06/04/2013

Douleurs et ombres / Rosalía de Castro / Dolores y sombras

Rosalia de Castro est née en 1837 en Galice, à Saint Jacques de Compostelle de “parents inconnus”. Pas si inconnus que ça, mais sa mère, fille-mère comme on disait à l'époque, n'osa pas la déclarer et son père, un prêtre, ne put pas le faire. Pas facile en effet, ni alors (sacrilège), ni aujourd'hui.
Pendant les cinq premières années de sa vie elle fut élevée par des soeurs de son père. Mais après, sa mère, affrontant la société, décida de l'éduquer elle-même.
Un lien très étroit se crée alors entre la mère et la fille. Rosalía ne reprochera jamais à sa mère de l'avoir abandonnée et a pour elle un amour sans borne, admire son courage.
Rosalía reçoit une éducation sommaire dans la campagne de Galice.

Rosalía de Castro nació en 1837 en Galicia, Santiago de Compostela, de “padres desconocidos”. No tan desconocidos pero su madre, madre soltera, no se atrevió a declararla y su padre, un sacerdote, no pudo. No era fácil, ni entonces (sacrilegio) ni ahora tal vez.
Durante los cinco primeros años de su vida fue criada por unas hermanas de su padre. Pero después, enfrentándose a la sociedad, su madre decidió educarla ella misma.
Un lazo muy estrecho se estableció entre madre e hija y Rosalía nunca le reprochó su abandono a su madre, la adora, admira.
Su educación escolar fue básica, en el campo gallego.



À 19 ans elle part à Madrid, écrit la première série de Poèmes Flores, en espagnol, d'inspiration romantique. Puis elle rencontre et se marie avec le journaliste et intellectuel connu Manuel Martínez Murguía qui l'introduit dans le monde, l'encourage à écrire, à publier. Elle écrira en galicien.
Deux malheurs successifs, la mort de sa mère adorée et celle d'un enfant d'un an, la plongent dans une douleur immense. Elle écrira des poèmes déchirants. 

A los 19 años se marcha a Madrid, escribe su primera serie de poemas Flores, en español, de inspiración romántica. Luego encuentra y se casa con el periodista e intelectual Manuel Martínez Murguía que la introduce en el mundo, la anima a escribir, a publicar.
Dos desgracias sucesivas, la muerte de su madre querida y la de un hijo de un año la sumergen en un inmenso dolor. Escribe varios poemas desgarradores.
 
Pour aujourd'hui nous en resterons là de sa vie, nous en savons assez pour comprendre le poème que j'ai choisi.
La mort déguisée en ombre noire, omniprésente.
Ce poème est devenu une des chansons les plus emblématiques de la musique galicienne car le musicien Xoán Montés Capón (1840) a uni mots et musique.
Luz Casals, Carlos Nuñoz, deux grands artistes pour interpréter ce poème-chanson en galicien.

Llegados a este punto de su vida, nos pararemos, sabemos bastante para entender el poema que elegí.
La muerte disfrazada de sombra negra, omnipresente.
Este poema se ha convertido en una de las canciones más emblemáticas gallegas ya que el músico  Xoán Montés Capón (1840) unió palabras y música.

 



Voici le poème en espagnol et ma traduction en français. 

Negra sombra Rosalía de Castro

 

 

Cuando pienso que te fuiste,
negra sombra que me asombras,
a los pies de mis cabezales,
tornas haciéndome mofa.

 

Quand je pense que tu es partie,
ombre noire qui m'inquiètes,
à mon chevet,
tu reviens te moquer de moi.

 

Cuando imagino que te has ido,
en el mismo sol te me muestras,
y eres la estrella que brilla,
y eres el viento que zumba.

 

Quand j'imagine que tu t'en es allée,
en plein soleil tu te montres,
et tu es l'étoile qui brille,
et tu es le vent qui bruit.

 

 
Si cantan, eres tú que cantas,
si lloran, eres tú que lloras,
y eres el murmullo del río
y eres la noche y eres la aurora.

 

S'ils chantent, c'est toi qui chantes,
s'ils pleurent, c'est toi qui pleures,
et tu es le murmure du ruisseau,
et tu es la nuit et l'aurore.

 

En todo estás y tú eres todo,
para mí y en mi misma moras,
ni me abandonarás nunca
sombra que siempre me asombras.

 

Tu es en tout et tu es tout,
pour moi et en moi tu vis,
jamais tu ne m'abandonneras
ombre qui toujours m'inquiètes.  

 

 (Trad en français: Colette)

 

 

 

Commentaires

La poésie et l'écriture en général permettent de dépasser l'oubli et la mort.
Ce poème et la chanson en sont bien la preuve. Ils gardent le souvenir de la disparue, mais également celle de Rosalìa elle-même.
Une photo, c'est bien, mais la parole est encore plus vivante, même écrite.
Votre brève biographie donne de la profondeur à ce poème d'une femme pour nous inconnue.
Elle est certainement familière aux hispanophones et aux galiciens en particulier.
Rien de tel qu'une chanson pour entrer dans la vie des gens.
Merci de nous faire connaître Rosalìa de Castro, dont les paroles n'ont pas pris une ride, en plus de 150 ans.

Écrit par : Calendula | 07/04/2013

Bonjour Calendula, étonnamment moderne, tout à fait!
Elle est connue ici, une des seules femmes avec Santa Teresa de Avila, à avoir survécu à L'Histoire, au temps. Elle a été une pionnière dans le sens où le galicien, la langue, était méprisé dans la littérature, c'était la langue du peuple, des paysans, vous voyez?

Ce poème nous parle, bien sûr, ces disparus que nous avons tous et qui parfois, au hasard d'une couleur, d'une musique, d'un paysage...réapparaissent soudain.

Belle journée Calendula, gris et morose le ciel ici ce matin.

Écrit par : colette | 07/04/2013

Très très beau chère Colette. Vos choix ont quelque chose d'émouvant. Bonne fin de dimanche

Écrit par : Francis GRUZELLE | 07/04/2013

Bonsoir Colette,

Vous lire, c'est voyager...

Bonne nuit!

Écrit par : hommelibre | 07/04/2013

Merci Francis, si l'émotion passe, le but est atteint; ce qui n'est pas toujours le cas en poésie, surtout en traduction.
Belle semaine à vous.

Écrit par : colette | 08/04/2013

Bonjour Homme Libre, voyager dans le temps et dans l'espace, en mots et en musique.
L'esprit permet ces escapades!
Bonne semaine à vous. Hier matin les montagnes étaient blanches: stupeur!

Écrit par : colette | 08/04/2013

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