06/11/2010

Souvenirs /Recuerdos

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Court le  billet de cette semaine car, et pour le première fois depuis les 35 ans que je vis en Espagne, mes deux sœurs sont venues me voir, ensemble et sans leur famille.

 Le soleil brille, la nature est superbe, les émotions fusent ; on se voit si peu.

 Nos souvenirs sont bien souvent contradictoires : «  mais non, ce n’était pas Tante Yoyo, c´était tante Minou ou tante Poucette qui était tombée dans une poubelle ! »… (Oui, nos tantes avaient des surnoms évocateurs…).

Nous tombons pourtant d’accord sur certains sujets comme les repas dominicaux de notre jeunesse : poulet rôti-frites-salades, gâteau, souvent un quatre-quart.

À l’époque, un passé pas si, si lointain quand même,  le poulet était un met de fête chez nous ; quant aux frites, ah ces frites belges, uniques, les meilleures ! (ici une recette possible pour les non belges avides de connaître leur secret ! )

 

Corta la nota de esta semana ya que por primera vez en los 35 años que llevo viviendo en Eotoño 001.jpgspaña, han venido a verme, juntas y sin su familia, mis dos hermanas.

 Brilla el sol, la naturaleza es magnífica, las emociones estallan; nos vemos tan poco.

Nuestros recuerdos son por supuesto contradictorios:” no, no era la tía Yoyo, era la tía Minou o la tía Poucette que se había caído en una basura”… (sí, nuestras tías tenían apodos evocadores…).

Nos ponemos de acuerdo sobre algunos temas como el de las comidas dominicales de nuestra juventud: pollo asado-patatas fritas-ensalada, pastel, a menudo bizcocho.

En aquellos tiempos (no tan, tan lejanos) el pollo era un plato de fiesta en casa, en cuanto a las patatas fritas, ¡ah, esas patatas fritas belgas, únicas, las mejores! (para los no-belgas ávidos de conocer nuestro secreto, se fríen dos veces)

 

La patate vient bien sûr d’Amérique du Sud et au Chili il en existe 200 variétés, ils les appellent papas ; leur préparation a inspiré Pablo Neruda, voici des « papas » poétiques.

 

Ode à la papa frite Pablo Neruda

 

Elle grésille

dans l’huile

bouillante

la joie

du monde :papasnativas.jpg

les papas

frites

entrent

dans la poêle

telles d’enneigées

plumes

de cygne

matinal

et en sortent

semi dorées par le crépitant

ambre des olives.

 

L’ail

leur ajoute

sa fragrance terrienne,

le poivre,

pollen qui traversa les récifs,

et

vêtues

à nouveau

d’un costume d’ivoire, elles emplissent l’assiette

de leur abondante répétition

et de leur savoureuse simplicité de terre. (Trad. Colo)

 

 

Oda a la papa frita Pablo Neruda

 

Chisporrea

en  el aceite

hirviendo

la alegría

del mundo:

las papaspapas-nativas.jpg

fritas

entran

en la sartén

como nevadas

plumas

de cisne

matutino

y salen

semidoradas por el crepitante

ámbar de las olivas.

 

El ajo

les añade

su terrenal fragancia,

la pimienta,

polen que atravesó los arrecifes,

y

vestidas

de nuevo

con traje de marfil, llenan el plato

con la repetición de su abundancia

y su sabrosa sencillez de tierra.

 

 (Photos prises sur ma terrasse et variétés de papas chiliennes- cliquer pour agrandir)

Commentaires

Ces photos sont belles Colette, il doit faire bon vivre chez vous.

Ah, les frites! Pour l'ex-belge que je suis (bien que né en Suisse), c'est en effet un art.

Bonne journée.

Écrit par : hommelibre | 06/11/2010

Merci Homme Libre, la lumière fort variée et belle ici allège la vie, c'est vrai.
Quelle surprise, vous êtes un peu belge!
Une fois par an je me rends en Belgique et je ne manque jamais d'y manger, en rue, des frites avec de la sauce tartare, Miam. Curieusement je n'en prépare jamais ici comme si elles appartenaient à un lieu et ne supportaient pas dépaysement.
Autre pays, autres goûts.
Bonne soirée à vous.

Écrit par : colette | 06/11/2010

C'est un bel article que nous fais là sur tes soeurs et tout de même ça se fête une réunion familiale après 35 ans, il faut au moins des frites et maison bien sûr pour fêter des retrouvailles dignes de ce nom si en plus Néruda y ajoute son grain de sel!!! Il ne reste plus qu'à déguster en trempouillant les doigts en bonne compagnie, un ode au bonheur familial. Tu as raison sur les souvenirs c'est toujours comme c'la on vit un événement mais chacun a sa version. Je te fais une biz bien amicale
.

Écrit par : Véb | 24/11/2010

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