24/09/2011

Animaux en balade / Animales de paseo

Puigpunyent 003.jpgMon village est mince : une seule rue, très longue et en pente, comme un trait d’union isolé entre la montagne et la plaine. Pas de place centrale car il n’existe pas de centre ; l’église se trouve tout en bas, le couvent abandonné tout en haut.

Serait-ce parce que l’église n’est pas au milieu du village que nous nous y sentons si bien ?

A part le bar ou le centre sportif, il offre peu de distractions, alors tout le monde se balade, surtout en fin d’après-midi, vers 19-20h.

Enfants, vélos, adultes, vieux, chiens, poussettes se croisent, se saluent tous. « Adeu !  Adeu ! ».*

 

Mi pueblo es delgado: una única calle, muy larga y empinada, como un guión aislado entre la montaña y la llanura. No hay plaza central ya que no existe ningún centro; la iglesia está abajo del todo, el convento abandonado arriba del todo.

¿Será porque la iglesia no está en medio del pueblo que estamos aquí tan a gusto?

Excepto el bar y el polideportivo, ofrece pocas distracciones y por lo tanto todo el mundo se pasea, sobre todo por la tarde.

Niños, bicicletas, adultos, viejos, perros, cochecitos de bebés se cruzan, se saludan todos: “Adeu! Adeu!”

 

Rencontre fortuite hier avec un jeune vétérinaire,  allergique aux poils de chiens et de chats, qui promène en laisse  son petit cochon vietnamien.

 « Faut voir la tête des gens âgés » me dit-il hilare, « éberlués, il rajustent leurs lunettes en s’exclamant : Mem, això no és un ca, és un porc ! » *

 

Encuentro fortuito ayer con un joven veterinario, alérgico a los pelos de perros y gatos y que pasea con una correa su pequeño cerdo vietnamita.

“Hay que ver la cara que pone la gente mayor” me dice riéndose, “alucinados, ajustan sus gafas y exclaman: Mem, això no és un ca, es un porc!”

**Majorquin : - Adios, cette façon de se saluer est curieuse et intéressante, non ?

                       -  Voyons, ce n’est pas un chien, c’est un cochon !

 

Les alentours se prêtent aux promenades de tous genres, la mer exceptée : si elle n’est pas loin à vol d’oiseau, rien n’est loin ici,  elle est derrière la montagne.

La lumière est si belle en ce moment…

Plumeros 001.jpg

 

Vous connaissez peut-être ce délicieux roman poétique « Platero et moi » de Juan Ramón Jimenez, je lui dédierai mon prochain billet, mais aujourd’hui voici un poème de cet ex prix Nobel, si sensible aux charmes de la nature.

 

Los alrededores se prestan a  paseos de todo tipo, exceptuando el mar: aunque está cerca a vuelo de pájaro, nada queda lejos aquí, está detrás de la montaña.

La luz es tan bella en este momento.

 

Conocéis sin duda  la novela deliciosamente poética “Platero y yo” de J. R. Jiménez, le dedicaré mi próxima nota, pero hoy un poema de ese ex premio Nóbel, tan sensible a los encantos de la naturaleza.

 

 

Jardín    J. R. Jimenez

Yo no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

El río se lleva, mientras,
la realidad de esta tarde,
a mares sin esperanza.

Miro al oriente, al poniente,
miro al sur y miro al norte.

Toda la verdad dorada
que cercaba al alma mía,
cual con un cielo completo,
se cae, partida y falsa.

Y no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

 

Je ne sais comment sauter

de la rive d’aujourd’hui

à la rive de demain.

 

Tandis que la rivière emporte

la réalité de ce soir,

à des mers sans espoir.

 

30 enero 2010 005.jpgJe regarde à l’orient, au couchant,

je regarde au sud, je regarde au nord.

 

Toute la vérité dorée

qui cernait mon âme,

qui, avec un ciel entier,

tombe, brisée et fausse.

 

Je ne sais comment sauter

de la rive d’aujourd’hui

à la rive de demain.

 

 

 

 

 

Photos et traductions: Colette

 

 

 

17/09/2011

Contes de Supervielle / Cuentos de Supervielle

J’ignore ce qui m’a poussée à glisser, au dernier moment, « L’enfant de la haute mer » de Supervielle dans mon sac rouge. Oui, je devais l’avoir lu il y a longtemps, mais aucun souvenir précis ; alors la mer peut-être, mais aussi son poids plume.

Des huit contes, ce sont le premier (qui a donné son titre au recueil publié en 1931) et le dernier, « La piste et la mare » qui m’ont enchantée, pas seulement par leurs histoires, mais plutôt par l’imagination et l’immense originalité dans l’agencement des mots.

Ignoro lo que me empujó a introducir, en el último momento, “La niña de alta mar” de Supervielle en mi bolsa roja. Debía haberlo leído hace mucho tiempo, pero no tenía ningún recuerdo preciso; tal vez el mar, o su peso ligero.

De los ocho cuentos, son el primero (que le dio su título a la recopilación publicado en 1931) y el último, “La pista y la charca” los que me han encantado, no sólo por sus historias, sino más bien por la imaginación y la inmensa originalidad en la disposición de las palabras.

 

Extrait de « L’enfant de la haute mer ». La fillette a 12 ans.

 

 - Elle n’était pas très jolie à cause de ses dents un peu écartées, de son nez un peu trop retroussé, mais elle avait quelques taches de douceur, je veux dire de rousseur. Et sa petite personne commandée par des yeux gris, modestes mais très lumineux, vous faisait passer dans le corps, jusqu’à l’âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps.

 

« …vous faisait passer, jusqu’à l’âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps. »  Que ne donnerais-je, moi, pour avoir écrit cette phrase ?

 

Extracto de « La niña de alta mar ». La chica tiene 12 años.

 

- No era muy guapa por culpa de sus dientes algo separados, de su nariz demasiado respingona, pero tenía algunas pecas muy dulces. Y su personita guiada por unos ojos grises, modestos pero muy luminosos, os hacía pasar por el cuerpo, hasta el alma, una gran sorpresa que llegaba desde tiempos remotos.

 

“…os hacía pasar por el cuerpo, hasta el alma, una gran sorpresa que llegaba desde tiempos remotos.” ¿Qué no daría yo por haber escrito esa frase?

Costa Suroeste Mallorca.jpg

 

 Trois extraits de « La piste et la mare »

- Florisbela approuva. Le marchand eût voulu faire de même tout de suite, mais n’entendant pas bien l’espagnol, il ne comprit le sens de cette phrase qu’au bout de quelques secondes après avoir confronté secrètement les mots dans le fond de son oreille.

 

- La viande cuite, le fermier et les siens s’assirent à table, et dans un coin, le Turc aux pieds propres, osseux et tristes. (Quand le visage est obligé de sourire pour des besoins professionnels, il faut bien que notre humaine tristesse se réfugie quelque part.)

 

- Le Turc commençait à sentir sa fatigue. Une pensée, flèche perdue, par qui lancée ?, lui traversa l’esprit.

 

Tres extractos de « La pista y el charco »

 

- Florisbela asintió. Al mercante le hubiera gustado hacer lo mismo enseguida, pero al no entender bien el español, sólo comprendió el sentido de esa frase unos segundos después de haber secretamente confrontado las palabras en el fondo de su oído.

 

- Una vez la carne hecha, el granjero y los suyos se sentaron en la mesa, y en un rincón, el Turco de los pies limpios, huesudos y tristes. (Cuando la cara está obligada a sonreír por motivos profesionales, nuestra humana tristeza necesita refugiarse en alguna parte.)

 

- El Turco empezó a sentir su fatiga. Un pensamiento, una flecha perdida, ¿por quién lanzada?, le cruzó la mente.

 

Traductions: Colette

Photo Côte Mallorca, Israel Pampín

06/09/2011

Espoir de fraîcheur / Esperanza de fresco

 

 Septembre ; l’espoir de fraîcheur approche. Mais ce n’est encore qu’un espoir.

Septiembre; se acerca la esperanza de fresco. Pero aún sólo es una esperanza.

 

 Pour me consoler je me suis mise à relire des extraits de deux romans où, je m’en souvenais fort bien, la chaleur était plus suffocante, plus trempée qu’ici.

Para consolarme volví a leer unos extractos de dos novelas donde, me acordaba perfectamente, el calor era más sofocante, más remojado que aquí.

 

“Elle se leva et se dirigea vers le rafraîchisseur à bouteilles. L’épuisement régnait en maître ici, se dit Morgan en essuyant  une goutte de sueur sur son front. Il savait que sa chemise bleu pâle, propre du matin, avait maintenant deux taches bleu foncé grandes comme des soucoupes sous les aisselles et peut-être quelques zébrures sur son épine dorsale. Il aurait dû en mettre une blanche, râla-t-il, de quoi aurait-il l’air en accueillant la fille des Fanshawe avec la dégaine de « celui-qui-n’emploie-pas-de- deódorant »dans une pub de cinéma. Il lui faudrait carrément garder les bras collés le long du corps. »

William Boyd, Un anglais sous les tropiques.

                                   Bañalbufar 010.jpg

“El calor es sofocante en la pieza cerrada. Se oye el zumbido del sol por las calles, pero nada más. El aire es estancado, concreto; se siente la impresión de que podría torcérsele como una lámina de acero.”

G. García Márquez. La hojarasca.

“La chaleur est suffocante dans la pièce fermée. On entend le vrombissement du soleil dans les rues, mais rien d’autre. L’air est stagnant, concret ; on a l’impression de pouvoir le tordre comme une lame d’acier. »

G. García Márquez. Des feuilles dans la bourrasque (Traduction Colette)

 

Me voilà un peu plus fraîche ; peut-être même la température ne dépassera-t-elle pas les 30º aujourd’hui.

Une belle énergie renaîtra, je ne fuirai plus ta peau la nuit prochaine.

Peut-être.

Heme aquí algo más fresca; tal vez la temperatura no pase hoy de los 30º, renazca una sana energía, no huya de tu piel la próxima noche.

Tal vez.

 

01/09/2011

Jamais contente / Nunca contenta

 

 

JAMAIS CONTENTE (1949) NORGE

 

Dans le vent, la rose a soif,

Dans la main, la rose a froid,Un rose de sable du temps.JPG

Dans la nuit, la rose a faim,

Dans le jour, la rose a peur.

Sur le sein, la rose est bien.

Sur le sein, la rose meurt.

 

NUNCA CONTENTA

 

En el viento, la rosa tiene sed,

El la mano, la rosa tiene frío,

De noche, la rosa tiene hambre,

De día, la rosa tiene miedo.

Sobre un pecho, la rosa está bien.

Sobre un pecho, la rosa muere.

 

 

Roses de sables, roses des vents...voici une rose-rumba au rythme endiablé:

 

 

 

 

 

 

 

Et cette délicieuse recette de gelée de rose de Veb:

 

GELEEROSE.jpg

 

C'est avec plaisir que j’ajouterai à ce billet tout envoi relatif à la rose, grognonne ou pas....

Con mucho gusto añadiré a esta nota cualquier envio realtivo a la rosa, gruñoña o no....

 

MERCI HOMME LIBRE POUR CET AJOUT MUSICAL SI DOUX.


 

 

 

À VOTRE SANTÉ ACRATOPÈGE!

 

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