05/07/2014

Quitter, pas abandonner / Marcharse, no abandonar

Perdre quelque chose au large...partir, quitter; ce qu'on laisse là-bas restera en suspens, au dessus des mers .

 

Ce poème je l'ai lu il y a longtemps et depuis je crois n'avoir jamais trouvé de plus belle et exacte expression de ce vide. Silvia Baron Supervielle, dame que vous connaissez déjà si vous suivez ce blog.

 

Ce poème a été écrit par elle en français, je l'ai traduit en español (elle l'a peut-être fait elle-même, je l'ignore).
 

 

Perder algo en la lejanía...partir, marcharse; lo que se deja allá quedará en suspenso, encima de los mares.

 

Hace tiempo que leí ese poema y no creo haber encontrado después más bonita y exacta expresión de ese vacío. 
Silvia Baron Supervielle que ya conocéis si seguís este blog.
 

 


 

Partir no significa abandonar” 
 

 

 

 

Silvia Baron Supervielle

 

dans La distance de sable

 


dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue 



 

en La distancia de arena

 


en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida

 

(Trad: Colette)

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