26/08/2017

Le rouge de Juan Gris / El rojo de Juan Gris

Je crois que si je n’avais pas vu le nom du peintre de "La chanteuse", je ne l’aurais jamais deviné; ce tableau est tellement différent de tous ceux que je connais de Juan Gris. Il a été peint peu avant sa mort....un dernier amour?
Creo que si no hubiera visto el nombre del pintor, nunca lo habría adivinado: este cuadro, La Cantante es tan distinto de todos los que conozco de Juan Gris. Fue pintado poco antes de su muerte, ¿un último amor?
 
La chanteuse 1926 Juan Gris
 
 Vous aviez une robe toute rouge, avec des souliers rouges, vous étiez inouïe, vous aviez l’air d’une espèce de grande fleur de sang, d’un rubis en flamme… “              Marcel Proust
 

 

Si nous avions déjà parlé de lui lors des billet sur Marie Blanchard, ici et ici , jamais je ne lui avais dédié un billet.
Si bien es verdad que habíamos hablado de él en las entradas de Marie Blanchard, (aquí y aquí)  nunca le había dedicado una entrada.
 
José Victoriano González-Pérez, connu comme Juan Gris, est né à Madrid en 1887.
José Victoriano González-Pérez conocido como Juan Gris, nació en Madrid en 1887.
 
Pour fuir le service militaire à 19 ans il part  à Paris. Jusque là sa seule activité artistique avait consisté en des illustrations pour des revues de poésie et pour la presse en général.
Que fait-il à Paris? Au début la même chose, des dessins pour des revues française comme “L’assiette au beurre” mais il fera vite la connaissance de Picasso, Guillaume Apollinaire, de Marie Blanchard et de Georges Braque et vers 1910 il commence à se dédier uniquement à la peinture.
1915 Pipe et journal, Fantomas

Sous l’influence de Cézanne, Picasso et Braque il incorpore en 1912 le mouvement cubiste et signe un contrat d’exclusivité avec un marchand.
Huyendo del servicio militar se traslada a París. A los 19 años Hasta ese momento su única actividad artística había consistido en ilustraciones para revistas de poesía y prensa en general.
¿Qué hace en París? Primero continúa dibujando para periódicos y revistas francesas como "L´Assiette au Beurre" pero pronto conocerá a Picasso, a Guillaume Apollinaire y a Georges Braque y a partir de 1910, empieza a dedicarse por completo a la pintura.

 

Las influencias de Cézanne, Picasso y Braque hacen que en 1912 se incorpore al movimiento cubista y firma un contrato en exclusiva.
Su prioridad en pintura era la idea frente a la imagen del objeto representado. Parte de lo universal para alcanzar lo singular, así la imagen acabará pareciéndose a la idea, que es la verdadera realidad.
 
Trabaja la descomposición espacial, el collage y la técnica del papier collé .
Sus primeras obras son naturalezas muertas y algunos paisajes. En su paleta predominan los grises y ocres.
 
 
Sa priorité en peinture était l’idée face à l’image de l’objet représenté. Il part de l’universel pour atteindre le particulier, ainsi l’image finira par ressembler à l’idée,  la vraie réalité.
 
Pour ce faire il pratique, vous le voyez dans les deux tableaux ci-dessous, la décomposition spatiale, le collage et la technique du papier collé.
Ses premières œuvres sont des natures mortes et quelques paysages et sur palette dominent les gris et ocres.
Juan Gris, Le livre 1911

 
Maisons de Paris 1912

 

Poco a poco sus composiciones se van haciendo más rigurosas, simplifica los elementos despojándolos de todo lo anecdótico,  líneas más rígidas y ángulos más duros. 

Juan Gris, fenêtre ouverte, 1921
Una vez dominada la síntesis y simplificación de los objetos, Juan Gris estudia del mismo modo la figura humana. Ejemplo de ello son sus arlequines y pierrots.

A partir de 1921 sus formas se vuelven cada vez más redondeadas y blandas, Por ejemplo, Mujer con guitarra (1925)

 
 
Mais peu à peu ses compositions deviennent plus rigoureuses, il simplifie les éléments leur ôtant tout côté anecdotique, les lignes sont plus rigides et les angles plus durs.
Une fois qu’il domine cette simplification des objets, il étudie de la même façon la figure humaine. 

1922 Deux Pierrots (OU Arlequin et Pierrot?)
 
À partir de 1921 les formes deviennent plus rondes et tendres, voyez ce tableau, 

Femme à la guitare 1925
Hélas l’été 1825 son état de santé se mit à empirer, bronchites et asthme, et il mourut en mai 1927 a à peine 40 ans.
Picasso et Braque lui ont toujours fait de l’ombre et Juan Gris en souffrit beaucoup; il est bien moins connu qu’eux en France et a été longtemps ignoré en Espagne. Un des grands maîtres du cubisme, pourtant.

 

En agosto de 1925 su salud empeoró seriamente, sufre bronquitis y fuertes ataques de asma. En mayo de 1927 muere con apenas cuarenta años de edad.

Picasso y Braque siempre le hicieron sombra; es mucho menos conocido que ellos en Francia y, hasta hace poco, casi un desconocido en España.

 

Commentaires

Bonjour Colette,

Souvenez-vous, la figure de Juan Gris a déjà été évoquée dans un commentaire accompagnant le billet « Le Tigre-Poète » de Mercédès Escolano. « El Hombre en el bar » l’illustrait.

Vous avez raison de rappeler que Picasso et Braque lui firent de l’ombre. Je viens de jeter un œil dans la monumentale « Histoire de l’Art » d’Elie Faure, parue dès 1909, complétée et remaniée par la suite. Dans le chapitre qui traite du cubisme, il ne mentionne que les deux monstres évidemment. Il ne cite le nom de Gris que dans un appendice final, sans autre commentaire, dans une liste de peintres du mouvement.

Vous l’avez souligné, Gris est le seul à être resté fidèle au cubisme, mais il mort jeune… comment aurait-il évolué ? La même question lancinante que l’on se pose à propos de Raphaël, Mozart, Schubert ou Arriaga pour rester en Espagne...

Ce que j’aime surtout chez lui, c’est, en plus évidemment de la composition et son architecture, le raffinement des couleurs (Femme à la guitare !)

Toujours un plaisir de venir vous trouver.

Bon week-end.

PS Un sacré personnage Elie Faure : médecin, historien de l’Art, polémiste, chroniqueur de la Gde Guerre, dommage qu’il ne soit pas espagnol, il mériterait un billet !

Écrit par : Gislebert | 26/08/2017

Bonjour Gislebert, rien ne vous échappe! En effet Juan Gris est un peintre que j'apprécie beaucoup.

Merci aussi de parler d'Elie Faure et figurez-vous qu'il y a moyen de le relier à l'Espagne. Sur un site en espagnol j'ai trouvé ceci: "Apoyó a la II República española, horrorizado ante el ascenso del fascismo; y visitó luego a los combatientes de Barcelona y Madrid; sus notas al respecto se publicaron póstumamente en Méditations catastrophiques."
(Il soutint la II République Espagnole, horrifié par la montée du fascisme; et il rendit visite aux combattants de Barcelone et Madrid; ses notes à ce sujet furent publiées de façon posthume dans "Méditations catastrophique.)

Si vous avez le temps et l'envie, lisez les deux billets sur Marie Blanchard; je m'étais passionnée à l'époque pour cette femme si courageuse et talentueuse.

Passez un bon week-end, ici la chaleur écrasante est revenue et on vit cloîtrés en journée.

Écrit par : colette | 26/08/2017

Los padres repitieron a sus niños, alegria, alegria !

Ici très chaud aussi, sûrement pas comme à Majorque, mais les « chic-oufs) sont partis, la maison est à l’envers, mais on va pouvoir se reposer… J’exagère à peine…

Reste plus qu’à enfermer le matou la nuit pour que la chambre à coucher ne se transforme pas en arène sanglante quand il me ramène des mulots… et la paix sera royale. :)))

Écrit par : Gislebert | 26/08/2017

Hola Colette,

Ai bien lu vos deux billets sur Maria Blanchard… Quelle peintre ! Mais quel destin aussi… On pense immédiatement à Frida Kahlo elle-aussi handicapée à la suite d’un accident.

Le parallèle s’arrête là : Frida Kahlo était belle, elle a connu l’amour (un temps du moins) avec son muraliste de Diego, elle s’est révoltée contre l’injustice du sort, la rage s’exprime dans ses toiles…

Rien de tout cela avec Maria Blanchard, elle accepte son infirmité, peut-être parce qu’elle ne s’est pas connue autrement, elle en souffre certainement, mais elle n’a pas le tempérament de la Mexicaine, il y a beaucoup de grandeur dans cette acceptation, dans son attitude exemplaire aussi à l’égard de son art, mais aussi de sa famille et de ses amis. Elle veut vers la fin de sa vie entrer au couvent et c’est Claudel, paraît-il, qui l’en dissuade. Que n’a-t-il eu la même compassion à l’égard de sa sœur pour la sortir de son asile…

Mon amie m’a fait remarquer que nous avions pu admirer quelques toiles à Madrid, au Musée Reine Sofia. A ma grande honte, je n’en garde pas le souvenir. Merci pour cette (re)découverte.

Cette fois, bonne semaine pour de bon.

Écrit par : Gislebert | 27/08/2017

@Gislebert, grand merci! Je suis contente que vous ayez également apprécié la peinture de María Blanchard, trop, trop oubliée.

Pour Claudel, je me suis dit la même chose: que s'était-il donc passé d'aussi terrible entre Camille et lui pour qu'il la laisse mourir à petit feu, seule?

Bonne semaine à vous aussi.

Écrit par : colette | 27/08/2017

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