15/01/2011

En Méditerranée / En el Mediterraneo

artwork_images_424832152_417149_lamine-sassi.jpgJe vous propose, et ce pendant quelques semaines, de m’accompagner dans un projet que je nourris depuis longtemps : faire un tour poétique de par les îles et pays bordant la Méditerranée.

Tant de paysages, lumières, cultures nous unissent… Je vais donc sortir pendant un temps du cadre hispanique qui était le mien et nous naviguerons hors de mon archipel des Baléares.

Os propongo, y eso durante unas semanas, acompañarme en un proyecto que tengo desde hace tiempo: dar una vuelta poética por las islas y países lindando el Mediterráneo.

Tantos paisajes, luces, culturas nos unen….Saldré pues durante un tiempo del cuadro

hispano que era el mío y  navegaremos fuera de mi archipiélago Balear.

Lamine Sassi 

 

Un fort sentiment de solidarité et d’encouragement m’a fait choisir la Tunisie comme point de départ.

Un fuerte sentimiento de solidaridad y de ánimo me ha hecho elegir Túnez como punto de partida.

 

 

Le vent sans abri   Tahar Bekri

Comme une rose sauvage
Brûlée par le soir
Perdant le sommeil
L'absence
Suspend les saisons à tes paupières
   artwork_images_425015464_412789_nja-mahdaoui.jpg                                                                     
La chevauchée du rêve rebelle
Quittant la frémissante rosée
Par les matins
Où s'évade la lumière
Lumière après lumière
S'effritent les années
Aux confins des injustes frontières
Lueurs impénitentes
Alliées aux réminiscences des aurores.

Cette porte depuis longtemps
Ouverte à la mer                                                                  
Pour accueillir le vent sans abri
Dans la course des heures
Dans la nuit inconsolable
Des vagues venaient
Reposer leur âme pourpre
Comme ton souvenir
Ou les feux de l'océan
L'écume laissée là
Sur le seuil
Fleur de sel
Dans les bras de l'éphémère. (Extrait)

(Illustration: Nja Mahdaoui)

EL VIENTO SIN REFUGIO Tahar Bekri

Como una rosa salvaje
Abrasada por el ocaso
Perdiendo el sueño
La
ausencia                                                                                                                      
Suspende las estaciones en tus párpadosNejib Belkhodja.jpg                                                                      
La cabalgada del sueño rebelde
Dejando atrás el trémulo rocío
En las mañanas
En las que escapa la luz
Luz tras luz
Se desmoronan los años
En los confines de las injustas fronteras
Destellos impenitentes
Aliados con las reminisciencias del alba

Desde hace tiempo esta puerta
Abierta al mar
Para acoger al viento sin refugio
En la carrera de las horas
En la noche incansable
Venían olas
A reposar su alma púrpura
Como tu recuerdo
O los fuegos del océano
La espuma allí dejada
En el umbral
Flor de sal
En los brazos del efímero (Extractos) Trad. Colette

(Ilustración: Nejib Belkhodja)

 

Commentaires

Quelle bonne idée Colette. Je me réjouis de faire ce tour de Méditerranée en votre compagnie. Le projet d'Union pour la Méditerranée me plaît bien. Alor5s en faire le tour par la culture et qui plus est par la poésie ne peut que m'enchanter.

Merci et belle journée. Comme chez nous où le soleil devrait nous mener à 15° cet après-midi.

Écrit par : hommelibre | 15/01/2011

Je suis en train de livre rare-édité après la mort, tragique de son auteur. Le livre de Mouloud Mammeri dont le titre est "La traversée" est éditée par El Othmania à Alger.
L'action a pour théâtre Timimoun, l"Oasis rouge". Je recopie pour vous cet extrait:
-Ba salem,veux-tu que je t'apporte un peu de thé?
Mourad se dressa d'un bond.
Les deux jeunes gens assirent Ba Salem contre une haie de palmes sèches. Ils lui apportèrent un demi verre de thé. Tout prés la voie de Meryem chantait:
J'ai erré sur la terre
De l'aube jusqu'au soir
Le choeur enchaîna: de l'aube jusqu'au soir
Et j'ai cherché l'ami
Du soir jusqu'à l'aube
Du soir jusqu'à l'aube redit le choeur.
Les deux jeunes gens chantaient avec lui.
-Encore du thé, Ba salem?
- Je veux sentir l'odeur de la menthe.
un marabout en apporta toute une botte.Ba Salem aspira longuement. ses doigts gercés caressaient le bouquet ébouriffé.
-Aidez-moi.
Les deux juenes gens l'aidèrent à se relever. Ba Salem geignait. Des voix s'élevaient sur son passage:"Ba Salem...C'est Ba Salem..." Il arriva devant l'ahellil et fit effort pour se redresser.
-Lâchez moi.
Il entra dans le cercle en titubant. Les choristes mirent du temps à le reconnaître. Meryem resta d'abord stupéfaite, puis sa voix sa brisa, elle arrêta le choeur et, sans rien dire, alla se fondre parmi les choristes.
Quand la voix de Ba Salem s'éleva, un étau serra la gorge de Meryem. Cassée, tremblante, à peine perceptible, elle se traînait à ras de terre comme un papillon blessé. Les hommes du choeur reconnaissaient les vers plus qu'ils ne les entendaient. Pour faire croire à Ba Salem qu'il était toujours Ba Salem, ils donnaient la réplique.Leurs voix pleines et leur pitié déchirait Meryem plus que n'eût fait leur colère ou leur dédain.
Mais à mesure que les vers revenaient à la mémoire et sur les lèvres de Ba Salem, sa voix devint plus assurée. Elle prit de l'ampleur et les ksouriens émerveillés, finirent par l'entendre escalader le ciel, hardie et triomphante, comme jadis.(....)
Cela dura toute la fin de la nuit.
A l'aube, quand les premières lueurs de l'aube commencèrent de bleuir l(horizon vers l'est, Ba Salem déploya le dernier ahellil comme un chant d'adieu aux fantômes de l'ombre, où ils venaient de communier toute la nuit. Les hommes reconnurent que c'était la fin.
Il ( Mourad) vit Ba salem se pencher à terre à l'endroit même où il se trouvait et s'allonger. Les choriste attendirent un peu pour voir si Ba Salem n'allait pas se relever, mais il ne bougeait pas; lentement, il fit du regard le tour des danseurs, comme s'il les voyait pour la première fois, puis de sa voix de vieillard il dit/
- Mes frères, Dieu pardonne mes pêchés et les vôtres.Allez en paix.
Les deux jeunes gens vinrent le relever. Ils le prirent de nouveau sous les aisselles. Dans l'air devenu plus frais Ba Salem grelottaitLa sueur suivait les rides de ses joues.
6 Conduisez moi à la porte du Nord.
Plusieurs voix se récrièr en même temps:
- Viens chez moi Ba Salem, la maison est grande.
Ba Salem, j'ai du bon thé du Maroc.
-Viens voir les tournesols, j'en ai cultivé aussi.
Les voix sortaient de partout. Les ksouriens s'interposaient pour empêcher le groupe d'avancer.
-A la porte du Nord répéta Ba Salem.
Quand il fut assez loin, une grande silhouette mince, entièrement vêtue de noir, le rattrapa. elle se tourna vers lui et, dans un murmure, souffla:
Bienvenue à toi,maître, sois le bienvenu.
Les sanglots hachaient les mots dans sa bouche. Puis Meryem passa, droite dans ses voiles noirs.
(...)
La femme voilée s'était approchée par derrière sans qu'ils l'eussent entendue. Son regard croisa celui de Mourad.
-Idder? demanda-t-elle. ( Il est vivant?)
-Immouth, dit Mourad. ( Il est mort.)
Elle se pencha sur le corps recroquevillé de Ba Salem, lui ferme la bouche et les paupières. Les larmes coulaient de ses yeux, lentement. Puis elle se leva et , sans les regarder, le corps secoué de sanglots qu'elle tentait d'étouffer, Meryem reprit le chemin de la ville."

Écrit par : Djaoui | 15/01/2011

@ Djaoui:

Merci pour ce texte magnifique et fort. J'aime, c'est un genre de texte qui me touche directement et que je bois comme de l'eau dans la sécheresse.

Magnifique! Merci encore.

Écrit par : hommelibre | 15/01/2011

Mettons les voiles Homme Libre, il y a tant à découvrir! Vous n'avez pas le mal de mer?
Nous vivons des journées magnifiques, plein soleil, 21º.
Amicalement.

Écrit par : colette | 15/01/2011

Djaoui, soyez le bienvenu et merci pour cette Traversée, merci de tout cœur.
L'extrait que vous avez choisi est plein de poésie et si près de la vie, des émotions, de la mort aussi; je l'ai relu plusieurs fois, sa musique est belle.
A bientôt j'espère.

Écrit par : colette | 15/01/2011

Bonsoir Colette, j'aime la sensibilité de tout ce que tu as écris dans ton billet. Ce sentiment de solidarité...le pourtour de la méditerannée...et les auteurs choisis....tout me parle. Je te souhaite une belle soirée biz bien amicale

Écrit par : veb | 18/01/2011

Bonsoir Colette, j'aime la sensibilité de tout ce que tu as écris dans ton billet. Ce sentiment de solidarité...le pourtour de la méditerannée...et les auteurs choisis....tout me parle. Je te souhaite une belle soirée biz bien amicale

Écrit par : veb | 18/01/2011

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