16/06/2012

Lettre où Lorca parle de Dalí / Carta donde Lorca habla de Dalí

Beaucoup d'encre a coulé sur la relation amicalo-amoureuse qui exista entre F.G. Lorca et S.Dalí.
Aujourd'hui je vous propose une lettre écrite par Lorca en 1927 au journaliste et critique d'Art Sebastian Gasch. Elle apporte un éclairage intéressant sur le personnage de Dalí vu par Lorca.
Mucho se ha escrito sobre la relación amistosa-amorosa entre F.G. Lorca y S. Dalí.
Hoy os propongo una carta escrita por Lorca en 1927 al periodista y crítico de Arte Sebastian Gasch.
Aporta una luz interesante sobre Dalí visto por Lorca.

« Je sens chaque jour un peu plus le talent de Dalí. Il me semble unique et possède une sérénité et une clarté de jugement dans ses idées qui me semblent réellement émouvantes. Il se trompe et ça n'a pas d'importance. Il est vivant. Son intelligence très fine va de pair avec un infantilisme déconcertant, formant un mélange si insolite qu'il est absolument original et captivant. Ce qui m'émeut le plus en lui en ce moment est son délire de construction (c'est à dire de création), où il prétend créer à partir du rien, et il fait des efforts et il se lance dans des rafales avec tant de foi et d'intensité que cela semble incroyable. Rien de plus dramatique que cette objectivité et cette recherche de la joie pour la joie elle-même. (…)
Dalí est l' homme qui lutte armé d'une hache dorée contre les fantasmes. (...) »

« Yo siento cada día más el talento de Dalí. Me parece único y posee una serenidad y una claridad de juicio para lo que piensa que es verdaderamente emocionante. Se equivoca y no importa. Está vivo. Su inteligencia agudísima se une a su infantilidad desconcertante. En una mezcla tan insólita que es absolutamente original y cautivadora. Lo que más me conmueve en él ahora es su delirio de construcción (es decir, de creación), en donde pretende crear de la nada y hace unos esfuerzos y se lanza a unas ráfagas con tanta fe y tanta intensidad que parece increíble. Nada más dramático que esta objetividad y esta busca de alegría por la alegría misma. (…)
Dalí es el hombre que lucha con hacha contra los fantasmas. (..)"
(Trad. Colo)

Parmi leurs multiples oeuvres, la présence de l'autre est fréquente.
Ainsi sur ce tableau de Dalí, leurs deux têtes emmêlées.
Entre sus múltiples obras, la presencia del otro es frecuente.
Así en este cuadro sus cabezas enredadas.

LORCA + Dali cabezas19.1.jpg

Puis cette ode de Lorca, traduite par Paul Éluard et adressée à Dalí.
Después esa oda dedicada por Lorca a Dalí.

Ode a Salvador Dalí. (extrait)

Ô Salvador Dalí à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
Mais je chante la parfaite direction de tes flèches.

Je chante ton bel effort de lumières catalanes
Et ton amour pour tout ce qui explicable.
Je chante ton cœur astronomique et tendre,
Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans blessure.

Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
La peur de l’émotion qui t’attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui te chante,
Montée sur une bicyclette de coraux et de coquillages.

Mais avant tout je chante une pensée commune
Qui nous unit aux heures obscures et dorées.
L’art, sa lumière ne gâche pas nos yeux.
C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous aveuglent.
Traduction Paul Éluard 1938
(Pour lire le poème en entier:
20101122085834-lorca-dali-257423s.jpg


Oda a Salvador Dali (extracto)

¡Oh Salvador Dalí de voz aceitunada!
Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros.
No alabo tu imperfecto pincel adolescente,
pero canto la firme dirección de tus flechas.

Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas,
tu amor a lo que tiene explicación posible.
Canto tu corazón astronómico y tierno,
de baraja francesa y sin ninguna herida.

Canto el ansia de estatua que persigues sin tregua
el miedo a la emoción que te aguarda en la calle.
Canto la sirenita de la mar que te canta
montada en bicicleta de corales y conchas.

Pero ante todo canto un común pensamiento
que nos une en las horas oscuras y doradas.
No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.
Es primero el amor, la amistad o la esgrima.

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