08/02/2014

Véhémences

Vicente Huidobro (poète chilien)



(...)

Voilà la mer
La mer grande ouverte
Voilà la mer soudain brisée
Afin que l’œil voie le commencement du monde
Voilà la mer
D'une vague à l'autre il y a le temps de la vie
De ses vagues à mes yeux il y a la distance de la mort

(Trad: Colette)

 

(...)

He ahí el mar
El mar abierto de par en par
He ahí el mar quebrado de repente
Para que el ojo vea el comienzo del mundo
He ahí el mar
De una ola a la otra hay el tiempo de la vida
De sus olas a mis ojos hay la distancia de la muerte

  

     Monumento Al mar

De Últimos Poemas Póstumo, 1948

                            

 

La mer s'exprimait avec une véhémence angoissée, mais les hommes ne le comprenaient pas      

 

 
El Roto / El País 6/02/2014
 

 

 

Foto El País - Asturias 4/02/2014



03/02/2014

La peinture de Paul Klee en poème

Restons encore au Chili; cette fois avec un poète qui rejoignit à l'âge de 15 ans le groupe surréaliste chilien Mandrágora: Jorge Cáceres 1923-1949
La juxtaposition des mots a rendu la traduction fort aisée...une fois n'est pas coutume!
 
Nos quedamos en Chile; esta vez con un poeta que se unió a la edad de 15 años al grupo surrealista chileno Magrágora: Jorge Cáceres 1933-1949
 
 
P. Klee Plage
 
 

Paul Klee
 
Pour être complice du paysage qui bat à tout casser
Comme un feu bien alimenté haut les mains!
Les enfants sont coupables de leurs yeux verts sans fin
Ils ont dissipé le ciel en plein jour
Avec des rires enchanteurs
Avec des jeux qui ne sont plus innocents
Les nuages dans la baignoire le respect des anciens
Et les grands pièges des calculs précis.

Les plages sont gardées par des aveugles d'occasion
Le sens du tact dans l’œil des baigneurs
Et la courbe de la fièvre sur les grands rochers
Ils ont perdu leur temps au milieu de la côte
Sans un mot de récompense ils restent à leur poste
Sur la balance délicieuse du beau temps.

Le poulpe le loup le tapir l'hermine
Ne sont que le jeu de la mémoire
Mis en relief par l'échelle animale
Le visage dans le désert les mains en plein champ
Ont cassé l'anneau des balances.
 
(Trad: Colette)
 
L'être gris et la côte 1938
 
 
Paul Klee

Para ser cómplice del paisaje que bate a todo vuelo
Como un fuego bien alimentado arriba las manos!
Los niños son culpables de sus ojos verdes sin fin
Ellos han disipado el cielo en pleno día
Con sonrisas encantadoras
Con juegos que no son más inocentes
Las nubes dentro de la bañera el respeto a los mayores
Y las grandes trampas de los cálculos precisos.


Las playas están guardadas por ciegos de ocasión
El sentido del tacto en el ojo de las bañistas
Y la curva de la fiebre sobre las grandes rocas
Ellos han perdido su tiempo en plena costa
Sin una palabra de recompensa permanecen en sus puestos
Sobre la balanza deliciosa del buen tiempo.
 
El pulpo el lobo el tapir el armiño
No son más que el juego de la memoria
Puesto de relieve por la escala animal
El rostro en el desierto las manos en pleno campo
Han quebrado el anillo de las balanzas.