24/06/2017

Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos

 Ana Pérez Cañamares
Santa Cruz de Tenerife, 1968

 

 

LES ASSIETTES offertes par ma mère
sont maintenant ternes et démodées.
 
Quand nous faisons le ménage
elles nous regardent tels des malades agonisants
qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.
 
Mais ce sont les assiettes de ma mère
qui ne m’offrira jamais plus
rien.
Si un jour nous nous décidions à les jeter
j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
les choses, ma fille, ne sont que des choses”.
 
Ma mère n’est pas dans l’assiette.
Ma mère est dans le pain que je mange.
Trad: Colette
 
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http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html

 
LOS PLATOS que me regaló mi madre
están ya deslucidos y pasados de moda.

Cuando hacemos limpieza
nos miran como enfermos agonizantes
que no entienden qué queremos de ellos.

Pero son los platos que me regaló mi madre
que ya nunca volverá a regalarme
nada.
Si un día nos decidiéramos a tirarlos
intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
“las cosas, hija, son sólo cosas“.

Mi madre no está en un plato.
Mi madre está en el pan que como.

Commentaires

¡Hola Colette!

Vacaciones fueron muy cortas. ¿Menos caliente en Bélgica? O por lo menos que fue en algun lugar...

Beau poème, qui exprime l’essentiel de l’amour filial au travers des objets hérités de nos parents… Même s’ils n’ont plus, à notre époque d’ hyper consumérisme, l’importance pratique qu’on leur attribuait autrefois (l’héritage infernal…), ils nous rappellent à leur manière nos racines, notre attachement toujours vivace. Ici en l’occurrence, les assiettes un peu ébréchées comme nos souvenirs, l’image est belle, le pain que l’auteur mange, c’est la vie que sa mère lui a donné…

Toujours des choix pleins de sensibilité, Colette. Merci.

Je vous souhaite plein de bonheur, un peu ombragé quand même.

PS Suis en plein dans Inès et la joie. Allegria, allegria comme on le chante dans les huaynos… sacré pavé, n’en suis qu’à la moitié, un peu difficile dans les 30 premières pages, puis l’histoire déroule comme un script de cinéma. Le style est flamboyant, baroque avec de belles images et beaucoup d’humour. Et l’apport historique déterminant, même si l’auteure dans sa préface se la fait très modeste en ce domaine.

Écrit par : Gislebert | 24/06/2017

HOla Gislebert,

Je vous croyais parti pour l'été entier, gaie surprise de vous retrouver aujourd’hui!
Pour moi ce fut une petite semaine belge bien agréable, en effet.

Ces objets-souvenirs auxquels nous sommes attachés; j'ai gardé aussi, sans jamais la porter, une chemise de nuit appartenant à ma mère et qu'elle m'avait offerte. Je sais où elle finira mais j'y tiens..

Re-PS: J'avais un peu peur que vous ne passiez pas ces 30 premières pages et me maudissiez.
Me voilà soulagée, merci pour tout et bonne semaine. Au frais si possible.

Écrit par : colette | 24/06/2017

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