• Vers la beauté / Hacia la belleza

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    Une poétesse que j’avais peu lue, Emily Dickinson, un grand tort!
    Una poetisa que había leído poco, un gran error!
     

     

     
     
    Monet, Bord de mer à Saint Adresse
     
     
    1540
     
    Aussi imperceptiblement que le chagrin
    L’été s’en est allé-
    Trop imperceptible enfin
    Pour ressembler à quelque perfidie-
    Une quiétude s’est distillée
    Comme un demi-jour commencé de longtemps,
    Ou la nature qui aurait passé avec elle-même
    Un après-midi séquestré-
    L’obscurité s’est installée plus tôt-
    Le matin, étranger, a brillé-
    Courtoise, pourtant déchirante grâce,
    Comme invitée, mais qui s’en serait allée-
    Et ainsi, sans une aile,
    Ni l’aide d’une quille
    Notre été, léger, a pris la fuite
    Vers la beauté.
     
    1540
     
    Imperceptible como una pena
    El verano se alejó-
    Demasiado imperceptible al fin
    Para sentir su perfidia-
    Una calma destilada
    Cual crepúsculo detenido,
    O la naturaleza que disfruta consigo
    De la tarde secuestrada-
    El anochecer acudió más temprano-
    La mañana ajena se iluminó-
    Una cortés gracia que intimida,
    Como el huésped que desea partir-
    Y así, sin tener alas
    Ni ayuda de una nave
    Nuestro verano emprendió su escapada
    Ligero en pos de la belleza.

    1540

    As imperceptibly as Grief
    The Summer lapsed away —
    Too imperceptible at last
    To seem like Perfidy —
    A Quietness distilled
    As Twilight long begun,
    Or Nature spending with herself
    Sequestered Afternoon —
    The Dusk drew earlier in —
    The Morning foreign shone —
    A courteous, yet harrowing Grace,
    As Guest, that would be gone —
    And thus, without a Wing
    Or service of a Keel
    Our Summer made her light escape
    Into the Beautiful.
  • Comme toi / Cómo tú

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    Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile,  Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
    Un poème dédié à nous tous, les petites gens.
     
     
     
     
     
    Comme toi León Felipe
     
     
    Ainsi est ma vie,
    pierre,
    comme toi. Comme toi,
    petite pierre;
    comme toi
    pierre légère;
    comme toi,
    galet qui roule
    sur les chemins
    et les trottoirs;
    comme toi,
    humble caillou des routes;
    comme toi
    qui par les jours d’orage
    t’aplatis
    dans la boue de la terre
    et puis
    scintilles
    sous les sabots
    et sous les roues;
    comme toi, qui n’as même pas servi
    à être pierre
    d’une halle de marché,
    ni pierre d’un tribunal,
    ni pierre d’un palais,
    ni pierre d’une église;
    comme toi,
    pierre aventureuse;
    comme toi
    qui, peut-être, n’es faite
    que pour une fronde,
    pierre petite
    et
    légère...
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)
     
    Así es mi vida,
    piedra,
    como tú. Como tú,
    piedra pequeña;
    como tú,
    piedra ligera;
    como tú,
    canto que ruedas
    por las calzadas
    y por las veredas;
    como tú,
    guijarro humilde de las carreteras;
    como tú,
    que en días de tormenta
    te hundes
    en el cieno de la tierra
    y luego
    centelleas
    bajo los cascos
    y bajo las ruedas;
    como tú, que no has servido
    para ser ni piedra
    de una lonja,
    ni piedra de una audiencia,
    ni piedra de un palacio,
    ni piedra de una iglesia;
    como tú,
    piedra aventurera;
    como tú,
    que tal vez estás hecha
    sólo para una honda,
    piedra pequeña
    y
    ligera…
     
     
    Paco Ibañez
    No está muerto quien pelea”

  • La pleureuse / La llorona

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    La Llorona est un spectre du folklore latino-américain qui, selon la tradition orale, se présente comme l’âme en peine d’une femme qui assassina ou perdit ses enfants, les cherche en vain, et effraye par ses pleurs saisissants.
    La légende a de nombreuses variantes selon les pays, mais les faits principaux sont identiques.
    Voici la chanson, une des versions en tout cas. 
    L’interprète la plus connue de cette chanson est Chavela Vargas, je ne l’ai pas choisie mais une version plus épurée, j’espère que vous l’apprécierez.
     

    La Llorona es un espectro del folclore latinoamericano que, según la tradición oral, se presenta como el alma en pena de una mujer que asesinó o perdió a sus hijos, busca a estos en vano y asusta con su sobrecogedor llanto a quienes la ven u oyen. Si bien la leyenda cuenta con muchas variantes, de acuerdo al país, los hechos  son siempre los mismos.(Wiki)

     
    La llorona ( La pleureuse)
     
    Si parce que je t’aime
    tu veux, llorona, ma mort,
    que ta volonté soit faite
    Aïe llorona
    puisse Dieu m’enlever la vie,
    pauvre de moi, llorona,
    llorona d’hier et d’aujourd'hui
    hier je fus merveille, llorona
    et aujourd’hui même pas une ombre.
    Qu’ont-elles les fleurs llorona
    les fleurs du cimetière.
    Quand le vent souffle llorona,
    on dirait qu’elles pleurent.
    Pauvre de moi, llorona
    llorona de bleu ciel
    et même si je paie de ma vie
    llorona, ne cesserai de t’aimer.
    (Trad: Colette)
     

    La llorona

    Si porque te quiero
    quieres llorona
    que yo, la muerte reciba
    que se haga tu voluntad
    Ay llorona,
    por suerte de Dios no viva
    Ay de mi, llorona,
    llorona, de ayer y hoy
    ayer maravilla fui, llorona
    y ahora ni sombra soy.
    No se que tienen las flores llorona
    las flores del campo santo.
    No se que tienen las flores llorona
    las flores del campo santo.
    Que cuando las mueve el viento llorona,
    parece que están llorando.
    Que cuando las mueve el viento llorona,
    parece que están llorando.
    Ay de mi, llorona
    llorona de azul celeste
    y aunque la vida me cueste,
    llorona no dejaré de quererte
     
     

     

     

     

     

     
  • Maîtres des souvenirs / Dueños de los recuerdos

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    Rêver de souvenirs lointains; il y a peu une de mes sœurs m’a dit être passée devant la maison de notre grand-mère.
    Je me souviens de tous les détails, des escaliers, des caves, de la chambre bleue au bout du couloir... Pourquoi ai-je rêvé que je m’y étais perdue?

     

    Aujourd’hui, et sur ce thème, un poème de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), une femme très connue pour ses contes qui sont passés à l’histoire de la littérature Argentine du xxºs pour la cruauté déconcertante qu’elle a su imprimer à certains protagonistes de ses récits.
     
    Soñar con lejanos recuerdos; hace poco una de mis hermanas me dijo haber pasado delante de la casa de nuestra abuela.
    Me acuerdo de todos los detalles, de las escaleras, del sótano, de la habitación azul al fondo del pasillo...¿Por qué habré soñado que andaba perdida allí?
     
    Hoy, y sobre este tema, un poema de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), mujer muy conocida por sus cuentos que pasaron a la historia de la literatura Argentina del siglo XX “por la crueldad desconcertante que supo imprimir en algunos protagonistas de estos relatos.”*
     
     
     
     
     
    Le rêve récurrent
     
    J’arrive comme je suis arrivée, solitaire, effrayée,

    à la porte de rue en bois ciré.
     
    J’ouvre la porte et j’entre, silencieuse, parmi les tapis.
    Les ombres des murs et des meubles m’effrayent.
     
    Je gravis les marches de marbre jaune,
    avec des reflets rosés. Je pénètre dans un couloir.
     
    Il n’y a personne, mais il y a quelqu’un caché dans les portes.
    Les sombres volets sont tous ouverts.
     
    De jour les hauts plafonds semblent
    un ciel d’étoiles éteintes grandissantes.
     
    Le souvenir conserve une ancienne rhétorique,
    il s’élève comme un arbre ou une colonne dorique,
     
    habituellement il dort dans nos rêves
    et nous en sommes, en secret, ses maîtres exclusifs.
    (Trad: Colette)
     
    El sueño recurrente

    Llego como llegué, solitaria, asustada,
    a la puerta de calle de madera encerada.

    Abro la puerta y entro, silenciosa, entre alfombras.
    Los muros y los muebles me asustan con sus sombras.

    Subo los escalones de mármol amarillo,
    con reflejos rosados. Penetro en un pasillo.

    No hay nadie, pero hay alguien escondido en las puertas.
    Las persianas oscuras están todas abiertas.

    Los cielos rasos altos en el día parecen
    un cielo con estrellas apagadas que crecen.

    El recuerdo conserva una antigua retórica,
    se eleva como un árbol o una columna dórica,

    habitualmente duerme dentro de nuestros sueños
    y somos en secreto sus exclusivos dueños.
  • Des cailloux, des pierres et des rochers / Guijarros, piedras y rocas

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    La lumière pâlit le soir arrivant .

    On nous propose une promenade en montagne: "On ira vers 18h en voiture au sommet, il fera moins chaud et puis, nous dit-on, c'est tout plat". Parfait!
    La luz palidece al llegar la tarde. Nos proponen un paseo por la montaña:"Nos iremos sobre las 18h en coche hasta la cima, hará menos calor y además, nos dicen, es todo plano." ¡Perfecto!

     
     
     
     


    Le chemin de cailloux, entouré de rochers, montait lentement mais sûrement, il faisait encore fort chaud, 32º : ne jamais croire ceux qui...

    El camino de guijarros, rodeado de rocas, subía lentamente pero subía, todavía hacía mucho calor, 32º: no creer nunca los que...

     

     


    Un flanc de montagne où on cultivait jadis, - de la vigne peut-être, des oliviers à coup sûr -, tout en terrasse (marjades); construire là ces murets de pierre sèche a dû être un travail de titan.  La Sierra de Tramuntana en est recouverte, et ces murs datent de l'époque musulmane. Au jour d’aujourd’hui beaucoup sont abandonnés.

    La ladera del monte dónde se cultivaba antaño - viñas tal vez, olivos seguro,- hecha de terrazas (marjades); construir allí los muros de piedra seca debió ser un trabajo de titanes. Esas terrazas datan de la época musulmana y la Sierra de Tramuntana está recubierta de ellas. A día de hoy muchas están abandonadas.

     

     


    La brume empêche de voir très loin, mais l'effort est plus que récompensé.
    La calima impide ver muy lejos, pero el esfuerzo valió la pena.


    Ici on se trouve près d'Estellencs.  La végétation est rare: pins, chênes verts, oliviers, quelques arbousiers...et des pierres, cailloux et rochers.

    Aquí nos encontramos cerca de Estellencs. La vegetación es escasa: pinos, encinas, olivos, algún madroño...y piedras, guijarros y rocas.

     

     

     
    Très intriguées ma fille et moi par cette plante sans feuilles, omniprésente, nous avons demandé à un couple d'amis qui nous a éclairées: "c'est une liliacée !  Et probablement une ornithogale." De la famille des asperges sauvage. Merci!
     
    Muy intrigadas mi hija y yo por esta planta sin hojas, omnipresente, preguntamos a una pareja de amigos que nos aclaró la cosa: "es una liliácea! Y probablemente una ornitogalum." De la familia de los espárragos salvajes. ¡Gracias!



    Notre jeune compagnon, - je me demande encore pourquoi il se cachait, une photo en contre plongée? - et sa chienne.
    Nuestro joven compañero - todavía me pregunto por qué se escondía - y su perra.


    Peu à peu, et comme prévu, le soleil se cache derrière le Galatzó.
    Nous redescendons, ravis, bien plus vite! 
      Poco a poco, y como previsto, el sol se esconde tras el  Galatzó.
    Bajamos encantados, y mucho más de prisa!