30/07/2016

Cees Nooteboom poète / poeta

Cees Nooteboom est à mes yeux une sorte d'homme universel. Ce Hollandais écrivain, voyageur, essayiste, hispaniste est aussi, je viens de le découvrir, poète.
Comme vont les choses... très intéressée par un billet d'une amie sur une étude faite par cet écrivain de tableaux de Jérôme Bosch, je l'ai commandé et suis absolument passionnée (je vous en parlerai quand je l'aurai terminé).
Dans les premières pages, C. Nooteboom cite quelques vers de lui-même. Tiens, tiens...! Je trouve des poèmes de lui, traduits en espagnol, avec l'original en néerlandais. Qui peut m'aider à réaliser une bonne traduction en français (sa poésie est peu traduite dans cette langue, c'est curieux)? Une amie belge, Adrienne s'y est gentiment collée, dank u well!
 
 
 
 
Cees Nootebomm es a mis ojos una especie de hombre universal. Ese holandés escritor, viajero, ensayista, hispanista es también, lo acabo de descubrir, poeta.
Como van las cosas...muy interesada por una entrada en el blog de una amiga lectora acerca de un estudio realizado por C. Nooteboom sobre cuadros de El Bosco, lo encargué y me apasiona.(Os hablaré de él en cuanto lo haya terminado).
En las primeras páginas cita unos versos suyos...así lo descubrí. Encontré unos poemas traducidos al español con la versión original en holandés. ¿Quién me puede ayudar para su traducción al francés? Otra amiga-blog, Adrienne, me echó una mano. Dank u well!
 

ASS

 

Poëzie kan nooit over mij gaan, 
noch ik over poëzie. 
Ik ben alleen, het gedicht is alleen, 
en de rest is van wormen. 
Ik stond aan de straten waar de woorden wonen, 
boeken, brieven, berichten, 
en wachtte.
Ik heb altijd gewacht.

De woorden, in lichte of duistere vormen, 
veranderden mij in een duister of lichter iemand. 
Gedichten passeerden mij 
en herkenden zichzelf als een ding. 
Ik kon het zien en me zien.

 

Nooit komt er een einde aan deze verslaving. 
Eskaders gedichten zijn op zoek naar hun dichters. 
Ze dwalen zonder commando door het grote 
district van de woorden 
en verwachten het aas van hun volmaakte, 
gesloten, gedichte, gemaakte 
en onaantastbare

vorm.

 

 
 
 
 
Asticot
 

Le poème ne peut jamais parler de moi
Ni
moi de la poésie.
Je suis seul, le poème est seul,
et le reste est aux asticots.
Je me trouvais dans les rues où habitent les mots,
les livres, les lettres, les annonces,
et j'attendais.
J'ai toujours attendu.

Les mots, de forme légère ou sombre,
me changeaient en quelqu'un de plus sombre ou de plus léger.
Les poèmes passaient devant moi
et se reconnaissaient comme une chose.
Je pouvais le voir et me voir.

Jamais cette servitude ne prend fin.
Des escadrons de poèmes sont à la recherche de leurs poètes.
Ils errent sans commandement par le grand
territoire des mots
et attendent la charogne de leur forme
parfaite, rimée, fabriquée
et intouchable.

Trad: Adrienne-Colette

Cebo

La poesía nunca puede hablar de mí,
ni yo de la poesía.
Yo estoy solo, el poema está solo,
y el resto es de los gusanos.
Me detuve en las calles donde viven las palabras,
libros, cartas, informes,
y esperé.


Siempre supe esperar.
Las palabras, con sus formas claras u oscuras,
me volvieron más oscuro o más claro.
Los poemas me alcanzaron
y se reconocieron como objetos.
Yo pude verlo y verme.


No tiene fin esta adicción.
Escuadrones de poemas están buscando sus poetas.
Vagan sin mando por el amplio
territorio de las palabras
y aguardan el cebo de su perfecta,
hermética, condensada, acabada
e irreductible
forma.


Traducción de Fernando García de la Banda

 

 

Commentaires

Vous avez pris le parti de traduire " worm" avec asticot, plutôt que ver / vers ?

Je crois percevoir un jeu de mots avec worm-vorm , mais c'est probablement un mirage dû à ma non-maîtrise du néerlandais !

Quand on ne comprend que de façon floue, on s'attache à la ...forme.
Si je remplace "asticots" par "vers", ça donne quelque chose d'amusant.

Écrit par : Calendula | 30/07/2016

Vous avez raison Calendula, c'est plus amusant, mais mon amie, parfaite bilingue, a préféré asticots pour plus de précision je suppose.
Il y a tellement longtemps que je ne parle plus le néerlandais que je ne pourrais rien affirmer, encore moins imposer.

Merci pour cette lecture attentive! Bon week-end.

Écrit par : colette | 30/07/2016

C'est là toute la difficulté de la traduction et surtout, de la traduction de la poésie.
Votre proposition de donner les deux versions ( original et traduction) ou même une troisième version, permet de comprendre l'ampleur des possibilités d'expression. Et tous les choix qui s'imposent.
Si on pense aux tentatives de traduction par ordinateur, surtout dans le contexte littéraire, il n'y a pas photo.
L'être humains sera toujours supérieur à la machine dans ce cas de figure.
Au moins là ! ;-)))

Écrit par : Calendula | 31/07/2016

Tout ceci est si intéressant!

Pour ce poème j'avais réalisé moi-même une traduction en français en partant, surtout, de la traduction en espagnol(langue que je domine) faite par un professionnel. Mais voilà, ce dernier avait, c'est évident et normal, donné sa propre interprétation et les temps verbaux, par exemple, étaient différents...

Vous avez tellement raison, une machine se pose moins de questions que nous, si tant est qu'elle s'en pose;-)))

Écrit par : colette | 31/07/2016

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