29/10/2011

Questions / Preguntas

Mario Benedetti, (Paso de los Toros, 1920 - Montevideo, 2009) Écrivain et poète uruguayen, le plus renommé de la seconde moitié du XXº siècle. Vous avez peut-être lu La Trêve….

(biografía aquí)

"C'est quand on croit posséder toutes les réponses, qu'on s'aperçoit qu'on a changé les questions", plaisantait-il.

« Es cuando uno cree tener todas las respuestas que se da cuenta que han cambiado las preguntas » bromeaba.

Je connaissais bien sa poésie et avais décidé de publier aujourd’hui son « Qu’arriverait-il ? » si fort et intemporel, quand j’ai découvert qu’il avait écrit beaucoup de haïkus, en voici deux avant ce poème.

Ya conocía su poesía y había decidido publicar hoy “¿Qué pasaría?”, tan fuerte e intemporal, cuando descubrí que había escrito muchos haïkus; aquí van dos de ellos antes del poema.


Pasan las nubes                          
 IMG_5320 [].JPG

y el cielo queda limpio               

de toda culpa                               

Passent les nuages

et le ciel devient clair

de toute faute



Jardines Alfabia 032.jpgDrama cromático                        

el verde es un color                     

que no madura 

 

 Drame chromatique

le vert est une couleur

qui ne mûrit pas (Trad- Colette)

 

 

Qu'arriverait-il ?

Qu'arriverait-il si nous nous réveillions un jour
en réalisant que nous sommes la majorité ?
Qu'arriverait-il si tout à coup une injustice,
une seule, était rejetée par tous,
tous autant que nous sommes, pas quelques-uns,
ni certains, mais tous ?
Qu'arriverait-il si au lieu de rester divisés
nous nous multipliions, nous nous additionnions,
et affaiblissions l'ennemi qui interrompt nos pas ?

 

Qu'arriverait-il si nous nous organisions
et si nous affrontions nos oppresseurs sans armes,
silencieux, nombreux,
regardant par millions la face de nos oppresseurs,
sans vivats, sans applaudissements,
sans sourires, sans tapes sur l'épaule,
sans hymnes partisans,
sans cantiques ?

 

Qu'arriverait-il si j’implorais pour toi, qui es si loin,
et toi pour moi, qui suis si loin,
et nous deux pour les autres, qui sont très loin,
et les autres pour nous, qui sommes si loin ?
Qu'arriverait-il si les cris d'un continent
étaient les cris de tous les continents ?
Qu'arriverait-il si nous nous prenions en main
au lieu de nous lamenter ?
Qu'arriverait-il si nous brisions les frontières
et que nous avancions et avancions,
et avancions, et avancions encore ?

 

Qu'arriverait-il si nous brûlions tous les drapeaux
pour n'en avoir qu'un seul, le nôtre,
celui de tous, ou mieux aucun,

car nous n’en avons nul besoin ?
Qu'arriverait-il si nous cessions brusquement d'être des patriotes
pour devenir des humains ?
Je ne sais pas. Je me le demande.
Qu'arriverait-il ?

Mario Benedetti

Traduction proposée par Lieucommun .

Je m’en suis largement inspirée, mais y ai apporté quelques modifications.

¿Qué pasaría?

¿Qué pasaría si un día despertamos
dándonos cuenta de que somos mayoría?
¿Qué pasaría si de pronto una injusticia,
sólo una, es repudiada por todos,
todos que somos todos, no unos,
no algunos, sino todos?
¿Qué pasaría si en vez de seguir divididos
nos multiplicamos, nos sumamos
restamos al enemigo que interrumpe nuestro paso,

Qué pasaría si nos organizáramos
y al mismo tiempo enfrentáramos sin armas,
en silencio, en multitudes,
en millones de miradas la cara de los opresores,
sin vivas, sin aplausos,
sin sonrisas, sin palmadas en ¡os hombros,
sin cánticos partidistas,
sin cánticos?

¿Qué pasaría si yo pidiese por vos que estás tan lejos
y vos por mí que estoy tan lejos,
y ambos por los otros que están muy lejos,
y los otros por nosotros aunque estemos lejos?

Commentaires

Ah, j'y viens quand-même. J'hésitais à répondre, étant à peu près sûr de ne pas trouver les bons mots. Parce que que le texte est beau, forcément beau et inspirant, appelant. Le genre de texte qui repositionne les le coeur et la tête en direction de l'amour.

Mais, mais... mais...

Mais ensuite, quand le drapeau sera brûlé, les frontières abolie: qui prendra quelle place? Qui fera à manger? Qui reproduira en premier les mécanismes que le mouvement temporaire si bien écrit par Mario Benedetti n'aura tempérés qu'un moment?


Voilà, je n'ai pas dit le dixième de ce que j'aurais voulu, mais je cale là. Tant pis. Je laisse tel que.

Bien à vous, Colette.

Écrit par : hommelibre | 04/12/2011

Oups... sorry pour les fautes... :-)

Écrit par : hommelibre | 04/12/2011

Bonsoir Homme Libre,

Si les facteurs de progrès et de bien-être ne sont dus qu'à la compétition, alors vous avez raison.

Mais...mais.

On pourrait bien sûr s'étendre très longuement sur le sujet, mais ce serait plus plaisant avec un bon café et des "Suspiros", non?

Bien à vous.

Écrit par : colette | 04/12/2011

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