29/01/2011

Jeux poétiques algériens /Juegos poéticos argelinos

PuigpunyentFeb2006023.jpg

 

Les amandiers fleurissent en ce moment en Méditerranée et chaque pays a ses recettes de gâteaux, d’huiles douces, de lait d’amande...Voilà, mon billet gourmandise-santé était presque terminé quand, en cherchant un poème sur les amandiers, des jeux poétiques algériens m’ont incitée à prolonger l’escale.

Los almendros florecen en este momento en el Mediterráneo y cada país tiene sus recetas de pasteles, aceites, leche de almendra….He aquí que mi post goloso estaba casi terminado cuando, al buscar un poema sobre los almendros, unos juegos poéticos argelinos me han incitado a prorrogar la escala.

 

 C’est donc un article daté du 31-08-2009 du journal Magharebia intitulé  Les algériennes préfèrent la poésie aux sitcoms dans les traditions du Ramadan qui m’a fait découvrir un rituel passionnante, un jeu poétique où les femmes tentent de prédire l’avenir :  la Bouqala (l’histoire de son origine ici)

Es un artículo que data del 31.08.2009 en el diario Magharebia titulado "Las argelinas prefieren la poesía a las comedias de situación en las tradiciones del Ramadán", que me hace descubrir un ritual apasionante, un juego poético donde las mujeres intentan predecir el futuro; los bouqala.

 Au cours du Ramadan -mais aussi durant l’année ai-je lu- des femmes de tous âges se réunissent chez l’une d’elles, de préférence sur les terrasses des maisons, pour faire la bouqala.

« Le jeu consiste à se réunir autour d’un bocal (d’où le nom Bouqala) rempli de l’eau de sept sources ou de sept robinets : toutes les femmes y mettent un bijou, bague, boucle d’oreille ou une broche. La plus âgée des femmes (…) récite une bouqala, des poèmes tirés de la tradition orale qui parlent d’amour, de chagrin, de mariage et de longs voyages.

A tour de rôle, les femmes pensent à une personne en particulier et lui dédient la bouqala. En fonction du poème, les femmes tentent d’expliquer ce que prévoit l’avenir : une rencontre, une séparation, un long voyage »

 

bouqat.jpg

 Durante el Ramadán – pero leí que también en el curso del año-, mujeres de todas las edades se reúnen en casa de una de ellas, preferentemente en las terrazas de las casas, para hacer la Bouqala.

“El juego consiste a reunirse alrededor de un bocal (de allí el nombre Bouqala) lleno de agua de siete fuentes o de siete grifos: todas las mujeres ponen dentro una joya, un anillo, un pendiente o un broche. La mujer de más edad (…) recita una bouqala, poemas sacados de la tradición oral y que hablan de amor, de penas, de matrimonios y de largos viajes.

 Por turnos las mujeres piensan en una persona en particular y le dedican la bouqala. En función del poema las mujeres intentan explicar lo que prevé le futuro: un encuentro, una separación, un largo viaje.”

 

Ce qui m’a séduite c’est que ce jeu apporte des moments de rire, poésie et rêve dans la vie des femmes. Plutôt que de regarder la télévision, elles maintiennent les traditions en s’amusant. L’une d’elle, El Hadja Fatma dit : « Même si on savait qu’elle n’avait aucun pouvoir de prédiction, on croyait aux messages que la bouqala délivrait (…) et lorsqu’elle nous parlait d’une rencontre avec un beau jeune homme, on voulait y croire »

Lo que me sedujo es que este juego aporta momentos de risa, de poesía y de sueños en la vida de las mujeres. En vez de mirar la televisión, mantienen las tradiciones divirtiéndose. Una de ellas, El Hadja Fatma dice:”Incluso sabiendo que no tenían ningún poder de predicción, creíamos en los mensajes que sugería (…) y cuando nos hablaba de un encuentro con un chico, joven y guapo, queríamos creerlo.”

 

Voici deux bouqala qui parlent d’amandes et la troisième du futur.

Aquí tienen dos bouqalas que hablan de almendras y la tercera del futuro.

 

                                                               L’amandier fleurit au printemps

La lune découvre sa lumière,

Les joues rougissent de pudeur

Devant l’amant qui se trahit.

El almendro florece en primavera

La luna descubre su luz,

Las mejillas se sonrojan de pudor

Delante del amante que se traiciona.

 

السفينة اللّي جات باش نكافيها
بللّوز والسكر نطعم غاشيها
وبالزبد والعطر نطلي صواريها
ونطلب ربي العزيز للحج يدّيها

Asfina li jaat bach nkafiha
Ballouz wa assokar nat3am ghachiha
Wa bel zebad wa la3tar nattli swariha
Wa natlab rabi la3ziz lel haj yadiha.

 

Le navire qui est arrivé, comment lui témoignerai-je ma gratitude?
D’amandes et de sucre je nourrirai ses gens.

De civette et d’essence parfumée j’oindrai ses mâts
Et je prierai Dieu Tout-puissant de le conduire au pèlerinage de la Mekke

La nave que ha llegado, ¿cómo probarle mi gratitud?

De almendras y de azúcar alimentaré su gente.

De almizcle y de esencias perfumadas untaré sus mástiles

Y rezaré al Dios Todo Potente de llevarle al peregrinaje de la Meca.


Voisine! Ma voisine, mon coeur est pour toi et mes yeux ne voient que toi,

que ferai-je si ton père me refuse?

¡Vecina! Mi vecina, mi corazón es para ti y mis ojos no ven más que tú,

¿Qué haré si tu padre me rechaza?

 

(Traductions: Colette)

Commentaires

Je reviens ici à cette toile lumineuse : le blanc et le jaune des vêtements, des murs, les pins, la baie. C'est beau. Bonne journée, Colo.

Écrit par : Tania | 31/01/2011

Lumière de chaude soirée sans doute.
Belle journée à toi Tania!

Écrit par : colette | 31/01/2011

Les amandiers en fleurs me vont bien aussi. Rien que d'y penser, sur le bleu du ciel d'Afrique du nord, le charme opère.
Bonne journée Colette.

Écrit par : hommelibre | 31/01/2011

Ah, oui, même si le ciel n'est pas toujours bleu, ces vallées de pétales blancs sont fascinantes....de loin on dirait de la neige.
Passez une belle journée Homme Libre.

Écrit par : colette | 01/02/2011

J'avais dans le jardin un cognassier, dont les fleurs étaient aussi belles que celles de l'amandier, mais malheureusement il n'a pas résisté au gel.J'aime beaucoup ton histoire de "baquala" de rires et de confidences partagés entre femmes, au cours de ces soirées ramdanesques toujours festives.Quand on voit les dégâts fait par l'arrivée de la TV qui a réduit (presque à néant) les discussions, les échanges d'antan.Quand j'entends mes collègues conter leur repas pris devant la TV à regarder telle ou telle émission, je me demande juste quand elles communiquent avec leur proche. Ca doit être le modernisme qui veut cela. Je te fais en toute amitié une biz bien cordiale et te souhaite un excellent we

Écrit par : Véb | 04/02/2011

Bonsoir Veb, ton cognassier, quel dommage! Mais il ne fleurit pas en hiver comme l'amandier ici.
Prévoir l'avenir en y croyant un peu et en riant beaucoup, super en effet!
Bon weekend à toi aussi, je t'embrasse.

Écrit par : colette | 04/02/2011

Les commentaires sont fermés.