18/09/2010

Aux fleuristes de la Rambla-G.Lorca/ A las floristas de la Rambla

Je viens de lire un discours peu connu prononcé par F. García Lorca à Barcelone (25 décembre 1935) lors de la représentation de sa pièce de théâtre  « Doña Rosita la célibataire ou le langage des fleurs ». Une pièce qui raconte une histoire d’amour déçue, de la vaine attente d’un retour…

C’est non seulement un hommage aux marchandes de fleurs qui colorent la Rambla, mais aussi à la Rambla elle-même, ce lieu enchanteur que vous connaissez peut-être.

Acabo de leer un discurso poco conocido pronunciado en Barcelona por F. García Lorca (25 de diciembre 1935) con ocasión de la representación de su obra de teatro “Doña Rosita la Soltera o el lenguaje de las flores”. Una obra que cuenta la historia de un amor decepcionado, de la vana espera de un retorno…

No sólo es un homenaje a las vendedoras de flores que colorean la Rambla, sino también a la Rambla misma, ese lugar encantador que tal vez conocéis.

 Las Ramblas Barcelona.JPG

   « Ce soir, ma fille la plus jeune et la plus aimée, Rosita la célibataire, la demoiselle Rosita, dame Rosita, sur le marbre et entre des cyprès, dame Rosa a voulu travailler pour les sympathiques fleuristes de la Rambla, et c’est à moi qu’incombe l’honneur de dédier la fête à ces femmes aux rires francs  et aux mains mouillées où tremble de temps en temps le minuscule rubis causé par l’épine.

   (…) La rue où vivent ensemble les quatre saisons de l’année, l’unique rue de la terre que je souhaiterais ne jamais se terminer, riche en sons, abondante en brises, belle de rencontres, antique de sang, La Rambla de Barcelone.

   Telle une balance, La Rambla a son aiguille et son équilibre dans le marché des fleurs où la ville se rend pour y chanter  baptêmes et mariages sur des bouquets frais d’espoir et où elle se rend en agitant larmes et rubans sur les couronnes de ses morts. Ces étalages de joie entre les arbres soignés sont comme le cadeau des rambleurs et leur détente, et bien que de nuit ils semblent seuls, presque comme des catafalques de fer, ils ont un air seigneurial et délicat qui semble dire aux noctambules : « Lève-toi demain pour nous voir ; nous sommes de jour. »

   Quiconque visite Barcelone ne peut oublier cette rue que les fleurs convertissent en insoupçonnable serre, (…)

  On dit, et c’est vrai, qu’aucun barcelonais ne peut dormir tranquille s’il n’est passé au moins une fois par la Rambla, et il m’arrive la même chose ces jours-ci où je vis dans votre superbe ville. Toute l’essence de la Grande Barcelone, la vivace, l’incorruptible, la  grande, est dans cette rue qui a une aile gothique où l’on entend des fontaines romaines et des luths du quinzième, et une autre aile bigarrée, cruelle, incroyable, où l’on entend les accordéons de tous les marins du monde et il y a un envol nocturne de lèvres maquillées et d’éclats de rires à l’aube.

 Je dois moi aussi passer tous les jours par cette rue pour apprendre d’elle comment peut persister l’esprit propre à cette ville. (…) » (trad. Colette)

 

   « Esta noche, mi hija pequeña y más querida, Rosita la soltera, la señorita Rosita, doña Rosita, sobre el mármol y entre cipreses doña Rosa, ha querido trabajar para las simpáticas floristas de la Rambla, y soy yo quien tiene el honor de dedicar la fiesta a estas mujeres de risa franca y manos mojadas, donde tiemblan de cuando en cuando el diminuto rubí causado por la espina.

   (…) La calle donde viven juntas a la vez las cuatro estaciones del año, la única calle de la tierra que yo desearía que no acabara nunca, rica en sonidos, abundante de brisas, hermosa de encuentros, antigua de sangre, la Rambla de Barcelona.

   Como una balanza, la Rambla tiene su fiel y su equilibrio en el mercado de las flores, donde la ciudad acude para cantar bautizos y bodas sobre ramos frescos de esperanza y donde acude agitando lágrimas y cintas en las coronas para sus muertos. Estos puestos de alegría entre los árboles cuidados son como el regalo de las ramblistas y su recreo, y aunque de noche parezcan solos, casi como catafalcos de hierro, tienen un aire señor y delicado, que parece decir al noctámbulo:”Levántate mañana para vernos; nosotros somos del día.”

   Nadie que visite Barcelona puede olvidar esta calle que las flores convierten en insospechable invernadero, (…)

   Se dice, y es verdad, que ningún barcelonés puede dormir tranquilo si no ha paseado por la Rambla, por lo menos una vez, y a mí me ocurre otro tanto estos días que vivo en vuestra hermosísima ciudad. Toda la esencia de la Gran Barcelona, la perenne, la insobornable, la grande, está en esta calle, que tiene un ala gótica donde se oyen fuentes romanas y laúdes del quince, otra ala abigarrada, cruel, increíble, donde se oyen los acordeones de todos los marineros del mundo y hay un vuelo nocturno de labios pintados y carcajadas del amanecer.

   Yo también tengo que pasar todos los días por esta calle para aprender de ella cómo puede persistir el espíritu propio de una ciudad. (…)”

  

 

Commentaires

Cela fait quelque temps que ton blog sur la Tribune de Genève n'était plus lisible avec Internet Explorer, mais c'est à nouveau possible aujourd'hui, pour info. Bonne soirée.
(En revanche, envoyer ce commentaire n'est pas une sinécure. J'essaie pour la xième fois...)

Écrit par : Tania | 19/09/2010

Tania, oui les blogs ont "cafouillé" ces derniers temps, le problème semble résolu. Sinon je publie généralement mes billets par Explorer et tout va bien. Par deux fois je l'ai fait par Firefox et là pas moyen de les lire par Explorer. Incompatibles paraît-il. Merci d'être passée!

Écrit par : colette | 20/09/2010

Colette, moi je publie depuis FireFox, mais apparemment vous pouvez lire? Cela ne vient peut-être pas de FireFox mais de la version d'I.E. Enfin, je n'en suis pas certain.

Ça cafouille encore sur le site TdG... Depuis samedi c'est un peu surréaliste. Il faut trouver les moments où cela passe. Mais j'ai envoyé à deux reprises une newsletter qui n'a pas été reçue, plus des comm durs à faire passer.

Bonne fin de soirée.

Écrit par : hommelibre | 20/09/2010

Je trouve formidable le travail de fourmi que tu accomplis. Déjà à la recherche d'articles puis ensuite à trier, traduire, pour cela bravo à toi. Je ne connais pas la rambla de Barcelone mais grâce à ton écrit, j'ai voyagé ce soir à petit prix.Merci encore pour tes coms passages et les rayons de soleil par lesquels tu illumines mon blog. Merci également d'avoir testé qq recettes, pour moi la cuisine c'est partage alors merci de poursuive la chaîne. Je te souhaite une excellente soirée. Biz bien cordiale

Écrit par : veb | 21/09/2010

Merci pour tous ces mots Veb!
Ah, souvent fourmi, parfois cigale aussi; comme toi j'imagine.
Mais surtout partager! Je t'embrasse, bonne journée.

Écrit par : colette | 22/09/2010

La Retirada



Ils avaient fui, comme l’on pleure,
Prenant pour bâton leur fusil,
Sur les routes de Catalogne
Le «desdichao» s’était levé ;
Noir emblème de la défaite.
Et les bombes jetées des avions
Qui faisaient tant peur aux enfants
Toi, Peuple fuyant le malheur
A quoi rêvais-tu en ces jours ?

Certains emportaient des valises,
Si difficiles à porter,
Souvenirs de leur vie ancienne
D’autres n’avaient que des photos
Des amours qu’ils laissaient perdus.
Et puis ils ne savaient rien de leur sort.
Comment seraient-ils accueillis
Par les soldats à la frontière ?


Pour échapper à la revanche
Et puis, le Peuple Catalan
Il y avait les combattants,
Qui savaient qu’il fallait partir
Dans sa patience et son honneur,
Qui suivait ses défenseurs
Comment auraient-ils pu rester
Quand flamboient bûchers et fusillades ?


Et la faim qui, depuis longtemps,
Les tenaillait avec ses crampes.
Ils cherchaient partout à manger,
Un œuf, un bout de chorizo,
Ou même un bout de galette.
Parfois ils trouvaient du gibier.
Comment se défendre sans force
Quand, armes et pain, font tant défaut ?


Certains passaient par les sentiers
Escarpés des Pyrénées.
La plupart arrivaient à «Port Bou»
Ou ils devaient rendre leurs armes,
Ces combattants de l’avenir,
Qui n’avaient eu qu’un temps d’avance
Sur les chemins de la «débâcle».
Comment les démocraties pouvaient-elles
Laisser ces Peuples, sans défense ?

Juste avant d’arriver en France
Ils jetèrent un dernier regard
Sur l’étendue des Pyrénées
Et les sierras ocres au loin.
Ils se remplirent de senteurs
D’oliviers, de fleurs d’orangers.
Ils avaient tant laissé derrière
Qu’ils se sentaient nus, dépouillés
De toute protection humaine.

Ils rendirent armes, sans mot, dire,
En masquant des larmes furtives,
Du sentiment d’avoir perdu.
Et leurs poings levés haut, à gauche
Étaient comme un dernier adieu
À la terre de leurs amours,
Et à l’honneur de ceux d’entre eux,
Qui étaient tombés à Jarama
Ou noyés en franchissant l’Ebre.

Ils furent placés dans des camps,
Sans chauffage, face à la mer,
Car beaucoup avaient peur des «Rojas»
Et des nouvelles qu’ils portaient :
Faiblesse des démocraties,
Fureur des guerres à venir
Ils savaient ce que vivre veut dire
Et Machado sut qu’il mourrait.

Toulouse,2013.

Écrit par : Paul Arrighi | 18/09/2013

Le cri d'Alep ou le Peuple Syrien abandonné - fidèles Amitiés - Paul Righi
Bonjour,

Merci pour la puissance de ce texte...
Et puisque j'en ai l'occasion, ce matin, merci, vos visites sur mon blog m'ont fait grand plaisir. Petites poésies qui sont tout simplement les bulles de mon âme.

Amicalement

Philippe Dagorne
***

Le cri d'Alep ou la force d’un principe oublié qui nous interpelle

Combien sont-ils réfugiés dans les caves
À tromper provisoirement la mort
en se promettant une vie meilleure, où leur voix soit entendue
ou en songeant au paradis promis aux martyrs ?

Et ce cinéaste kurde qui vivait à Paris et voulait voler des images à l’anonymat de la grande faucheuse.
Il est parti là-bas muni de l'espoir fou que parfois les images savent atteindre le cœur des hommes.
Certains les appellent des «Djihadistes» et tremblent pour leur propre liberté d’opinion, pour les femmes qui sont traitées comme moins que rien par une masculinité égarée et pour leur rêve d’un nouveau «Califat» qui relève plus d’une blessure historique que d’un projet concret et réalisable.

D’autres défendent tout simplement un même droit des gens pour tous les êtres sur la Planète
Pourquoi être né Arabe, Juif, Kurde ou noir, devrait-il à jamais vous rendre la vie plus précaire et vous priver du Droit de choisir vos gouvernants ?
Il fut un temps où des évêques catholiques bénissaient les armes des troupes de Franco et appelaient à libérer l’Espagne des «rouges».
Il fut un temps où l’on enfermait dans le camp du Vernet les courageux combattants internationalistes des «brigades internationales» ; ceux venus de tous les lieux du Monde qui ne croyaient pas en Allah mais avaient bien une foi terrestre.
Durant ce temps Orwell, Hemingway, Malraux et bien d’autres quittèrent leur quiétude pour défendre l’Humanisme et l’Humanité aux prises avec les cris du «Viva la Muerte» des fascistes.

Que l’on m’explique, aujourd’hui pourquoi, la circonstance de naître dans le croissant fertile devrait vous valoir la servitude à vie et supporter un dirigeant criminel qui va qu’à user du gaz «sarin» contre une partie de sa propre population qui le vomit ?
Et de vivre perpétuellement et sans espoir que cela ne change dans le servage de régimes militaires et de tyrans corrompus ?
La question de la Religion ne masque-t-elle pas une comptabilité inégalitaire et sordide qui est faite entre les hommes qui vivent sur une même planète ?
Là, en terre d’Islam, vous seriez condamnés à courber le dos entre le bâton et les balles du policier ou la vision et les sermons réducteurs des théocrates et de ceux qui osent se nommer : «Le parti de Dieu» ?
Qui ose ainsi trancher dans l’Humain et réduire le besoin et le souffle des Libertés à certains Peuples ; blancs et riches, de préférence ?

Allons mes ami(e)s, n’oublions pas le message universel des Hume, Paine, Voltaire, Hugo qui permit à nos anciens de prendre les Bastilles.
Le Droit à la vie et à la liberté n’est pas d’un continent, ni d’une couleur de peau, ni d’une religion ; il est Universel comme le sourire du jeune enfant à sa mère.
Assez de discriminations et d’hypocrisies ; dénonçons l’imposture des tyrans et les veules par trop intéressés qui nous voudraient taisant et tranquilles.
Il est un Monde nouveau qui ne demande qu’à grandir et à vivre si bien sûr, on ne le tue pas avant ou si on ne lui met pas le bâillon.
Ami(e)s ne te fait pas dicter ta conduite par ceux qui sont payés pour écrire que l’ordre immuable doit toujours se perpétuer.
Ose ouvrir les yeux même aux spectacles les plus insoutenables et entendre ce long chœur de gémissements qui est l'Humanité souffrante dont tu fais intrinsèquement partie toi-même, avec les mêmes droits et devoirs.
C’est l’Humanité souffrante qui frappe, devant l’écran de ton téléviseur quand ta journée de travail finie tu t’assoupis et il est trop facile et fallacieux de te dire que des spécialistes vont régler les problèmes à ta place.
Hélas si tous raisonnent ainsi ; rien ne bougera et les Tyrans succéderont aux Tyrans comme les malédictions de Job.
Peut-être ta faible voix comme celle du rouge-gorge doit se mêler à la symphonie du Monde pour qu'enfin puissent tomber les préjugés entre les êtres et les murailles de Jéricho ?

Paul d’Aubin (Paul Arrighi) Toulouse ; Historien, Homme de Lettres et Poète- Toulouse le mercredi 18 septembre 2013

Écrit par : Paul Arrighi | 18/09/2013

Un tout grand merci pour ce beau poème; une histoire terrible à laquelle vous avez réussi à donner un caractère si humain, si près de la nature aussi.
Machado mourait, lui qui avait écrit:

Mi corazón espera
también hacia la luz y hacia la vida,
otro milagro de la primavera.

- Pour votre second message, voici un extrait de Gramski dans "Pourquoi je hais l'indifférence:
« Ce qui advient, n’advient pas tant parce que quelques-uns veulent que cela advienne, que parce que la masse des hommes abdique sa volonté, laisse faire, laisse s’amasser les nœuds que seule une épée pourra ensuite trancher, laisse promulguer les lois que seule une révolte pourra ensuite abroger, laisse arriver au pouvoir les hommes que seule une mutinerie pourra ensuite renverser. (...)

Écrit par : colette | 18/09/2013

Les être, le cosmos, la terre et le vin

Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux,
Irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu.
Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes,
qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne.
Le vin est d’abord, fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron.

Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves.
Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur,
qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique.
Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles.
Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges.

Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne.
Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs,
alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir.
Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître.
Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger.

Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne
Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts,
C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin.
Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal,
avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles.

Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits.
L’on ne boit bien qu’en groupe qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles.
Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres,
puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs,
et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur, jamais d’ivrognerie
Paul Arrighi ; Toulouse, le 3 novembre 2013.
Les être, le cosmos, la terre et le vin

Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux,
Irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu.
Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes,
qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne.
Le vin est d’abord, fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron.

Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves.
Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur,
qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique.
Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles.
Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges.

Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne.
Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs,
alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir.
Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître.
Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger.

Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne
Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts,
C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin.
Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal,
avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles.

Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits.
L’on ne boit bien qu’en groupe qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles.
Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres,
puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs,
et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur, jamais d’ivrognerie
Paul Arrighi ; Toulouse, le 3 novembre 2013.
Les être, le cosmos, la terre et le vin

Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux,
Irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu.
Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes,
qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne.
Le vin est d’abord, fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron.

Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves.
Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur,
qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique.
Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles.
Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges.

Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne.
Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs,
alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir.
Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître.
Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger.

Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne
Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts,
C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin.
Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal,
avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles.

Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits.
L’on ne boit bien qu’en groupe qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles.
Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres,
puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs,
et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur, jamais d’ivrognerie.

Paul Arrighi ; Toulouse, le 3 novembre 2013.

Écrit par : Paul Arrighi | 03/11/2013

Quel superbe hommage au raisin, au vin, aux vendanges!
Grand merci Paul pour votre générosité, pour ces images poétique.

Écrit par : colette | 03/11/2013

Hourra, Hourra ; élégie à notre automne chéri

Cher automne, tu es vraiment ma saison chérie,
Tu portes la couleur dorée des pêches et des prunes
Avec quelques reflets des raisins de Moissac,
Alors que les feuillages roux te font un tapis d’or.
Et que dame châtaigne crépite dans les feux de bois.

Tu es la saison chère des amours romantiques,
Et des êtres esseulés, assoiffés de ta lumière tamisée,
des tons délicats et de ta vêture de velours.
Automne, tu es Femme splendide qui le sait et en joue ;
de celles que l’on n’oublie jamais avec leurs chevelures rousses.

Cher automne, tu flamboies partout où l’on te trouve,
des châtaigniers de Corse, aux eaux de la Volga.
Ta couleur préférée est le roux mordoré
Avec quelques nuances de soleil flamboyant,
Sans jamais oublier le marron des châtaignes.

Automne, tu es par excellence la saison d’intellect
Où poètes et penseurs trouvent l’inspiration,
propice à leurs rêves et à leurs créations.
Tu nous tends le miroir de la contemplation
Qui rend l’esprit aux vraies priorités qui sont spirituelles.

Ton ciel devient tapisserie avant que le soir tombe,
Tant soleil, nuages et lune jouent un ballet de feu
Il reste en toi assez du bouillonnement de l’été
Et des excès grandioses de la saison brûleuse
Peu à peu refroidies par Eole qui pointe quand les jours rétrécissent.

Ce n’est qu’en fin d’automne que tes atours déclinent
Avec quelques journées d’une telle beauté,
Que notre cœur se serre à devoir te laisser
Peu à peu t’engourdir dans un linceul d’hiver
D’où le printemps nous éveillera ; déjà rêvant d’automne.

Paul Arrighi; Toulouse, octobre 2013.

Écrit par : Paul Arrighi | 05/11/2013

L'automne en Femme rousse et splendide! Belle image, merci Paul.

Ici où j'habite l'automne est peu coloré, les sapins sont majoritaires, et l'hiver apporte rarement de la neige, ce qui rend votre poème et ses images d'autant plus frappants pour moi!

Un tout grand merci, excellente semaine.

Écrit par : colette | 06/11/2013

Les nèfles de Kabylie

Il est des souvenirs d’enfance qui dominent longtemps l’esprit et ont des goûts de saveurs douces telles les madeleines de Proust.
Pour moi qui suis né à Bougie Ce sont les nèfles de Kabylie.
C’était en mai soit en juin que ces fruits blonds arrivaient sur la table de formica dans des couffins tressés de paille,
comme le signe d’un printemps qui bientôt deviendrait fournaise mais vibrionnant de Soleil.
Il fallait enlever la peau et en séparer les noyaux qui me faisaient penser à des billes Mais leur chair était succulente avec des zestes de vanille. et de bonbons acidulés.

J’avais huit ans, c’était la guerre !

Mais quand les nèfles arrivaient, j’oubliais les soucis des «grands» pour goûter à la chair des nèfles, jouer aux billes avec leurs noyaux.
C’est ainsi que parmi les drames, le regard de l’enfance est lointain.
Car la mort leur reste chimère. bien moins réelle que les jeux et les fruits dorés, bref privilège de l’enfance.

Paul d’Aubin (Paul Arrighi)
Toulouse- février 2014.

Écrit par : Paul Arrighi | 22/02/2014

Merci Paul pour ces souvenirs succulents!
Les néfliers sont presque en fleur ici, après ils faut se dépêcher de manger les fruits qui ne conservent pas plus que les roses...

Écrit par : colette | 29/03/2014

Toulouse, le 14 juillet 2014,

Très chers ami(e)s des "Fleuristes de la Rambla Garcia Llorca"

J’ai bonheur de vous faire connaître l’édition, fin juin 2014, du livret de mes poésies intitulé : «Fulgurance des êtres, des Lieux et des Mots».
Ce livret édité à Toulouse à compte d’auteur par "Paul Daubin éditeur" . Il comprend 104 pages avec 21 pages d'illustrations, provenant pour la plupart de mes propres photographies en couleur.
La belle préface, aussi perspicace qu’emphatique est l’œuvre de l' authentique Poète Occitan et Toulousain, Christian Saint-Paul.
Ce Livret traite sous les cinq chapitres suivants:
- 1°) « Souvenirs d’Enfance »; ce sont mes souvenirs les plus lointains de mon enfance en Kabylie (Bougie et Akbou) et à Luchon dans les Pyrénées.
- 2° ) Dans « Sur les Chemins de Toulouse », je dépeins le Toulouse des quartiers de ma jeunesse, le faubourg Bonnefoy, Croix-Daurade, le Lycée Raymond Naves des "années ardentes et tumultueuses" (1965-1972), puis les autres quartiers pittoresques de Toulouse où j’ai résidé après mon retour en 1992 dans cette belle ville; sans bien entendu oublier la « Bibliothèque solaire » de recherche « Périgord » qui est pour beaucoup mon lieu havre de Paix intérieure et mon « refuge spirituel ».
- 3°) «La Corse, L’ile enchanteresse», l’ile paternelle correspond à près du tiers des textes et des poèmes en Français. Mon père André-Dominique Arrighi avait déjà fait œuvre de Poète décrivant magnifiquement en Corse son terroir et le canton des deux "Deux Sorru" formé par les deux anciennes Pieves de « Sorringiu » et de « Sorrinsu ») qu’il connaissait et aimait mieux que personne.
Sur ses brisées je dépeins sur La Corse d’aujourd’hui, celle que j’ai connue chaque été qui signifiaient pour moi Liberté et Nature. J’y laisse courir ma plume pour magnifier ces lieux splendides tels : Letia, Paomia, Muna , Vicu et ses arbres emblématiques tels le chataîgnier, le pin Laricciu, le figuier, l’olivier de Balagne et les fougères.. Je salue le retour du Mouflon. Ma palette de mots est une ode à cette île qui aimante et capte ses amoureux et ses fidèles et leur rend leur attachement au centuple.
- 4°) Les «Poésies de Révolte et de Feu » décrivent mes passions parfois mes indignations. Aujourd’hui que j’ai atteint soixante ans, soit disant, l’âge de la sagesse, j’ai encore gardé vivant cette faculté de m’indigner et parfois de me révolter. Les poèmes nous parlent du grand poète Italien Giacomo Leopardi, de « La Retirada », blessure jamais refermée dans la « Toulouse l'Espagnole », de Mikis Theodorakis, de l'assassinat de John Lennon et de l'action et de la dérision de Coluche, etc
- 5 °) Le « Renouveau des saisons et petits bonheurs » traite des saisons tout particulièrement des somptuosités de l'automne, des lieux que j’ai aimés, de la création et de la boisson du vin et ce n'est pas le moindre de mes reconnaissances, de nos compagnons les Chiens.
Le prix de vente proposé de dix euros est au strict prix de revient.
Pour l'acquérir il vous suffirait de m’envoyer un chèque d’un montant de dix euros avec une enveloppe timbrée à deux euros cinquante, faisant mention de votre adresse postale choisie pour que je puisse en effectuer l’envoi.
Le livret peut aussi être commandé sur les sites de vente de livres : Amazon ou Priceminister.
Je vous en souhaite une très agréable lecture et surtout de passer un bel été ( cette « Una balla Estate» comme l’exprima si bien dans un roman Cesare Pavese) 2014 plein de Créativité, de ressourcement et de de joie.
Ma fidèle amitié à mes amis et amies des "Fleuristes de la Rambla Garcia Llorca.

Paul Arrighi

Adresse : Paul Arrighi - 20 Bd de Bonrepos - Résidence "La Comtale" - Bat C - Bal 7 - 31000 - Toulouse
Courriel : paul20.arrighi@numericable.fr

Écrit par : Paul d'Aubin | 14/07/2014

Je vous souhaite beaucoup de chance...et une large diffusion Paul!

Écrit par : colette | 15/07/2014

Un grand merci à Colette pour son emphatie, l'une des plus précieuses qualités humaines PA

Écrit par : Paul d'Aubin | 15/07/2014

L'été Corse, 2014.

L'été est la saison bleue,
tant attendue, tant espérée
quand le froid de l'hiver vous glace,
quand le printemps pleure a grands eaux.
L'été s'installe quand le soleil
brûle, hardi, de tous ses feux,
que la lumière devient reine de jour,
et que les soirs s'étirent et se prélassent.

Les fleurs et les plantes du Maquis
ne sont pas encoure roussies,
et forment comme un tapis bariolé de couleurs.
Les senteurs nous embaument
de leurs sucs capiteux,
et nous nous croirons presque
dans une vaste parfumerie à ciel ouvert.

La mer parfois ridée de mousse blanche,
devient parfois turquoise, émeraude ou bleu outre-mer.
Mais le soir venu rougeoiements variés
qui bariolent et illuminent fugitivement l'horizon.
Alors que s'assombrissent r ces curieuses tours génoises, trapues ou rondes qui faisaient mine de protéger les anciens,
et sont autant de rappels des périls barbaresques encourus durant les temps médiévaux et modernes.

Ces tours constituent des endroits privilégiés pour contempler et méditer sur le cours du Monde, la relativité des puissances, la trajectoire des orbes et le scintillement des étoiles.
L'été Corse et la Méditerranée ont la faculté de laver les Esprits de leurs maux et d'éveiller les êtres au sentiment profond du Cosmos qui rythme sourdement toute vie sur terre.


Paul Arrighi, Letia San Roccu, 13- 08-2014.

Écrit par : Paul d'Aubin | 13/08/2014

Quel bel hommage à l'une des îles de la Méditerranée!
Merci de publier ici votre poème, je le trouve fort beau.

Écrit par : colette | 13/08/2014

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