02/02/2013

Un "voyage enchanteur" / Un "viaje encantador"

Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”
 
 
 
Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom.
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escritor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.
 
 
Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.
 
 
 
 
 
Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.
 
Trouverez-vous chez un bouquiniste cette balade hollandaise? Est-il réédité?
Je vous le souhaite.

NB: Il existe sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter: http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=...



Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken


Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

Les commentaires sont fermés.