16/01/2016

Sur le dos d'un violon / A lomos de un violín

Un poème surréaliste de la galicienne Blanca Andreu (La Coruña, 1959)

 

Photo Colette, port de Valldemossa
 
 
 

 

Marine

Je t'ai vu, océan
je t'ai galopé
sur le dos d'un violon
de bois poli
d'un lutrin courbe
de couleur du cerisier
et tu étais, océan
un champ
d'herbe bleue
en mouvement.

Comme si tu étais
l'oubli même
je t'ai visité
océan
empereur des eaux
miroir profond du ciel
et j'ai vu dans tes éternelles barbes d'écume
des céréales bleues et des fleurs du silence.
(trad: Colette)
"El sueño oscuro" 1994
 
Photo Colette , miroirs de lune?
 
Marina

Blanca Andreu‏


Te he visto, océano
te he galopado
a lomos de un violín
de madera pulida
de un potro alabeado
del color del cerezo
y eras, océano
un prado
de hierba azul
en movimiento.

Como si fueras
el propio olvido
te he visitado
océano
emperador de las aguas
espejo profundo del cielo
y he visto en tus eternas barbas de espuma
cereales azules y flores del silencio.

"El sueño oscuro" 1994 

 

Commentaires

Etonnant. Suggestif, rythmé, les formes du violon correspondent à la fois au mouvement de la cavalcade et à celui des vagues, des vagues d'herbe bleue que j'imagine ondulant au passage de cette étrange équipage.

Quel rythme, quelles images, quelles liens étranges eux aussi, comme visiter l'oubli.
Texte ébouriffant, votre traduction le rend bien.

Merci et bon dimanche Colette.
Ici, petite neige et gouache blanche sur les arbres. :-)

Écrit par : hommelibre | 17/01/2016

Vous voici bien inspiré par la mer, son rythme ce matin tôt!

Bien contente que ce poème - qui m'a emportée, en musique, sur les vagues - vous plaise aussi.

Passez une bonne journée; peindrez-vous ces arbres "gouachés"?

Écrit par : colette | 17/01/2016

Je n'ai pas de talent pour peindre, seuls mes yeux savent les voir comme une peinture...
Vous devrez les imaginer. Quelques peintres flamands ont su, eux, les peindre avec talent.

Écrit par : hommelibre | 17/01/2016

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