22/01/2011

Cap sur Alger / Rumbo hacia Argel

Dicton algérien

Lahna yegleb laghna


      La quiétude l'emporte sur la richesse

      La quietud prevalece sobre la riqueza.

 

                                                   Leila Ferhat: message de paix

 

Ferhat Leila Message de liberté.jpg

Voisine de la Tunisie, l’Algérie ; le chemin est court mais grandes les différences. Je vous propose aujourd’hui de découvrir une femme de talent.

Vecina de Túnez, Argelia; el camino es corto pero grandes son las diferencias.Os propongo descubrir una mujer de talento.

Anna Greki (1931-1966) est une des premières poétesses algériennes. Connue pour son engagement politique elle parle souvent de son attachement à sa terre natale. Elle aimait dire : « Je suis vêtue de peau fraternelle ». (Pour bien comprendre le poème que j’ai choisi vous devez savoir que El Djezaïr=Alger et voudrait dire les îles, îlots. Si l’étymologie du nom Alger vous intéresse, lisez ici.Quant au dernier vers, un peu surréaliste je trouve, il fait référence à la compagnie de transports maritimes).

Anna Greki (1931-1966) es una de las primeras poetisas argelinas. Conocida por su compromiso político habla a menudo de su amor por su tierra natal. Solía decir: « Voy vestida de piel fraternal ».(Para entender el poema que elegí hay que saber que El Djezaïr = Argel y  significaría islas o islotes.En cuanto al último verso, un poco surrealista, hace referencia a la compañía de trasportes marítimos).

 

Manâa


J'habite une ville si candide
Qu'on l'appelle Alger la Blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d'oeufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D'une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtie sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l'aventure
On l'appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne.

                                                                        Areski Zerarti: Algérie 1830-1962

Zerarti Areski Algérie 1830 1962.jpg

Manâa

 

 

Vivo en una ciudad tan cándida

Que la llaman Argel La Blanca

Sus casas encaladas están suspendidas

En cascadas de pan de azúcar

De cáscaras de huevos estrellados

De leche de luz solar

De deslumbrantes coladas pasadas por azul

En medio

De todo el azul

De una manzana azul

Giro sobre mi misma

Y bato este azúcar azul del cielo

Y bato esta nieve azul del cielo

Erigida en unas islas batidas que fueron mil

Ciudad atrevida Ciudad arrancada

Ciudad de alta mar abierta a la aventura

La llaman El Djezaïr

Como un barco

De la compañía Carlos el Tuerto. (Trad. Colette)

 

 

Commentaires

Très beau texte Colette, rebondissant de lumières.

Bonne journée.

Écrit par : hommelibre | 22/01/2011

Oui Homme Libre, c'est un poème très visuel, magnifique je trouve.
A bientôt, bon weekend.

Écrit par : colette | 22/01/2011

Beau poême effectivement le dernier vers, est surréaliste, presque une pub. Tu as choisi les tableaux dont la dominante est bleue comme toute les peintures du maghreb de la chaux et la ferronnerie en bleu. Belle découverte pour moi, je ne connaissais pas. Je te souhaite un bel aprem et biz bien cordiale

Écrit par : Véb | 24/01/2011

Bonjour Veb, bien contente que tu apprécies mots et couleurs!
Tu sais, j'ai pensé à toi qui aimes tant la cuisine en recopiant ces deux vers:
"Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel"

Je t'embrasse.

Écrit par : colette | 25/01/2011

On finira par faire de ces blancs des meringues à la violette. Biz bien cordiale

Écrit par : Véb | 04/02/2011

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