• Savoir nommer / Saber nombrar

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    Nous revenons une fois encore à Alejandra Pizarnik.
    Volvemos una vez más a Alejandra Pizarnik.
     
     
    elle se dénude dans le paradis
    de sa mémoire
    elle ignore le féroce destin
    de ses visions
    elle a peur de ne savoir nommer
    ce qui n'existe pas
    (Trad: Colette)
     
    ella se desnuda en el paraíso
    de su memoria
    ella desconoce el feroz destino
    de sus visiones
    ella tiene miedo de no saber nombrar
    lo que no existe
     
    expliquer avec des mots de ce monde
    que de moi sortit un bateau qui m'emporta
     
    (trad:Colette)
     
    explicar con palabras de este mundo
    que partió de mí un barco llevándome
     
     
     
    Je lisais et traduisais ces courts poèmes quand je me suis demandé si cette difficulté à nommer l’avait poussée à s’exprimer aussi d’une autre façon qu’avec des mots. Et j’ai trouvé ça:
    Leía y traducía esos cortos poemas cuando me pregunté si esa dificultad en nombrar le había empujado a expresarse también de otra forma que con palabras. Y encontré esto:
     
    Seul le fragile reste

     

    La cage est devenue oiseau et s'est envolée  

     

     

     

    Je demande le silence * (détail)

     

    Ce voyage fut une erreur *

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     
  • Chauds ou froids, frissons / Cálidos o fríos, escalofríos

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    Les premiers froids sont arrivés, soudain. Brrr. Il y a une semaine on déjeunait encore sur la terrasse...

    Derrière ma fenêtre fermée (Colette)    


     Deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)

     

     

    Le silence de la montagne
    brisé par le son
    de l'herbe qui germe,
    le bruit de la ville
    écrasé par le silence
    de la feuille qui croît.
     
    (Trad: Colette)
     
     
    El silencio de la montaña
    roto por el sonido
    de la hierba que brota,
    el ruido de la ciudad
    aplastado por el silencio
    de la hoja que crece.
     
     
     
    En amour et
    en poésie
    l'important
    est de garder
    au chaud le
    frisson.
    (Trad: Colette)
     
     
    En el amor y
    la poesía
    lo importante
    es mantener
    caliente el
    escalofrío.
     
     
    Antonio Rigo
    Extrait /Extracto de:
    Albúm blanco
     
  • Je me souviens de toi.../ Te recuerdo....

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    Un poème de saison aujourd’hui.
     
    Pablo Neruda
     
    Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
    un simple béret gris, le cœur en paix.
    Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
    Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

    Enroulée à mes bras comme un volubilis,
    les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
    Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
    Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

    Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
    béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
    et vers eux émigraient mes désirs si profonds
    et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

    Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
    lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
    Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
    Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.
     
    (Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, modifiée par moi)
     
    Photo Colette, prise près de chez moi    
     
    Te recuerdo como eras en el último otoño.
    Eras la boina gris y el corazón en calma.
    En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
    Y las hojas caían en el agua de tu alma.

    Apegada a mis brazos como una enredadera,
    las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
    Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
    Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

    Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
    boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
    hacia donde emigraban mis profundos anhelos
    y caían mis besos alegres como brasas.

    Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
    Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
    Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
    Hojas secas de otoño giraban en tu alma.