07/04/2018

Il y a cinq ans.../ Hace cinco años...

Il y a cinq ans donc, je publiais ce poème et j'y ai pensé en allant revoir la côte nord de l'île qui, à cette époque, avait brûlé. Calcinés les pins, les plantes, un spectacle désolant.
Et cinq ans plus tard... 
Hace cinco años pues, publicaba este poema y volví a pensar en él yendo a ver la costa norte de la isla que, en aquella época,se había quemado. Calcinados los pinos, la plantas, un espectáculo desolador.
Y cinco años más tarde...
 
 
2013   (clic pour agrandir)                                                    2018
                                                 
 

 

 

 
 
 

 

 

 

Des cistes en fleur, partout

 

 

 

 
 
 
 
 (poème déjà publié il y a 5 ans mais vous l'avez peut-être oublié:-)))
 
On dit que les plantes ne parlent pas

Rosalía de Castro 

 

 
On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,
Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,
On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,
Ils murmurent et s'exclament:
- Voilà la folle rêvant
De l'éternel printemps de la vie et des champs,
Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,
Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.
 
 
- Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,
Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,
À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint
Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,
Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.
 
 
Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,
Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?
 
(Trad: Colette) 

Dicen que no hablan las plantas

Rosalía de Castro



Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
De mí murmuran y exclaman:
—Ahí va la loca soñando
Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

—Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
Con la eterna primavera de la vida que se apaga
Y la perenne frescura de los campos y las almas,
Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?

Commentaires

Hola Colette,

Le poème est magnifique de par sa simplicité, votre jeu de photographies l’illustre en parfaite harmonie. La nature s’arrange toujours, à sa manière, mais elle y met le temps. On voit sur l’un des clichés les troncs morts des arbres calcinés, dressés comme des sémaphores... Ce temps qui nous est compté, à nous blanchis sous le harnais et qui rêvons d’éternité… Bien en adéquation aussi avec la période du renouveau actuel, qui fait exploser la vie, ce printemps si souvent chanté par les poètes.

Parmi tant d’autres, il a inspiré Totor pour ce douzain d’alexandrins où il est aussi question d’arbres qui parlent, mais pas en prose svp, profitons-en pour une fois qu’une œuvre d’icelui n’est pas torrentielle.

Printemps
Victor Hugo

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo, Toute la lyre

Buen domingo, soleado supongo

Écrit par : Gislebert | 07/04/2018

@Gislebert, des arbres qui se parlent en vers...En voilà une belle trouvaille, merci! Nous savons maintenant que les arbres communiquent entre eux (Passionnant le livre "La vie secrète des arbres"), peut-être faudrait-il leur lire des poèmes aussi?

Peu de soleil en ce moment ici, un vent du sud, chargé de sable africain, rend l'air "épais" et fait piquer les yeux. Petites pluies de sable.

Bon dimanche à vous, bien amicalement.

Écrit par : Colette | 08/04/2018

Bonjour Colette,

La nature aussi a sa résilience. On oublie parfois que les feux de forêts ont un rôle régulateur et régénérateur. Les graines peuvent résister à de grandes chaleurs et de grands froids.

Bien sûr la vue d'une forêt calcinée est attristante, et l'on pense aussi aux dangers, pour les humains, des feux incontrôlables. Mais au final la vie revient, reprend l'espace.

Bon dimanche!

Écrit par : hommelibre | 08/04/2018

Bonjour Homme Libre,

Vous avez tout à fait raison bien sûr; d'ailleurs ici, après ces incendies, les "spécialistes" ont recommandé de ne pas reboiser ni replanter, juste d'essayer d'éviter l’érosion. Visiblement les autorités ont suivi leurs conseils car de gigantesques filets ont été déployés partout. Et, comme vous pouvez le voir, la végétation repousse avec vigueur. Pas toujours la même qu'auparavant, c'est intéressant à observer.
Les pins ne sont pas endémiques, ce sont des arbres qui brûlent vite et qui résistent mal aux vents violents. Par contre les chênes verts n'ont pas ou peu souffert. Sagesse de la nature sans doute.

Bon dimanche à vous aussi.

Écrit par : Colette | 08/04/2018

Si les arbres se racontent tous les méfaits et maltraitances que leur a infligés l’espèce humaine depuis la nuit des temps, que ce soit en vers ou en prose, leur chant doit ressembler davantage à une élégie tragique et funèbre qu’à un églogue écolo…

A quand la révolte des forêts, la marche vengeresse des déracinés, à la manière d’un des épisodes du « Seigneur des Anneaux » ?

Écrit par : Gislebert | 08/04/2018

Les chamans qui soignent avec des plantes leur parlent en communion étroite avec elles... On lisait récemment non une allusion à la révolte des forêts mais à l'Appel de la forêt (MARIANNE) un superbe article et cet appel faisait penser au message d'un médecin lausannois: "Merci de votre appel"!

Appels qui conduisirent quelques-uns à passer de la psychologie des profondeurs au yoga, d'autres... au chamanisme.

Un voeu: dans nos écoles pour les enfants, déjà, une initiation au chamanisme signifierait retrouver les forces qui sont en eux, en nous.
Tellement important à mettre à la portée d'enfants en danger de quitter l'école en ayant perdu toute confiance en eux et parmi eux combien, potentiel parlant, de poètes ou de musiciens, d'artistes ou d'artisans à venir enterrés vifs?

Bien belles photos. Colette.

Écrit par : MB | 13/04/2018

Merci MB, s'il est vrai que je ne suis pas spécialiste du chamanisme et que communiquer avec les esprits n'est pas dans mes habitudes, je ne peux, on ne peut que souhaiter que tous les enfants aient un contact étroit avec la nature, les animaux.
Essayer de pénétrer les secrets et la poésie qui émane d'elle.
Je pars à la recherche de cet article de Marianne, merci et bon week-end.

Écrit par : Colette | 14/04/2018

Pour l'article, il devrait y avoir environ deux mois.

Le magasine a passé aux vieux papiers, malheureusement.
Sans quoi il me serait possible de vous communiquer le numéro.

J'apprécie infiniment le chant du langage comme le langage du chant de la poésie que vous nous présentez.

Bonne semaine, Colette.

Écrit par : MB | 14/04/2018

MB, j'ai trouvé l'article sur la Toile mais le contenu est réservé aux abonnés. Il y en aura d'autres...

Vos mots sont très encourageants, merci beaucoup, la poésie "passe" difficilement en général, mais je ne renonce pas! Ce soir vous trouverez un poème de Lorca.

Bon week-end.

Écrit par : Colette | 14/04/2018

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