30/09/2017

Vers la beauté / Hacia la belleza

Une poétesse que j’avais peu lue, Emily Dickinson, un grand tort!
Una poetisa que había leído poco, un gran error!
 

 

 
 
Monet, Bord de mer à Saint Adresse
 
 
1540
 
Aussi imperceptiblement que le chagrin
L’été s’en est allé-
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie-
Une quiétude s’est distillée
Comme un demi-jour commencé de longtemps,
Ou la nature qui aurait passé avec elle-même
Un après-midi séquestré-
L’obscurité s’est installée plus tôt-
Le matin, étranger, a brillé-
Courtoise, pourtant déchirante grâce,
Comme invitée, mais qui s’en serait allée-
Et ainsi, sans une aile,
Ni l’aide d’une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.
 
1540
 
Imperceptible como una pena
El verano se alejó-
Demasiado imperceptible al fin
Para sentir su perfidia-
Una calma destilada
Cual crepúsculo detenido,
O la naturaleza que disfruta consigo
De la tarde secuestrada-
El anochecer acudió más temprano-
La mañana ajena se iluminó-
Una cortés gracia que intimida,
Como el huésped que desea partir-
Y así, sin tener alas
Ni ayuda de una nave
Nuestro verano emprendió su escapada
Ligero en pos de la belleza.

1540

As imperceptibly as Grief
The Summer lapsed away —
Too imperceptible at last
To seem like Perfidy —
A Quietness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself
Sequestered Afternoon —
The Dusk drew earlier in —
The Morning foreign shone —
A courteous, yet harrowing Grace,
As Guest, that would be gone —
And thus, without a Wing
Or service of a Keel
Our Summer made her light escape
Into the Beautiful.

Commentaires

Bonjour Colette,

Le tableau de Monet illustre si bien ce passage imperceptible!
La beauté est là, elle nous baigne avant même que nous la voyions. Et la lumière paresse, le matin.

Bonne journée.

Écrit par : hommelibre | 01/10/2017

@Homme Libre, vous dites bien ce subtile changement de lumière qui rythme nos vies dans nos pays.
Souvent je pense aux millions de gens pour qui c'est différent: ceux qui ont 6 mois d’hiver, ou ceux, au contraire et proches de l'Équateur, qui n'ont pas 4 saisons, seulement l'époque des pluies et l'époque sèche.
La beauté est certainement présente, seulement elle est différente.

Passez un bon dimanche. Ici tout près, sans violences espérons.

Écrit par : colette | 01/10/2017

Kalimera Colette,

Ici aussi, l'apres-midi est sequestree et l'automne s'installe... mais la beaute demeure. Bravo pour la nouvelle photo, l'ancienne vous donnait l'air d;une enseignante abasourdie apres un entretien avec un methodologue du DIP...:)))

Il est temps de rentrer. A bientot.

Desole pour les accents, d'un clavier grec a Heraklion.

Avez-vous lu Confiteor de J. Cabre pour rester en Catalogne ? Pur chef d'oeuvre...

Écrit par : Gislebert | 04/10/2017

Hola Gislebert,

Partir puis revenir, les deux sont des plaisirs, du moins pour moi.

J'ignore ce qu'est le DIP mais ça n'a pas l'air fort sympathique!:-))

Confiteor. Mon mari l'a lu, enchanté, moi pas encore. Je le ferai bien sûr; l'hiver est long à la campagne et je me réjouis toujours d'avoir autant d'heures d'obscurité extérieure pour lire, traduire...

Bon retour, hasta pronto.

Écrit par : colette | 04/10/2017

Emily Dickinson utilise les majuscules d'une façon quasi ... allemande !
C'est vraiment étrange et dérangeant.
L'orthographe et la graphie en général ont une importance majeure pour la lecture, et je crois que c'est le cas pour beaucoup de personnes ma génération. Je me rends compte que je serai toujours du côté des conservateurs dans ce domaine !

A propos des majuscules DIP : Département de l'Instruction Publique.

Écrit par : Calendula | 06/10/2017

Bonjour Calendula, oui ces majuscules! En regardant les différentes traductions sur la Toile, certains traducteurs les gardent, d'autres pas. Dans le recueil que je possède, bilingue anglais-espagnol, il les ont maintenues.
J'ai opéré quelques menus variations...et les ai ôtées.
Moderne Emily? Nous, vieux jeu???

Merci pour le DIP, et bonne journée.
La lumière et la température ici sont idéales, vive l'automne.

Écrit par : colette | 06/10/2017

Merci à Calendula pour la précision à propos du DIP. Vous aurez rectifié, Colette, contrairement à ce que vous pensiez, c’est assurément un lieu hautement sympathique, où l'on rigole franchement et où la solidarité et le courage de la hiérarchie sont des valeurs mises en exergue, tous les enseignants retraités en témoigneront... :)))

Vous noterez également que dans notre microcosme romand, on utilise le terme d’instruction publique, à l’instar de la France républicaine jusque dans les années 30 où la dénomination change et devient éducation nationale. On préfère chez nous croire encore que l’éducation est affaire familiale…
Bonne journée.

Écrit par : Gislebert | 12/10/2017

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