08/04/2017

Souvenirs citadins / Recuerdos urbanos

Les lieux communs
 
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974

 

 
La ville se conserve dans le souvenir,
pliée et disponible,
comme une carte affective
sur qui la mémoire a signalé
d’une croix la rue
et le bar et la terrasse
et la cafétéria
et le petit bout de trottoir
où l’on a entrevu un instant
un bonheur insaisissable.
 
(Trad: Colo)
Extrait de "Las palabras y los días"
 
 
 
Antwerpen, Anvers, Amberes, ma ville natale
 
Los lugares comunes
 
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974
 
La ciudad se conserva en el recuerdo,
doblada y disponible,
como un mapa afectivo
en el que la memoria ha señalado
con una cruz la calle
y el bar y la terraza
y la cafetería
y el trocito de acera
donde se adivinó por un instante
una felicidad esquiva. 
 
(De Las palabras y los días)

Commentaires

Bonsoir Colette,
Epatante votre traduction, fidèle mot à mot, mais élégante. Seul petit bémol (à mon sens), le qualificatif affective qui ne rend pas l’émotion du afectivo castillan… Anvers est votre ville natale, pas celle de l’auteure ? Belle image d’une ville très urbanisée, avec le coude de l’Escaut et la cathédrale Notre-Dame où on peut admirer, si je me souviens bien, de magnifiques Rubens. C’est resté dans ma mémoire davantage que les terrasses de café et les bars, j’en déduis que l’auteure devait plutôt penser à Bilbao, Barcelone, Madrid ou Séville… Le poème avec ses réminiscences d’instants de bonheur fugace m’a fait penser à la chanson de Brassens dont vous parliez dernièrement, les Passantes (le poème n’est pas de lui). Sauf que là ces instants de bonheur ont peut-être été vécus, dans la chanson ils ne sont que rêvés.
Bonne soirée et merci pour vos choix.

Écrit par : Gislebert | 08/04/2017

Belle image, sombre et lumineuse à la fois, nette par les pointes et estompée par la brume.
La densité des constructions, les traits verticaux et horizontaux, la succession des plans, la répartition des objets, et cette eau, calme, inexorable, comme un désert à côté de la ville, s'organisent en un rythme presque musical autant que visuel, vivant.

Il y a eu un bout de ma famille paternelle à Anvers.

Je ne sais pas si le texte suit l'image ou si c'est l'inverse, je ne veux pas trancher.

Merci Colette, et bonne soirée dans cette douceur délicieuse.

Écrit par : hommelibre | 08/04/2017

Bonsoir Gislebert,

Vous devez très bien connaître l'espagnol pour percevoir la différence du poids de l'émotion, qui est certaine, entre les deux langues.
C'est moi qui suis née à Anvers et j'en garde de merveilleux souvenirs, de mon quartier surtout. Je n'y suis que rarement retournée, mais je l'ai trouvée embellie cette ville. Les alentours de la cathédrale et les rues qui mènent au fleuve spécialement.
Rubens, oui, j'aimerais beaucoup revoir ses tableaux avec des yeux d'adulte, j'étais jeune quand j'ai quitté Anvers.
Recuerdos, trozos de vida...
Merci à vous, vos mots sont toujours si encourageants!
Bon dimanche.

Écrit par : colette | 08/04/2017

Bonsoir Homme Libre, les villes traversés par des fleuves ou rivières ont toutes un charme et un attrait spécial. Une lumière aussi. En tout cas elles m'attirent beaucoup.
Le poème est venu d'abord qui m'a replongée dans des souvenirs. Vous savez comme ça va, on tire sur un fil qui s'étire de plus en plus: un souvenir en appelle un autre...nostalgies ou plaisirs passés.

Pour la photo dont vous décrivez si bien l’ambiance, j'ai été fort contente d'en trouver une si belle sur la Toile.

Beau temps partout je vois, douceur de vivre...merci d'être passé.

Écrit par : colette | 08/04/2017

Merci pour cette précision Colette.
Savoir que le texte a conduit à l'image me plait beaucoup, et l'étirement du fil également.

Écrit par : hommelibre | 08/04/2017

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