31/01/2018

Vaillante Alfonsina / Valiente Alfonsina

Un moment avec Alfonsina Storni / Un momento con Alfonsina Storni

Nous sommes fin XIXº et la famille Storni-Martignoni, de nationalité suisse, décide d’aller chercher fortune en Argentine. Ils s’installent à San Juan et ont deux fils. Nostalgie ou mauvaises affaires, on ne sait, les pousse à retourner en Suisse en 1890 et c’est là, en Suisse Italienne, que naît notre Alfonsina en 1892. Quatre ans plus tard la famille repart en Argentine, à San Juan, puis à Rosario, toujours à la recherche d’une vie meilleure.
 
A finales del siglo XIX la familia Storni-Martignoni, de nacionalidad suiza,decide buscar fortuna en Argentina. Se instalan en San Juan y tienen dos hijos. No se sabe si la nostalgia o los malos negocios les empuja a volver a Suiza en 1890 y es allí donde nace nuestra Alfonsina en 1892. Cuatro años más tarde (siempre buscando una vida mejor) la familia vuelve a Argentina, primero a San Juan y después a Rosario.
 
 

 
La famille est loin d’être au large et Alfonsina doit abandonner l’école à 11 ans pour aider sa mère dans son travail de modiste. Son père meurt en 1906 et voilà Alfonsina engagée comme apprentie dans une fabrique de bonnets. Un peu plus tard elle commence à faire du théâtre et entreprend des études pour devenir institutrice, tout en travaillant. 
 
Las dificultades económicas de la familia hacen que Alfonsina abandone la escuela a los 11 años para ayudar a su madre en el trabajo de modista. Su padre muere en 1906 y Alfonsina empieza a trabajar como aprendiza en una fabrica de sombreros. Poco más tarde, al mismo tiempo que su trabajo, empieza a hacer teatro y a estudiar magisterio.
 
Je vous passe ici quelques détails, mais à l’âge de 20 ans, enceinte d’un homme marié de 24 ans son aîné, elle décide de partir seule à Buenos Aires.
Que va-t-elle faire dans cette grande ville ? Travailler bien sûr, elle est très attentive à l’éducation de son fils avec lequel elle a une étroite relation, mais elle commence aussi à publier des poèmes, rencontrer d’autres artistes, des intellectuels.
 
Dejo aparte detalles de su vida pero a sus 20 años, embarazada de un hombre casado, 24 años mayor que ella, decide irse sola a Buenos Aires. Allí trabaja, se ocupa activamente de la educación de su hijo al que le une una estrecha relación, y empieza a publicar poemas y a conocer artistas e intelectuales.
 
En 1919, elle a 27 ans, sa vie prend un grand tournant : on lui confie une section de la revue Nota et du journal La Nación où elle parle des femmes et de la place qu’elles devraient occuper dans la société.
« Un jour arrivera où les femmes oseront montrer leur intériorité ; ce jour-là la morale prendra un autre tour ; les habitudes changeront »(dans «Cositas sueltas»). Elle dénonce, souvent avec ironie, la vie ennuyeuse des « femmes vides », de celles qui sont à la chasse de maris.(riches je suppose) . Mais elle prône aussi le vote des femmes (qui n’arrivera qu’en 1946) et questionne les traditions pesantes qui empêchent les femmes de suivre leur propre chemin. »*
Autant vous dire qu’une bonne partie des hommes et des femmes de l’époque se sont dressés contre elle !
 
 

En 1919, a los 27 años, su vida dio un gran giro : se encarga de una sección de la revista Nota y del periódico La Nación en los que habla de las mujeres y del lugar que deberían ocupar en la sociedad.
« Llegará un día en el que las mujeres se atreverán a enseñar su interioridad ; ese día la moral tomará otro rumbo ; los hábitos cambiarán »(en Cositas sueltas ») Denuncia con ironía la aburrida vida de las « mujeres vacías » aquellas que están a la caza de un marido (supongo que rico). Preconiza el voto de las mujeres (solo llegará en 1946) y cuestiona las pesadas tradiciones que impiden que las mujeres tomen su propio camino.* Naturalmente, todo esto hace que buena parte de los hombres y las mujeres de la época se erijan en su contra.
 
¿Qué diría la gente, recortada y vacía,
si un día fortuito, por ultra fantasía,
me tiñera el cabello de plateado y violeta,
usara pelo griego, cambiara la peineta
por cintillo de flores: miosotis o jazmines,
cantara por las calles al compás de violines,
o dijera mi verso recorriendo las plazas
libertado mi gusto de mortales mordazas?

(Del poema "¿Qué diría?)

Que diraient les gens, bornés et vides,
si un jour fortuit, par extrême fantaisie,
je me teignais les cheveux d’argent et violet,
je portais le cheveu grec*, changeais la peineta
pour des diadèmes de fleurs : myosotis ou jasmins,
si je chantais dans les rues au rythme des violons,
ou si je récitais mes vers en parcourant les places
- mes goûts libérés des baillons mortels ?
 
Extrait du poème ¿Qué diría ?
(Trad:Colette)

* Coiffure faite de petites tresses attachées à l'arrière.
*J'ai lu plusieurs biographies d'elle mais j'ai repris principalement celle-ci: https://cvc.cervantes.es/actcult/storni/biografia.htm
 
 
Fin de la première partie. Je ne veux pas vous fatiguer les yeux, la suite dans quelques jours avec la fin de sa courte vie, et une chanson.

 

Fin de la primera parte. No quiero cansaros los ojos, seguirá en pocos días con el fin de su corta vida y una canción.

Commentaires

Alfonsina Storni était donc une femme dynamique et forte.
Nous nous attendions probablement à un personnage fluet et pâle. Elle dégage plutôt une belle énergie.
Il faut relire son poème à la lumière de cette première partie de biographie et des photos, pour envisager qu'il puisse être davantage un ode à la vie, à l'envie de vivre, qu'une complainte désespérée.
Oui, la biographie apporte quelque chose, mais aussi la lecture du reste de son oeuvre. On chercherait à voir si elle utilise le mot "piedad" dans d'autres textes et comment.
Et le poème lui survit. Même sans contexte.
Grâce à Colette et sa traduction, nous gardons une part d'Alfonsina en vie.

Écrit par : Calendula | 01/02/2018

Calendula, vous avez raison, c'était une femme pleine de force et de vie, audacieuse, indépendante, provocante parfois aussi.
Ce court extrait de poème d'aujourd'hui la montre gaie, pleine de vie, de fantaisie, tant de choses.
Je me suis fort attachée à elle au fur et à mesure de mes lectures.
La suite ce week-end.
Merci d'être passée, bonne fin de journée.

Écrit par : colette | 01/02/2018

Donc! À ce week-end Colette! Car là je reste sur ma faim!

Bonne fin d'après-midi

Écrit par : Patoucha | 01/02/2018

@Patoucha, désolée, c'était trop long pour un seul billet. Je vois que ce qui semble vous intéresser est comment elle en est arrivée à se suicider...je me trompe?
Bonne soirée, froid glacial sur mon île.

Écrit par : colette | 01/02/2018

Soy fan de los libros de Aguilar... (a dos bloques de la Plaza del Marquès de Salamanca, Madrid)
Nostalgia time, Merci Colette.

Écrit par : salamanca | 01/02/2018

@Salamanca, sí, excelente editorial Aguilar!
Ah vous connaissez bien Madrid...oui, cette nostalgie qui parfois nous tombe dessus. ¡Ánimos!
Merci d'être passée, bonne soirée.

Écrit par : colette | 01/02/2018

@Colette

".. comment elle en est arrivée à se suicider...je me trompe?"

Oui! Car je me pose la question à savoir si son suicide est lié à son cancer!? Et à quel moment de sa vie l'écriture du poème!?

Calendula: "Il faut relire son poème à la lumière de cette première partie de biographie"

Calendula commence à me suivre.... :)

Écrit par : Patoucha | 01/02/2018

@Colette

Le "oui" ne répondait pas à "je me trompe?" :)

Combien de degrés chez vous pour grelotter tant que cela!?

Belle nuit!

Écrit par : Patoucha | 01/02/2018

@Patoucha, ses poèmes féministes et sensuels ont tous été publiés avant le cancer. Le prochain billet répondra à votre autre question, un peu de suspens...:-)

Entre 3º et 5º, c'est pas chaud, mais les amandiers en fleur, les orangers chargés de fruits aiment ça.

Écrit par : colette | 02/02/2018

Patoucha,

Même lorsqu'il fait très froid, la meilleure solution pour se réchauffer est de se coller tout nu à son/sa conjoint/e dans le lit. C'est génial...

Écrit par : JMC | 02/02/2018

@JMC, je publie votre commentaire mais ne vois pas du tout comment il est relié au billet qui traite de poésie, d'une femme d'avant garde.
Ensuite, ce n'était pas Patoucha, qui collabore activement aux commentaires de ce texte, mais moi qui ai parlé de froid.

Écrit par : colette | 02/02/2018

JMC@
Je confirme, médicalement prouvé, encore faut-il que le conjoint soit aussi à poil !
Ce que j'apprends d'Alfonsina dans sa biografia me laisse penser qu'elle aurait opiné du chef...

Écrit par : Gislebert | 02/02/2018

@Colette

Bonsoir :)

"Le prochain billet répondra à votre autre question, un peu de suspens...:-)"

C'est hitchcockien! LOL

"Entre 3º et 5º, c'est pas chaud, mais les amandiers en fleur, les orangers chargés de fruits aiment ça."

C'est tout? Je croyais -10 :)))))) Amandiers, orangers... Mmmmmmmmmm

Très belle nuit à vous

Écrit par : Patoucha | 03/02/2018

@JMC

Vous avez la vie longue! Je me demandais où vous étiez passé cette semaine. :)

"Même... dans le lit. C'est génial..."

Et la température à 90°... C'est chaud là! MDR MDRRR

Je m'arrête là.....:)

Écrit par : Patoucha | 03/02/2018

@Gislebert

"encore faut-il que le conjoint soit aussi à poil!"

Et qu'il corresponde à tous les critères.... :P

Écrit par : Patoucha | 03/02/2018

Colette @JMC

"Ensuite, ce n'était pas Patoucha,..., mais moi qui ai parlé de froid."

Et moi de grelotter.. JMC a sauté sur l'occasion pour me saluer Colette, et, quelque part, ça réchauffe... sans jeu de mots! :)

Écrit par : Patoucha | 03/02/2018

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