09/04/2011

Rencontre de vents / Encuentro de vientos

 

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“Toda cultura nace de la mezcla, del encuentro, de los choques. Por el contrario, a raíz del aislamiento mueren las civilizaciones” Octavio Paz

 

 "Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations." Octavio Paz

 

 

 

Hier et toujours c’est le mexicain Octavio Paz  et ses vers qui m’ont séduite, emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a bailar en el espacio; instantes mágicos.

 

 

 

 

                           Viento          Octavio Paz

Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.

Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.

Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.

Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

 

Vent   O. Paz

 

Chantent les feuilles,

dansent les poires sur le poirier ;

tourne la rose,

rose du vent, pas du rosier.

 

Nuages et nuages

flottent endormis, algues de l’air ;

tout l’espace

tourne avec eux, force de personne.

 

Tout est espace ;

vibre la  tige du coquelicot

et l’un, nu,

vole dans le vent dos de la vague.

 

Rien je suis,

corps qui flotte, lumière, houle ;

tout est au vent,

et le vent est de l’air toujours en voyage.

(Trad. Colette)

 

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Extrait d’une interview d’Octavio Paz datant du 2 septembre 1992 dans le journal belge Le Soir.

 

- De quelle époque datent vos premiers poèmes?


 - J'inventais des poèmes quand j'étais enfant mais je ne les écrivais pas de manière délibérée: des imitations, c'est normal! Aristote dit que l'homme est surtout l'animal capable d'imiter. C'est ce qui nous permet d'apprendre, et la création commence comme un pastiche: il faut l'accepter ainsi, même chez Mozart.
Après vient la transgression.
Et l'amour de la transgression. Ce «passage à travers» n'a pas la même importance pour tout le monde, peut-être pas pour moi, alors qu'elle en a eu tant pour les surréalistes. J'aimais beaucoup la transgression sur le plan moral, philosophique, politique, ce qu'on appelle la subversion, mais, au point de vue littéraire, je suis plus attaché à une idée de perfection, au sens de rendre perfectible.

 Les amis de Breton aimaient la poésie dans une sorte de spontanéité alors que, moi, je crois que la poésie doit pouvoir résister à l'érosion du temps, qu'elle doit se couler dans la forme d'un poème.

 

 

 Extracto de una entrevista a Octavio Paz del 2 de septiembre 1992 en el periódico belga Le Soir.

 ¿De qué época datan sus primeros poemas?

Inventaba poemas cuando era niño, pero no los escribía de forma deliberada: imitaciones, ¡es normal! Aristóteles dice que el hombre es sobre todo capaz de imitar. Es lo que nos permite aprender, y la creación empieza como un plagio, hay que aceptarlo así, incluso con Mozart.

Luego viene la trasgresión.

Y el amor de la trasgresión. Ese “tránsito” no tiene la misma importancia para todo el mundo, tal vez no para mí, y sin embargo tanta para los surrealistas. Me gustaba mucho la trasgresión en el plano moral, filosófico, político, lo que se llama la subversión, pero, desde el  punto de vista literario, estoy más ligado a una idea de perfección, en el sentido de volverse perfectible.

A los amigos de André Breton les gustaba la poesía como un tipo de espontaneidad mientras que, yo, creo que la poesía debe poder resistir a la erosión del tiempo, que debe moldearse en la forma de un poema.

(Trad: Colette)

 

(Photo 1, CM, JEA, Photo 2, CM)

Commentaires

Hé, Colette, vous avez eu le même bug que moi: il y a d'anciens commentaires sous le billet, et le titre d'archive n'est pas le titre de ce billet. J'ai ôté les anciens comm mais le titre d'archive, pas pu le changer.

Mystères de l'informatique.

A part cela, texte dansant, et magnifique paysage sauvage sur la première photo. Donne envie d'aller s'y perdre.

Bonne journée Colette.

Écrit par : hommelibre | 09/04/2011

Merci Homme Libre, j'ai fait un peu de ménage....allez comprendre quelque chose à ces machins-là! (est-ce cela qui fait grossir la tête des femmes? :)))

Vous savez, je vous l'ai déjà dit je crois, cette île offre une étonnante diversité de paysages. Derrière cet arbre plié par les vents, une falaise et plouf la mer. Pas de touristes donc et c'est magnifique.
Bon weekend, amicalement.

Écrit par : colette | 09/04/2011

Et bien Colette, quelle chance de vivre dans un si bel endroit. C'est un plaisir d'en recevoir de temps en temps quelques images.

Merci pour ce dépaysement bienfaisant.

Écrit par : hommelibre | 09/04/2011

"Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations." Tout est dit ou presque. Nous qui voulons réguler l'immigration, filtrer nos frontières. Quelles traces allons nous laisser à nos enfants de nos idéaux.Je ne connaissais pas l'auteur encore un beau texte, j'aime le côté ombrageux de la première photo et porteur d'espoir de la seconde.
Je suis désolé ma chère Colette d'avoir laissé passé du temps et pas venir chez toi. J'ai été en congés, j'en ai profité pour peindre qq meubles, lorsque je suis en vacances, je ne me connecte pas trop, je fais relâche, je reprends la lecture,la rando, bref je m'adonne à d'autres plaisirs.
J'espère que tu vas bien. Biz bien cordiale

Écrit par : veb | 14/04/2011

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