27/05/2017

Parfum d'un visage disparu / Perfume de un rostro desaparecido

Deux courts poèmes d’Alejandra Pizarnik, cette poétesse Argentine si vénérée là-bas, si peu connue de notre côté dont je vous avais longuement parlé ici
 
Dos poemas cortos de Alejandra Pizarnik, esa poetisa Argentina tan venerada en su país de la cual os había hablado aquí.
 
 
INFANCIA
 
Hora en que la yerba crece
en la memoria del caballo.
El viento pronuncia discursos ingenuos
en honor de las lilas,
y alguien entra en la muerte
con los ojos abiertos
como Alicia en el país de lo ya visto.
 
Enfance
 
Heure où pousse l’herbe
dans la mémoire du cheval.
Le vent prononce des discours ingénus
en honneur aux lilas,
et quelqu’un entre dans la mort
les yeux ouverts
comme Alice dans le pays du déjà vu.
 
(Trad:Colette)
 
  
 
 


 
Sens de son absence
 
si j’ose
regarder et dire
c’est pour son ombre
si doucement unie
à mon nom
là au loin
dans la pluie
dans ma mémoire.
Par son visage
qui brûlant dans mon poème
disperse joliment
un parfum
de visage aimé disparu
 
(Trad:Colette)
 
SENTIDO DE SU AUSENCIA
 
si yo me atrevo
a mirar y a decir
es por su sombra
unida tan suave
a mi nombre
allá lejos
en la lluvia
en mi memoria
por su rostro
que ardiendo en mi poema
dispersa hermosamente
un perfume
a amado rostro desaparecido
 

20/05/2017

Idiote ma poule? ¿Idiota mi gallina?

Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.

Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...

 

Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.
 
En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...
 

¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.
 
 
La Gallina                      La Poule
Federico García Lorca  (Trad:Colette)
 
Había una gallina que era idiota. He dicho
idiota. Pero era más idiota todavía. Le
picaba un mosquito y salía corriendo. Le
picaba una avispa y salía corriendo.
Le picaba un murciélago y salía corriendo
.…
Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
piquait une abeille, elle partait en courant.
La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
------
La gallina idiota odiaba los huevos. Le
gustaban los gallos, es cierto, como les
gusta a las manos derechas de las personas
esas picaduras de las zarzas o la iniciación
del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
huevo. Y sin embargo no hay nada más
hermoso que un huevo.
 
La poule idiote détestait les œufs. Elle
aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
les mains droites des gens ces
piqûres de ronces ou une
piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
beau qu’un œuf.
 
Recién sacado de las espigas, todavía
caliente, es la perfección de la boca, el
párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
caliente de la que acaba de morir. Es el
rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
cuentos japoneses, y algunas mujeres
ignorantes también lo saben.

  

À peine sorti des épis, encore
chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
contes japonais le disent, et certaines femmes
ignorantes le savent aussi.
 
No quiero defender la belleza enjuta del
huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
pulcritud del espejo y la alegría de los que se
revuelcan en la hierba, bien está que yo
defienda un huevo contra una gallina idiota.
...
Je ne veux pas défendre la faible beauté de
l’œuf, mais comme tout le monde loue la
propreté du miroir y la joie de ceux qui se
roulent dans l’herbe, il est bon que je
défende un œuf contre une poule idiote.

 

13/05/2017

Reconnaissante / Agradecida

ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)
 
ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE
 
Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
écrasant les feuilles brunies.
À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.

Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
me laissant seule
emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.

Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
me laissant là
à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.

Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
et à voir, ensommeillée, 
les troncs bordés de laines fanées. 

Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
 
(Trad: Colette)
 
 
 
EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 
 
Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
moliendo las hojas tostadas.
A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.

Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
y me dejaron sola
enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 

Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
y me dejaron ahí
bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 

Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
y viendo soñolienta
los troncos bordados de lanas marchitas.

Ahora voy indemne entre las gentes. 

Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 
 

06/05/2017

Pepita

Une histoire inattendue, pleine de succès, de rebondissements que celle que nous a racontée Vita Sackville-West dans son livre Pepita et que sa petite-fille, Juliet Nicolson, vient de narrer dans A House Full of Daughters .
Una historia inesperada, llena de éxitos y de imprevistos, la que nos contó Vita en su libro Pepita y que su nieta, Juliet Nicolson acaba de narrar en A House Full of Daughters.
 
Vita, vous le savez sans doute, vécut une histoire d’amour avec Virginia Woolf. (Le film Vita et Virginia sort au cinéma cette année 2017) ; Pepita était sa grand-mère.

Vita, probablemente lo sabéis, vivió una historia de amor con Virginia Woolf (La película Vita y Virginia sale en el cine este año); Pepita era su abuela.
 
 

 
 
 
Remontons le temps...l’histoire commence avec une enfant d’ascendance gitane dans un quartier de Malaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , plus connue comme Pepita Oliva (ou de Oliva), L’Étoile d’Andalousie, qui devint danseuse et célèbre grâce à une danse appelée Cachucha ou Olé.
Remontemos en el tiempo...la historia empieza con una niña de ascendencia gitana en un barrio de Málaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , más conocida como Pepita Oliva (o de Oliva), la Estrella andaluza, que se hizo bailarina y famosa gracias a un baile llamado Cachucha u Olé.
 

 

Qui était cette femme si extraordinaire? D’abord elle voyagea dans toute l’Europe: Angleterre, Norvège, France, Allemagne...formant partie d’une série de danseuses espagnoles qui furent la coqueluche des théâtres. Elle, elle éveillait des passions, provoquait une fièvre qui fut d’ailleurs nommée delirium Pepitatorum!!
Pero ¿quién era esa mujer tan extraordinaria? Primero viajó por toda Europa: Inglaterra, Francia, Alemania...formando parte de un grupo de bailarinas españolas que fueron los ídolos de los teatros. Ella despertó tales pasiones, que provocaba una fiebre que fue nombrada delirium Pepitatorum!!

 

Elle influença la mode espagnole, volants, dentelles noires, grands décolletés, mantilles, “tailles impossibles grâce à la torture du corsage et les cheveux noués et entrelacés avec une fleur”*
Et pas seulement la mode, vous connaissez peut-être la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.

Pepita tuvo influencia en la moda española, volantes, encajes negros, gran escotes, mantillas, “las cinturas imposibles gracias a las torturas del corpiño y los cabellos recogidos y entrelazados con una flor.”*
Y no solo la moda, tal vez conocéis la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.



 
Mais la vie scandaleuse de Pepita commença quand elle tomba amoureuse d’un aristocrate: le diplomate Lionel Sackville-West, secrétaire de l’Ambassade d’Angleterre en Allemagne. Tous deux étaient mariés: elle avec son maître de ballet (Juan de Oliva); mais leur romance se poursuivit. Ils partirent habiter à Arcachon et eurent 2 fils et 3 filles, dont Victoria, la mère de Vita.
Pero la vida escandalosa de Pepita comenzó cuando se enamoró de un aristócrata: el diplomático Lionel Sackville-West, secretario de la Embajada de Inglaterra en Alemania. Ambos estaban casados, ella con su maestro de ballet (Juan de Oliva); pero su romance siguió. Se fueron a vivir a Arcachón (Francia) y tuvieron 2 hijos y 3 hijas, una de ellas era Victoria, la madre de Vita.
Pepita mourut à 41 ans des suites de couche. (Il y eut ensuite un grand scandale après sa mort quand ses enfants réclamèrent la paternité du diplomate! La mère de Vita fut répudiée par la société victorienne, enfant d’une relation adultère)
Vita avait toujours été fascinée par cette grand-mère et avait sans doute quelques traits de son caractère...extravagant.
 
Pepita murió a los 41 años de puerperio. ( Luego hubo un gran escándalo cuando sus hijos reclamaron la paternidad del diplomático! La madre de Vita fue repudiada por la sociedad victoriana como hija de padres adúlteros).
A Vita siempre le había fascinado su abuela y tenía sin duda algunos rasgos de su carácter...extravagante
 
Nota: Para escribir esta entrada me inspiré en gran medida del magnifico artículo de El País: