26/06/2010

Merci poétique /Gracias poético

 

 

lechugas isra.JPGDepuis septembre 2006 MAH trouve, chaque semaine, un poème, un billet avec cette note : « Tu veux bien regarder ma traduction … avec bienveillance ? »

Lui, c’est mon complice linguistique, un solitaire espagnol plus très jeune maintenant qui, avec patience et sans complaisance aucune,- il prend son rôle très au sérieux et il a raison-, me conseille, suggère, barre, me renvoie la copie avec ces mots : « à retravailler ».

Le « cultivons notre jardin » de Candide prend tout son sens avec lui  car il m’offre également des  laitues, haricots, oignons, tomates,….du superbe potager auquel il apporte autant de soins et de rigueur qu’à mes traductions.

 

Pour le remercier, ce poème de Rafael Alberti.

 

Desde septiembre 2006 MAH encuentra cada semana un poema o un texto con esta nota: « ¿Me miras la traducción…con buen ojo, por favor?”

Él es mi cómplice lingüístico, un solitario español ya no muy joven que, con paciencia y sin ninguna complacencia,- se toma su papel muy en serio y tiene razón,- me aconseja, sugiere, tacha y me devuelve la copia con esas palabras:”hay que trabajarlo más”.

La frase “cultivemos nuestro jardín” de Cándido toma con él todo su sentido ya que también me regala lechugas, judías, cebollas, tomates,…de su preciosa huerta a la cual aporta tanto cuidado y rigor como a mis traducciones.

 

Para agradecérselo un poema de Rafael Alberti.

 

La solitude II

 

Elle viendra.

Elle viendra.

Elle l’a écrit.

Ça fait déjà une semaine.

Elle vient de très loin…

De là du nord…En train…

Près de deux mille kilomètres…

Très loin….Mauvais trains…

Et la chaleur…Et la poussière

qui entre de partout…

La maison est déjà prête : une blanche colombe

de chaux pure…Luisants,

plus brillants que l’or,

la poêle, le poêlon, la casserole…Et  puis,

le lit, grand, grand…avec un couvre-lit

de couleur, avec des oiseaux…

Mais tant de kilomètres sans personne….C’est ce qu’on m’a dit….

Et la chaleur…Et la poussière…

Elle aura soif…Ici, l’eau

ne manque presque jamais…Elle va bien aimer ça…

Peu de travail pour elle…Je

ferai tout. Je suis encore fort…

Elle ? Bon, on verra.

C’est ma femme…je ne veux pas qu’elle se fatigue.

« Apporte ces tomates…Regarde, celles-là

si colorées… » Elle n’en a jamais vu de pareilles.

Elle dira non. « Des laitues comme celles-là,

si blanches ? Et les radis ? » Non plus !

Allons, femme…Les poules t’attendent…

Que veux-tu encore ? Le dessert

il est là, il pend du prunier.

Elle déploie son tablier et secoue une branche…

« Il est déjà fort tard ». Je la prends par la taille…

Elle sourit…Qu’elle est belle !

Éteignons la lumière…

Comme ça. Tant de kilomètres !

Déjà mercredi…Elle viendra ce soir.(trad. Colette)

 

La soledad II

Vendrá.
Vendrá.
Lo ha escrito.
Ya pasó una semana.
Viene desde muy lejos…
De allá del norte… En tren…
Casi dos mil kilómetros…
Muy lejos… Malos trenes…
Y el calor… Y el polvo
que entra por todas partes…
La casa está ya lista: una paloma blanca
de cal pura… Lucientes,
más brillantes que el oro,
la sartén, el perol, la cacerola… Y luego,
la cama grande, grande… cubierta de una colcha
de colores, con pájaros…
Pero muchos kilómetros sin nadie… Eso me han
dicho…
Y el calor… Y el polvo…
Tendrá sed… Aquí, el agua
no falta casi nunca… Va a gustarle esto mucho…
Poco trabajo para ella… Yo
lo haré todo. Soy fuerte todavía…
¿Ella? Bueno. Veremos.
Es mi mujer… no quiero que se canse.
"Trae aquí esos tomates... Mira, aquéllos de allá,
tan colorados…" Nunca los ha visto.
Dirá que no… "¿Lechugas como éstas,
tan blancas? ¿Y los rábanos? ¡Tampoco!
Vamos, mujer… Te esperan las gallinas…
¿Qué más quieres? El postre
ahí lo tienes colgado del ciruelo.
Extiende el delantal y sacude una rama…"
ya es muy tarde. Le tomo la cintura…
Se sonríe… ¡Qué hermosa!
Apagamos la luz…
Así. ¡Cuántos kilómetros!
Hoy es miércoles ya… Vendrá esta noche.

 

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19/06/2010

Hommage à José Saramago/Homenaje a...

 

Il vivait à Lanzarote, îles Canaries. Bel hommage de Ramón dans le journal El País ce matin.

Ramón

Vivía en Lanzarote, Canarias. Bonito homenaje de Ramón en El País esta mañana.

Très connu ce peintre? ¿Muy conocido ese pintor?

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Il y a actuellement trois majorquins renommés : Rafael Nadal, Jorge Lorenzo (motos) et Miquel Barceló, l’infatigable peintre né à Felanitx en 1957 ; mais connaissez-vous ce dernier ?

 

Sans doute a–t-on le plus parlé de lui lors de la réalisation des décorations de la Chapelle Sant Pere de la superbe Cathédrale de Palma de Majorque, inaugurée en 2007 et  pour la peinture colorée (« La mer en mouvement ») de la coupole de la salle du Palais des Nations de l'ONU à Genève en 2008.

 

 Hay actualmente tres mallorquines de renombre: Rafael Nadal, Jorge Lorenzo (moto), y Miquel Barceló, el pintor incansable nacido en Felanix en 1957; pero, ¿le conocen? 

 

 Probablemente cuando más se habló de él fue en el momento en que realizó las decoraciones de la Capilla San Pere de la grandiosa Catedral de Palma de Mallorca, inaugurada en 2007, y por la coloreada pintura (“El mar en movimiento”) de la cúpula de la sala del Palacio de la Naciones de la ONU en Ginebra en 2008.

 

 

Intéressant par l’énorme diversité de son œuvre très présente dans les musées locaux, nationaux, mais aussi à Paris, Nîmes, Zurich, au Japon, aux Etats-Unis…, cet artiste solitaire fuit la presse et évite même les inaugurations de ses propres expositions paraît-il .

En février 2010 la CaixaForum de Madrid organisa une rétrospective des peintures de la dernière décade et le journal el País intitulait son article : « Miquel Barceló, inventaire du chaos ». « ….sa création, ce magma violent/ poétique de poissons, moules, déserts, singes, personnes, poulpes, mers, races, .... et crucifixions »

 

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Interesante por la enorme variedad de su obra muy presente en los museos locales, nacionales, pero también en Paris, Nîmes, Zurích, en Japón y EEUU,...ese artista solitario huye la prensa y evita, al parecer, las inauguraciones de sus propias exposiciones.

En 2010 La CaixaForum  de Madrid organizó una retrospectiva de las pinturas de la última década y el periódico El País titulaba su artículo.” Miquel Barceló, inventario del caos”, “…su creación, ese magma violento/poético de peces, mejillones, desiertos, monos, personas, pulpos, mares, razas, .... y crucifixiones.”

 

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Les peintures africaines, il a vécu au Mali, aux  couleurs fidèles au pays, sont celles qui provoquent en moi le plus d’émotion.

« L’Afrique m’a renvoyé immédiatement au monde sauvage, sale et heureux de mon enfance. Je vois le continent africain ruiné et armé, endetté et malade, duquel ne nous parviennent que des images de mutilation, des fragments, des bouts de masques, des cérémonies oubliées, des barques pleines de morts, qui ne parviennent à pénétrer notre confortable forteresse européenne qu’en forme de cadavre, d’esclave ou de fragment » M. Barceló.

 

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Las pinturas africanas, vivió en el Malí, con colores fieles al país, son las que me provocan más emoción.

"África inmediatamente me remitió al mundo salvaje, sucio y feliz de mi infancia. Veo el continente africano arruinado y armado, endeudado y enfermo, del que nos llegan sólo imágenes de mutilación, fragmentos, pedazos de máscaras, de ceremonias olvidadas, barcazas llenas de muertos, que sólo consiguen penetrar nuestra cómoda fortaleza europea en forma de cadáver, de esclavo o de fragmento" M. Barceló.

 

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Remarquables également ses illustrations de la Divine Comédie, ainsi que celles de « Too far from home » de Paul Bowles et Miquel Barceló (trad. française « La boucle du Niger »). Vous les trouverez ici. (Cliquez sur « obras-ilustraciones” à gauche)
 

Destacables también sus ilustraciones de la Divina Comedia así como  las de “Too far from home” de Paul Bowles y M. Barceló. Las encontraréis aquí. (Clic en obras- ilustraciones a la izquiera)

  

12/06/2010

Aimer et être aimé/Querer y ser querido

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« Dans la petite enfance, on est aimé et protégé bien plus qu’on aime. Le chemin de la maturité conduit à aimer bien plus que d’être aimé. Á aimer « jusqu’à la déchirure, même trop, même mal », comme le chante Don Quichotte par la voix de Jacques Brel. Même sans rien recevoir en retour. Voilà pourquoi l’enfance ne suscite en moi nulle nostalgie: non que j’aie manqué d’affection, mais parce que, à l’image de tous les petits enfants, je recevais ou prenais bien plus que je ne donnais.

 

   Un individu ne devient intéressant qu’à partir du jour où il s’enquiert d’aimer bien plus que d’être apprécié, choyé ou courtisé. Cela peut advenir à n’importe quel âge, à la faveur d’une épreuve ou d’une illumination de conscience, ou bien jamais. La plupart des humains vivent et meurent « seuls », croient-ils, parce qu’en fait ils n’attendaient que d’être aimés.

   Celui qui aime n’est jamais seul. (…)

  

   La vie solitaire ressemble à un jardin fleuri : c’est un lieu d’affinités, mais on peut s’y promener seul et s’y sentir heureux sans être accompagné ».

 

(Extrait de : L’ESPRIT  DE SOLITUDE, Jacqueline Kelen).

 

    « En la pequeña infancia, se es querido y protegido mucho más de lo que se ama. El camino de la madurez lleva a querer mucho más de lo que se es querido. A querer “hasta el desgarramiento, incluso demasiado, incluso mal”, como lo canta Don Quijote mediante la voz de Jacques Brel. Incluso sin recibir nada a cambio. Es por que la infancia no suscita en mí  ninguna nostalgia: no es que me haya faltado afecto, pero porque, al igual que todos los niños pequeños, recibía o cogía mucho más de lo que daba.

  

    Sólo a partir del día en que el individuo se preocupa de amar más que de ser apreciado, mimado, cortejado que empieza a ser interesante. Esto puede ocurrir a cualquier edad, por medio de una desgracia o de una iluminación de conciencia, o nunca. La mayor parte de los humanos viven y mueren “solos”, creen ellos, porque de hecho sólo esperaban ser queridos.

   El que ama nunca está solo. (…)

 

   La vida solitaria se parece a un jardín florido: es un lugar de afinidades, pero uno puede pasear solo y sentirse feliz en él sin estar acompañado”

 

 

05/06/2010

Musique, danse et Lorca

pequeña balairina j gonzalez.jpgJ. González

Traduire, un vrai plaisir, une passion chez moi; le goût de la recherche du mot, de l’expression exacte. Subjectif, bien sûr, et extrêmement hasardeux dans le cas de la poésie où je m’aventure rarement, surtout quand il s’agit de Frederico García Lorca. Voici « El paso de siguiriya ».

Ce n’est que grâce à mon complice linguistique, Miguel Angel, que la version suivante a été possible. (Muchas gracias).

Un seul vers ne s’est pas laissé amadouer, « tu dolor de cal y adelfa », référence aux maisons andalouses blanchies à la chaux et souvent fleuries de lauriers roses et blancs.

Ce n’est pas faute d’efforts ni de temps consacré, mais ….

 

El paso de la siguiriya

 

Entre mariposas negras
va una muchacha morena
junto a una blanca serpiente
de niebla.

Tierra de luz,
cielo de tierra.

Va encadenada al temblor
de un ritmo que nunca llega;
tiene el corazón de plata
y un puñal en la diestra.

¿Adónde vas, siguiriya,
con un ritmo sin cabeza?
¿Qué luna recogerá
tu dolor de cal y adelfa?


Tierra de luz,
cielo de tierra.        F. García Lorca

 

 

 

Le pas de la siguiriya

 

Parmi des papillons noirs,

Marche une fillette brune

Avec un blanc serpent

de brume.

 

Terre de lumière,

ciel de terre.

 

Elle marche enchaînée au frisson

d'un rythme jamais advenu ;

elle a un coeur d’ argent

et un poignard dans la main.

 

Où vas-tu, siguiriya,

à ce rythme écervelé ?

Quelle lune recueillera

ta douleur de laurier rose et chaulée?

 

Terre de lumière

           ciel de terre.  F. García Lorca

 

 

Regardez comme c'est moderne.