12/03/2010

Solitudes / Soledades

Une épaisse couche de neige, et c’est la seconde fois en un mois, a couvert les îles Baléares cette semaine. C’est rare et si beau que voici une photo de mes palmiers.

Una espesa capa de nieve, y es la segunda vez en un mes, ha cubierto las islas Baleares esta semana. Ocurre raras veces y es tan bonito que les pongo una foto de mis palmeras.

10 marzo nieve 2010 002.jpg

C’est l’isolement des vieilles gens accru par le froid qui m’a fait choisir cet extrait du roman « Pleine lune » d’Antonio Muñoz Molina, un superbe roman.

Es el aislamiento de los mayores, aumentado por el frío, que me ha hecho elegir ese pasaje de la novela “Plenilunio” de Antonio Muñoz Molina, una magnífica novela.

 

« Il passait trop de temps seul, s’imprégnant lentement d’oubli et de vieillesse à laquelle il ne croyait pas et il n'y faisait au fond pas fort attention, de la même façon qu’il ne s’arrêtait pas à penser à la fadeur des aliments sans sel, au froid du carrelage de sa chambre, à la laideur et mauvaise odeur de la bombonne de gaz qui le réchauffait, contemporaine du vase bleu électrique et des fauteuils et du canapé tapissés de plastique vert. Il laissait de côté ses tracas et ne se plaignait pas de sa solitude, mais quand il reconnut le visiteur qui se tenait face à lui, dans la maigre lumière du hall d’entrée, silencieux, malhabile, sans encore dire son nom, il eut une effusion impudique de jovialité, un soubresaut de gratitude qui lui humidifia les yeux et éveilla les émotions les plus cachées de son âme, tendresse antique et nostalgie sans motif, remords plus beau et plus ferme que les souvenirs déjà en partie effacés qui le provoquaient. » (Trad. Colo, je ne possède pas la version en français)

pleine lune muñoz molina.jpg

“Pasaba solo demasiado tiempo, contaminándose despacio de postergación y vejez a la que no daba crédito y a la que en el fondo no se fijaba mucho, igual que no se paraba a considerar el tedio de los alimentos sin sal, el frío de las baldosas de su cuarto, la fealdad y el mal olor de la bombona de butano con la que se calentaba, contemporánea del jarrón azul eléctrico y de los sillones y el sofá tapizados de plástico verde. No hacía caso de su pesadumbre ni se quejaba de su soledad, pero cuando reconoció al visitante que permanecía frente a él, en la luz escasa del recibidor, callado, inhábil, aún sin decir su nombre, tuvo una efusión impúdica de jovialidad, un sobresalto de gratitud que le humedeció los ojos y le despertó las emociones más escondidas de su alma, ternura antigua y nostalgia sin motivo, remordimiento más precioso y más firme que los recuerdos ya en parte borrados que lo provocaban.”

 

 

Commentaires

Superbe cette photo. Ça me rappel Sao Paulo il y a une trentaine d'années. Et oui, un beau matin, la ville était saupoudrée de neige. Juste blanchie. Ça n'a duré qu'une petite heure et partie la neige. Quelques jours plus tard, on pouvait trouver des cartes postales en vente dans tous les coins de Sao Paulo.

Je me permets de vous offrir une carte postale. Elle n'a rien à voir avec la neige, juste une vue de Genève.

http://www.plonkreplonk.ch/html/cartes/grandes_cartes/020.jpeg

Bien à vous.

Écrit par : Rollmops | 12/03/2010

Je vous remercie Rollmops, c'est vraiment gentil.
La neige, peu abondante sur les palmiers, l'était plus au sol, bien sûr, mais n'a duré qu'un jour et une nuit.
Votre carte postale du jet...un bien joli cadeau!
Bonne soirée et à bientôt.

Écrit par : colo | 12/03/2010

C'est magnifique la neige sur les palmiers...C'est tellement rare et inattendu!
@Rollmops toujours le même cadeau...!!!

Écrit par : Haykel | 12/03/2010

Merci Haykel. Oui, c'était un spectacle délicat, magique.

Écrit par : colo | 13/03/2010

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