, mon amour,
pourquoi, lent, le fleuve coule.
 
Mais je mettrai dans ma voix coupée
le ciel cendré de ton regard.
 
Tourne autour de moi, ma brune!
Et prends soin de mes feuilles.
 
Tourne encore, tourne toujours
jouant à la noria de l’amour.
 
Même si je le voulais, je ne peux te dire,
hélas, le secret du printemps.
 
(Trad:Colette)
 
 
 
 
Idilio de Federico García Lorca

A Enrique Durán

Tú querías que yo te dijera

el secreto de la primavera.
 


Y yo soy para el secreto

lo mismo que es el abeto.
 


Árbol cuyos mil deditos

señalan mil caminitos.
 


Nunca te diré, amor mío,

por qué corre lento el río.
 


Pero pondré en mi voz estancada

el cielo ceniza de tu mirada.
 


¡Dame vueltas, morenita!

Ten cuidado con mis hojitas.
 


Dame más vueltas alrededor,

jugando a la noria del amor.
 


¡Ay! No puedo decirte, aunque quisiera,

el secreto de la primavera.

Commentaires

Hola Colette,

Difficile de « décrypter » un poème amoureux de Lorca, aussi simple puisse-t-il paraître comme celui-ci, sans évoquer son homosexualité cachée qui sous-tend tout son œuvre… Occultée par sa famille, ses proches, à peine évoquée pendant longtemps par ses biographes, elle transparaît avec les métaphores, les non-dits et les images bousculées de sa poésie, jalonnant son existence dans une société profondément machiste et homophobe.

Lire à ce propose le texte de D. Fernandez paru en critique d’une biographie de Lorca dans un article du NouvelObs :

https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110531.OBS4245/federico-garcia-lorca-ou-la-vie-sexuelle-de-garcia-l.html

De Paris, con mi amistad.

Écrit par : Gislebert | 14/04/2018

Colette,

Sur le secret du printemps, je vous dirai qu'à condition de ne pas chercher à le voir il arrive que l'on entrevoie entre bourgeons ou feuilles naissantes comme un petit danseur qui inspira sans doute à Jacques-Dalcroze son Jeu du Feuillu suites de chansons et cortèges du mois de mai pour enfants, certes, mais la Suisse qui chante chantait avec... au temps où la livre de cerises ne coûtait guère que quelques centimes... quand les oreilles des fillettes s'ornaient de ravissantes boucles d'oreille par deux cerises tenant ensemble tandis qu'au bois du chalet grimpaient les perce-oreille...

Vous en trouveriez un peu plus par votre moteur de recherche

en insistant: vous vous procureriez Le Jeu du Feuillu, certes, mais ne sauriez entrevoir le danseur, le vrai Feuillu! en faisant exprès de sortir pour l'apercevoir

exactement comme pour le Graal des Chevaliers du roi Arthur dans la forêt de Brocéliande... le Graal ne se montrait jamais à qui sortait pour le voir...!

Bien à vous... avec le bonjour des marmousets du Jeu du Feuillu.

Écrit par : MB | 15/04/2018

@Bonjour Gislebert,

L'homosexualité de Lorca est bien sûr une piste, sans doute incontournable, de la poésie de Lorca. Et ce poème peut se lire ainsi.
Il ne faudrait cependant pas limiter sa lecture à ce fait. Il y a, par exemple, plusieurs vers qui font référence à des comptines infantiles, et puis ces métaphores si neuves, et le ton presque dansant. Bref une mélodie qui sonne si bien aux oreilles. Non?

Je vous souhaite un bon dimanche parisien alors. (je sais que depuis tout un temps il fait bien meilleur dans le nord qu'au sud...)

Écrit par : Colette | 15/04/2018

@ MB, Voilà un jeu dont j'ignore tout, assez mystérieux si j'en crois vos mots et 100% Suisse. Ça m'intéresse, je vais chercher, merci!
Le printemps c'est pour les enfants, aucun doute. On espère qu'ils abandonnent leurs jeux vidéos, consoles etc..pour courir et chanter, rire aussi.

Je me rappelle de boucles d'oreilles-cerises, j'étais jeune et je n'en n'ai plus vues depuis, pourtant les cerisiers ne manquent pas ici.

Merci aux marmousets donc, et bon dimanche.

Écrit par : Colette | 15/04/2018

Les cerisiers ne manquent pas, Colette.
Mais les prix...haussent: plus d'une dizaine de CH francs pour un kilo de cerises.

Cerises délicatesses, savoureuses également fruit du pauvre (qui se partageait entre copines... à la récré) fruit de riche, désormais!
Luxe.

Vive le progrès, le "progrès"... pour qui?

Écrit par : MB | 15/04/2018

Les commentaires sont fermés.