30/01/2016

Mais l'espoir persistait / Pero persistía la esperanza

D'abord la lecture du “Convoi de l'eau” d'Akira Yoshimura. Emballée, j'ai voulu lire un autre titre de lui, “Naufrages”.
Ce roman (certains parlent de conte) m'a marquée, bien plus que le premier je crois; du moins j'y ai repensé, et y pense encore souvent. Peut-être est-ce dû au fait que je vis sur une île mais en pleine campagne (éléments omniprésents, mer et montagne), au rythme des saisons, du potager...
Couleur du ciel, de la mer, des feuilles d'arbres.
L'histoire en (très) bref. (vous trouverez un résumé plus détaillé sur le blog de Dominique, ici)
Un village isolé, extrêmement pauvre, entre la mer et la montagne; Isaku âgé de 9 ans, devient pour trois ans chef de famille et il va découvrir l'explication de secrets, de rites, il apprendra à pêcher, à survivre.
Roman dur, parfois cruel, loin des doux rites du thé, mais la forme simple, la beauté de l'écriture nous emportent...
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Primero leí “Le convoi de l'eau”(todavía no traducido al español) de Akira Yoshimura. Me encantó y quise seguir con este autor. “Naufragios” me ha marcado más que el primero; al menos seguí y sigo pensando en esta novela que algunos llaman cuento. Vivir al ritmo de las estaciones, de lo que proveen el mar y la montaña....y a veces algo más.
Color del cielo, del mar, de la hojas de los árboles.
La historia, en muy breve: Un pueblo aislado, extremadamente pobre, entre el mar y la montaña; Isaku se ve, con 9 años, nombrado para 3 años jefe de familia. Descubrirá la explicación de secretos, ritos, aprenderá a pescar, a sobrevivir.
Novela dura, a veces cruel, lejos de los ritos del té...
Aquí un largo extracto que no desvela la historia pero la sugiere.
 

En voici un long extrait qui ne dévoile pas l'histoire mais la suggère fort bien.

"Les sommets brillaient dans les rayons du soleil, mais sur un pic plus haut que les autres, on apercevait un peu de rouge délavé. Il avait plu deux jours de suite, si bien que la brume dissimulait le feuillage automnal.
Isaku regardait le pic.
C'est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s'étendre progressivement aux autres le long des crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d'une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchisait ensuite les profondes vallées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne derrière le village. À ce moment-là, d'habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain.
 
 
Miscanthus
 
Au village, l'automne était déjà bien avancé. Les épis des miscanthes étaient en fleur et on commençait à trouver les petits poulpes qui se rapprochaient de la côte à cette saison. Ils étaient délicieux et l'on pouvait les manger crus ou bouillis. Dans les maisons, les enfants les ouvraient en deux avant de les enfiler pour les suspendre entre deux poteaux afin de les faire sécher. 
 
 
 
Le rougeoiement des feuilles annonçait la saison de la pêche au poulpe et apportait l'espoir.
 
Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, des richesses insoupçonnées qui n’avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle.
Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."
 
 

 

"Las crestas resplandecían iluminadas por el sol poniente. Una de ellas, que destacaba por su altura, había adquirido un tenue color rojizo, como si algo la hubiera descolorido. Durante los dos días de lluvia, que había cubierto las crestas de niebla, las hojas de los árboles habían empezado a mudar de color.
Isaku contempló la cresta. Año tras año, los colores del otoño aparecía en primero en aquella cresta y se extendían progresivamente por todas las demás. Cada vez avanzaban más deprisa, como una avalancha que teñía de rojo las laderas de las montañas a medida que se precipitaba hacia abajo. Cruzaba los profundos valles y envolvía las colinas hasta alcanzar los bosques detrás de la aldea. Cuando llegaba ese momentos, las hojas de las crestas más lejanas ya no eran rojas sino amarillas.
En la aldea se respiraba un ambiente otoñal. Cuando crecieran las espigas de chamiza, empezaría la temporada de pesca de los pulpitos que se acercaban a la costa rocosa. Tenían un sabor delicioso, y se podían comer directamente crudos o hervidos. Los niños los abrían y los colgaban de una cuerda tendida entre dos postes para secarlos.
Después de la pesca del pulpo, las hojas se teñirían de rojo y los habitantes del pueblo presenciarían llenos de esperanza el cambio de color en las montañas.
 
Cuando las hojas se secaran y empezaran a caer, el mar empezaría a estar más alterado. Habría un par de días de calma y luego rugiría embravecido unos días más, y las olas llegarían incluso a salpicar los tejados de las casas. De vez en cuando, el mar encrespado traía regalos inesperados al pueblo. Dejaba riquezas incomparables que no se podían cultivar en los campos ni encontrar en la playa. Cuando eso ocurría, nadie tenía que venderse como esclavo a lo largo de los próximos años. La aldea raras veces tenía esa suerte, pero sus habitantes vivían con la esperanza de que sucediera. Las hojas rojas indicaban que se acercaba la época en la que el mar podía regalarles sus tesoros."

 

 

24/01/2016

Entre eux / Entre ellos

 

Bonne journée!
 
¡Qué tengáis un buen día!
 
 
Photo Colette, Nord de Mallorca
 

 

 
Le mur
il ne sait rien de la mer

La mer
elle ne sait rien du mur

Entre eux
le va-et-vient du vent
 
La pared
no sabe nada del mar

El mar
no sabe nada de la pared

Entre ellos
el vaivén del viento

(Trad, Colette) 
 
extrait de Komboloï, Werner Lambersy

16/01/2016

Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

 

Photo Colette, port de Valldemossa
 
 
 

 

Marine

Je t'ai vu, océan
je t'ai galopé
sur le dos d'un violon
de bois poli
d'un lutrin courbe
de couleur du cerisier
et tu étais, océan
un champ
d'herbe bleue
en mouvement.

Comme si tu étais
l'oubli même
je t'ai visité
océan
empereur des eaux
miroir profond du ciel
et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
des céréales bleues et des fleurs du silence.
(trad: Colette)
"El sueño oscuro" 1994
 
Photo Colette , miroirs de lune?
 
Marina

Blanca Andreu‏


Te he visto, océano
te he galopado
a lomos de un violín
de madera pulida
de un potro alabeado
del color del cerezo
y eras, océano
un prado
de hierba azul
en movimiento.

Como si fueras
el propio olvido
te he visitado
océano
emperador de las aguas
espejo profundo del cielo
y he visto en tus eternas barbas de espuma
cereales azules y flores del silencio.

"El sueño oscuro" 1994 

 

10/01/2016

Les pompons du catafalque / Los pompones del catafalco

Explorons encore le recueil de poètes belges, cette fois avec un homme aux multiples talents et activités.(clic sur son nom)
Seguimos con esa breve antología de poetas belgas, esta vez con un hombre de muchos talentos y actividades. ¡Era arquitecto, poeta, ensayista y crítico de arte y de arquitectura!
 
Pierre Puttemans 1936 - 2013, un poète surréaliste / un poeta surrealista
 
 
Ces deux courts textes, que vous qualifierez comme bon vous semble, m'ont fait monter le rire aux yeux.
Estos dos textos, que calificareis como queráis, me pusieron risa en los ojos.
 
 
Tartares
 
À l'exacte jonction des voûtes et du soleil, dans le parfum duveteux des prairies, les coureurs harassés reprennent le collier. Un beignet se gonfle au son du violoncelle, les couturières baissent les yeux à temps: voici l'athlète! Il se mouche bruyamment, le catafalque ébroue ses pompons, les chevaux s'abattent dans les abreuvoirs, le montgolfier monte au-dessus des bois...
 
Tártaros
 
En la exacta unión de las bóvedas y del sol, en el sedoso perfume de los prados, los corredores agotados vuelven al tajo. Un buñuelo se hincha al son del violonchelo, las costureras bajan los ojos a tiempo: ¡aquí está el atleta! Se suena ruidosamente, el catafalco sacude sus pompones, los caballos se desploman en los abrevaderos, el globo* se iza encima de los bosques...
(Trad: Colo) 
 
 
Paul Whitehead, surrealist painter and graphic designer
 
Beau comme
 
En pleine forêt dense, une machine à coudre de type manuel attend le passage de Geneviève. Mais l'hallali se rue à travers elle. Des cavaliers rougeauds ahanent vers la meute et s'arrêtent au bord du ravin. Là, dans le silence retrouvé, ils boivent enfin la bonne baf*, tandis que le plus vieux, à la machine à coudre, achève un coulis de feston.
 
Guapo como
 
En medio de un bosque denso, una máquina de coser de tipo manual espera el paso de Geneviève. Pero el “hallali” se precipita a través de ella. Jinetes rubicundos jadean hacia la jauría y se paran al borde del barranco. Allí, en el silencio recobrado, beben por fin la buena baf*, mientras el más viejo, en la máquina de coser, acaba un jugo de festón.
(Trad: Colo)
 
Paul Whitehead, pochettes de disques pour Genesis
 
 
* Montgolfière es un globo aerostático
 
*BAF, bière artisanale, cerveza artesanal 
 
* Hallali, grito de victoria en la caza al zorro, o la montería