23/04/2010

Le danger vient-il du ciel? ¿Viene el peligro del cielo?

C’est un chapitre du livre « Picasso et Apollinaire, Les métamorphoses de la mémoire 1905/1973 » de Peter Read qui m’a passionnée cette semaine ; il s’intitule « L’année 1918 », une année spéciale, tragique aussi, pour les deux amis et complices littéraires, artistiques.

En cette année tous deux se marient et sont les témoins de l’autre. Picasso offre au couple Homme à la guitare (1918) et Apollinaire écrit un poème (peut-être lu lors de la noce de son ami) ; comme il n’est pas vraiment réussi, je ne le copierai pas.

picasso homme guitare 1918.jpgEs un capítulo del libro « Picasso y Apollinaire, las metamorfosis de la memoria 1905/1973 » de Peter Read que me ha apasionado esta semana; se titula « El año 1918 », un año especial, también trágico, para los dos amigos y cómplices literarios y artísticos.

En ese año ambos se casan y son mutuamente testigos de sus bodas. Picasso regala a la pareja Homme à la guitare (1918) y Apollinaire escribe un poema (que tal vez leyó en la boda); como no está muy conseguido, no lo copiaré.

 Et Picasso part à Biarritz en voyage de noces avec Olga.

« Le bord de mer rappelle à Picasso son enfance malaguène et lui suggère le motif de la baigneuse qu’il exploitera souvent par la suite, lui faisant subir de nombreuses métamorphoses, notamment entre 1927 et 1929. »

Y Picasso se marcha a Biarritz de viaje de boda con Olga.

“El borde del mar le recuerda a Picasso su infancia malagueña y le sugiere el motivo de las bañadoras que explotará a menudo, introduciendo muchas metamorfosis, particularmente entre 1927 y 1929.”

 

 

 Le sujet prend naissance dans deux œuvres créées au cours de cet été 1918 : une fresque et une petite peinture. La fresque est inspirée des classiques : les Trois Grâces, de la Naissance de Vénus, danseuses avec des guirlandes de fleurs et des raisins…

« La fresque de Picasso chante l’amour, la beauté féminine et la civilisation méditerranéenne, mais elle illustre aussi un quatrain d’Apollinaire qui traite des mêmes sujets : au coeur de la fresque, entourée de ces personnages si élégamment dessinés (…) se trouve la première strophe du poème « Les saisons », choisie par Picasso dans Calligrammes :

« C’était un temps béni nous étions sur les plages

Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau

Et vite comme va la langue d’un crapaud

L’amour blessait au cœur les fous comme les sages. »

 

 

El tema nace en dos obras creadas durante ese año 1918: un fresco y una pequeña pintura. El fresco  se inspira de los clásicos: las Tres Gracias, el Nacimiento de Venus, bailarinas con adornos de flores y racimos de uvas…

“El fresco de Picasso canta el amor, la belleza femenina y la civilización mediterránea, pero ilustra también un cuarteto de Apollinaire que trata los mismos temas: en el corazón del fresco, rodeado de esos personajes dibujados de forma tan elegante (…) se encuentra la primera estrofa del poema “Las estaciones” elegido por Picasso en Calligrammes:

“Era un tiempo bendito estábamos en las playas

Sales de madrugada descalzo y sin sombrero

Y con la rapidez de la lengua de un sapo

El amor hería en el corazón a los locos y a los sabios.” (trad. Colo)

 

 

baigneuses_1918.jpg

 

Mais revenons à ces baigneuses de 1918, tableau que le peintre a toujours gardé chez lui.

Trois femmes en maillots de couleurs, sable et d’étranges cailloux au premier plan, un voilier sur la mer, un phare.  « Rapprochées physiquement, elles paraissent pourtant isolées les unes des autres… » Mais oui, aucune complicité, elles regardent chacune d’un côté différent. Et celle qui se tient debout qui regarde, effrayée, vers le ciel, qu’a-t-elle vu ?  « Dans cette scène estivale on sent comme la vague prémonition d’un malheur inconnu, ou la menace de conflits qui forment au loin l’arrière-fond tragique. »

Pero volvamos a esas bañadoras de 1918, cuadro que el pintor guardó siempre en casa.

Tres mujeres con trajes de baño coloreados, arena y extraños guijarros en primer plano, un velero en el mar, un faro. “Físicamente cercanas, parecen aisladas les unas de las otras…”. Sí, es verdad, ninguna complicidad, cada una mira de un lado distinto. Y la que está de pie y que mira, asustada, hacia el cielo, ¿qué ha visto? “En esa escena estival se siente como la vaga premonición de una desgracia desconocida, o la amenaza de conflictos que forman a lo lejos el trasfondo trágico.”

Apollinaire meurt le 9 novembre de cette année, Picasso pleure la disparition du plus compréhensif de ses amis.

Apollinaire fallece el 9 de noviembre de aquél año, Picasso llora la desaparición del más comprensivo de sus amigos.

 En ce moment a lieu au musée new-yorkais Metropolitan une exposition Picasso extraordinaire car le musée a remis à neuf et présente pour la première fois  34 peintures, 38 pastels (dessins et aquarelles), et 400 gravures. La plupart sont des cadeaux, le musée n’en n’a acheté que 36.

En este momento tiene lugar en Nueva York una exposición Picasso inédita.

Leer en El País aquí.

 

Alors si vous ne craignez pas le ciel…      Si no teméis el cielo….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17/04/2010

Cris et chants d'oiseaux / gritos y cantos de pájaros

5 avril 2010 Albufera 023.jpg

 

Albufera; el origen de la palabra es el árabe البحيرة al-buhayra, « La laguna » o « el pequeño mar »

L’origine du mot est l’arabe البحيرة al-buhayra, « La lagune » ou « la petite mer ».

 

5 avril 2010 Albufera 007.jpgUne promenade, simplement. Dans le parc naturel de l’Albufera. Un vendredi matin à 9h. L’heure est importante si on veut y voir oiseaux et canards, tortues …Ou alors le soir, à la tombée du jour.

Surtout pas, comme nous l’avions fait, le lundi de Pâques vers 11h. Adorables, oui, tous ces bambins en bicyclette qui fonçaient sur les chemins étroits en criant. Invincibles avec leurs petits casques : vite se garer, vite ! Nous n’avions qu’entraperçu un canard égaré …ou sourd ?

 

Un paseo, simplemente. En el parque natural de la Albufera : Un viernes a las 9 de la mañana. La hora es importante si se quiere ver pájaros y patos, tortugas…O por la tarde, a la puesta del sol.

Y no, como lo habíamos hecho, el lunes de Pascuas a las 11.

Adorables, sí, todos esos chiquillos en bicicleta que arremetían sobre los estrechos caminos, gritando. Invencibles con sus cascos: apartarse, ¡rápido!

Sólo habíamos entrevisto un pato extraviado… ¿o sordo?

 

Donc l’excursion nature le vendredi suivant fut un délice. Sac à dos, jumelles, appareil photo, 9avril 2010 Albufera 034.jpgune bouteille d’eau. Quelques adultes, sans doute des professionnels, observant ou prenant des photos avec un matériel impressionnant.

Sur les sentiers bordés de roseaux et d’une graminée appelée « chamiza », on entend plus qu’on ne voit. Et on peste de ne pas voir celui ou celle qui chante. Mais dès qu’on s’attarde près d’une étendue d’eau, caché dans un abri ou immobile sur la berge, c’est la fête.

La excursión naturaleza del viernes siguiente fue una delicia. Mochilas, prismáticos, cámara de fotos, una botella de agua. Algunos adultos, tal vez profesionales, observaban o sacaban fotos con un material impresionante.

En los senderos lindados de cañas y de una gramínea llamada “chamiza”, se oye más que se ve. Y uno rabia de no ver el o la que canta. Pero basta con quedarse cerca de una extensión de agua, escondido en un mirador o inmóvil en la orilla y es la fiesta.

 

9avril 2010 Albufera 020.jpg

 

 

Pablo Neruda

El poeta se despide de los pájaros

 

(…)

Yo, poeta
popular, provinciano, pajarero,
fui por el mundo buscando la vida:
pájaro a pájaro conocí la tierra;
reconocí dónde volaba el fuego:
la precipitación de la energía
y mi desinterés quedó premiado
porque aunque nadie me pagó por eso
recibí aquellas alas en el alma
y la inmovilidad no me detuvo.

 

Le poète prend congé des oiseaux

 

Moi, poète

Populaire, provincial, oiseleur,

Je parcourus le monde en cherchant la vie:

D’oiseau en oiseau je connus la terre ;

Je reconnus où volait le feu :

La précipitation de l’énergie

Et mon désintérêt fut récompensé

Car bien que personne ne m’ait payé pour cela

Je reçus ces ailes sur l’âme

Et l’immobilité ne m’arrêta pas. (trad. Colo)

10/04/2010

Jaune safran /Amarillo azafrán

Trop sèches, ou insipides,  ou pâteuses. Chiches en riz. Très onéreuses, voilà des défauts communs des paellas. Ah, ça, c’est tout un art et aucune ne se ressemble !

Demasiado secas, o insípidas, o pastosas. Escasas en arroz. Muy onerosas, ahí son los defectos comunes de las paellas. ¡Ha, es todo un arte y ninguna se parece!

 

paella.gif

                                                                                                 

Un peu d’histoire...La paella, mot d’origine latine « patella » puis du vieux français « paele » désignait la poêle plate avec, non un manche mais deux anses que vous connaissez sans doute. De la poêle au plat, voilà la paella moderne (notez que les 2 LL se prononcent Y et non L, comme dans paya, d’accord ?)

Son origine se trouve à Valencia aux XVº et XVIª siècles dans les zones maraîchères et humides (Albufera) où l’on cultive riz et légumes. Un plat complet auquel on ajoutait des morceaux de lapin, canard, des oiseaux, des escargots, enfin ce qu’on avait sous la main en plus des légumes de saison. La paella aux crustacés, dont on ignore si elle est contemporaine de la première, est née…au bord de la Méditerranée, oui !

On cuisait lentement le tout sur un feu de branches d’oranger. Je pourrais vous raconter tant d’autres choses, mais il vous suffira de taper « histoire de la paella »…Mr Google vous dira tout.

Un poco de historia…La paella, palabra de origen latina “patela” luego del francés antiguo “paele” designaba la sartén plana sin mango pero con dos asas que sin duda conocen. De la sartén al plato…

Su origen se encuentra en Valencia en los siglos XV y XVI en las zonas hortenses y húmedas (Albufera) donde se cultiva arroz y verduras. Un plato completo al cual se añadía trozos de conejo, pato, pájaros, caracoles, en fin, lo que se tenía a mano junto con las verduras de temporada. Se ignora si la paella de mariscos data de la misma época pero nació…al borde del Mediterráneo. ¡Sí!

Se cocía lentamente el arroz en un fuego con leña de naranjos. Les podría contar tantas otras cosas sobre este plato, pero les bastará teclear “historia de la paella” y el señor Google les dirá todo.

 

 

 Peinture: Conrado Meseguer

pintura-de-conrado-meseguer.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traditionnellement ce sont les hommes qui la préparent, enfin qui la cuisent car les petites mains qui coupent tous les ingrédients à l’avance…c’est comme pour les barbecues, vous voyez ? Mais quand on est nombreux, les dimanches en famille, un repas avec des amis, c’est un repas complet et facile, qui plait à tous et qui s’adapte à la bourse de chacun : tout dépend des ingrédients qu’on y met.

Mon amie italienne m’a raconté qu’invitée à un dîner chez des voisins allemands, elle a eu du mal à avaler une paella avec du poulpe et des saucisses…à chacun se recette !

 

 

Son los hombres los que tradicionalmente la preparan, bueno que la cuecen ya que, al igual que con las barbacoas, son “las pequeñas manos” las que cortan antes todos los ingredientes… ¿ven lo que quiero decir? Pero cuando hay muchos comensales, los domingos en familia, una comida entre amigos, es un plato completo y fácil, que agrada a todos y se adapta al bolsillo de cada cual: todo depende de los ingredientes elegidos.

Mi amiga italiana me contó que, invitada a una cena en casa de unos vecinos alemanes, le costó tragar una paella con pulpo y salchichas… ¡a cada cual su receta!

 

Suite à cela, je me suis demandé si vous aussi vous aviez mangé des paellas spéciales, si on en trouvait surgelée ou fraîche en Norvège, au Canada, en Suisse ou ailleurs. Peut-être même en préparez-vous ? Racontez-moi, dites-nous tout !

Después de eso me pregunté si ustedes también habían comido paellas especiales, si encontraban ese plato congelado o fresco en Noruega, Canadá, Suiza u otras partes. ¿Tal vez lo preparan ustedes mismos? Cuéntenme, ¡dígannos todo!

 

11:42 Publié dans billet | Tags : paella, valencia, albufera | Lien permanent | Commentaires (7)

02/04/2010

La sympathie de Lorca pour les gitans

Lorca.jpgL’Andalousie, terre multiculturelle ; phéniciens, grecs, romains, juifs, arabes, gitans…Malheureusement dès 1492 l’histoire s’est chargée d’en réduire la riche diversité par des persécutions et en forçant l’assimilation dans le but de faire une Espagne unie, homogène. (historique fort intéressant ici)

Je vous traduis les mots de F.G. Lorca lus sur un excellent blog  (en espagnol).

Lorca parle de la chute de Granada en 1492 : « Ce fut un très mauvais moment, même si l’on dit le contraire dans les écoles. On a perdu une civilisation admirable, une poésie, une astronomie, une architecture, une délicatesse uniques au monde, pour céder le pas à une ville pauvre, humiliée ; à une « terre du chavico » où s’agite actuellement la pire bourgeoisie de l’Espagne. » (Journal El Sol, le 10 juin 1936)

 L’auteur du blog  explique qu’on ne sait pas trop pourquoi Lorca s’est toujours senti proche des marginaux : « cette vision dénuée de préjugés qu’a Lorca sur le noirs et les gitans, cette affinité et solidarité avec ceux qui sont persécutés était due, selon lui (Lorca) au fait d’être né à Granada.

« Je crois qu’être de Granada m’incline à la compréhension sympathique des persécutés. Du gitan, du noir, du juif….de maure, que nous portons tous en nous » (Garcia Lorca, 1936 : 503)

Et l’auteur termine son analyse par ces mots auxquels je souscris entièrement : « Au XXI siècle, Lorca continue à donner des leçons de solidarité, justice et humilité »

 

Para saber más sobre la relación privilegiada que existía entre Lorca y los gitanos, negro,…los excluidos, os recomiendo la lectura de un análisis en un blog muy interesante sobre el tema: aquí.

 

Voici un poème magnifique, plein d’érotisme, d’images poétiques, de vie gitane. Il est un peu long, mais n’en perdez pas une miette !

 

 

La femme adultère de Frederico Garcia Lorca   (éditions Gallimard) Traduction : Jean Prévost

Je la pris près de la rivière,
Car je la croyais sans mari
Tandis qu'elle était adultère.


gitana con flor picasso.jpg

 

Ce fut la Saint-Jacques, la nuit,
Par rendez-vous et compromis
Quand s'éteignirent les lumières
Et s'allumèrent les cri-cris
Au coin des dernières enceintes,
Je touchai ses seins endormis ;
Sa poitrine pour moi s'ouvrit
Comme des branches dejacinthes. 
Et dans mes oreilles l'empois   
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois.
Les cimes d'arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière

 


Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s'enfonce
Et fait un trou dans le limon.
Quand ma cravate fut ôtée,
Elle retira ses jupons
Puis (quand j'ôtai mon ceinturon)
Quatre corsages d'affilée
Ni le nard ni les escargots
N'eurent jamais la peau si fine,
Ni, sous la lune, les cristaux
N'ont de lueurs si cristalline
Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
Une moitié toute embrasée,                                                             
L'autre moitié pleine de froid.                                                     
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée,
Sur une pouliche nacrée,
Sans brides et sans étriers
Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu'elle me disait ;
Le clair entendement m'inspire
De me montrer fort circonspect,
Sale de baisers et de sable
Du bord de l'eau je la sortis ;
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit.

Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan,
Je lui fis don en la quittant,
D'un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris ;
Parce qu'elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière.

 

lorcadibujo.jpg 

La casada infiel

Y que yo me la llevé al río
creyendo que era mozuela,
pero tenía marido.

 

Fue la noche de Santiago
y casi por compromiso.
Se apagaron los faroles
y se encendieron los grillos.
En las últimas esquinas
toqué sus pechos dormidos,
y se me abrieron de pronto
como ramos de jacintos. 

 

El almidón de su enagua
me sonaba en el oído,
como una pieza de seda
rasgada por diez cuchillos.
Sin luz de plata en sus copas
los árboles han crecido,
y un horizonte de perros
ladra muy lejos del río.

*

Pasadas las zarzamoras,
los juncos y los espinos,
bajo su mata de pelo
hice un hoyo sobre el limo.
Yo me quité la corbata.
Ella se quitó el vestido.
Yo el cinturón con revólver.
Ella sus cuatro corpiños.
Ni nardos ni caracolas
tienen el cutis tan fino,
ni los cristales con luna
relumbran con ese brillo.
Sus muslos se me escapaban
como peces sorprendidos,
la mitad llenos de lumbre,
la mitad llenos de frío.
Aquella noche corrí
el mejor de los caminos,
montado en potra de nácar
sin bridas y sin estribos.
Lorca dibujo.jpgNo quiero decir, por hombre,
las cosas que ella me dijo.
La luz del entendimiento
me hace ser muy comedido.
Sucia de besos y arena
yo me la llevé del río.
Con el aire se batían
las espadas de los lirios.

Me porté como quien soy.
Como un gitano legítimo.
Le regalé un costurero
grande de raso pajizo,
y no quise enamorarme
porque teniendo marido
me dijo que era mozuela
cuando la llevaba al río.


 Les dessins sont de Lorca et le tableau de Picasso; gitana con flor