25/05/2013

La pluie ne ment pas / La lluvia no miente


Que les oiseaux ne se perdent pas derrière la mer (Extraits)

Que los pájaros no se pierdan detrás del mar (Extractos)

 

SONIA TIRANTI (Paraguay)

Llueve. En el antes, en la memoria del tiempo, queda escondida.

Ensucia los

pasos; sus pasos. Zurce los labios del viento, para no escuchar.

 

Il pleut. Dans l'avant, dans la mémoire du temps, elle reste cachée. 

 Elle salit les

pas; ses pas. Elle recoud les lèvres du vent, pour ne pas écouter.


  IV
 

Caminé, sobre el barro.

Tanto tiempo,

que el viento

cansado ya de mi respiración,

decidió besarme.

Je marchai, sur la boue.
 
Si longtemps,

que le vent

fatigué de ma respiration,

décida de m'embrasser.


.............


Bien que la pluie ait été ici partiellement évincée par de blancs nuages, voilà un extrait

pluvieux de: "De la pluie" de Martin Page.

ilustracion+lluvia+paraguas+agua+mujer+hombre[1].jpg



Page 15 :


« La pluie confirme mes sentiments. Certains amours ne lui ont pas résisté;

leurs couleurs mal fixées ont été délavées. La pluie agit tel le révélateur du

photographe qui, sous la lumière rouge, porte l’image à la vie. Elle achève la

cristallisation.


Parfois la pluie me permet d’être amoureux sans objet. Un jour, le sang

battant dans les tempes, le coeur tumescent, je révélai ma passion à un ami. Il

medemanda l’identité de ma dulcinée. Je répondis que je ne la connaissais pas

encore. Mais j’étais certain de son existence : la pluie ne ment pas. Pour un

temps, c’est une histoire sans disputes et sans jalousie, mais aussi sans baisers

et sans partage. Cet amour orphelin ne tarde pas à s’incarner. La pluie possède

une vertu prémonitoire; elle annonce la femme que j’aimerai comme le

suestados prévient de l’arrivée d’une tempête.


La pluie tombe comme nous tombons amoureux : en déjouant les prévisions. »


NB:

Le suestados est un vent fort qui souffle sur les côtes d'Amérique du sud et annonçant un cyclone, ai-je lu.


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                 Manga http://www.anime.com/You_Will_Fall_in_Love/
 

Aunque la lluvia haya parcialmente desaparecido, os he traducido dos

extractos, llenos de originalidad, de un libro de Martin Page:

 

De la lluvia

 

La lluvia confirma mis sentimientos. Algunos amores no le han resistido;

sus colores mal fijados se han aguado. La lluvia actúa tal el revelador del

fotógrafo que, bajo la luz roja, lleva la imagen a la vida. Termina la

cristalización.

A veces la lluvia me permite estar enamorado sin sujeto. Un día,

la sangre golpeando las sienes, el corazón henchido, desvelé mi pasión a

un amigo.Me preguntó el nombre de mi dulcinea. Le contesté que todavía

no lo conocía. Pero que estaba seguro de su existencia: la lluvia no miente.

Por un tiempo, es una historia sin peleas y sin celos, pero también sin

besos ni intercambio.

Ese amor huérfano no tarda en encarnarse. La lluvia posee une virtud

premonitoria; anuncia la mujer que querré como el suestados” avisa de

la llegada de una tempestad.

La lluvia cae como nos enamoramos: burlándose de las previsiones.”

(Trad: Colette)


 

05/05/2013

Ces mondes qui nous vivent / Esos mundos que nos viven

 

ALICIA GHIRAGOSSIAN              Ara Malikian
       Poétesse-Poetisa                                    Violoniste/a

 Tous deux d'origine arménienne
                      Ambos de origen armenio


 


Où te mène
le mot que tu lâches?

Quelle clef inventes-tu
juste au milieu
de ton regard? 
 
Comment suspends-tu
            ton visage
                   dans le sourire
et t'échappes-tu?

Que sais-tu
          des mondes              
              qui nous vivent
sans être à nous?

Quel souvenir as-tu
de chaque vie planétaire
dans le nombre de siècles
qui précèdent
toi moi d'aujourd'hui?

Qui crois-tu devenir
en franchissant le seuil
de ceux qui peuvent voir?

Les portes du mystère
n'ont pas de cadenas.

(Traduction: Colette)

 

 

¿Dónde te lleva
la palabra que sueltas? 


¿Qué clave inventas
en la mitad exacta                    
de tu mirada?  


¿Cómo suspendes                         
         tu rostro

               en la sonrisa
y te escapas?  


¿Qué sabes          
             de los mundos 
                      que nos viven
sin ser nuestros? 


¿Qué recuerdas
de cada vida planetaria
en el número de siglos
que preceden
tu yo de hoy?  


¿Quién crees que serás
atravesando el umbral
de los que pueden ver?  


Las puertas del misterio
no tienen candado.

 

"C'est une comète, un soleil, le beau temps de la poésie", écrivait d'elle Jacques Prévert.

 

Cette définition est si lumineuse et si vraie qu'elle rend vain tout commentaire. Nous nous contenterons donc de préciser qu'Alicia Ghiragossian est une comète qui brille dans le ciel argentin, mais qu'elle vient d'ailleurs.

 

En effet, née à Cordoba (Argentine), elle est, comme son nom l'indique, fille d'immigrants ayant quitté un pays pour beaucoup d'entre nous mystérieux et légendaire : l'Arménie. Ce qu'elle dit dans ses deux langues et qu'elle a un jour appelé "poésie métadimensionnelle" surgit dans les pages de ses recueils, en particulier : "Un jour cinq voix" (1966), "Pedro amour" (1969), "En temps en amour en paix" (1970), "Etre et ponctuation" (illustré par Picasso, 1972), "Orbite de deux" (1972), "Après les cendres" et "Lettre pour l'Arménie" (1972), "Expériences arméniennes" (1970).”

Claude Couffon

  

Pour en savoir plus sur elle, en anglais, espagnol ou arménien, ici: http://www.poetalicia.com/espanol/resume.html

 

Podréis encontrar todo sobre si vida, su obra aquí: http://www.poetalicia.com/espanol/resume.html