03/09/2016

Repasser / Planchar

Ce dimanche je reçois ce message d'une amie: “Je termine mon repassage sur la terrasse, j'ai failli m'envoler!”
Moi aussi j'avais prévu de repasser, après ma sieste, mais dans la salle de bains, l'endroit le plus frais de la maison. En écoutant la radio.
Certain(e)s regardent la TV, d'autres mettent de la musique en réalisant cette tâche domestique, parfois longue, toujours précise.
Le soir, en parcourant des blogs, je suis tombée sur ce poème amusant que je vous ai traduit.
 

 

Picasso

 

 
 
Este domingo recibo este mensaje de una amiga: “Termino de planchar en la terraza, ¡estuve a punto de coger el vuelo!”
Yo también había previsto planchar, después de la siesta, pero en el cuarto de baño, el sitio más fresco de la casa. Escuchando la radio.
Unos (unas) miran la TV, otros (otras) ponen música al realizar esa tarea doméstica, a veces larga, siempre precisa.
Por la noche encontré este poema divertido en un blog.

 

 
Poésie domestique
 
Par quel obscur caprice du destin
par quelle facétie perverse du hasard
par quelle conspiration cruelle et insoupçonnable
par quel dessein d'un sombre pouvoir...
 
Si je m'y efforce
et m'organise, et me programme
et fais tout mon possible,
épuise la vitesse...
 
Mais si le divin et le terrestre
complotent
et bien que j'aie écrit ceci un lundi
je continue à me demander pourquoi
je finis toujours par repasser les dimanches!
 
 
Trad: Colette
 
 
Poesía doméstica
Por qué oscuro capricho del destino
por qué broma perversa de la suerte
por cuál conjuro cruel e insospechado
por cuál designio de algún poder siniestro

Si yo lo intento
y me organizo, y me programo
y hago hasta más de lo posible
apuro prisas

Pero si lo divino y terrenal
se confabulan
y aún cuando esto lo haya escrito un lunes
sigo preguntándome por qué
siempre termino planchando los domingos!
 
 

Commentaires

Bonjour Colette très suggestive la photo avec l'homme on imagine aisément le résultat d'un geste maladroit /rire
Le poéme est très joli quand à savoir pourquoi le dimanche peut-être que ce jour posséde la réponse en lui même ,allez savoir
très belle fin de journée pour Vous Colette

Écrit par : lovejoie | 03/09/2016

Bonjour Lovejoie, j'ignore s'il est ou non maladroit mais j'observe que le pantalon traîne par terre;-))

Comme tous les travaux manuels le repassage laisse la tête libre; rêver, réfléchir ou..planifier le prochain coup de fer, héhé.

Bon week-end, et merci!

Écrit par : colette | 03/09/2016

Elle finit toujours les dimanches... il y aurait donc cinq chemises... hum hum...
:-)

Lovejoie, le geste maladroit... ouïe!!!
:-D :-D

Bon week-end.

Écrit par : hommelibre | 03/09/2016

Je vous remercie Colette ! bonne soirée `!

Écrit par : lovejoie | 03/09/2016

Homme Libre, je crois qu'elle repousse au plus tard le moment de le faire!

Excellent week-end pour vous aussi.

Écrit par : colette | 03/09/2016

Oui Colette, mais c'était si tentant!

Écrit par : hommelibre | 03/09/2016

Vous avez bien fait!;-))

Écrit par : colette | 03/09/2016

@Hommelibre ouvrez vos quinquets car il y a une corbeille contenant 5 chemises de plus ,cherchez et vous trouverez
Je ne suis broutée en parlant de chemises je pensais aux cultes ou on fait la manche et a une expression comme ,quel manche ! doux qualificatif pour un homme né le dimanche connu pour son haut de degré de paresse !
Magnifique soirée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 03/09/2016

Dans la salle de bain?, et vous avez assez de place pour y mettre une planche à repasser:-) Faites quand même attention l'eau et l'électricité ne font pas toujours bon ménage. Bon dimanche à vous et portez-vous bien.

Écrit par : grindesel | 03/09/2016

Bonsoir Grindesel, je ferai très attention, promis, promis!
Merci de veiller sur moi, je vous souhaite une excellent dimanche.
À bientôt.

Écrit par : colette | 03/09/2016

@Grindesel depuis le temps qu'on pianote plus ou moins ensemble je reconnais votre finesse d'esprit qui hier n'était pas ma tasse de thé ,trop concentrée sur une névralgie dentaire et imaginant la tête du dentiste découvrant les restes de ma dentition rescapée de son sauvetage à but financier et rien de plus
En l'occurrence je pourrai lui dire, vous repasserez avec vos théories voyez et admirez le résultat et je m'en réjoui d'avance
Tout de bon pour Vous

Écrit par : lovejoie | 04/09/2016

@lovejoie : Bon courage pour la suite. Je serais assez d'accord pour pendre haut et court certains dentistes qui non seulement bâclent le travail mais ont le culot de vous le facturer à prix d'or. Bon dimanche quand même.
PS. Je me souviens (c'est déjà très loin) que mon Papa utilisait de l'essence de girofle lorsque une de ses dent lui faisait mal, il paraît que cela le soulageait!!!

Écrit par : grindesel | 04/09/2016

Elle repousse, puis repasse...

Elle est aussi très inspirée, car ce poème parle à beaucoup de lecteurs/lectrices. Merci pour le chouettes illustrations ! Vous faites toujours d'excellents choix, colette !

Je viens tout juste de terminer "mon" repassage, ouvre les blogs et tombe sur ce poème, suivi de vos échanges très nourris.
Comme c'est étrange, moi aussi, c'est le dimanche, mais je peux repousser de plusieurs dimanches. Repoussage déconseillé, car je finis par me retrouver avec des montagnes très décourageantes.
Si seulement il n'y avait que cinq chemises ;-)))

La photo de la pub Versace pourrait nous donner des idées : repasser en costume d'Eve ou alors, trouver un Adam repasseur...
Est-ce que cela serait une solution pour l'été ?
Peut-être pas en terrasse, mais à la salle de bains ?!?!?!

Écrit par : Calendula | 04/09/2016

@Grindesel je vous remercie bon dimanche pour Vous aussi
Malheureusement le clou de girofle ne peut soulager l'arthrite des racines
Et dire que je l'ai supplié de nombreuses fois de m'enlever ce qui fini par tomber tout seul suite à d'énormes chocs émotionnels
Mais quand on est dentiste on pense en premier à son porte monnaie come d'autres toubibs il va de soi mais c'est un autre sujet/rire

Écrit par : lovejoie | 04/09/2016

@Lovejoie, les maux de dents sont cruels, persistants, épuisants, je le sais bien et compatis vraiment.
Tiens, je m'en vais chercher un poème sur ce sujet...ça nous fera peut-être sourire cette semaine.

Écrit par : colette | 04/09/2016

@ Calendula, merci beaucoup, quant à vous je vous très inspirée vous aussi et en forme malgré ce passage repassage.

Sinon vous m'avez démasquée, héhé, dans la salle de bains (la mienne est très grande et a vue sur la campagne) je peux ne pas m'habiller si je veux, personne pour me voir!

Les poèmes qui parlent du quotidien me plaisent énormément. Tant parlent d'amour et souvent si mal...

Bon dimanche à vous. Amicalement.

Écrit par : colette | 04/09/2016

Lire "je vous sens très inspirée.." bien sûr.

Écrit par : colette | 04/09/2016

@colette,

Aïe ! Démasquée ...
J'étais dans le projet et vous, vous l'avez déjà réalisé ;-)))

Et si le costume d'Eve ( "le plus simple appareil") était le retour aux sources, l'âge de l'innocence, celui d'avant la feuille de vigne et du burkini !!!

Repassons sur l'autre projet : la poésie du quotidien

Si on arrive à rendre le quotidien en source d'inspiration poétique, on passe dans une réalité augmentée, mais sans recours à des appareils sophistiqués.
Le poème sur le repassage s'élève vraiment au-dessus du niveau du plancher, il parle de beaucoup d'autres choses et atteint une sorte d'universalité, en partant d'une tâche banale. La banalité est notre lot commun.
Cela me fait penser à "la tirade du nez", de Cyrano de Bergerac.
Certes, son nez était hors du commun, mais tout de même : ça, c'est du souffle et de l'inspiration !

Écrit par : Calendula | 04/09/2016

Merci d'enrichir cette conversation Calendula!Le nez, oh oui! (je prcède à des recherches pour les dents...!)
Le poète qui parle le plus de ce quotidien, banal, certes, mais pas déplaisant pour autant, est Pablo Neruda. J'avais publié cette" Ode pour repasser" en 2015, mais je vous la remets ici..


La poésie est blanche:
elle sort de l'eau enveloppée de gouttes,
elle se chiffonne, et s’amoncelle,
il faut étendre la peau de cette planète,
il faut repasser la mer de sa blancheur
et vont et vont les mains,
les surfaces sacrées se lissent
et ainsi se font les choses:
chaque jour les mains font le monde,
le feu s'unit à l'acier,
arrivent le lin, la toile et le calicot
du combat des blanchisseries
et de la lumière naît une colombe:
la pureté renaît de l'écume.

Pablo Neruda

(trad:Colette)

ODA PARA PLANCHAR

La poesía es blanca:
sale del agua envuelta en gotas,
se arruga, y se amontona,
hay que extender la piel de este planeta,
hay que planchar el mar de su blancura
y van y van las manos,
se alisan las sagradas superficies
y así se hacen las cosas:
las manos hacen cada día el mundo,
se une el fuego al acero,
llegan el lino, el lienzo y el tocuyo
del combate de las lavanderías
y nace de la luz una paloma:
la castidad regresa de la espuma.


P. Neruda

Écrit par : colette | 04/09/2016

Merci pour ce rappel !

L'espagnol est poétique. Tout court.

paloma- espuma- sagradas superficies- se arruga - llegan el lino, el lienzo y el tocuyo

Je pourrais juste écouter le son, et ça me suffirait, comme la musique.

Écrit par : Calendula | 04/09/2016

Voici ce que j'ai trouvé pour vous Lovejoie.
https://www.youtube.com/watch?v=N0q9GdhXqpY

C'est une chanson de Dick Annegarn dont voici les paroles.

Paroles de Mal De Dents

Poésie, alchimie, arsenic et phosphore
Alambic, eau de lie, névralgie dehors !

Voulez-vous que je vous dise mes moments les plus forts ?
Voulez-vous que j'anatomise mes dedans dehors ?
Je n'ai plus foi en personne et j'envoie tout en l'air
Quand ça me re-résonne dans la masse molaire

Mmmmmmmmmmmmmmmmmal de dents

Ça revient comme une fièvre, faut descendre sur terre
Ça se lit pas sur les lèvres, c'est derrière : l'enfer
Comme un champ magnétique, que survolent les faucons
Dont je suis la victime, dont je suis le con

Oui, je me plains d'un mal bien peu pathétique
Mais c'est un mal quand même, c'est un mal de dents

Tous mes crocs se délabrent, il m'en reste plus guère
C'en devient même macabre, comme un cimetière
Un problème insoluble dans l'eau, dans de là
Dent de lit, dent de lait, j'ai donné déjà

Oui, je me plains d'un mal qui rapporte du fric
Mais ça m’enlève quand même pas le mal dedans

Mal dedans, mal dedans, mal dedans, mal dedans, mal dedans


Bon courage à vous!

Écrit par : colette | 04/09/2016

@Colette merci infiniment pour la chanson ! j'aime bien la comparaison avec le cimetière
On dit que nos maux sont le reflet de nos pensées et j'admets volontiers que depuis 3 ans mais toujours en souriant je passe d'une tuile à l'autre
La tête à peine sortie de l'eau et hop en revoilà une autre
Je dois sans doute être abonnée on y croit ou pas à ce qu'on nomme la loi des séries ou trop enragée de survivre je fais n'importe quoi ou que des bêtises comme si bien chanté par Sabine Paturel
Mais votre geste me touche énormément !
Très belle fin de dimanche pour Vous Colette

Écrit par : lovejoie | 04/09/2016

Dick Annegarn, jolie originalité, et quel talent.
J'avais oublié celle-ci avec son mal dedans.
On ne sait jamais où il nous emmène.

Il y a "Bruxelles", que j'adore, mais d'autres aussi, dont celle-ci:

https://www.youtube.com/watch?v=Kan5Gt1dmTE

Écrit par : hommelibre | 04/09/2016

@Homme Libre, merci, grand merci.
Terrible et amer constat de l'ici-bas, mais l'amour (maternel ou autre) et les rêves.
Le texte est superbement écrit, inattendu, et cette voix profonde....
Bon, me voilà toute retournée.
Bonne soirée. Amicalement.

Écrit par : colette | 04/09/2016

@Calendula, vous voyez parfaitement alors pourquoi cette langue me plaît tant, sa musicalité est pour moi un délice.
Bonne soirée et merci.

Écrit par : colette | 04/09/2016

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