26/08/2013

Silences III / Silencios III

 Regarder par terre...Mirar al suelo



Le silence F. García Lorca

Écoute, mon fils, le silence.
C'est un silence ondulé,
un silence,
où glissent vallées et échos
et qui incline les fronts
vers le sol.
 
(Trad: Colette)
 
El silencio  F.García Lorca
 
Oye, hijo mío, el silencio.
Es un silencio ondulado,
un silencio,
donde resbalan valles y ecos
y que inclina las frentes
hacia el suelo. 
 
 
 
 

Après avoir beaucoup hésité, j'ai fini par aller voir la zone sinistrée. Certains endroits reverdiront vite, d'autres ne respirent que le silence: aucune cigale, pas un oiseau, odeur de feu et de tristesse.

Después de muchas dudas, acabé yendo a la zona siniestrada. Algunas partes reverdecerán pronto, otras no respiran más que el silencio: ni una cigarra, ni un pájaro, olor a fuego y a tristeza.

 



 

18/08/2013

Silences II / Silencios II

Une dame très cultivée, mélomane et poétesse, Tutú García Sidón est galicienne et vit actuellement à La Coruña.
Un prénom étrange Tutú? Oui, dit-elle, en riant, que voulez-vous, quand on s'appelle “Esclavitud”... (c'était le nom de sa grand-mère)
Sa poésie est généralement agréable et très simple ;  j'ai sélectionné cette “nana” (berceuse) pour ses quatre premiers vers.
Et aussi en souvenir de lointaines mais innombrables, inoubliables, nuits blanches à bercer mes enfants, à leur chantonner sur un ton de plus en plus énervé, épuisé...
 
Berthe Morisot
 
Una señora muy culta, melómana y poetisa, Tutú García Sidón es gallega y vive en A Coruña.
¿Un nombre extraño Tutú? Sí, dice riéndose, qué quiere cuando una se llama Esclavitud... (era el nombre de su abuela).
Su poesía es generalmente agradable y muy  simple; he seleccionado esta nana por sus cuatro primeros versos. 
Y también en recuerdo de lejanas pero innumerables, inolvidables, noches en vela meciendo a mis hijos, canturreándoles en un tono cada vez más nervioso, agotado...
 
Le silence se déchaussa
 
Le silence se déchaussa
et passa sur la pointe des pieds
très doucement, doucement
pour ne pas l'éveiller.
Mon enfant dort
dans son berceau d'argent,
posé et tranquille
entre des draps blancs.
 
La lune caresse
son petit visage rose,
les orangers en fleur
parfument la pièce.
Dors, ma vie,
un ange veille sur toi;
Dors et ne t'éveille pas
jusqu'à ce que pointe l'aube.
(Trad: Colette, Summer Watosn)
 
 
Se descalzó el silencio 
 Tutú García Sidón
 
Se descalzó el silencio
y pasó de puntillas
muy quedito, quedito
para no despertarle.
Es que duerme mi niño
en su cuna de plata,
reposado y tranquilo
entre sábanas blancas.
 
Le acaricia la luna
su carita rosada,
los naranjos en flor
le perfuman la estancia.
Duérmete, vida mía,
que te vela tu ángel;
Duerme y no te despiertes
hasta que se asome el alba.

 
Je suppose que beaucoup de berceuses parlent d'anges, mais la sachant mélomane, comment ne pas faire le lien avec ce poème de Lamartine, transposé en opéra dans cet air si connu: “ Berceuse de Jocelyn”?
 
Supongo que muchas nanas hablan de ángeles, pero sabiendo que es melómana, ¿cómo no pensar en el poema de Lamartine traspuesto en ópera por Godard en este refrán tan conocido?
 
Tant de sopranos et ténors l'ont chanté..que choisir? La version qui m'a le plus émue est celle de Summer Watson.
Lo han cantando multitud de sopranos, tenores...¿cuál elegir? La versión que más me emocionó es la de Summer Watson.

                                

Berceuse de Jocelyn

Poème de Lamartine et opéra de Benjamin Godard




    
Oh ne t'éveille pas encor
Pour qu'un bel ange de ton rêve
En déroulant son long fil d'or,
Enfant, permette qu'il s'achève.
Dors, dors, le jour à peine a lui.
Vierge Sainte, veillez sur lui.

Sous l'aile du Seigneur loin du bruit de la foule
Et comme un flot sacré qui doucement s'écoule
Nous avons vu les jours passer après les jours
Sans jamais nous lasser d'implorer son secours.

11/08/2013

Silences I / Silencios I

Je vous propose une série de courts poèmes sur le silence.  Le silence et les mots. Voici le premier.

Os propongo  una serie de poemas cortos sobre el silencio. El silencio y las palabras.

L'équilibre
  de Orfila Bardesio

Chaque fois que le silence
descend son escalier de pauses
vers des racines obscures,
les mots couronnent
glorieusement les tiges.
 
 (trad: Colette)
 
http://www.pxlshots.com/contest/378/stairs.html
 

El Equilibrio

de Orfila Bardesio


Cada vez que el silencio
desciende su escalera de pausas
hacia raíces oscuras,
las palabras coronan
gloriosamente los tallos.
 
 
 
NB: je n'ai rien trouvé en français sur elle, désolée. Poétesse uruguayenne, décédée en 1999, importante figure féminine de la poésie.

04/08/2013

Ode à l'été / Pablo Neruda / Oda al verano


L'été comme un tableau, au rythme particulier, si cher à Pablo Neruda.

El verano como un cuadro, al ritmo que Pablo Neruda tanto afeccionaba.



Ode à l'été Pablo Neruda
 
Été, violon rouge,
nuage clair,
un vrombissement
de scie
ou de cigale
te précède,
le ciel
voûté,
lisse, brillant comme
un œil,
et sous son regard,
 été,
poisson du ciel 
infini,
élytre mensonger,
paresseux
léthargie
petit ventre
d'abeille,
soleil endiablé,
soleil terrible et paternel,
suant
comme un bœuf au travail,
soleil sec
sur la tête
comme un inattendu
coup de gourdin
soleil de la soif
marchant
sur le sable,
été,
mer déserte,
le mineur
du soufre
se remplit
se remplit
de sueur jaune,
l'aviateur
parcourt
rayon par rayon
le soleil céleste,
sueur
noire
glisse
du front
aux yeux
dans la mine
de Lota,
le mineur
se frotte
le front
noir,
brûlent
les semailles,
crisse
le blé,
insectes
bleus
cherchent
ombre,
touchent
la fraîcheur,
submergent
la tête
dans un diamant.
 
Oh été
abondant,
charrette
de
pommes
mûres,
bouche
de fraise
dans la verdure, lèvres
de prune sauvage,
chemins
de légère poussière
sur la poussière,
midi,
tambour
de cuivre rouge,
et le soir
repose
le feu,
l'air
fait danser
le trèfle, entre
dans l'usine déserte
monte
une étoile
fraîche
dans le ciel
sombre,
crépite
sans brûler
la nuit
d'été.
 
(Trad: Colette)
 
Van Gogh, Été à Arles  
 
 
 
Oda al verano

Verano, violín rojo,
nube clara,
un zumbido
de sierra
o de cigarra
te precede,
el cielo
abovedado,
liso, luciente como
un ojo,
y bajo su mirada,
verano,
pez del cielo
infinito,
élitro lisonjero,
perezoso
letargo
barriguita
de abeja,
sol endiablado,
sol terrible y paterno,
sudoroso
como un buey trabajando,
sol seco
en la cabeza
como un inesperado
garrotazo,
sol de la sed
andando
por la arena,
verano,
mar desierto,
el minero
de azufre
se llena
se llena
de sudor amarillo,
el aviador
recorre
rayo a rayo
el sol celeste,
sudor
negro
resbala
de la frente
a los ojos
en la mina
de Lota,
el minero
se restriega
la frente
negra,
arden
las sementeras,
cruje
el trigo,
insectos
azules
buscan
sombra,
tocan
la frescura,
sumergen
la cabeza
en un diamante.

Oh verano
abundante,
carro
de
manzanas
maduras,
boca
de fresa
en la verdura, labios
de ciruela salvaje,
caminos
de suave polvo
encima del polvo,
mediodía,
tambor
de cobre rojo,
y en la tarde
descansa
el fuego,
el aire
hace bailar
el trébol, entra
en la usina desierta,
sube
una estrella
fresca
por el cielo
sombrío,
crepita
sin quemarse
la noche
del verano.