• Plumes au vent / Plumas al viento

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    Un poème léger ce week-end.

    Un poema ligero este fin de semana.

     

     

    Le vent dans un poème de / El viento en un poema de
     
     Carmen Boullosa (Mexico 1954)
     
     
     
     
     No eres la pluma...(Tu n'es pas la plume...)
     

    Tu n’es pas la plume

    qui au vent s’incline

    ni le tiède cou de l’oie,

    ni la peau de la timide pêche:

    tu es la greffe de toute cette tendresse

    dans la force de la forêt,

    dans le saut d’un félin traqué.

    (Trad: Colette)

    Claude Monet.Le chêne, forêt de Fontainebleau- Claude MonetLe chêne, Fontainebleau


    No eres la pluma 
    que al aire se inclina,
    ni el cuello tibio del ganso,
    ni la piel del tímido durazno:
    eres el injerto de toda esa ternura
    en la fuerza del monte,
    en el salto de un felino acorralado.
     

     

     
  • Cris et chants dans les oliviers / Gritos y cantos en los olivos

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    Paysage
    F. García Lorca
     
    Le champ
    d’oliviers
    s’ouvre et se ferme
    comme un éventail.
    Sur l’oliveraie
    un ciel effondré
    et une pluie sombre
    d’étoiles froides.
    Tremble le jonc et pénombre
    au bord de la rivière.
    L’air gris moutonne.
    Les oliviers sont
    chargés
    de cris.
    Un vol
    d’oiseaux captifs,
    qui remuent leurs très longues
    queues dans l’obscurité.

     (Poème de la séguidilla gitana dans "Poemas de Cante Jondo")
     

    (Trad: Colette)

    La suerte de los olivos José Luís García

    Paisaje
    F, Garcia Lorca
     
    El campo
    de olivos
    se abre y se cierra
    como un abanico.
    Sobre el olivar
    hay un cielo hundido
    y una lluvia oscura
    de luceros fríos.
    Tiembla junco y penumbra
    a la orilla del río.
    Se riza el aire gris.
    Los olivos,
    están cargados
    de gritos.
    Una bandada
    de pájaros cautivos,
    que mueven sus larguísimas
    colas en lo sombrío.
     (Poema de la seguidilla gitana en "Poemas de Cante Jondo")

    Ces derniers jours ce ne sont pas des oiseaux mais des enfants qui ont chanté dans notre vieil olivier.
    Estos últimos días no son pájaros sino niños que cantaron en nuestro viejo olivo.

    Olivo blog.png

    Photo Colette, 2018, Puipunyent, Mallorca
  • Chanter à un oiseau de neige / Cantar a un pájaro de nieve

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    Dancing to the end of love Rafal Olbinski 

    Rafal Olbinski, Dancing to the end of love
     
     
    Connaissez-vous Vicente Huidobro?  Je vous en parlerai dans le prochain billet, voici un poème pour vous mettre dans l'ambiance...
     
    Marin
    Vicente Huidobro (Chili 1893-1948)
     
    Cet oiseau qui vole pour la première fois
    S’éloigne du nid en regardant derrière lui
     
    Le doigt sur les lèvres
                         je t’ai appelée.
     
    Moi j’invente des jeux d’eau
    Sur la cime des arbres.
     
    J’ai fait de toi la plus belle des femmes
    Si belle que le soir tu rougissais .
     
                         La lune s’éloigne de nous
                         Et jette une couronne sur le pôle
     
    J’ai fait courir des fleuves
                        qui n’ont jamais existé
     
    D’un cri j’ai créé une montagne
    Et, autour, nous avons dansé une danse nouvelle.
                       J’ai coupé toutes les roses
                        Des nuages de l’est
    Et j’ai appris à chanter à un oiseau de neige
     
    Partons sur les mois déchaînés
     
    Je suis le vieux marin
                     qui coud les horizons déchirés.
    (Trad: Colette) 

     
     

    Marino
     
    Vicente Huidobro (Chile 1893-1948)
     
    Aquél pájaro que vuela por primera vez
    Se aleja del nido mirando hacia atrás

    Con el dedo en los labios
                           os he llamado.

    Yo inventé juegos de agua
    En la cima de los árboles.

    Te hice la más bella de las mujeres
    Tan bella que enrojecías en las tardes.

                          La luna se aleja de nosotros
                         Y arroja una corona sobre el polo

    Hice correr ríos
                        que nunca han existido

    De un grito elevé una montaña
    Y en torno bailamos una nueva danza.
                          Corté todas las rosas
                          De las nubes del este
    y enseñé a cantar a un pájaro de nieve

    Marchemos sobre los meses desatados

    Soy el viejo marino
                       que cose los horizontes cortados