20/05/2017

Idiote ma poule? ¿Idiota mi gallina?

Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.

Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...

 

Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.
 
En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...
 

¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.
 
 
La Gallina                      La Poule
Federico García Lorca  (Trad:Colette)
 
Había una gallina que era idiota. He dicho
idiota. Pero era más idiota todavía. Le
picaba un mosquito y salía corriendo. Le
picaba una avispa y salía corriendo.
Le picaba un murciélago y salía corriendo
.…
Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
piquait une abeille, elle partait en courant.
La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
------
La gallina idiota odiaba los huevos. Le
gustaban los gallos, es cierto, como les
gusta a las manos derechas de las personas
esas picaduras de las zarzas o la iniciación
del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
huevo. Y sin embargo no hay nada más
hermoso que un huevo.
 
La poule idiote détestait les œufs. Elle
aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
les mains droites des gens ces
piqûres de ronces ou une
piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
beau qu’un œuf.
 
Recién sacado de las espigas, todavía
caliente, es la perfección de la boca, el
párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
caliente de la que acaba de morir. Es el
rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
cuentos japoneses, y algunas mujeres
ignorantes también lo saben.

  

À peine sorti des épis, encore
chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
contes japonais le disent, et certaines femmes
ignorantes le savent aussi.
 
No quiero defender la belleza enjuta del
huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
pulcritud del espejo y la alegría de los que se
revuelcan en la hierba, bien está que yo
defienda un huevo contra una gallina idiota.
...
Je ne veux pas défendre la faible beauté de
l’œuf, mais comme tout le monde loue la
propreté du miroir y la joie de ceux qui se
roulent dans l’herbe, il est bon que je
défende un œuf contre une poule idiote.

 

Commentaires

Hola Colette,

Federico : totalmente equivocado. Totally in the wrong. Las gallinas non son estúpidas.

Feue ma grand-tante avait hérité d’une poule, à la fin de la guerre (elle vivait à Paris, Asnières). Le gallinacé, en ces temps de rationnement, était destiné à la casserole. Mon oncle, gros colosse au cœur d’artichaut, se montra incapable de lui tordre le cou. La poule s’apprivoisa et coula de beaux jours pendant plus de 10 ans dans le jardinet de leur pavillon de banlieue. Quand ma tante l’appelait, elle sautait sur son épaule pour un câlin. C’était un spectacle de voir cette jolie rousse se frotter la tête contre son cou. Claro que si, j’étais enfant, mais m'en souviens encore. L’animal mourut de vieillesse et eut droit à des obsèques peu habituelles pour son espèce. Depuis, je regarde les poulets que l’on traite avec barbarie avec beaucoup plus de considération. Histoire véridique.

Bon week-end, j’espère ne pas trop parasiter votre blog.

Écrit par : Gislebert | 20/05/2017

Vous êtes toujours le bienvenu Gislebert!

Une poule devenue mascotte, a pet hen, c'est une histoire délicieuse, merci de l'avoir racontée.

Federico s'amuse ici, aucun doute.

J'observe les poules avec plaisir, je les trouve si malignes et vives. Parfois cruelles aussi. Quant aux coqs, ceux qui échappent à la casserole, ils ont des rites et un système de préséance tout à fait intéressant.

Bon week-end à vous aussi, à bientôt.

Écrit par : colette | 20/05/2017

Quel enchantement de lire Gislebert - je l'ai suivi... :) - Cet inconnu, relève en qualité cette blogosphère. J'adore!

"Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
piquait une abeille, elle partait en courant.
La piquait une chauve-souris, elle partait en courant."

Que doivent faire les enfants? Se sentir idiots.....
ou intelligents.... face à ses insectes et à un "vampire"....?

Écrit par : Patoucha | 20/05/2017

@Patoucha

Eh bien Patoucha, enchantement écrivez-vous, pour l’hyperbole vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère en bois… Avec cette bouffée d’hélium, ma tête risque de ne plus passer les portes… Heureusement, l'autodérision et le goût du non-sens nous sauvent de cette funeste perspective...

Une petite citation de Raymond Devos : "Quand j'ai tort, j'ai mes raisons. Je ne les donne pas, ce serait reconnaître mes torts."

J’aime le blog de Colette parce qu’il est un havre de fraîcheur, de vie et de liberté, elle nous parle de poésie, de musique, d'art et ne nous emmerde point avec ses options politiques. Et puis, avouons-le, il est bien utile pour réviser son castillan à l’écrit...

Amicalement, bien à vous.

Écrit par : Gislebert | 21/05/2017

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