25/03/2010

Excès et désirs /Excesos, deseos

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Il faudrait être bigleux ou extrêmement distrait pour ne pas les remarquer ; même s’il ne fait pas encore chaud ici et si le ciel est souvent brumeux, les adolescents débordent de tout : décolletés, rires, excès. Plus réjouissant qu’inquiétant !

 

Habría que ser cegato o extremadamente distraído para no advertirlos; aunque todavía no haga calor aquí y el cielo permanezca brumoso, los adolescentes desbordan de todo: escotes, risas, excesos. ¡Más alentador que preocupante!

Si le printemps n’est pas le sujet du roman « Saber perder » (Savoir perdre), l’adolescence l’est. Et le désir. L’auteur, David Trueba, n’a rien oublié de la sienne et parle avec beaucoup de justesse de celle des filles. La protagoniste, Sylvia, a 16 ans.

 

Si la primavera no es el tema de la novela “Saber perder” la adolescencia lo es. El autor, David Trueba, no ha olvidado nada de la suya y habla con mucha exactitud de la de las chicas. La protagonista, Sylvia, tiene 16 años.

 

 Voici la traduction du premier paragraphe du roman, une réflexion sur le désir :

« Le désir travaille comme le vent. Sans effort apparent. S’il trouve les voiles déployées il nous entraîne à une vitesse vertigineuse. Si portes et volets sont fermés,  il frappera un moment en quête d’une fissure ou rainure qui le laisserait s’infiltrer. Le désir associé à un objet de désir nous y condamne. Mais il y a une autre forme de désir, abstraite, déconcertante, qui nous enveloppe comme un état d’esprit. Elle annonce que nous sommes prêts pour le désir et qu’il nous reste à attendre, voiles déployées, que souffle le vent. Le désir de désirer. »

 

 Aquí tienen el primer párrafo de la novela, una reflexión sobre el deseo:

“El deseo trabaja como el viento. Sin esfuerzo aparente. Si encuentra las velas extendidas nos arrastrará a velocidad de vértigo. Si las puertas y contraventanas están cerradas, golpeará durante un rato en busca de la grieta o ranura que le permitan filtrarse. El deseo asociado a un objeto de deseo nos condena a él. Pero hay otra forma de deseo, abstracta, desconcertante, que nos envuelve como un estado de ánimo. Anuncia que estamos listos para el deseo y sólo nos queda esperar, desplegadas las velas, que sople el viento. Es el deseo de desear.”  (Ed. Anagrama, 2008)

 

tableau: Picasso, les amoureux

19/03/2010

Et s'il suffisait d'y croire.../ Y si bastase con creerselo...

- (Moi)  Non, je n’en connais pas les détails. Oui, j’ai vu les affiches en ville. 

- (D.) Moi je suis si ému d’apprendre que les gens s’unissent pour faire renaître  un peu d’espoir.

-(Yo) No, no conozco los detalles. Sí, he visto los carteles en la ciudad.

-(Él) A mi me emociona mucho saber que la gente se une para que renazca un poco de esperanza.

 

C’était il y a quinze jours, une conversation avec un jeune journaliste espagnol qui vit en Allemagne.

Il me parlait de «  Eso, lo arreglamos entre todos ». (Ça, on va l’arranger tous ensemble).

Era hace unos quince días, una conversación con un joven periodista que vive en Alemania.

 

Ce n’est un secret pour personne, l’Espagne est fort patraque ; des millions de personnes tirent le diable par la queue, accumulent dettes et frustrations, le moral est à zéro.

Et une idée a surgi : http://estosololoarreglamosentretodos.org/

No es un secreto para nadie, España está muy pachucha; millones de personas lo están pasando canutas, acumulan las deudas y las frustraciones, el ánimo está por los suelos. Y surgió una idea.

http://estosololoarreglamosentretodos.org/ Aquí tienen toda la información.

 

« Il y a quelques mois Jaime, un professionnel du marketing, a pensé qu’il fallait faire quelque chose pour déloger l’état de découragement que la crise a provoqué parmi nous (…) la première chose à faire était récupérer la confiance. (…) Il fit ce qu’il savait faire : il rédigea un plan de marketing qu’il perfectionna avec Susana, sa femme.

Une fois prêt, ils le présentèrent à la Chambre de Commerce qui pensait ce que nous pensons tous et qui s’enthousiasma, prit contact avec les entreprises les plus importantes du pays pour requérir leur aide. Celles-ci n’hésitèrent pas et apportèrent leur aide de manière anonyme et désintéressée. (…)

La dernière partie de l’histoire commence maintenant et tu en es le protagoniste, nous le sommes tous. (…) arrêter de penser que les autres vont solutionner nos problèmes.

On va commencer à arranger ça, et c’est nous qui allons le faire… »

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De très nombreuses personnalités de tous bords soutiennent cette initiative, les journaux également, et à ce jour 77.810 personnes se sont inscrites sur le site pour témoigner, encourager, raconter comment ils s’en sortent, ce qu’ils ont mis sur pied.

Numerosas personalidades de distintos mundos sostienen esa iniciativa, también los periódicos, y a día de hoy 77.810 personas se han apuntado en el sitio web para dar su testimonio, animar, contar cómo se las arreglan, lo que han emprendido.

 

Je ne sais si « ça » va s’arranger rapidement, mais envisager le futur ensemble avec le sourire, c’est important, non ?

No sé si « eso » se arreglará rápidamente, pero mirar juntos hacia el futuro con una sonrisa es importante, ¿no?

 

castells.jpgPour terminer je vous traduis ce petit texte que m’a envoyé ce jeune journaliste ému. (Merci D.)

“Tandis qu’elle descendait du mur, elle vit au loin, sur le sol du salon, un morceau de sucre à moitié cassé et elle courut vers lui. En s’approchant elle se rendit compte qu’il était bien plus grand qu’elle ne pensait et, craignant qu’on ne marche dessus ou qu’il soit balayé et jeté à la poubelle, elle décida d’agir. Elle appela ses sœurs soldates et ses cousines ouvrières, et toutes ensemble, de façon organisée, elles mirent rapidement le trésor à l’abri. »

 

Os dejo con este breve texto que me mandó ese joven periodista emocionado. (Gracias D.)

"Mientras bajaba por la pared, divisó a lo lejos un trozo de terrón de azúcar, medio destrozado en el suelo del salón y corrió a por él. Al acercarse se percató de que era mucho más grande de lo que creía y, ante el miedo de que fuera pisado, o barrido y tirado a la basura, decidió actuar. Llamó a sus hermanas soldado y a sus primas obreras y entre todas, de forma organizada, pusieron el tesoro a cubierto rápidamente."

16:54 Publié dans billet | Tags : ensemble, espoir, espagne | Lien permanent | Commentaires (2)

12/03/2010

Solitudes / Soledades

Une épaisse couche de neige, et c’est la seconde fois en un mois, a couvert les îles Baléares cette semaine. C’est rare et si beau que voici une photo de mes palmiers.

Una espesa capa de nieve, y es la segunda vez en un mes, ha cubierto las islas Baleares esta semana. Ocurre raras veces y es tan bonito que les pongo una foto de mis palmeras.

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C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un superbe roman.

Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una magnífica novela.

 

« Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s’arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bombonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. » (Trad. Colo, je ne possède pas la version en français)

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“Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”

 

 

07/03/2010

Dans les rues de Valldemosa / En las calles de ...

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Valldemossa avec deux S en majorquin, un seul en espagnol. La visite de ce village est incontournable si tant est que vous avez (eu) l’occasion et la curiosité de visiter l’île de Mallorca. S’il est devenu aussi touristique, c’est grâce et à cause des quelques mois affreux que l’infortuné Chopin y a passés avec Georges Sand dans la Chartreuse (visite virtuelle) qui surplombe le village.

Valldemossa con dos S en mallorquín, una sola en español. La visita de este pueblo es imprescindible si uno tiene (o ha tenido) la ocasión y la curiosidad de visitar la isla de Mallorca. Si se ha vuelto tan turístico es gracias y por culpa de algunos horribles meses que el desafortunado Chopin pasó allí con Georges Sand en la Cartuja que domina el pueblo.

D’abord rejetés d’une superbe maison située à Establiment, « Son Vent », - car ils vivaient en couple sans être mariés -, c’est à Valldemosa, où ils ne furent pas mieux accueillis par les habitants qu’ils trouvèrent logis. L’hiver rude, pluvieux et froid, et la cellule humide dans laquelle Chopin trouva refuge ne firent qu’empirer la tuberculose qui le rongeait.

De plus aucun médecin n’acceptait de le soigner…peur de la contagion. Dans ce village pauvre, composé principalement de paysans, l’accoutrement et les manières de G. Sand choquèrent.

Primero tuvieron que marcharse de una preciosa casa en Establiment, “Son Vent”, por vivir en pareja sin estar casados y acabaron encontrando alojamiento en Valldemosa – donde no se les acogió mejor. El invierno duro, lluvioso y frío, y la húmeda celda en la cual se refugió Chopin no hicieron más que empeorar la tuberculosis que le carcomía.

Además, por miedo al contagio, ningún médico aceptaba atenderle. En ese pueblo pobre, principalmente compuesto de campesinos, el atuendo y los modales de G. Sand disgustaron.

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C’est pourtant sur ces mois désastreux que se base la renommée touristique du village.

Mais pas seulement.

Il est magnifique, vraiment, et le paysage qui l’entoure est bucolique à souhait.  Il y avait des années, sûrement une quinzaine, que je refusais de lui rendre visite ; trop touristique. Ce premier mars, jour de la fête des Baléares, il faisait beau et froid, et vers 16h j’ai décidé d’aller prendre quelques photos en honneur de l’année Chopin. Hors saison, et vu l’heure et la température, il y avait très peu de monde. Aucun autocar.

Es sin embargo sobre esos meses desastrosos en que se basa el renombre turístico del pueblo.

Pero no sólo por eso.

La verdad es que es magnífico, y el paisaje que le rodea no puede ser más bucólico.

Hacía años, seguramente unos quince, que me negaba en hacerle una visita por demasiado turístico. Este 1 de marzo, día de Baleares, el tiempo era bueno y frío, y hacia las 16h decidí ir allí para sacar unas fotos en honor al año Chopin. Fuera de temporada, a esta hora y con el frío, había muy poca gente. Y ningún autocar.

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Une longue promenade dans les rues étroites et pavées en pentes parfois raides. Les habitants saluent aimablement.

1 marzo valldemosa 023.jpgEn s’éloignant un peu du centre du village, on se rend très vite compte que  la vedette n’est pas Chopin mais une sainte : Santa Catalina Thomas, née ici en 1531 (ou 1533). Un azulejo la représentant avec la Vierge et divers saints orne chaque maison, oui.

De plus la fête du village, « La Beata » lui est dédiée (28 juillet). Regardez.

Cette année une série de concerts Chopin, exceptionnels…à ne pas rater.  

 

Un largo paseo por las calles estrechas, adoquinadas en cuestas a veces empinadas. Los habitantes saludan amablemente.

Al alejarse un poco del centro del pueblo, uno se da rápidamente cuenta que la vedette no es Chopin sino una santa: Santa Catalina Thomas, nacida aquí en 1531 (o 1533). Un azulejo representando la santa con la Virgen y diversos santos decora cada casa, sí.

Además las fiestas del pueblo “La Beata” le son dedicadas. (28 de julio). Mirad.

Este año una serie de conciertos Chopin excepcionales…no hay que faltar.