• Parfum d'un visage disparu / Perfume de un rostro desaparecido

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    Deux courts poèmes d’Alejandra Pizarnik, cette poétesse Argentine si vénérée là-bas, si peu connue de notre côté dont je vous avais longuement parlé ici
     
    Dos poemas cortos de Alejandra Pizarnik, esa poetisa Argentina tan venerada en su país de la cual os había hablado aquí.
     
     
    INFANCIA
     
    Hora en que la yerba crece
    en la memoria del caballo.
    El viento pronuncia discursos ingenuos
    en honor de las lilas,
    y alguien entra en la muerte
    con los ojos abiertos
    como Alicia en el país de lo ya visto.
     
    Enfance
     
    Heure où pousse l’herbe
    dans la mémoire du cheval.
    Le vent prononce des discours ingénus
    en honneur aux lilas,
    et quelqu’un entre dans la mort
    les yeux ouverts
    comme Alice dans le pays du déjà vu.
     
    (Trad:Colette)
     
      
     
     


     
    Sens de son absence
     
    si j’ose
    regarder et dire
    c’est pour son ombre
    si doucement unie
    à mon nom
    là au loin
    dans la pluie
    dans ma mémoire.
    Par son visage
    qui brûlant dans mon poème
    disperse joliment
    un parfum
    de visage aimé disparu
     
    (Trad:Colette)
     
    SENTIDO DE SU AUSENCIA
     
    si yo me atrevo
    a mirar y a decir
    es por su sombra
    unida tan suave
    a mi nombre
    allá lejos
    en la lluvia
    en mi memoria
    por su rostro
    que ardiendo en mi poema
    dispersa hermosamente
    un perfume
    a amado rostro desaparecido
     
  • Idiote ma poule? ¿Idiota mi gallina?

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    Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.

    Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...

     

    Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
    Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.
     
    En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
    Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...
     

    ¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
    Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.
     
     
    La Gallina                      La Poule
    Federico García Lorca  (Trad:Colette)
     
    Había una gallina que era idiota. He dicho
    idiota. Pero era más idiota todavía. Le
    picaba un mosquito y salía corriendo. Le
    picaba una avispa y salía corriendo.
    Le picaba un murciélago y salía corriendo
    .…
    Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
    idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
    piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
    piquait une abeille, elle partait en courant.
    La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
    ------
    La gallina idiota odiaba los huevos. Le
    gustaban los gallos, es cierto, como les
    gusta a las manos derechas de las personas
    esas picaduras de las zarzas o la iniciación
    del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
    huevo. Y sin embargo no hay nada más
    hermoso que un huevo.
     
    La poule idiote détestait les œufs. Elle
    aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
    les mains droites des gens ces
    piqûres de ronces ou une
    piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
    œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
    beau qu’un œuf.
     
    Recién sacado de las espigas, todavía
    caliente, es la perfección de la boca, el
    párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
    caliente de la que acaba de morir. Es el
    rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
    cuentos japoneses, y algunas mujeres
    ignorantes también lo saben.

      

    À peine sorti des épis, encore
    chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
    paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
    visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
    contes japonais le disent, et certaines femmes
    ignorantes le savent aussi.
     
    No quiero defender la belleza enjuta del
    huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
    pulcritud del espejo y la alegría de los que se
    revuelcan en la hierba, bien está que yo
    defienda un huevo contra una gallina idiota.
    ...
    Je ne veux pas défendre la faible beauté de
    l’œuf, mais comme tout le monde loue la
    propreté du miroir y la joie de ceux qui se
    roulent dans l’herbe, il est bon que je
    défende un œuf contre une poule idiote.

     

  • Reconnaissante / Agradecida

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    ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
     
    ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
     
    Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
    écrasant les feuilles brunies.
    À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.
    
    Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
    me laissant seule
    emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.
    
    Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
    me laissant là
    à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.
    
    Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
    et à voir, ensommeillée, 
    les troncs bordés de laines fanées. 
    
    Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
     
    (Trad: Colette)
     
     
     
    EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
     
    Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
    moliendo las hojas tostadas.
    A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.
    
    Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
    y me dejaron sola
    enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 
    
    Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
    y me dejaron ahí
    bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 
    
    Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
    y viendo soñolienta
    los troncos bordados de lanas marchitas.
    
    Ahora voy indemne entre las gentes. 

    Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 
     
  • Pepita

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    Une histoire inattendue, pleine de succès, de rebondissements que celle que nous a racontée Vita Sackville-West dans son livre Pepita et que sa petite-fille, Juliet Nicolson, vient de narrer dans A House Full of Daughters .
    Una historia inesperada, llena de éxitos y de imprevistos, la que nos contó Vita en su libro Pepita y que su nieta, Juliet Nicolson acaba de narrar en A House Full of Daughters.
     
    Vita, vous le savez sans doute, vécut une histoire d’amour avec Virginia Woolf. (Le film Vita et Virginia sort au cinéma cette année 2017) ; Pepita était sa grand-mère.

    Vita, probablemente lo sabéis, vivió una historia de amor con Virginia Woolf (La película Vita y Virginia sale en el cine este año); Pepita era su abuela.
     
     

     
     
     
    Remontons le temps...l’histoire commence avec une enfant d’ascendance gitane dans un quartier de Malaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , plus connue comme Pepita Oliva (ou de Oliva), L’Étoile d’Andalousie, qui devint danseuse et célèbre grâce à une danse appelée Cachucha ou Olé.
    Remontemos en el tiempo...la historia empieza con una niña de ascendencia gitana en un barrio de Málaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , más conocida como Pepita Oliva (o de Oliva), la Estrella andaluza, que se hizo bailarina y famosa gracias a un baile llamado Cachucha u Olé.
     

     

    Qui était cette femme si extraordinaire? D’abord elle voyagea dans toute l’Europe: Angleterre, Norvège, France, Allemagne...formant partie d’une série de danseuses espagnoles qui furent la coqueluche des théâtres. Elle, elle éveillait des passions, provoquait une fièvre qui fut d’ailleurs nommée delirium Pepitatorum!!
    Pero ¿quién era esa mujer tan extraordinaria? Primero viajó por toda Europa: Inglaterra, Francia, Alemania...formando parte de un grupo de bailarinas españolas que fueron los ídolos de los teatros. Ella despertó tales pasiones, que provocaba una fiebre que fue nombrada delirium Pepitatorum!!

     

    Elle influença la mode espagnole, volants, dentelles noires, grands décolletés, mantilles, “tailles impossibles grâce à la torture du corsage et les cheveux noués et entrelacés avec une fleur”*
    Et pas seulement la mode, vous connaissez peut-être la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.

    Pepita tuvo influencia en la moda española, volantes, encajes negros, gran escotes, mantillas, “las cinturas imposibles gracias a las torturas del corpiño y los cabellos recogidos y entrelazados con una flor.”*
    Y no solo la moda, tal vez conocéis la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.



     
    Mais la vie scandaleuse de Pepita commença quand elle tomba amoureuse d’un aristocrate: le diplomate Lionel Sackville-West, secrétaire de l’Ambassade d’Angleterre en Allemagne. Tous deux étaient mariés: elle avec son maître de ballet (Juan de Oliva); mais leur romance se poursuivit. Ils partirent habiter à Arcachon et eurent 2 fils et 3 filles, dont Victoria, la mère de Vita.
    Pero la vida escandalosa de Pepita comenzó cuando se enamoró de un aristócrata: el diplomático Lionel Sackville-West, secretario de la Embajada de Inglaterra en Alemania. Ambos estaban casados, ella con su maestro de ballet (Juan de Oliva); pero su romance siguió. Se fueron a vivir a Arcachón (Francia) y tuvieron 2 hijos y 3 hijas, una de ellas era Victoria, la madre de Vita.
    Pepita mourut à 41 ans des suites de couche. (Il y eut ensuite un grand scandale après sa mort quand ses enfants réclamèrent la paternité du diplomate! La mère de Vita fut répudiée par la société victorienne, enfant d’une relation adultère)
    Vita avait toujours été fascinée par cette grand-mère et avait sans doute quelques traits de son caractère...extravagant.
     
    Pepita murió a los 41 años de puerperio. ( Luego hubo un gran escándalo cuando sus hijos reclamaron la paternidad del diplomático! La madre de Vita fue repudiada por la sociedad victoriana como hija de padres adúlteros).
    A Vita siempre le había fascinado su abuela y tenía sin duda algunos rasgos de su carácter...extravagante
     
    Nota: Para escribir esta entrada me inspiré en gran medida del magnifico artículo de El País: