05/03/2011

Poésie dans la cuisine / Poesía en la cocina

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J'ignore comment sont, ailleurs, les cuisines des femmes d'un certain âge ; ici celles de la Encarna, de la Valeriana ou de la Francisca sont de véritables bazars, des mines de trésors qui pourraient faire l'objet d'une thèse de sociologie.

« Je pense que celui qui ne s'est pas assis un jour dans l'une de ces cuisines ne peut connaître l'essence du pays ». Car ces dames gardent tout, recyclent tout, littéralement. Dans quelques mètres carrés.

Les enfants ou les petits enfants leur offrent une cafetière électrique, une série de tupperware, un appareil à écraser l'ail ? Elles remercient chaleureusement, font semblant d'en avoir compris le fonctionnement et, sitôt partis, elles les recouvrent d'un chapeau en crochet (pour la poussière), et continuent à employer leurs vieux ustensiles. Elles sont heureuses de découper par le milieu un tetrabrik de lait, d'employer le bas pour y conserver une ration de nourriture et le haut comme couvercle... pas besoin de salir un tupper. La vieille petite cafetière qu'elles mettent sur le feu, bien sûr la poignée est cassée mais elles savent s'en servir sans se brûler, et puis c'est juste la bonne mesure...Et, enfin, rien ne peut remplacer leur vieux mortier en bois imprégné du goût d'ail !

 

Ignoro cómo son, en otras partes, las cocinas de las mujeres de cierta edad; aquí las de la Encarna, la Valeriana o de la Francisca son verdaderos bazares, minas de oro que podrían ser el objeto de una tesis de sociología. "Pienso que quien no se haya sentado a hablar alguna vez en una de estas cocinas no está capacitado para conocer la esencia del país".

Porque esas señoras lo guardan todo, lo reciclan todo, literalmente. En unos metros cuadrados.

¿Sus hijos o nietos les regalan una cafetera eléctrica, una serie de tupperware, un aparato para machacar el ajo? Les dan las gracias con mucho amor, hacen como que han entendido el funcionamiento y, nada mas marcharse ellos, los tapan con un sombrero de ganchillo (para el polvo), y siguen utilizando sus viejos utensilios.

Son felices al cortar por la mitad un tetrabrik de leche y usar la parte baja para conservar una ración de comida y la otra de tapadera... ¿para qué ensuciar un tupper? La vieja cafetera que ponen en el fuego, bien es verdad que el mango está roto, pero ellas saben usarla sin quemarse, y además es justo la medida que toca...Y, por fin, ¡nada puede reemplazar su viejo mortero impregnado de sabor a ajo!

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Dans la réserve il y a évidemment des bocaux en prévision des conserves, mais aussi une boîte remplie de bougies d'anniversaire mi-consumées, une autre avec des bouchons de bouteille, des élastiques récupérés sur les bottes de poireaux, un sac en plastique avec le pain dur -elles en feront de la chapelure-, de jolis essuie-main de cuisine qui  sont trop beaux pour les salir, leur téléphone portable à côté d'une liste des numéros d'urgence, une boîte encore avec des photos de tous, les annonces de mariage et de décès...un vrai bazar dont elles sont fières.

 

En la despensa hay por supuesto tarros de cristal para hacer conservas, pero también una caja llena de velas de cumpleaños medio gastadas, otra con corchos de botellas, gomas elásticas recuperadas de los manojos de puerros, una bolsa de plástico con el pan seco, - ellas lo rallarán-, bonitos trapos de cocina demasiado bonitos para mancharlos, su móvil al lado de una lista de números de urgencia, una caja con fotos de todos, anuncios de bodas y de fallecimientos.....un verdadero bazar del cual están orgullosas.

 

Elvira Lindo pensait que ce genre de cuisine n'existait que dans des coins de la Méditerranée jusqu'à ce qu'elle voit POETRY, le magnifique film du coréen Lee CHAN-dong. « Il y avait longtemps que je ne voyais un film qui m'émeuve tant. Les villes occidentales se sont remplies ces dernières années de restaurants exotiques et nous avons pensé, erronément, qu'à travers eux nous connaissions la Chine, la Corée, le Vietnam ou ces pays arabes qui nous montrent en ce moment des désirs si pareils aux nôtres. ( ...) La cuisine de la grand-mère qu'interprète l'actrice Yoon Jeong-Hee ressemble à la cuisine de nos grand-mères » (...).

«Elle (la grand-mère) ne sait pas que la poésie de sa vie, plus que dans les feuilles de l'arbre ou dans la brise, est dans la cuisine, si puissamment sienne et nôtre aussi» (...).

 

Elvira Lindo pensaba que este tipo de cocinas sólo existía en algunos rincones del Mediterráneo hasta que vio POETRY,  la magnífica película del coreano Lee Chan-dong. "Hacía tiempo que no veía una película que me conmoviera así. Las ciudades occidentales se nos han ido llenando en los últimos años de restaurantes exóticos y hemos pensado, ilusos, que a través de ellos conocíamos China, Corea, Vietnam o esos países árabes que ahora nos muestran anhelos tan similares a los nuestros. (...) La cocina de la abuela que interpreta la actriz Yoon Jeong-Hee se parece a la cocina de una de nuestras abuelas" (...).

"Ella (la abuela) no sabe que la poesía de su vida, más que en las hojas del árbol o en la brisa, está en esa cocina, tan poderosamente suya y nuestra también" (...)


Ce billet est inspiré d'un article intitulé « Choses de grand-mères » (El País 27-02-2011) écrit par Elvira Lindo.

Este texto está inspirado en un artículo titulado "Cosas de abuelas" (El País 27-02-2011) escrito por Elvira Lindo

Foto 1 :http://www.revistaespecifica.blogspot.com/

 

Commentaires

Sur cette vision pleine de vie de ta réserve je passe te souhaiter une bonne fin de semaine et te fais une biz bien cordiale

Écrit par : veb | 10/03/2011

Merci Veb, un joyeux désordre tu veux dire! Je t'embrasse aussi, bon weekend.

Écrit par : colette | 11/03/2011

dans votre article il ya du vrai dans le fait que tout ce que nous avons eu nos grands-mères de l'tehgiki nouvelles - c'est complètement inutile! ils seront toujours utiliser le couteau long et dostochku testé, au lieu d'un processeur de nourriture))

Écrit par : picktorrent | 06/07/2011

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