21/10/2017

En haute mer / En alta mar

Aujourd'hui un poème de F. Garcia Lorca plein d'images fortes et inattendues,  qu'ajouter? 

Hoy un poema de F. García Lorca, lleno de imágenes fuertes e inesperadas, ¿qué puedo añadir?

Gazelle de la mort obscure
F. García Lorca
 

Je veux dormir du sommeil des pommes,
et m’éloigner du tumulte des cimetières.
Je veux dormir le sommeil de cet enfant
qui voulait s’arracher le cœur en haute
mer. 
 
Je ne veux pas que l’on me répète
que les morts ne perdent pas de sang ;
que la bouche pourrie
demande encore de l’eau.
Je ne veux rien savoir des martyres que donne l’herbe,
ni de la lune à la bouche de serpent
qui travaille avant l’aube.
 
 
Je veux dormir un instant,
un instant, une minute, un siècle ;
mais que tous sachent bien que je ne suis pas mort;
qu’il y a sur mes lèvres une étable d’or ;
que je suis le petit ami du vent d’Ouest ;
que je suis l’ombre immense de mes larmes.
 
Couvre-moi d’un voile à l’aurore
car elle me lancera des poignées de fourmis,
et mouille d’eau dure mes souliers
afin que glisse la pince de son scorpion.
 
Car je veux dormir du sommeil des pommes
pour apprendre un pleur
qui me nettoie de la terre;
car je veux vivre avec cet enfant sombre
qui voulait s’arracher le cœur en haute
mer. 
 
(Traduction inspirée par celle de N.Ny, mise à son goût par Colette)
 
http://toutmontreal.tripod.com/pommes.htm

 

Gacela de la muerte oscura

Quiero dormir el sueño de las manzanas,
alejarme del tumulto de los cementerios.
Quiero dormir el sueño de aquel niño
que quería cortarse el corazón en alta mar.
 
No quiero que me repitan
que los muertos no pierden la sangre;
que la boca podrida sigue pidiendo agua.
 
No quiero enterarme
de los martirios que da la hierba,
ni de la luna con boca de serpiente
que trabaja antes del amanecer.
 
Quiero dormir un rato,
un rato, un minuto, un siglo;
pero que todos sepan que no he muerto;
que hay un establo de oro en mis labios;
que soy el pequeño amigo del viento Oeste;
que soy la sombra inmensa de mis lágrimas.
 
Cúbreme por la aurora con un velo,
porque me arrojará puñados de hormigas,
y moja con agua dura mis zapatos
para que resbale la pinza de su alacrán.
 
Porque quiero dormir el sueño de las manzanas
para aprender un llanto que me limpie de tierra;
porque quiero vivir con aquel niño oscuro
que quería cortarse el corazón en alta mar.
 
Federico García Lorca
De: “Diván del Tamarit” – 1936

Commentaires

Un immense désespoir
Noir
M’atteint
Désormais, je ne pourrais
M’égayer au rose et frais
Matin.

Et je tombe dans un trou
Fou,
Pourquoi
Tout ce que j’ai fait d’efforts
Dans l’Idéal m’a mis hors
La Loi ?

Charles Cros

« dejad me en este campo, llorando.
Laissez-moi dans ce champ, que je pleure »

Hola Colette,

Cet extrait de ¡ Ay! Poema de la Soleá pour rester dans le ton et puis les premiers vers d’un poème de Charles Cros (Le collier de griffes) qui m’ont fait penser au destin de Garcia Lorca. Federico ne vieillit pas comme les manzanas, sa poésie lui survit sans flétrissures, ni tavelures…

Aussi belle et accomplie soit-elle, vais me répéter, la traduction parvient rarement à rendre le rythme et la musique du texte original. Surtout lorsque l’on passe de l’espagnol ou de l’italien au français… La beauté du poème tient à sa sa simplicité complexe, paradoxalement le sens devient presque moins important que le choc des images, toutes porteuses d’émotions.

Ai trouvé très belle la version mise en musique et chantée par Carlos Cano que je vous ai mise en lien. Le texte original défile même en sous-titrage, bien pratique pour les pinces en castillan de mon genre...

https://www.youtube.com/watch?v=noXj3zJqsjc

Je vous salue Colette et vous souhaite un bon dimanche.

Écrit par : Gislebert | 21/10/2017

Correction : c'est sur cette version que le texte défile en sous-titrage.

https://www.youtube.com/watch?v=-kWIC4CqQ0g

Écrit par : Gislebert | 21/10/2017

@ Gislebert, ce poème de Charles Cros est noir, est beau aussi. Je le trouve plus sombre que celui de Lorca où nous trouvons la vie à partir de la quatrième strophe "..il y a sur mes lèvres une étable d'or...". Désir d'une mort différente en tout cas, où l'eau, l'aurore, l'enfant etc.

Merci pour ces deux versions chantées, je connaissais celle de Carlos Cano, elle est en effet fort belle et me semble moins lugubre que la seconde.

Pour les traduction, que dire? Chacun, avec sa sensibilité, fait de son mieux. Je lis et relis toujours les miennes à voix haute, pour la musicalité, mais, comme vous le dites, chaque langue a la sienne propre, on ne peut rien y faire, hélas.

Bon dimanche à vous aussi.

Écrit par : colette | 22/10/2017

Bonjour Colette,

Je reviens pour une petite mise au point, à propos du "chacun fait de son mieux" où je sens poindre une pointe d'agacement : il va sans dire que je n'incrimine en rien la qualité de votre travail, je formulais hier une constatation d'ordre général...Suis assez amateur d'opéras pour ne pas méconnaître la différence entre les langues qui se "chantent" bien (allemand, italien, russe, anglais même...il en est d'autres) et le français peu accentué, peu musical (sauf dans le Midi : on a bien essayé naguère de monter une Carmen avé l'assent, gros éclats de rires dans le public...)

C'est d'autant plus important que la lisibilité n'est pas la qualité première de la poésie moderne (raison pour laquelle beaucoup s'en détournent) et que le choc des images vecteurs d' émotions suggérées l'emporte sur leur sens souvent abscons. La poésie espagnole ou latino n'y déroge pas me semble-t-il, du moins du peu que j'en connaisse (grâce à vous !).

Connaissez-vous le mot vachard de Jules Renard, à propos de Mallarmé :

"Le seul poète intraduisible, même en français".

Bien à vous et à bientôt (j'espère).

Écrit par : Gislebert | 22/10/2017

@Gislebert, je ne l'avais aucunement pris pour une critique!
Après avoir traduit moi-même les poèmes, je vais toujours voir sur la Toile s'il y en a faites par d'autres, des professionnels souvent. Il y a parfois des trouvailles (que je signale), mais souvent je suis déçue par ce que je trouve. Certains changent tellement les poèmes, le refaçonnent en quelque sorte, et ce n’est pas mon idée de la traduction. À chacun sa sensibilité vous écrivais-je.

Ne pas les traduire du tout serait une solution- question musicalité, mais ce serait quand même dommage.

Mallarmé, oui, du côté espagnol pour moi c'est Gongora.

Ravie d'apprendre que vous aimez aussi l'opéra...bonne journée, tranquille sous la pluie ici.

Écrit par : colette | 22/10/2017

"Le traducteur de la prose est l'esclave de l'auteur, et le traducteur de la poésie est son rival."

Le hasard a voulu que je tombe sur cette affirmation en lisant "Le testament français" d'Andreï Makine.
L'opinion me semble bien hardie, car qui pourrait se sentir à la hauteur pour rivaliser avec tel ou tel poète ?!?
Mais je crois que c'est l'idée du challenge qui sous-tend la phrase.

Makine, bilingue russe-français, est bien placé pour parler de la traduction et dans "Le testament français", il y a un très intéressant développement sur ce qu'il appelle l'entre-deux-langues.
Tout le roman tourne autour de la quête de sa propre langue et de l'observation des langues de sa grand-mère. Je crois comprendre que selon le narrateur, on peut parler une langue avec le canevas sous-jacent d'une autre. Mais peut-être ai-je déjà interprété selon ma propre expérience ! ;-)))
Le russe est la première langue de Makine, mais son français est d'une qualité hors du commun. (A. Makine a été élu à l'Académie française en 2016.)

La citation sur le traducteur rival du poète provient d'un passage très intéressant qui compare deux traductions en russe du "Parfum exotique" de Baudelaire.
On y apprend qu'il existe en russe un adjectif qui signifie "cris en langues différentes" et cela permet de traduire "les chants des mariniers" d'une façon optimale, selon la grand-mère française du narrateur. Selon elle, la version ainsi traduite surpasse l'original "un peu mièvre".

Et c'est là qu'entre en ligne de compte la sensibilité de chaque lecteur.
Nous ne lirons pas un même livre ou poème de la même façon. Nous ne lisons même pas un commentaire de blog de la même façon !

Écrit par : Calendula | 23/10/2017

@ Bonjour Calendula et merci, cette idée de "l'entre-deux langues" est intéressante. Il semble évident que pour traduire il ne suffit pas de connaître "de loin" la langue de départ.
Je ne connais pas (encore) ce livre de Makine, ce ne saurait tarder donc.

Par contre je connais bien les idées de Yves Bonnefoy sur la traduction de poèmes. Ses traduction à lui, très connues et saluées, sont "poétiques". Il dit dans son livre "L'Autre langue à portée de voix": "... si le traducteur est poète la traduction est possible, et ni plus ni moins difficile que la création poétique directement pratiquée.»
Il affirme qu'il n'est pas besoin d'être romancier pour traduire un roman mais pour la poésie, il faut être poète. De fait, ses traductions ne suivent pas le mot à mot, il réarrange les poèmes et s'en explique longuement, en voici un extrait:
" Il y a (donc) de la signification dans les poèmes, et même de façon plus complexe que dans bien des textes «de prose»; des raisonnements du désir ou de l’émotion qui valent bien, en logique et ampleur de vue, ceux de la pensée analytique des sciences humaines ou naturelles.
Et il faut évidemment traduire ces idées, ces raisonnements:
une des nombreuses façons d’être un mauvais traducteur étant de croire que les poèmes ne sont que des montages de mots dont on peut se contenter de calquer la figure superficielle parce qu’ils n’auraient rien de sérieux à dire.
Je connais beaucoup de ces traductions de simple apparence, qui discréditent la poésie." (source http://www3.unisi.it/semicerchio/upload/sc30_traduction_de_la_poesie)

Traduire un poème sans le comprendre parfaitement? Apparemment cela se fait.

Comme vous je ne vois pas le traducteur comme un rival!! mais comme un interprète; il s'agit évidemment de se plonger dans le monde du poète. Et après...chacun y voit ce qu'il peut/veut en effet!

Merci d'avoir permis d’ouvrir une réflexion sur ce sujet si débattu, si intéressant.

Écrit par : colette | 24/10/2017

Oui ! Yves Bonnefoy.
Il était très connu à la Faculté des Lettres à Genève à l'époque de mes études et j'espère qu'il l'est toujours.
Certains professeurs étaient très proches de lui.
Un tel traducteur rivalise pleinement avec un auteur, mais il sera l'exception.

En Suisse romande, Philippe Jaccotet et de la même trempe. Il a beaucoup traduit depuis l'allemand et est un poète reconnu, tout comme Y. Bonnefoy.

http://www.lefigaro.fr/livres/2008/12/18/03005-20081218ARTFIG00426-philippe-jaccottet-au-fil-des-jours-.php

Ces deux hommes nous étaient donnés en exemple et à juste titre ! On restait pantois devant leurs traductions.

( Je n'arrive pas à ouvrir le lien que vous donnez pour Bonnefoy. 404 Not Found))

Écrit par : Calendula | 24/10/2017

Revoilà le lien qui devrait marcher maintenant.

http://www3.unisi.it/semicerchio/upload/sc30_traduction_de_la_poesie

Bonne journée Calendula.

Écrit par : colette | 24/10/2017

Merci Colette,

Le lien fonctionne et le texte est non seulement dense, mais aussi très pédagogique et clair.
Avec une version en italien en parallèle ! Est-ce l'original ou la traduction du texte français ( je le pense), puisqu'il s'agit d'un article pour une revue en langue italienne.
Je vais imprimer le texte sur papier, parce qu'en définitive cela permet une lecture plus concentrée, avec un crayon à la main. Voilà un texte en prose qui transmet un contenu proche d'un mode d'emploi, ou du moins la description d'un processus mental et créatif.

L'édition bilingue est certainement la solution à tous les problèmes de fidélité !
C'est ce que vous faites sur votre blog, pour le plus grand bonheur de ceux qui parlent ou comprennent le castillan ou ceux et celles qui, comme moi, ne font que goûter à la sonorité amusante et étrange des mots espagnols.

La phrase " Je veux dormir du sommeil des pommes" me restera, parce que j'ai le sommeil trop léger.
Dit-on en espagnol quelque chose comme "tomber dans les pommes " ou "être dans les pommes " ?
Pourquoi, selon vous, Garcia Lorca à-t-il écrit "dormir el sueño de las manzanas" ?

Écrit par : Calendula | 24/10/2017

@Calendula, ce texte semble être celui d'une conférence donnée à des traducteurs car il commence par mesdames, messieurs. Je pense aussi qu'elle a été traduite en français.

Pour les pommes, c'est le mystère complet. J'ai consulté toutes les analyses de ce poème disponibles en espagnol sur la Toile et nada. Au moment où il a écrit cette suite de poèmes il était à Granada, dans la campagne. A-t-il fait la sieste sous un pommier? Je l'ignore.
Paisibles pommes, une image qui marque et j'espère qu'elle vous procurera un meilleur sommeil!

Aucune expression espagnole courante ne parle de pommes, j'ai vérifié.
La pomme est cultivée surtout dans le nord, en Asturies, le reste c'est plutôt, vous le savez, les oranges etc. Mais les fruits, en général, se retrouvent peu dans les expressions traditionnelles, par contre les saints y pullulent(!), bon, le temps aussi comme partout.

Je vous souhaite une bonne soirée.

Écrit par : colette | 24/10/2017

A mettre en rapport peut-être avec les pommes d’or du Jardin des Hespérides, la pomme, fruit générique de tous les autres (pomodoro) devient alors le symbole non seulement de la tentation et de la chute dans la Genèse, mais aussi de la connaissance et de l’immortalité.

Le sommeil de l’immortalité, cela doit être un peu long, surtout vers la fin…

Peut-être plus simplement et plus probablement parce que le terme manzanas pour Federico habillait à son goût parfaitement la prosodie de son texte.

Si vous deviez, chère Colette, livrer une explication de texte avec chaque poème trahi, pardon traduit :)))), vos nuits n’y suffiraient pas.

Buenas noches.

Écrit par : Gislebert | 24/10/2017

@Gislebert, ce pourrait être une explication, en effet.
De fait, pour le premier vers, je m'étais posé la même question que Calendula, cela me faisait donc très plaisir de chercher une réponse.
De toute façon, avant de traduire une poème, j'essaye d'en savoir le plus possible sur le/la poète(sse), sur le poème lui-même. Un peu de professionnalisme s'impose!

Buenas noches Gislebert, hasta pronto.

Écrit par : colette | 24/10/2017

@ Gislebert et colette,

C'est vrai que les recherches sont chronophages et en même temps comme de petites enquêtes policières captivantes, pour qui s'intéresse aux langues.

En ce qui concerne l'expression "tomber dans les pommes", on trouve cette explication sur plusieurs sites, ici chez "Reverso":

http://www.expressio.fr/expressions/tomber-dans-les-pommes.php

"L'origine la plus probable, viendrait d'une locution que George Sand emploie dans une lettre à Madame Dupin, dans laquelle elle écrit "être dans les pommes cuites" pour dire qu'elle est dans un état de fatigue avancée, à rapprocher de l'expression être cuit.
Cette locution, peut être influencée par l'ancien se pâmer, aurait donné l'expression actuelle."

Ainsi, George Sand aurait crée une nouvelle expression, plébiscitée par les francophones, qui l'ont largement reprise depuis au moins 1889.

Si on regarde le tableau en-dessous de l'article, avec des équivalences dans d'autres langues, on a une surprise en néerlandais :
"Een appelflauwte krijgen" qui serait un "coup de pomme" ?
Un peu comme Newton, sous son célèbre pommier ?

Pour en revenir au poème à l'origine de toutes ces recherches, je pense que par un hasard heureux, le français permet une traduction qui dépasse l'original. Tout comme les "chants des mariniers" serait moins mièvre en russe, selon la grand-mère fictive du "Testament français".

L'invention "dormir el sueño de las manzanas" de Garcia Lorca n'a peut-être pas le succès de celle de Sand parce que c'est auditivement moins convaincant.
Le son "pomme" peut fonctionner comme une onomatopée allant avec la chute, un peu comme "boum" !

Écrit par : Calendula | 25/10/2017

@Calendula, votre commentaire est tout à fait réjouissant, du moins ce matin à l'aube il me met d'excellente humeur! Merci pour ces recherches, l'origine des expressions est rarement certaine à 100%, mais est toujours passionnante.
En tombant dans la pommes on se transformerait en compote de vieux fruits pourris et y pataugerait...héhé.

Pour le néerlandais, je vais faire appel à une amie parfaitement bilingue et linguiste, vous m'avez intriguée.

Quant à Lorca, n'oublions pas que tant sa personne (homosexuel) que beaucoup de ses textes ont été "censurés" par la dictature.
Et ici bien plus de phrases del Quijote que de lui sont passées dans la langue...

Que tout cela est, oui, chronophage... et passionnant.

Pom, pom, excellente journée.

Écrit par : colette | 26/10/2017

"een appelflauwte krijgen", c'est comme "tomber dans les pommes", sauf que parfois ça ne veut pas carrément dire "s'évanouir", mais juste "avoir un malaise", se sentir un peu faible, et sur le point de se trouver mal...
(flauw veut dire faible)

Écrit par : Adrienne | 27/10/2017

Un tout grand merci chère Adrienne, et quel plaisir de te trouver ici!
Littéralement, c'est toujours rigolo, c'est "recevoir un faible coup de pomme" donc!
Bonne soirée et encore merci.

Écrit par : colette | 27/10/2017

recevoir une faiblesse de pomme, plutôt :-)
flauwte est un substantif, flauw l'adjectif
et oui, s'amuser à traduire littéralement les expressions idiomatiques, c'est la rigolade assurée, imagine ce que ça donne en d'autres langues "j'ai pris mes jambes à mon cou" ou "j'ai l'estomac dans les talons" :-)

Écrit par : Adrienne | 27/10/2017

@ Adrienne et colette,

Le français est très riche en expressions rigolotes et difficiles à comprendre pour celui et celle qui arrive de l'extérieur. Il faut juste les adopter, sans se poser de questions !
J'ai commencé à apprendre le français à l'âge de 11 ans ( trop âgée pour tout accepter sans questionner et trop jeune ou adolescente pour oser poser des questions autour de moi, d'autant plus qu'il était évident que le français était si noble et si sacré, qu'il était inconvenant de ne pas l'accepter sans rechinger ) et m'abîmais dans des cogitations infinies au sujet d'expressions comme " il me casse les pieds" ou " ça me fait une belle jambe", pour rester dans le domaine orthopédique.

Et puis, il y a cette tendance à déplacer les organes : le soutien-gorge, le mal au cœur.
Apprendre à dire " j'ai mal au cœur", alors qu'on a la nausée, ça demande une certaine abnégation. Je craignais de donner une fausse information ;-)))

A cette époque, il n'existait pas encore de livres comme la série des "Idiomatics" ou d'émission comme "Karambolage".
Malheureusement, Karambolage n'a pas fait de petit film sur les pommes, dans les quelles on peut tomber.

Mais pour rester dans le sujet du billet, donc en haute mer, voici ce que "Karambolage" peut dire de "mal au cœur" :

https://sites.arte.tv/karambolage/fr/la-question-avoir-mal-au-coeur-karambolage

Écrit par : Calendula | 28/10/2017

@Adrienne, Calendula; Sans se poser de questions, en effet, tout comme on le fait dans sa langue maternelle d'ailleurs.
La difficulté réside à les placer au bon moment. J'en ai fait des gaffes au début en espagnol, ou bien je changeais un mot, ou plusieurs, ce qui faisait hurler de rire ma famille...mais ils ont gardé certaines de mes innovations;-))

Je n'ose traduire "prendre ses jambes à son cou" Adrienne, c'est trop drôle en effet, quant à l'origine du mal au cœur, merci Calendula.

Bonne journée, à bientôt.

Écrit par : colette | 28/10/2017

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